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Aïcha Echchenna : “la femme est toujours la coupable désignée” (7/9)

Écrit par Khadija Alaoui

Modifier des lois “caduques” pénalisant l’intimité individuelle et qui sont en déphasage avec l’évolution de la société marocaine semble à l’heure actuelle aussi nécessaire qu’indispensable. Le point de vue de Aïcha Echchenna, présidente de Solidarité féminine.

“Je pense qu’il faut établir une différence entre la loi et le vécu. On met des lois sur quelque chose que la société se refuse d’admettre. Quand un incident se produit, la femme se tait par honte, et elle est toujours considérée comme coupable. Et quand elle ose parler, c’est le scandale. Personnellement, je trouve qu’il est abject que la société réagisse de la sorte et stigmatise la femme accusée de tous les maux. Et dans toute cette histoire, on omet l’essentiel, à savoir l’absence de l’éducation sexuelle. On n’apprend rien aux garçons et aux filles et on les punit. On punit l’ignorance. Je trouve que c’est une excellente chose d’avoir introduit dans les classes de 5ème et 6ème année du primaire et de façon très timide un cours sur l’éducation sexuelle, mais il faudra approfondir encore plus cette question pour les jeunes de 15-16 ans pour mieux les informer sur la sexualité.

Concernant ces vidéos qui violent l’intimité des gens et qui sont devenues un moyen de chantage, il me semble qu’il faut punir celui qui prend ces vidéos et les fait circuler, et non pas les femmes ou les hommes qui y figurent.”

Prochain article :

Souad Ettaoussi, militante féministe et directrice de l’Institution Tahar Sebti

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