A la une Culture

Rachid El Ouali séduit les téléspectateurs avec KIssariya Ouffela, sa première sitcom

Écrit par Khadija Alaoui

Critiqués à chaque mois de Ramadan pour leur manque d’originalité, la faiblesse du jeu des acteurs et le manque de consistance de leurs scénarios, les sitcoms de cette année promettent de nous réconcilier avec la télévision. Rachid El Ouali nous dit pourquoi sa sitcom va plaire à 100% aux téléspectateurs.

Rachid El Ouali derrière la caméra pour une sitcom. C’est une première pour cet acteur doublé d’un réalisateur. “J’ai beaucoup hésité avant d’accepter la proposition de Nabil Ayouch qui en est le producteur. J’ai ensuite décidé de prendre connaissance de l’idée générale de la sitcom, et puis d’en discuter avec Nabil…” Les deux hommes ont la même vision concernant la comédie et surtout l’envie de sortir ce genre de la médiocrité dans laquelle on l’avait placé. Aussi, il n’était point question pour Rachid de faire ce travail dans la précipitation et encore moins de le bâcler. “J’ai posé mes conditions pour faire ce travail comme il se doit : le choix des acteurs, les thématiques abordées, etc.” Rachid El Ouali obtient le feu vert pour toutes ses exigences, et il s’attelle au travail en s’attaquant au scénario. “Le point faible des sitcoms réside dans les scénarios qui parfois, et c’est un comble, ne sont même pas écrits …” Avec sa rigueur coutumière, le réalisateur réunit une cellule d’écriture, et s’entoure entre autres de Jawad Lahlou, Samia Akariou, Nora Skalli, Ayoub Idri, Amine Smai, ou encore Yahya Fandi. Lui-même met la main à la pâte. “Nous avons écrit en premier les intrigues que nous avons ensuite distribué dans un séquencier. L’idée était de mettre en avant les situations comiques avant de s’attaquer aux dialogues”, explique Rachid El Ouali qui donne le premier tour de manivelle de la sitcom Kissariya Oufella le 21 février 2021. “En plein tournage, j’ai été obligé de réviser les 30 épisodes, car ceux qui ont écrit les dialogues ne connaissaient pas les personnages et leurs dialectes. Il fallait parfois réécrire les dialogues pour être parfaitement en adéquation avec la particularité du personnage… Je peux dire que le point noir de ce travail a été l’écriture”, précise le réalisateur. Méticuleux à l’extrême, Rachid El Ouali n’a toléré aucun écart du texte écrit. “C’est la première fois que les comédiens d’une sitcom se conforment scrupuleusement aux dialogues, sans ajout de leur propre chef”, assure le réalisateur. Chaque détail est passé au crible, et Rachid El Ouali a même veillé au choix des costumes et des accessoires pour que sa série soit parfaite à tous points de vue. 

Un travail d’orfèvre

À travers cette sitcom, Rachid El Ouali veut se démarquer et marquer une coupure avec le passé. Un travail d’orfèvre est mené, et concerne en premier lieu le décor. Là aussi, la production a créé une kissariya au cœur des locaux du Central Studios. L’architecture de cet espace de vie a nécessité plus de 4 mois de travaux, et là aussi Rachid était présent à toutes les étapes de la construction, guidant les ouvriers et parfois même prenant en main les outils pour exécuter au mieux son idée. Résultat ? Un plateau de tournage qui “s’articule par un accès panoramique à 360°, sans angle mort, permettant une richesse d’axes, et scènes de vie les plus proches possible d’un quotidien qui est loin de l’impersonnel… Un challenge permettant de se réinventer autant dans le jeu, que dans les atmosphères qui en découlent”, note la production. 

Et c’est dans ce lieu que les situations comiques les plus incroyables et les plus délirantes vont se produire. L’humour est dosé, les dialogues s’envolent et les acteurs ont un jeu parfait. “Côté casting, j’ai eu à cœur de ne pas prendre les figures consommées, ces acteurs dont les gestuelles sont tellement répétitives et qui ne font aucun effort…. Nous avons fait le choix assumé de prendre des acteurs qui n’ont jamais joué dans des sitcoms, comme Nisrin Erradi et Saadia Azegoun…”, assure Rachid El Ouali qui incarne également un personnage dans la sitcom. Khadija Assad est également présente, à travers des flash-back. “Elle était très fatiguée et malade, et ne pouvait être présente sur le plateau de tournage. Nous avons fait le choix de la filmer seule, et elle apparaît dans des réminiscences et des souvenirs de son fils. Et lorsqu’elle a été rétablie, elle nous a fait l’honneur de prendre part au dernier épisode et de nous soutenir. C’était un très fort moment lors du tournage”, explique le réalisateur. Toujours inscrit dans cette volonté d’honorer la mémoire d’acteurs disparus, Rachid El Ouali a tenu à ce que la photo de Aziz Saad Allah soit mise en avant tout au long des 30 épisodes. “Il nous a quitté cette année, mais il ne quittera jamais nos mémoires. Nous ne l’oublierons jamais.” 

Une sitcom pour les jeunes

 L’autre particularité de Kissariya Oufella est que ses péripéties se déroulent à Agadir, et là aussi c’est une première. “L’un des buts de 2M est de ne pas concentrer les actions des comédies sur Casablanca ou Marrakech, par exemple. Agadir est un excellent choix, et nous avons des acteurs originaires de cette ville”, rappelle le réalisateur. La jeunesse est au cœur des préoccupations de Rachid El Ouali qui aspire à ce que sa série interpelle toutes les tranches d’âge, et surtout les jeunes. “Je dis aux jeunes qui sont fâchés contre la télévision marocaine, et en particulier les sitcoms, qu’ils vont regarder une série qui leur parle, qui utilise leur langage, et qu’ils vont se retrouver dans de nombreux personnages et dans différentes situations, avec beaucoup d’humour”, tient-il à souligner, rappelant que Kissariya Oufella est une “série fédératrice qui transmet des valeurs humaines de partage et de générosité.”

Derrière la caméra, mais endossant également un rôle dans cette sitcom, Rachid El Ouali se montre particulièrement sévère dans sa direction. “Ce qui m’importe quand je fais de la réalisation, ce sont les jeunes acteurs. Je viens de fêter mes 55 ans, et mon souci, après une expérience de plus 35 ans et de veiller à outiller au mieux ces jeunes. C’est vrai que je suis dure envers eux, et ils aiment ça car ils feront carrière, et certains d’entre eux deviendront de grands comédiens. Et plus tard, ce sont eux que les gens vont féliciter…”, assure Rachid. Rendez-vous est donc pris tous les soirs sur 2M à 22h10 pour juger sur pièce…

Commentaires

Commentaire

Commentaires

Commentaire