Edito

S.O.S Culture

Écrit par Zineb Taïmouri

“Il est temps que la culture ne soit plus le parent pauvre de notre économie.”

“La culture, c’est ce qui reste quand on a tout oublié”, disait Edouard Herriot…S’il y a bien un secteur qui aurait souffert plus que n’importe quel autre pendant ces deux dernières années, c’est bien celui de la culture. Reflet de l’identité du citoyen et ADN d’un pays, la culture a vécu la pire crise de son histoire dans le monde et le Maroc n’a pas fait exception.

En effet, rien ne peut remplacer cette sensation de découverte et de liberté qu’on ressent lors d’un concert de musique live, d’une pièce de théâtre, ou devant une toile dans un musée ou une galerie. L’interruption violente liée au Covid a privé nos âmes et nos imaginations de se développer, de se divertir et de respirer du fait de l’impact négatif des confinements successifs et des frustrations qui en ont résulté.

Conséquence aggravante, la production culturelle tout au long de cette période a été quasiment nulle. C’est dire le désarroi de l’ensemble des acteurs de ce secteur, que ce soit les musiciens, les peintres et les acteurs, y compris l’industrie de l’évènementiel, qui ont vécu un coma dont très peu parviendront à se réveiller.

Aujourd’hui, si on ose croire que la pandémie est derrière nous, en revanche, le son des canons en Ukraine vient compliquer la donne. Cette nouvelle crise risque d’assécher les budgets de sponsoring culturels et d’aggraver les difficultés du secteur touristique, maillon fort de l’animation culturelle et moteur de l’industrie du divertissement. Cette crise qui risque de durer pourrait mettre à mal le développement de notre capital immatériel qui constitue notre meilleur atout.

Riche de son art culinaire encensé dans le monde entier, de ses villes impériales à l’histoire séculaire, de son identité aux valeurs plurielles, de sa diversité linguistique exceptionnelle, le Maroc dispose, en effet, d’un patrimoine incomparable. D’aucuns rétorqueront que pour l’heure l’essentiel c’est d’abord de disposer des produits de première nécessité et de satisfaire les besoins basiques. Mais, l’identité d’un peuple, c’est aussi sa culture. Elle est la quintessence de son histoire qui définit sa place parmi les peuples du monde.

Il est donc impérieux de bien veiller à ce que les activités culturelles ne continuent plus à être le bouc émissaire de ces crises successives. D’où l’urgence d’accorder toute son importance à ce secteur et de soutenir les manifestations culturelles par le biais d’une implication forte et engagée à la fois des pouvoirs publics et des opérateurs privés. Il est vraiment temps que ce secteur arrête d’être le parent pauvre de notre économie.

Il en va non seulement de notre bien-être, de notre inspiration et de nos stimulations intellectuelles et sentimentales mais aussi et surtout de notre fierté nationale au moment où des pays, sans scrupule, n’hésitent pas à usurper en toute occasion notre identité ancestrale à travers l’appropriation de notre cuisine, de notre artisanat et même de notre histoire : Tarik Ibn Ziyad en est une illustration délirante.

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