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Les chiffres alarmants de la violence contre les femmes


La pandémie de la Covid-19 a exacerbé les violences à l’égard des femmes et des filles. Même si les données officielles tardent à voir le jour, il est déjà possible de se faire une idée de l’ampleur de ce fléau sous l’ère Covid-19.

52,1%, c’est le taux de la violence domestique (familiale et/ ou conjugale) à l’encontre des femmes (18-64 ans) en 2019. Dans le détail, 53,3% en milieu rural et 51,4% en milieu urbain. Ce taux était déjà à 51% au niveau national en 2009 (Enquête Nationale sur la violence à l’égard des femmes 2019 du Haut Commissariat au Plan (HCP)).

15,4%. Entre 2009 et 2019, le taux de violence sur le lieu de travail (18-64 ans) a baissé. D’après l’enquête du HCP, il est passé de 16% à 15,4%.

12,6%. Le taux de violence dans l’espace public (18-64 ans) a chuté entre 2009 et 2019, passant de 32,9% à 12,6% (HCP). Parmi les catégories d’âge, les 15-19 ans sont les plus exposées (27,5 %). D’après les données 2018 du HCP, 49% des cas de violence commis dans les lieux publics sont en majorité imputables au harcèlement sexuel, 32% à la violence psychologique et 19% à la violence physique.

49,1%, c’est le taux de violence psychologique (18-64 ans) en 2019, 49,3%  en milieu urbain et 48,7% en milieu rural (HCP).

13,6%, c’est le taux de violences sexuelles dont sont victimes les femmes (15-74 ans), notamment 23,3 % des 15-19, 20,6 % des 20-24 ans, 17,1 % des 25-29 ans et 17,4% des 30-34 ans (HCP).

63% des femmes interrogées ont été confrontées aux harcèlements sexuels et viols (principalement des regards lorgnants, des commentaires sexuels et des traques) d’après l’enquête IMAGES MENA menée en 2016 à Rabat-Salé-Kénitra dans le cadre du programme régional “Men and Women for Gender Equality” de l’ONU Femmes pour les pays arabes en partenariat avec Promundo (Sondage réalisé auprès de 2.400 personnes (50% d’homme et 50% de femme) âgées de 18 à 59 ans). Plus de la moitié des hommes ont confié avoir déjà harcelé sexuellement une femme ou une fille…

40%, c’est le taux d’hommes interrogés lors de l’enquête IMAGES MENA en 2016 qui pensent que les femmes méritent d’être occasionnellement battues.(ONU Femmes pour les pays arabes en partenariat avec Promundo). Plus de la moitié des hommes ont déclaré avoir déjà été émotionnellement abusifs à l’égard de leur épouse, et 15 % ont rapporté avoir déjà eu recours à la violence physique à son encontre. Plus de 60 % des hommes et près de la moitié des femmes pensent qu’une épouse devrait tolérer la violence pour préserver l’unité familiale…

7 auteurs de violences sexuelles sur 10 sont des hommes appartenant à l’entourage personnel et intime des femmes. Dans 7% des cas, l’auteur est inconnu (Association Mobilising for Rights Associates (MRA))

En 2019, il y a eu presque quatre fois plus de poursuites pour relations sexuelles hors mariage en vertu de l’article 490 du Code pénal (15 192 poursuites) que toutes les poursuites pour féminicide, viol, coups et blessures entraînant une incapacité supérieure à vingt jours, harcèlement sexuel dans l’espace public, harcèlement sexuel sur le lieu de travail et violation d’une ordonnance de non-contact toutes combinées (4052 poursuites). (Association Mobilising for Rights Associates (MRA)).

10,5 % des victimes de violences en 2019 contre 3% en 2009 (près de 18% pour la violence physique et moins de 3% pour la violence sexuelle) ont déposé une plainte auprès de la police ou d’une autre autorité compétente, d’après l’enquête nationale sur les violences faites aux femmes menée en 2019 par le HCP.  Elles sont moins de 8% à le faire en cas de violence conjugale.

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