Dossier Archives - Femmes du Maroc https://femmesdumaroc.com/category/reportage/dossier Le magazine leader de la presse féminine au Maroc Inspiration, Envies, Style, Beauté, Idée Fri, 20 Feb 2026 13:33:55 +0000 fr-FR hourly 1 https://femmesdumaroc.com/wp-content/uploads/2022/12/cropped-fav-fdm3-32x32.png Dossier Archives - Femmes du Maroc https://femmesdumaroc.com/category/reportage/dossier 32 32 Perte de poids : les traitements en vogue passés au crible https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/perte-de-poids-les-traitements-en-vogue-passes-au-crible Fri, 20 Feb 2026 12:43:32 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=130005 Face à l’obsession du poids, les solutions pour mincir se multiplient à une vitesse folle. Injections amaigrissantes, comprimés réduisant l’absorption des graisses... chacune promettant de faire maigrir plus vite, plus efficacement. Mais que valent vraiment ces méthodes ? Quels effets ont-elles sur l’organisme et quels risques se cachent derrière leurs promesses minceur ? Décryptage avec des experts.

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Longtemps cantonnée aux régimes stricts et, dans certains cas, à la chirurgie, la quête de perte de poids se tourne aujourd’hui vers des options médicamenteuses et paramédicales. Promettant d’agir sur l’appétit et le métabolisme, les injections amaigrissantes font partie des solutions “minceur” les plus en vogue en ce moment. Ozempic, Victoza et d’autres noms reviennent sans cesse dans les conversations autour de la minceur, alors qu’à l’origine, ce sont des médicaments conçus pour traiter le diabète de type 2. “Ces injections sont toutes des agonistes du GLP-1. C’est une hormone naturellement produite dans l’intestin en réponse à l’ingestion d’aliments. Elle joue un rôle clé dans la régulation de la glycémie et de l’appétit”, nous explique Dr. Khaled Dembri, médecin spécialiste en endocrinologie, diabétologie et nutrition. 

Ozempic, Victoza, Wegovy : Mode d’action

Toutefois, même si ces injections partagent toutes le même mécanisme, chacune a son propre mode d’action et sa propre manière d’agir sur la satiété. “Bien que ces médicaments aient des effets similaires en termes de perte de poids, ils diffèrent par leur dosage, leur fréquence d’administration et leurs indications spécifiques”, précise Dr. Dembri. Ozempic, par exemple, se distingue par son injection hebdomadaire et son action particulièrement marquée sur la satiété, ce qui lui vaut une grande popularité. “Ozempic stimule la sécrétion d’insuline par le pancréas en réponse à une élévation de la glycémie. Il réduit également la production de glucagon, une hormone qui augmente la glycémie, et ralentit la vidange gastrique, ce qui contribue à une sensation de satiété prolongée”, détaille l’endocrinologue. Victoza, lui, se prend chaque jour et offre une approche plus progressive. Wegovy, conçu spécifiquement pour la prise en charge du surpoids et de l’obésité, imite lui aussi l’hormone de satiété. “Wegovy a un mécanisme d’action similaire à celui d’Ozempic”, développe Dr. Dembri. Mais attention, ces injections sont fortement déconseillées chez les patients ayant des antécédents personnels ou familiaux de cancer de la thyroïde, ceux ayant un antécédent de pancréatite, les personnes ayant des problèmes gastro-intestinaux ou des allergies à un des composants, les personnes sujettes à l’hypoglycémie, ainsi que les femmes enceintes et allaitantes. “Il est essentiel que les patients consultent un professionnel de santé avant de commencer un traitement par agoniste du GLP-1”, insiste Dr. Dembri.

Quels effets sur la balance ?

Côté résultats, les tests cliniques révèlent des chiffres impressionnants. “Généralement, les patients peuvent commencer à observer des résultats dans les 4 à 6 semaines suivant le début du traitement. Cependant, la perte de poids significative prend souvent plusieurs mois, et les résultats maximaux peuvent être atteints au bout de 6 à 12 mois”, fait savoir Dr. Dembri. Mais une reprise de poids est tout-à-fait possible après l’arrêt du médicament. “Ces injections aident à perdre du poids en augmentant la satiété, en réduisant l’appétit et en ralentissant la vidange gastrique. Du coup, lorsque le traitement est arrêté, ces effets disparaissent, ce qui peut conduire à une augmentation de l’appétit et une consommation calorique plus élevée”, explique le praticien. D’où la nécessité, souligne l’endocrinologue, d’adopter des changements de mode de vie durables, tels qu’une alimentation équilibrée et une routine régulière d’exercice physique. 

Comme tout médicament agissant sur le métabolisme, les injections peuvent s’accompagner d’effets indésirables, le plus souvent digestifs, qui varient en intensité selon les personnes et les molécules utilisées. Nausées, vomissements, diarrhées, constipation ou sensation de ballonnement figurent parmi les effets les plus fréquemment rapportés, notamment en début de traitement. “L’impact à long terme de ces injections sur le pancréas n’est pas encore complètement compris. Les préoccupations concernant la santé du pancréas se concentrent principalement sur le risque de pancréatite et le potentiel effet sur le développement de cancers du pancréas”, explique le praticien. 

Les inhibiteurs de l’absorption de graisse 

Pour lutter contre les kilos en trop, d’autres traitements, agissant cette fois directement sur l’absorption des graisses, viennent enrichir l’offre existante. Ces médicaments, souvent sous forme de comprimés, agissent en bloquant partiellement l’absorption des graisses alimentaires par l’intestin, réduisant ainsi l’apport calorique sans nécessiter de changements drastiques dans l’alimentation. Parmi les plus connus, on retrouve l’Orlistat, autorisé dans de nombreux pays, dont le Maroc, et prescrit aux personnes en surpoids ou obèses, présentant des facteurs de risque métaboliques, comme un taux de cholestérol élevé ou une hypertension. “En bloquant l’assimilation   des graisses, ces médicaments peuvent aussi limiter l’absorption de certaines vitamines essentielles, notamment les vitamines liposolubles comme les vitamines A, D et K”, alerte Dr. Amal Mjabber, spécialiste en endocrinologie, diabétologie, nutrition et maladies métaboliques. La praticienne souligne que l’action ciblée de ces molécules sur l’intestin entraîne logiquement certains effets indésirables. “Ces traitements doivent impérativement être pris sur ordonnance et jamais de manière aléatoire. Ils doivent être adaptés à l’état de santé du patient et s’inscrire dans une prise en charge globale, incluant une alimentation saine et une activité physique adaptée”, insiste la spécialiste. 

 

Quid des brûleurs de graisse  ?  

Les “brûleurs de graisse”, ces suppléments alimentaires censés favoriser la combustion des graisses stockées, trouvent naturellement leur place dans cette lutte contre les kilos en trop. Le thé vert, la caféine, la L-carnitine, le guarana ou encore le konjac font partie des plus connus et sont souvent commercialisés sous forme de gélules ou de poudres. Mais derrière le marketing, que valent vraiment ces produits ?  “Il est vrai que certaines substances comme la caféine ou le thé vert sont célèbres pour leur prétendu effet brûle-graisse, mais la réalité scientifique est bien plus nuancée. Ces composés ne “brûlent” pas le gras au sens propre ; ils agissent tout au plus comme des soutiens au métabolisme”, estime Rihab Chouari, docteur en nutrition clinique et neurosciences.

Pour mieux cerner l’action de ces produits, la chercheuse en biologie de la santé détaille ce qu’ils apportent réellement à l’organisme. “La caféine, par exemple, stimule le système nerveux et augmente légèrement la thermogenèse, c’est-à-dire la production de chaleur par le corps. Cela pousse l’organisme à dépenser quelques calories supplémentaires, mais cet effet reste marginal et s’estompe avec l’habitude”, explique-t-elle. “Le thé vert peut, grâce à ses catéchines (EGCG), favoriser très légèrement l’oxydation des graisses, mais les études montrent que sans un déficit calorique et une activité physique, l’impact sur la balance est quasiment nul. La L-carnitine, souvent mise en avant dans les salles de sport, possède quant à elle un rôle biologique précis dans le transport des acides gras vers les mitochondries pour produire de l’énergie. Cependant, pour une personne en bonne santé, en consommer davantage ne force pas le corps à utiliser plus de gras”, poursuit Dr. Chouari. La nutritionniste précise par ailleurs que ces produits demeurent “totalement inefficaces” pour transformer la silhouette de manière passive chez une personne en bonne santé.

Le mythe du naturel 

En plus de leur efficacité très relative, les brûleurs de graisse soulèvent aussi des questions de sécurité. Car même s’ils sont en vente libre et souvent présentés comme “naturels”, ils ne sont pas pour autant dénués de risques. “Les grandes institutions de santé s’accordent sur le fait que les “brûleurs de graisse” présentent des risques réels pour une efficacité scientifiquement marginale”, met en garde Dr. Rihab Chouari. La praticienne attire d’abord l’attention sur les effets cardiovasculaires liés à certains ingrédients stimulants. “L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) et les Instituts américains de la santé (NIH) alertent sur l’usage de stimulants comme la caféine, le guarana ou l’orange amère, qui sollicitent trop le cœur”, explique-t-elle. “Cela peut entraîner des tachycardies, une augmentation de la sensation artérielle, ainsi que des troubles du système nerveux comme l’anxiété, la nervosité ou les insomnies”. Le foie est lui aussi concerné.

En fin de compte, tout nous ramène vers la même conclusion : l’équilibre est le meilleur allié pour perdre du poids de manière saine et durable. 

“Ozempic peut être utile pour certains et déconseillé pour d’autres”

L’Ozempic est aujourd’hui utilisé dans la prise en charge de l’obésité, mais uniquement dans des situations médicales bien précises. Il est prescrit aux personnes présentant une obésité avérée, avec un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 30, ou un IMC supérieur à 27 avec au moins un facteur de risque associé, comme l’hypertension, l’hypercholestérolémie ou le diabète de type 2. Le problème est que certaines personnes se disent que puisque ce médicament est prescrit par des médecins, il ne peut pas être dangereux, et considèrent donc qu’elles peuvent le prendre sans indication médicale. Or, la logique médicale est toute autre : tout repose sur la balance bénéfice-risque. Chez les personnes atteintes de certaines maladies chroniques, le risque lié à la maladie est souvent plus important que les effets indésirables du médicament ; dans ce cas, le traitement est bénéfique. En revanche, chez d’autres personnes, le risque lié à la maladie est plus faible que celui lié au médicament, ce qui rend son utilisation inadaptée. Autrement dit, un même traitement peut être utile pour certains profils et déconseillé pour d’autres. Par ailleurs, il est important de souligner que ces injections sont porteuses d’espoir pour les personnes souffrant d’obésité, mais ne constituent pas une solution miracle.

 

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Comment stopper la faim émotionnelle ? https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/comment-stopper-la-faim-emotionnelle Fri, 20 Feb 2026 12:41:45 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=130002 Le corps est le temple de nos émotions. Et bien souvent, celles-ci prennent le dessus au point d’influencer nos décisions quotidiennes, à commencer par nos choix alimentaires. Pendant très longtemps, les chercheurs se sont penchés sur les causes sous-jacentes des problèmes de poids, dont une grande partie est d’ordre psychologique. Éclairage.

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L’être humain développe un rapport presque affectif avec la nourriture. Il ne mange pas forcément pour répondre à la faim, mais davantage pour déclencher ou apaiser une émotion, d’où la célèbre expression “manger ses émotions”. Il devient donc essentiel de distinguer la faim émotionnelle de la faim physiologique. “La faim émotionnelle survient lorsqu’une émotion prend le dessus: stress, ennui, colère… Elle peut également être intensifiée par les fluctuations hormonales liées au cycle menstruel. À l’inverse, la faim physiologique indique que le corps a réellement besoin d’énergie pour fonctionner. Elle apparaît progressivement, et non de manière soudaine comme la faim émotionnelle, et disparaît lorsque l’on mange à sa juste faim”, explique Asma Achouata, diététicienne nutritionniste. Écouter son corps et ses émotions, rappelle Achouata permet de mieux identifier le type de faim ressenti. “Avant de manger, il est utile de se poser la question: ai-je réellement faim ou est-ce une émotion qui me pousse à manger ?”, recommande la spécialiste. Sortir du mode “autopilot” permet de revenir à soi et de détecter le véritable mal-être, au lieu de le noyer dans la nourriture. La plupart du temps, manger apparaît comme une échappatoire, un passe-temps ou un “quick fix”. L’objectif n’est pas de supprimer le plaisir que procure un plat, mais d’intégrer la pleine conscience dans ses habitudes alimentaires. “Lorsque la faim émotionnelle est identifiée, il est recommandé de s’arrêter avant de passer à l’acte, de respirer, puis de réorienter cette énergie vers un geste concret, comme une activité physique ou un petit plaisir non alimentaire. Au moment du repas suivant, il est conseillé d’opter pour un plat consistant et équilibré”, insiste Asma Achouata. 

Un rapport plus intuitif 

Fervente défenseuse du “mindful eating”, Selma El Bassiri, consultante en nutrition et en changements de comportement alimentaire, recommande de manger en pleine conscience, en accord avec le corps et l’esprit. Selon elle, l’objectif est de “retrouver un rapport plus intuitif, féminin et naturel avec la nourriture”. Pour ce faire, la spécialiste propose, avant de passer à table, un rituel permettant de revenir dans le corps, d’apaiser le système nerveux et de vivre le repas avec plus de présence, à savoir la respiration carrée. “C’est une respiration en quatre temps, pendant laquelle on prend également le temps de scanner le corps et d’observer les sensations ainsi que les tensions éventuelles”, fait-elle savoir. 

Plus qu’une simple approche, le “mindful eating” est une manière d’honorer ses besoins et de retrouver équilibre et harmonie avec la nourriture, loin de toute compulsivité. “Le premier bénéfice est généralement de développer la capacité à ralentir et à ressentir, ce qui n’est pas toujours évident dans un quotidien saturé de distractions et où l’on regarde partout, sauf à l’intérieur”, souligne Selma El Bassiri. Une fois cette étape franchie, l’esprit a tendance à se relâcher. “Le simple fait de ralentir permet à l’organisme de profiter pleinement du repas, tant sur le plan nutritif que sensoriel”, poursuit-elle.

Le “mindful eating” s’inscrit dans une logique de perte de poids durable, axée sur la modification des habitudes plutôt que sur les résultats immédiats. “Lorsqu’on a essayé de nombreux régimes sans obtenir de résultat pondéral durable, ce n’est pas la nourriture qu’il faut questionner, mais bien le rapport à l’alimentation. Le corps reconnaît son poids de forme et dispose d’une capacité naturelle à s’autoréguler si on lui en donne l’opportunité”, révèle la consultante en nutrition. Par ailleurs, le rythme de perte varie d’une personne à l’autre, mais “la progression se fait sur un terrain apaisé, et non en lutte contre le corps”, assure-t-elle.

Un travail sur le corps et l’esprit 

En matière d’accompagnement psychologique, les thérapies comportementales et cognitives (TCC) ainsi que la thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT) sont les plus plébiscitées pour intervenir sur les comportements alimentaires problématiques. “Les TCC et l’ACT n’agissent pas sur l’alimentation en tant que telle, mais sur la relation que la personne entretient avec la nourriture, son corps et ses émotions. Et c’est là que tout se joue”, explique Ghizlane Ziad, psychologue clinicienne spécialisée en pathologie clinique et clinique sociale.

Ces deux approches sont complémentaires mais différentes. En TCC, le travail porte principalement sur les automatismes, comme le fait de manger pour apaiser une tension, compenser une frustration, combler un vide, se punir ou se rassurer. “On aide la personne à identifier ses déclencheurs, à repérer les pensées rigides et à tester des alternatives plus adaptées, plus douces, plus réalistes”, précise la psychologue.

L’ACT, pour sa part, agit davantage sur le plan émotionnel. “Elle invite à sortir de la lutte permanente contre soi-même. Il ne s’agit pas de supprimer les envies, les émotions ou les pensées difficiles, mais d’apprendre à les accueillir sans qu’elles dictent automatiquement le comportement. L’objectif n’est pas le contrôle, mais la cohérence avec ses valeurs : prendre soin de son corps, se respecter et retrouver une liberté intérieure face à la nourriture”, affirme Ghizlane Ziad. Elle considère que ces thérapies sont particulièrement pertinentes lorsque l’alimentation est devenue un terrain de conflit interne, “notamment lorsqu’il existe des compulsions alimentaires, avec ou sans crises, quand l’alimentation est émotionnelle (stress, solitude, fatigue, surcharge mentale), lorsqu’il y a des alternances restriction/perte de contrôle, chez les personnes qui “savent quoi manger” mais n’arrivent pas à le faire dans la durée, ou lorsque le parcours est marqué par des régimes répétés, souvent culpabilisants”, souligne-t-elle. Ces thérapie sont également “très indiquées lorsque la question alimentaire est “intimement liée à l’estime de soi, au rapport au corps, ou à une histoire personnelle où la nourriture a servi de refuge, de régulateur ou de langage émotionnel”, précise Ghizlane Ziad.

Parce que c’est un travail sur le corps et l’esprit, une collaboration entre nutritionniste et psychologue peut se révéler extrêmement enrichissante. “Le nutritionniste apporte un cadre nutritionnel clair, sécurisant et non culpabilisant, tandis que le psychologue travaille de son côté sur ce qui empêche ce cadre d’être appliqué sereinement : les émotions, les croyances, les injonctions internes et le rapport au contrôle”, assure Ziad.

Dans le dessein de renforcer la motivation sans tomber dans le contrôle excessif, Ghizlane Ziad conseille de viser la régularité plutôt que la perfection, de s’autoriser les écarts sans les dramatiser, d’observer plutôt que de juger, et de valoriser chaque pas, même minuscule. 

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Régimes à portée de swipe https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/regimes-a-portee-de-swipe Fri, 20 Feb 2026 12:40:00 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=129981 Jamais les régimes et les jeûnes n’ont été aussi populaires, ni aussi commentés. Sur TikTok, Instagram et autres réseaux sociaux, ils se déclinent en routines, en “avant/après”, en protocoles simples à suivre. Jeûne intermittent, régime méditerranéen, cétogène, cures hydriques, “reset digestif”… Des méthodes largement copiées, testées, parfois poussées à l’extrême, jusqu’à ce que le corps rappelle ses propres limites. Détails.

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À Hollywood comme sur Instagram, la minceur est devenue un mode de vie. On ne parle plus seulement de poids, mais de routines. Jeûner quelques heures pour “se sentir mieux”, enchaîner des jus pour “détoxifier”, supprimer le sucre ou les glucides pour “reprendre le contrôle”. Les réseaux sociaux ont installé leur propre grammaire de la silhouette. Le scénario est rodé. Une star évoque une habitude personnelle, un influenceur la transforme en méthode, et la tendance se diffuse. Le jeûne intermittent s’impose comme une hygiène de vie “moderne”, souvent mentionnée par des célébrités, comme Jennifer Aniston ou Kourtney Kardashian. Le régime cétogène revient sur le devant de la scène, présenté comme une solution rapide, revendiquée par Halle Berry ou Kim Kardashian. L’hyperprotéiné, lui, se réinvente en version clean eating, plus douce, plus esthétique. À côté, les régimes liquides continuent de séduire. Jus pressés à froid, smoothies verts, bouillons clairs. Popularisées par Beyoncé ou Gwyneth Paltrow, ces cures promettent un corps plus léger, un esprit plus clair. Boire plutôt que manger, faire une pause.

Au-delà des tendances

Mais une fois l’écran refermé, ces routines ne restent pas virtuelles. Elles s’invitent dans la vraie vie ; et jusque dans les cabinets. des spécialistes Nutritionnistes et médecins voient arriver des patients déjà engagés dans une méthode précise. “On arrive avec un protocole choisi à l’avance, souvent vu sur les réseaux sociaux, et on veut savoir s’il va fonctionner”, observe Maria Benjelloun, nutritionniste et spécialiste de l’obésité. Les personnes qu’elle reçoit ont lu, regardé, comparé. Elles connaissent les règles, parfois sur le bout des doigts.  Si certains modèles alimentaires plus classiques, comme le régime méditerranéen ou une alimentation équilibrée à long terme, sont bien documentés et régulièrement recommandés, ce sont surtout les méthodes les plus visibles ; jeûnes, régimes très restrictifs, protocoles “rapides”, qui s’imposent aujourd’hui dans les consultations. “Ce que j’essaie d’expliquer, c’est qu’aucun régime ne fonctionne sans un véritable changement du comportement alimentaire”, souligne-t-elle. 

Même constat chez Bouchra Amsaguine, nutritionniste et hypnothérapeute. Elle voit surtout des parcours faits d’essais successifs. “On copie des règles sans se demander si elles sont adaptées à son corps, à son rythme, à sa vie.” Les premières semaines donnent parfois des résultats. Puis viennent la fatigue, la frustration, les troubles digestifs. Pour Imane Slaoui, médecin esthétique et micronutritionniste, le problème n’est pas l’existence de ces méthodes, mais leur banalisation. “Certaines ont été étudiées, oui. Mais dans des contextes précis, avec un suivi. Le danger commence quand elles deviennent des solutions universelles.” À force de suivre les tendances, on oublie l’essentiel : le terrain individuel. L’âge, les hormones, le stress, le sommeil. “Le corps ne réagit pas de la même façon chez tout le monde.” De son côté, Maria Benjelloun insiste sur un point qu’elle répète inlassablement à ses patients : “Maigrir très vite est dangereux. Et surtout, ce n’est jamais durable.” Elle voit aussi les dégâts invisibles : carences, fatigue chronique, baisse du moral.

La promesse, puis l’usure

Si ces méthodes séduisent autant, c’est qu’elles promettent une réponse simple à une urgence devenue collective. Le jeûne intermittent s’est ainsi imposé comme une solution presque évidente. Présenté comme une hygiène de vie moderne, il repose le plus souvent sur un modèle 16/8 : on ne mange que pendant une fenêtre de huit heures, en laissant passer seize heures sans prise alimentaire. Les études montrent qu’il peut entraîner une perte de poids chez des personnes en surpoids, mais, comme le rappelle Imane Slaoui, ces résultats doivent être replacés dans leur contexte. “Les bénéfices observés sont souvent comparables à ceux d’une restriction calorique classique. Le jeûne n’est pas supérieur par nature.” Autrement dit, ce n’est pas l’horaire qui fait tout, mais ce que l’on mange. Dans la pratique, le jeûne peut aider certains à structurer leurs repas, mais devenir une contrainte pour d’autres, avec fatigue ou compulsions. 

Même logique du côté du régime cétogène. En réduisant drastiquement les glucides au profit des graisses, il promet une perte de poids rapide. La littérature scientifique confirme une efficacité à court terme, mais aussi ses limites. “Le cétogène est très contraignant, difficile à maintenir, et peut entraîner des carences s’il n’est pas strictement encadré”,  rappelle Maria Benjelloun, qui observe des reprises de poids fréquentes à l’arrêt. Même vigilance pour l’hyperprotéiné. En augmentant la satiété, il peut aider temporairement à réduire les apports caloriques. Mais, comme le souligne Bouchra Amsaguine, l’absence de fibres perturbe le transit et la flore intestinale, des signaux souvent banalisés.

Programmé pour résister

C’est souvent à ce moment-là que le décalage apparaît entre la promesse et la réalité du corps. Car après quelques semaines de régime ou de jeûne, le scénario devient familier pour les professionnels. Le poids baisse d’abord, puis ralentit. Il se stabilise. Parfois, il remonte. Souvent, il dépasse même le point de départ. Ce phénomène, largement documenté, porte un nom : l’effet yo-yo. “On croit que le corps triche. En réalité, il s’adapte”, explique Maria Benjelloun. Face à une restriction brutale, l’organisme ralentit ses dépenses, modifie ses signaux hormonaux, protège ses réserves. “Le métabolisme devient plus économe ; c’est une réponse biologique.”

À court terme, la perte de poids est possible. À moyen terme, la résistance s’installe. Imane Slaoui le rappelle : “Le corps n’est pas conçu pour maigrir durablement sous contrainte. Plus la restriction est sévère, plus la compensation est forte.” Ce cycle : restriction, perte, reprise, peut alors s’installer sur la durée. Chaque nouveau régime est abordé avec l’espoir que cette fois sera différente. Pourtant, plus les tentatives se multiplient, plus le corps devient sensible à la restriction. “À force de régimes successifs, on abîme la capacité du corps à réguler naturellement le poids”, alerte Maria Benjelloun. Le métabolisme devient plus réactif, la prise de poids plus rapide, la perte plus difficile. Dans cette spirale, la minceur cesse peu à peu d’être un objectif de santé pour devenir une lutte permanente : une vigilance constante, une négociation quotidienne avec son propre corps.

Bouger pour maigrir 

Face à cette mécanique de restriction et de compensation, un élément reste pourtant souvent relégué au second plan : l’activité physique. “Si quelqu’un veut aller mieux dans son corps, je commence toujours par lui dire : bougez”, affirme Bouchra Amsaguine. Pas pour compenser un repas, mais pour renouer avec ses sensations. “L’activité physique libère des endorphines, régule le stress, améliore le sommeil. C’est souvent là que le déclic se fait.” Elle ajoute que le mouvement agit bien au-delà de la dépense énergétique. Il aide à préserver la masse musculaire, soutient le métabolisme et limite cette réponse défensive du corps face aux régimes répétés. “Sans activité physique, toute perte de poids est plus fragile.” Cette approche globale modifie aussi le discours tenu en consultation. On parle moins de régime, davantage de rythme, de durée, de cohérence. Moins de ce qu’il faudrait supprimer, plus de ce qu’il faut reconstruire. “L’objectif n’est pas de faire perdre du poids à tout prix, mais de stabiliser, de sortir de l’alternance perte-reprise”, insiste Maria Benjelloun. Cela implique parfois d’accepter une évolution plus lente, moins spectaculaire, mais plus compatible avec une vie réelle. 

Au fond, ce que proposent aujourd’hui les professionnels ressemble moins à une révolution qu’à un retour au réel : une alimentation suffisamment nourrissante, des repas réguliers, une activité physique vécue comme un soutien et non comme une punition. La question n’est plus seulement comment maigrir, mais pourquoi, et pour combien de temps… 

“La minceur ne se construit pas dans la privation”

Ce que j’observe le plus souvent en consultation, ce n’est pas un manque de volonté, mais une fatigue profonde. Des personnes qui ont essayé longtemps, sérieusement, parfois durement. À force de suivre des règles, de compter, d’éviter, le rapport à l’alimentation devient tendu. On ne mange plus par faim, mais par stratégie. On n’écoute plus le corps, on le surveille. Progressivement, les signaux internes se brouillent. La faim arrive tard, la satiété passe inaperçue. On tient, puis on craque. Et ce basculement alimente une grande culpabilité. Beaucoup finissent par penser que le problème vient d’eux, alors qu’il vient souvent du cadre imposé.

Dans ce contexte, l’activité physique peut jouer un rôle décisif, à condition qu’elle ne s’ajoute pas à la liste des contraintes. Bouger permet de sortir d’une relation uniquement mentale à la minceur. Le mouvement remet le corps au centre, sans jugement. Il agit sur le stress, le sommeil, l’humeur. C’est souvent là que quelque chose se débloque. J’encourage toujours à tester différentes formes d’activité, sans objectif de performance : marcher, danser, nager, renforcer doucement. Chercher ce qui fait du bien, pas ce qui fait “brûler”. Retrouver un équilibre passe rarement par une méthode stricte. Cela commence par réapprendre à manger régulièrement, sans peur de mal faire, et par sortir d’une logique de lutte permanente. La minceur durable n’est pas une conquête. Elle est souvent la conséquence d’un rapport plus apaisé au corps, à l’alimentation et au mouvement.

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Poids : la science démonte les raccourcis https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/poids-la-science-demonte-les-raccourcis Fri, 20 Feb 2026 10:42:28 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=129978 Deux personnes, un même repas, deux trajectoires opposées. Ce constat est aujourd’hui largement confirmé par la science. Métabolisme de base, génétique, composition corporelle, hormones, microbiote, cerveau et émotions... les variables sont nombreuses et elles interagissent en permanence. Décryptage.

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Longtemps réduit à une simple affaire de calories et de volonté, le poids corporel apparaît aujourd’hui comme un phénomène biologique, hormonal et psychique d’une grande complexité. “Notre corps possède un système naturel de régulation du poids, un peu comme un thermostat”, explique Faouzia Daoudi, médecin généraliste, nutritionniste et diabétologue. “Ce système est piloté par le cerveau, en particulier l’hypothalamus, qui reçoit en continu des messages envoyés par les hormones, l’intestin, les muscles et les réserves énergétiques”, développe-t-elle.

Contrairement à une idée encore largement répandue, le corps humain ne fonctionne pas comme une simple machine à brûler des calories. Il réagit à des signaux biologiques complexes : sensation de faim, satiété, niveau de stress, sécurité ou menace. Lorsque ces signaux sont cohérents, le poids tend à se stabiliser naturellement. Mais lorsqu’ils sont perturbés, par le manque de sommeil, le stress chronique, les régimes répétés ou une alimentation inadaptée, l’organisme active des mécanismes de protection. “Si les messages sont brouillés, le corps stocke plus facilement”, résume Dr. Daoudi. “La bonne approche consiste à restaurer ces régulations naturelles, plutôt que de lutter contre le corps. Quand les bons signaux sont rétablis, le poids se régule plus durablement, sans régime strict ni culpabilité.”

Pas égaux face au poids

La science l’a désormais clairement établi : nous ne partons pas tous avec les mêmes cartes. Deux personnes peuvent manger la même chose et évoluer de manière radicalement différente. Le poids dépend avant tout de la manière dont l’organisme utilise et stocke l’énergie.

Métabolisme de base, génétique, masse musculaire, fonctionnement hormonal, microbiote intestinal, niveau de stress, qualité du sommeil : les variables sont multiples. “Certaines personnes ont un métabolisme plus lent, d’autres des hormones de la faim et de la satiété qui fonctionnent différemment”, précise Dr. Daoudi. Les régimes répétés, le stress chronique ou un terrain familial peuvent durablement brouiller les signaux biologiques.

L’âge complique également l’équation. “Avec le temps, on observe une diminution de la masse musculaire, une baisse des hormones sexuelles, une hypersensibilité à l’insuline et un ralentissement du métabolisme”, précise Yasmine Driouich, endocrinologue et diabétologue. Autant de facteurs qui rendent la perte de poids plus difficile, sans pour autant la rendre impossible.

Les hormones, véritables chefs d’orchestre du poids

“En pratique, le poids n’est jamais uniquement une affaire de calories”, insiste Dr. Driouich. “Ce sont les hormones qui commandent la sensation de faim et qui décident si le corps va brûler ou stocker.” Au cœur de ce système : l’hypothalamus, qui intègre les signaux hormonaux et ajuste la dépense énergétique. Parmi ces hormones, l’insuline joue un rôle central et souvent mal compris. “L’insuline n’est pas seulement liée au sucre, c’est surtout l’hormone du stockage”, explique l’endocrinologue. Elle bloque la libération des graisses stockées et favorise leur accumulation lorsque son taux reste élevé de façon chronique. “Chez beaucoup de patients en surpoids, je n’observe pas une hyperglycémie, mais une hyperinsulinémie silencieuse”, précise-t-elle. Résultat : la personne mange parfois normalement, voire peu, mais son corps refuse de puiser dans ses réserves. Certaines ressentent même de fausses hypoglycémies, qui poussent à manger alors que le problème n’est pas un manque d’énergie, mais un excès de signaux de stockage.

Autre hormone clé : la leptine, produite par le tissu adipeux. Son message est clair : les réserves sont pleines, tu peux manger moins et brûler davantage. Chez une personne mince, ce système fonctionne efficacement. Mais chez de nombreuses personnes en surpoids, ce signal devient inefficace. “On observe une résistance à la leptine”, explique Dr. Driouich. “La leptine est élevée, mais le cerveau ne l’entend plus.” Le corps se comporte alors comme s’il était en situation de pénurie énergétique, malgré des réserves importantes. Il augmente l’appétit, ralentit le métabolisme et favorise la reprise de poids. Ce mécanisme explique en grande partie l’échec des régimes restrictifs. “Après une restriction, le cerveau perçoit un danger”, souligne l’endocrinologue. “Il renforce les mécanismes de survie, ce qui rend la reprise de poids très fréquente.”

Autre hormone clé souvent sous-estimée, le cortisol, hormone du stress, agit comme un puissant modulateur du poids. “Le stress chronique augmente l’appétence pour les aliments riches, favorise la résistance à l’insuline et stimule la formation de graisse abdominale”, explique Dr. Driouich. Cette graisse viscérale, métaboliquement active, entretient à son tour l’inflammation et les déséquilibres hormonaux, créant un cercle vicieux. C’est pourquoi de nombreuses personnes, malgré une alimentation correcte et une activité physique régulière, voient leur poids stagner. “Tant que le stress persiste, le corps reste en mode alerte”, résume l’endocrinologue. Et un corps en alerte ne lâche pas ses réserves.

Thyroïde : entre fantasmes et réalités médicales

Souvent désignée comme responsable de la prise de poids, la thyroïde mérite une approche nuancée. “Une hypothyroïdie explique rarement une obésité importante”, précise l’endocrinologue Yasmine Driouich. La prise de poids est généralement modérée, mais les conséquences indirectes sont réelles. “Une thyroïde ralentie diminue la dépense énergétique, augmente la fatigue et réduit l’activité spontanée”, explique-t-elle. Corriger le trouble est essentiel, mais rarement suffisant à lui seul. Là encore, c’est l’équilibre global du métabolisme qui conditionne l’évolution du poids.

Microbiote, inflammation et faux kilos

Le microbiote intestinal est aujourd’hui reconnu comme un acteur majeur de la régulation pondérale. Certaines bactéries extraient davantage d’énergie des aliments, d’autres influencent l’inflammation et la communication avec le cerveau. “Un microbiote déséquilibré peut favoriser une inflammation chronique, perturber les hormones de la faim et influencer l’appétit”, explique Faouzia Daoudi. Cette inflammation, souvent silencieuse, ralentit le métabolisme et favorise le stockage.

À cela s’ajoute la rétention d’eau, responsable de variations rapides du poids. “Une variation de poids n’est pas toujours une prise de graisse”, rappelle la médecin. “Elle peut refléter un déséquilibre inflammatoire ou hydrique.”

Graisse ou muscle ?

Le chiffre sur la balance ne raconte qu’une partie de l’histoire. Il additionne masse grasse, masse musculaire et eau, sans distinguer ce qui compose réellement le poids du corps. Or, cette composition corporelle joue un rôle central dans la régulation du poids et la santé métabolique. La masse grasse sert de réserve d’énergie, mais en excès, notamment abdominal, elle favorise l’inflammation et les déséquilibres hormonaux. À l’inverse, la masse musculaire est un atout majeur : “le muscle consomme de l’énergie même au repos”, rappelle Dr. Faouzia Daoudi. Plus elle est préservée, plus le métabolisme de base reste actif.

Deux personnes ayant le même poids peuvent ainsi présenter des profils très différents. Développer du muscle peut parfois faire augmenter le chiffre sur la balance, tout en améliorant la silhouette, la glycémie et la stabilité pondérale. C’est pourquoi les approches actuelles visent moins à “peser moins” qu’à rééquilibrer la composition corporelle : réduire l’excès de graisse tout en préservant le muscle. Car ce qui compte vraiment n’est pas seulement combien on pèse, mais de quoi est fait ce poids.

Sommeil, charge mentale et psychisme

La science est aujourd’hui formelle : le sommeil influence le poids autant que l’alimentation. “Le sommeil est un chef d’orchestre silencieux”, décrit Imane Kendili, psychiatre et professeure affiliée à l’UM6P. Une seule nuit écourtée suffit à augmenter la faim, diminuer la satiété et altérer le contrôle des impulsions. À cette dette de sommeil s’ajoute la charge mentale, qui agit comme un stress chronique. “Quand l’énergie psychique est mobilisée en permanence par l’anticipation, l’organisation et la gestion quotidienne, le cerveau passe en mode survie”, explique la psychiatre. Le corps réclame alors une énergie dense et immédiate, ralentit la dépense énergétique et favorise le stockage.

Le poids n’est donc jamais une simple donnée biométrique. Il s’agit d’un phénomène vivant, sensible, à la croisée de la physiologie et de l’histoire personnelle. Il évolue au fil des émotions, du stress, des habitudes, des saisons et de la relation que l’on entretient avec la nourriture. “Le poids est aussi le reflet d’une histoire émotionnelle, de traumatismes parfois enfouis, de stratégies d’adaptation. Les troubles du comportement alimentaire ne sont ni des choix ni des caprices, mais des réponses à une souffrance”, ajoute Dr. Kendili. Le corps ne distingue pas le stress psychologique d’un danger réel : il mobilise les mêmes hormones, ralentit le métabolisme, augmente l’appétit, stocke davantage. Et lorsqu’un repas est avalé dans la précipitation, entre deux tâches, sans conscience ni plaisir, le cerveau ne l’enregistre pas pleinement, ce qui perturbe les signaux de satiété et favorise la surconsommation. “Manger ses émotions n’est pas une faiblesse morale”, insiste-t-elle. “C’est un mécanisme neurobiologique logique face à une surcharge émotionnelle.”

Les régimes restrictifs échouent précisément parce qu’ils renforcent l’insécurité intérieure. “Le corps humain ne se régule pas sous contrainte, mais dans un climat de sécurité”, explique la psychiatre. La restriction déclenche la survie, la culpabilité et la perte de contrôle. À l’inverse, la recherche confirme qu’un amincissement efficace repose sur une approche globale, personnalisée et progressive. “L’obésité est aujourd’hui reconnue comme une maladie neuro-hormonale”, rappelle pour sa part Yasmine Driouich. Les nouvelles thérapeutiques, comme les analogues du GLP-1, illustrent ce changement de paradigme : aider le corps à retrouver ses signaux naturels, plutôt que le contraindre. C’est pourquoi les approches actuelles visent moins à “peser moins” qu’à rééquilibrer la composition corporelle : réduire l’excès de graisse tout en préservant le muscle.

Sortir de la culpabilité

Au-delà de la silhouette, comprendre le poids permet de sortir d’un discours moral longtemps dominant. “Le poids n’augmente pas par manque de volonté”, résume Imane Kendili. “Il augmente parce que quelque chose, dans la biologie ou dans la vie intérieure, est en surcharge.”  Changer de regard, c’est accepter que le corps parle, parfois maladroitement, de stress, de fatigue, d’histoire personnelle. La science ne promet plus de solutions rapides, mais propose mieux : une compréhension fine, humaine et respectueuse du vivant. “Travailler avec le corps, et non contre lui, apparaît aujourd’hui comme la seule voie réellement durable”, conclut la psychiatre. 

“Nous avons tous une prédisposition à développer un certain morphotype”

Le lien entre la génétique et le poids est prouvé depuis un certain nombre d’années. Il existe des maladies familiales liées au cholestérol, ce que l’on appelle les hypercholestérolémies familiales, qui reposent sur une base génétique avec des gènes clairement identifiés. La génétique nous montre ainsi qu’il existe des métabolismes 

On peut donc dire que la génétique influence notre poids. Cela rejoint la question des morphotypes : ils sont tous liés à la génétique. Nous avons tous une prédisposition à développer un morphotype plutôt qu’un autre. Il ne s’agit pas de marketing, mais bien de différences interindividuelles réelles, prises en compte de manière générale par les nutritionnistes.

Concernant l’épigénétique, un exemple marquant est celui du siège de la ville d’Amsterdam pendant la Seconde Guerre mondiale. De nombreuses femmes enceintes se trouvaient alors dans la ville, qui s’est retrouvée bloquée et privée d’approvisionnement. Ces femmes n’ont pas pu se nourrir correctement pendant une partie de leur grossesse. Une étude a ensuite été menée sur les enfants nés de ces grossesses. Elle a montré chez eux une tendance plus importante à l’obésité. On estime que la déprivation alimentaire vécue pendant plusieurs jours a influencé l’activation de certains gènes, conduisant à des prédispositions à l’obésité.

Aujourd’hui, il n’existe pas encore de profils génétiques clairement définis et directement liés à l’obésité. Adapter une stratégie d’amaigrissement strictement basée sur la génétique reste donc un objectif ambitieux, qui ne peut pas encore être pleinement mis en œuvre.

En ce qui concerne les limites éthiques et scientifiques des tests ADN liés au poids, tant qu’il n’y a pas de manipulation génétique, il n’y a pas de raison majeure de s’y opposer. Au contraire, ces approches relèvent de l’optimisation. Dans l’absolu, l’objectif est clair : plus on réduit l’excès de poids, plus on diminue le nombre de personnes obèses, et plus le risque de formation de plaques athéromateuses baisse. Les bénéfices pour la santé cardiovasculaire sont alors significatifs, s’inscrivant pleinement dans une démarche de prévention.

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Le Maroc, destination VIP https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/le-maroc-destination-vip Fri, 26 Dec 2025 12:10:17 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=126893 Madonna, Rihanna, Beyoncé, famille Beckham, Dua Lipa, Ronaldo, Mbappé… toutes les routes mènent désormais au Maroc. Une destination où palaces iconiques, villas secrètes et expériences taillées sur mesure réinventent le luxe contemporain. Ici, le “oui” est devenu une signature, et chaque séjour se transforme en scène imaginée pour ceux qui veulent vivre l’exception autrement.

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Il suffit d’observer Marrakech un vendredi soir pour comprendre : jets privés alignés au tarmac, stylistes en repérage, équipes de production venues shooter une campagne beauté à la lumière rouge du désert, mannequins en transit vers un défilé improvisé dans un riad art déco… La ville ne suit plus les tendances : elle les fabrique. Brice Jakubowicz, fondateur de l’agence événementielle de luxe Deligh Event Management, qui orchestre mariages grandioses, soirées ultra-privées et événements corporate pour les marques internationales, voit cette transformation de l’intérieur. “Marrakech est devenue une ville capable d’accueillir une clientèle internationale extrêmement exigeante, mais aussi tout l’écosystème du luxe : créateurs, productions, maisons, artistes… Et les nouvelles lignes aériennes y contribuent énormément.” 

Des Palaces de luxe pour vivre des moments inoubliables.

Une affaire de “discrétion”

Un détail ? Pas du tout. Les connexions directes avec la majorité des capitales européennes, New York, Riyad, Dubaï, Doha et bientôt d’autres capitales premium ont propulsé la destination dans une nouvelle dimension. Les nouvelles liaisons aériennes premium ont ouvert le pays à des nationalités qui n’y venaient pas : Américains, Indiens, Asiatiques, Sud-Américains… “La connectivité avec l’Europe, les États-Unis et le Moyen-Orient a changé la donne. Cela a ouvert le Maroc à des profils qu’on ne voyait pas avant”, confirme Brice Jakubowicz. Plus de flexibilité, plus de jets, plus d’arrivées last minute. Un rêve logistique pour les Ultra High Net Worth Individual ou clients ultra prémium (UHNWI). Et quand ils arrivent, c’est pour vivre des choses qu’ils ne trouvent plus ailleurs. 

Montgolfière privatisée au lever du soleil. Dîner de marque dans un palais fermé au public. Défilé miniature pour un créateur dans un jardin botanique. Shooting couture dans une oasis. Chefs étoilés parachutés pour un seul repas. Rituels ancestraux revisités façon haute couture. Karim Fehry Fassy, fondateur d’Alizés Private, résume cette nouvelle grammaire du luxe marocain : “Le luxe, aujourd’hui, c’est l’émotion. On ne chérit plus une suite, mais une mise en scène. Notre rôle, c’est de créer des expériences impossibles à reproduire ailleurs.” Et ce ballet de jets, de chefs et de créateurs n’est que la partie visible du Maroc ultra-luxe. L’autre atout, plus discret mais décisif, c’est la confidentialité absolue du pays. Ici, une célébrité peut sortir d’un terminal VIP sans croiser un téléphone braqué sur elle. Une illustre personnalité peut séjourner trois jours dans une villa sans qu’aucune trace n’apparaisse sur les réseaux. 

“Certaines stars viennent uniquement pour disparaître quelques jours. Elles cherchent un retrait total, et le Maroc sait préserver cela”, confie Houda Kruszewski, fondatrice de la conciergerie de luxe Kech Prestige, dont le quotidien consiste justement à protéger ces arrivées furtives et ces séjours invisibles. “Nos clients savent qu’ici, la confidentialité n’est pas un luxe ajouté. C’est une évidence.” Cette sécurité, réelle et perçue, explique pourquoi des stars américaines, des footballeurs internationaux, des mannequins, de grandes personnalités politiques et même des membres de familles royales étrangères choisissent aujourd’hui Marrakech plutôt que Dubaï ou Ibiza. “Ils veulent une expérience incarnée, sécurisée, différente de ce qu’ils connaissent ailleurs”, résume Karim Fehry Fassy. Et cette attractivité ne repose pas que sur Marrakech. Tanger, Casablanca, Agadir, Taghazout, Tétouan, Fès, etc., toutes suivent, chacune avec son style.

Adresses-destinations

Mais si les avions se remplissent, ce n’est pas uniquement pour la lumière du désert ou la facilité des transferts. C’est aussi parce que les hôtels marocains ont changé de dimension. En quelques années, le Royaume a vu éclore une génération d’établissements capables de rivaliser avec les plus grandes adresses du monde, et parfois de les dépasser. Palaces aux tables tenues par des chefs multi-étoilés. Villas où l’on dîne face à un chef arrivé en jet. Spas transformés en sanctuaires holistiques. Rooftops dessinés par des designers internationaux. Expériences sur mesure qui n’existent nulle part ailleurs. Karim Fehry Fassy le résume d’une phrase : “Certains lieux sont devenus des destinations en soi. On n’y va pas pour la région, on y va pour l’adresse.” Puis il glisse un exemple : “On nous demande des itinéraires Fès–Marrakech–Kasbah Tamadot. L’adresse suffit.”

Le pays ne se lit plus comme une carte touristique. C’est devenu une constellation d’univers, chacun avec sa personnalité et son aura propre. À Marrakech, le Royal Mansour traite l’hôtellerie comme de la haute couture; La Mamounia séduit autant les chefs internationaux que les photographes de mode ; le Selman a élevé l’art équestre au rang d’expérience iconique ; le Mandarin Oriental mise sur la déconnexion absolue. Ailleurs, les adresses parlent d’elles-mêmes: la Sultana Oualidia (refuge), La Fiermontina Océan (luxe brut), Kasbah Tamadot (Atlas mythique), Villa Mabrouka (aura YSL), Tamuda Bay et Tétouan (balnéaire intimiste), Taghazout (surf premium + wellness), etc. Autant de lieux qui suffisent à justifier un voyage entier. “Nos voyageurs UHNWI (Ultra High-Net-Worth Individuals) ne cherchent plus seulement les grandes signatures internationales : ils veulent ces adresses intimistes, presque secrètes, qui racontent une histoire”, souligne Cyndie Marchand, cofondatrice d’Escales Collection. Et c’est cette promesse-là, intime, scénarisée, authentique, que les stars et les grandes fortunes traversent la planète pour venir chercher.

Des expériences uniques impossibles à reproduire ailleurs.

Du sur mesure

En fait, le pouvoir d’attraction du Maroc ne s’arrête pas aux palaces. Ce qui impressionne le plus les habitués du luxe mondial, c’est la manière dont le pays répond aux désirs instantanés de cette clientèle. Ici, on ne planifie pas : on réalise. Et parfois dans des délais qui défient la logique. Houda Kruszewski en rit encore: “Certains décident leur arrivée deux heures avant d’embarquer. On doit tout mettre en place pendant qu’ils sont en plein vol.” Dans son WhatsApp, les demandes se succèdent : un dîner sous les étoiles “ce soir”, un spa privatisé “dans une heure”, une balade équestre au lever du soleil “si possible avant 6h”. Et bien sûr, cette anecdote devenue légende : un jet parti à vide pour aller chercher une trousse de maquillage oubliée à l’étranger. “Ils fonctionnent à l’impulsion, à la minute. À nous de suivre leur rythme”, glisse-t-elle.

Karim Fehry Fassy le confirme : “C’est une clientèle qui veut ressentir quelque chose tout de suite.” Pour certains, c’est un hammam ancestral revisité pour eux seuls, avec un rituel familial transmis de génération en génération. Pour d’autres, ce sera un déjeuner improvisé chez une potière, ou une séance de parfumerie privée avec un nez invité du Moyen-Orient. D’autres encore veulent “plutôt une soirée avec un conteur au cœur du désert, une journée avec une apicultrice, une rencontre avec un artisan. Sublimées avec justesse, ces scènes deviennent des moments rares et profondément personnels”, confie Cyndie Marchand. Au fond, si le Maroc séduit autant, c’est parce qu’il concentre en un seul pays ce que les ultra-riches vont chercher aux quatre coins du monde. “Quelques heures de route suffisent pour changer complètement de décor : désert, océan, montagne, campagne, médina, palmeraie… une variété que peu de destinations peuvent offrir avec cette fluidité”, assure la cofondatrice d’Escales Collection.

“C’est rare de pouvoir proposer autant d’expériences différentes à la même personne en si peu de temps”, constate Karim Fehry Fassy. Un séjour peut commencer en montgolfière au-dessus des villages amazighs, se poursuivre avec un déjeuner face à l’Atlantique et finir autour d’un feu dans les dunes. Ce rythme-là, cette densité-là, a peu d’équivalents. Et c’est précisément ce que viennent chercher les artistes, les sportifs, les dirigeants ou les familles fortunées : un pays où l’on peut changer d’univers sans changer de fuseau horaire. Un pays capable de créer du spectaculaire sans faire de bruit, d’orchestrer l’exception sans jamais perdre son authenticité. Au final, si les stars reviennent, ce n’est ni pour être vues, ni pour être reconnues : “c’est parce qu’ici, tout semble possible ; et que tout l’est vraiment”, conclut Cyndie Marchand.

“Marrakech, une marque de luxe mondiale”

Dans mon métier, j’ai vu défiler des visages extrêmement connus : acteurs internationaux, figures du showbiz, dirigeants influents, profils très haut placés… et toutes s’accordent sur un point en posant le pied à Marrakech : “Aucune autre destination ne dégage ça.” Marrakech, aujourd’hui, est une marque. Une ville capable de répondre à des attentes que d’autres destinations ne peuvent tout simplement pas suivre. Elle a dix ans d’avance. Une densité d’expériences, de lieux iconiques, de services d’exception… Et surtout, une capacité unique à accueillir une clientèle internationale extrêmement exigeante. Quand on m’appelle pour organiser un mariage XXL, une soirée ultra-confidentielle ou un événement corporate de très haut niveau, je sais que Marrakech tiendra ses promesses. 

Mais ce serait une erreur de croire que le Maroc se résume à Marrakech. Le reste du pays a un potentiel immense. Les côtes nord, la région de Larache, les oasis, les villages, les zones encore peu exploitées… Tout est là, sous nos yeux. Le Maroc peut devenir un modèle du luxe mondial si l’on décide de développer d’autres villes avec la même exigence, la même vision, la même ambition. Il ne s’agit pas de copier Marrakech, mais plutôt de créer d’autres narratifs, d’autres identités.

De faire monter en gamme des destinations qui ne demandent qu’à briller. De valoriser un patrimoine exceptionnel, une culture riche, un climat de confiance, une hospitalité instinctive. Marrakech a 

ouvert la voie. Le Maroc, lui, n’a encore montré qu’une partie de ce qu’il peut offrir.

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Malik Meziane : “Le luxe marocain n’est plus un objet, mais une émotion” https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/malik-meziane-le-luxe-marocain-nest-plus-un-objet-mais-une-emotion Fri, 26 Dec 2025 12:08:37 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=126911 Malik Meziane, Fondateur et Directeur Général d’Awrès, cabinet de conseil en hôtellerie, restauration et art de vivre, décrypte la transformation du luxe marocain. Pour lui, le véritable luxe ne se possède plus : il se ressent, dans l’émotion, l’attention et l’expérience sur-mesure qui imposent la singularité marocaine.

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Comment définiriez-vous le luxe à la marocaine ?

Pour moi, le luxe à la marocaine ne se résume pas à des objets ou à des marques. C’est un mélange subtil d’héritage artisanal, d’hospitalité chaleureuse et de raffinement contemporain. C’est un luxe que l’on ressent : dans un parfum, une texture, un geste. Il est profondément humain et authentique. Le luxe marocain, c’est ce sur-mesure qui nous touche, cette attention portée aux détails et cette capacité à créer de l’émotion. Ce n’est pas l’ostentation qui compte, mais ce que l’on vit.

En quoi cette notion a-t-elle évolué au fil du temps ?

Dans le passé, le luxe se montrait : on collectionnait, on exhibait, on affichait. Aujourd’hui, il se vit. Les gens recherchent l’expérience, le sens, l’émotion. Ils veulent des séjours personnalisés, des matériaux naturels, des traditions revisitées, un minimalisme élégant. Au Maroc, le luxe a quitté la logique de possession pour entrer dans celle de l’expérience.

Les Marocains consomment-ils réellement du luxe ?

Oui, et de plus en plus, mais différemment de nos voisins européens ou des touristes. Ici, le luxe se traduit par un week-end bien-être dans un riad, un dîner gastronomique raffiné, un spa sophistiqué ou un séjour court mais très qualitatif. La clientèle locale a changé : elle est jeune, mobile, exigeante, et souhaite des expériences premium qui reflètent sa personnalité.

Qu’est-ce qui distingue le luxe au Maroc ?

Trois choses me viennent à l’esprit. D’abord, l’hospitalité, cette chaleur humaine qui fait que l’on se sent chez soi même loin de chez soi. Ensuite, l’artisanat, capable d’être à la fois traditionnel et innovant. Et enfin, l’expérience sensorielle : les parfums, les textures, les rituels, … 

Quelles sont les destinations marocaines qui s’imposent comme les nouveaux hotspots du luxe ?

Marrakech reste incontournable, bien sûr, mais des lieux comme Agafay, Ouarzazate, Skoura, Dakhla, Essaouira et Tanger gagnent en popularité. Je trouve fascinant de voir le Maroc se réinventer et proposer autant de nuances dans son offre de luxe.

Selon vous, que reste-t-il à faire pour hisser encore davantage l’expérience du luxe au Maroc ?

Le Maroc possède les atouts pour devenir une référence mondiale: artisans d’exception, paysages uniques, hospitalité incomparable. Mais il faut continuer à former au service premium, renforcer la gastronomie, valoriser l’artisanat contemporain, structurer le wellness et développer le tourisme durable haut de gamme. Le potentiel est là ; il s’agit maintenant de le sublimer.

Peut-on dire que le Maroc a réussi à créer sa propre signature du luxe ?

Oui, nous avons notre propre griffe : un style identifiable, un art de vivre singulier, un artisanat reconnu et une hospitalité inimitable. Le luxe marocain est émotionnel, culturel et profondément humain. C’est cette signature qui fait rayonner notre pays à travers le monde.

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Le luxe, l’âme de l’espace https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/le-luxe-lame-de-lespace Fri, 26 Dec 2025 12:08:00 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=126902 Des salons traditionnels aux intérieurs sur-mesure, les maisons marocaines vivent une transformation profonde. Le luxe y prend de nouvelles formes, nourries par le design, la matière et un artisanat plus vivant que jamais. Cette évolution redessine notre manière d’habiter, plus apaisée, plus pensée, où chaque détail est choisi pour durer et raconter quelque chose de soi. Détails.

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Il suffit d’entrer dans une maison marocaine pour comprendre que l’esthétique n’y est jamais anodine. Pendant des générations, le luxe des intérieurs s’est exprimé dans l’opulence des salons, dans les broderies fines et dans la brillance d’une vaisselle réservée aux grandes occasions. Ce luxe-là était indissociable d’un art de recevoir, d’une manière d’habiter qui plaçait l’invité au centre de la scène. “Nous avons hérité d’un véritable savoir-habiter, différent selon les régions, mais toujours pensé pour magnifier l’accueil et célébrer le quotidien”, rappelle Fadwa El Gharib, fondatrice de Elf &Partners. Mais à mesure que les usages évoluaient, une autre attente s’est installée. La maison s’est mise à répondre à un besoin plus personnel, plus quotidien, moins codifié. “Aujourd’hui, ce qui compte, c’est l’équilibre entre la matière et l’atmosphère que l’on crée”, souligne Fadwa. “Le luxe n’est plus un apparat : c’est un espace qui a une âme, qui raconte une histoire et qui s’inscrit dans un héritage tout en restant profondément personnel.”

Le luxe de l’espace

Ce glissement esthétique se voit d’abord dans le cœur battant de la maison : le salon. Autrefois, ses lignes généreuses occupaient l’espace et affirmaient le statut familial. Seddaris enveloppants, tissus brillants, coussins à profusion… même la table suivait cette logique, avec la vaisselle Taous, les verres Bellar et les plateaux ciselés du rituel du recevoir. Aujourd’hui, le décor a changé. Le canapé design remplace le seddari, les assises passent au modulable, les dossiers s’abaissent, les formes s’allègent. 

Les familles qui visent le haut de gamme misent sur des pièces signées et des griffes internationales, et leurs tables adoptent des céramiques contemporaines ou des collections de maisons comme Hermès, Minotti, Vista Alegre, Serax, etc., remplaçant les services dorés d’hier. “Le salon marocain n’a pas disparu, il s’est transformé”, souligne Fadwa El Gharib. “On surcharge moins, mais on garde l’essentiel : la chaleur, la matière, la noblesse du bois, la main de l’artisan.” Là encore, les codes évoluent : le bois n’est plus sculpté en lourds motifs, mais travaillé en reliefs fins, brûlé ou laissé mat pour révéler sa texture.

Chez Roche Bobois, la tendance est nette : “Les clients veulent des intérieurs plus personnels, plus cohérents”, souligne Fatima Ezzahra Moufaddal, architecte d’intérieur. Le sur-mesure devient une évidence. Les lignes contemporaines s’accordent à l’âme marocaine : un zellige découpé, une table en marbre, un panneau sculpté… L’héritage demeure, mais avec plus de respiration. Et au cœur des attentes, une même priorité : l’espace. “L’espace et la lumière seront les premiers luxes de demain”, prédit Fadwa El Gharib. “Le luxe ne s’accumule plus : il se ressent.”

Artisanat et personnalisation

Paradoxalement, plus les intérieurs se modernisent, plus l’artisanat marocain s’impose comme le marqueur central du luxe. Mais un artisanat revisité, décomplexé, poussé à son expression la plus contemporaine. “L’artisanat n’occupe pas une place dans le luxe marocain, il est la place”, tranche Fadwa El Gharib. “Le luxe ne consiste plus à acheter un objet, mais à participer à sa création.” Zellige découpé ou sculpté, bois brûlé et re-gravé, parchemin réinventé, terre cuite transformée en revêtement mural… La main de l’artisan ne reproduit plus seulement : elle invente. Les frontières entre design, art et tradition deviennent plus poreuses que jamais. “Au Maroc, même dans les projets les plus modernes, le fait-main reste une marque de prestige. C’est ce qui nous distingue du reste du monde”, ajoute-t-elle. 

À ce renouveau esthétique s’ajoute une dimension très personnelle. Les clients haut de gamme, marocains comme étrangers, ne veulent plus un décor : ils veulent une histoire. “Leur maison devient un laboratoire d’expériences, un moyen d’affirmer leur singularité”, explique Fadwa El Gharib. “Notre rôle est d’assembler les pièces de leur imaginaire pour créer un voyage émotionnel unique.”  Chez Roche Bobois, cette singularité se traduit par des demandes parfois étonnantes : une maison entièrement monochrome, ou au contraire un intérieur où chaque pièce adopte une couleur différente. “Ces envies reflètent la personnalité des clients, et c’est un vrai plaisir de les concrétiser”, confie Fatima Ezzahra Moufaddal. “Nous transformons leurs inspirations en une expérience de vie esthétique et cohérente.” 

Dans cette nouvelle grammaire du luxe, le détail devient souverain. Non pas le détail ostentatoire, mais celui qui porte une âme : un linge de maison brodé qui rappelle un trousseau familial, un parfum d’intérieur conçu comme une signature, une céramique qui garde la trace de la main. “Le raffinement réside dans l’histoire d’un objet bien plus que dans sa valeur matérielle”, résume Fadwa El Gharib.

Vers une maison plus intuitive 

Ainsi, les expertes convergent : la maison marocaine de luxe de demain sera un lieu de paix. Un espace où la technologie s’efface pour ne laisser place qu’au confort sensoriel. Les pièces s’ouvriront davantage, la lumière deviendra un élément structurant, et chaque volume sera pensé pour apaiser plutôt que pour impressionner. Le confort ne sera plus un supplément, mais la base même de la conception. “La maison de luxe sera plus intelligente, mais de manière intuitive, presque imperceptible”, précise Fatima Ezzahra Moufaddal. “Les matériaux naturels, la lumière, les volumes ouverts créeront une harmonie totale. 

La modernité ne s’opposera plus à la tradition : elle la prolongera. Les gestes artisanaux resteront le fil rouge : un mur sculpté, une céramique modelée, un tissu brodé main… autant de traces humaines qui rappellent que l’âme marocaine ne se perd jamais, même lorsqu’elle s’ouvre au monde.

 

 

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Nouveau luxe : moins de possession, plus de sensations https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/nouveau-luxe-moins-de-possession-plus-de-sensations Fri, 26 Dec 2025 09:19:39 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=126889 Longtemps associé à l’apparat, aux bijoux lourds, aux salons richement ornés et aux mariages fastueux, le luxe marocain dans sa version ostentatoire est aujourd’hui en pleine métamorphose. Devenu autant une quête d’identité qu’une recherche d’esthétique et d’expérience, il révèle les mutations profondes d’un pays où la distinction sociale se joue désormais sur les codes culturels, les goûts raffinés et la capacité à vivre des expériences exclusives et multisensorielles. Deux spécialistes, la sociologue Nadia Lamoudy et l’anthropologue Chakib Guessous, décryptent pour nous les ressorts intimes de cette transformation.

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Le rapport des Marocains au luxe est en pleine métamorphose. Autrefois signe extérieur de richesse et marqueur de statut social, il se décline aujourd’hui dans une dimension plus intime, plus symbolique et plus expérientielle. Historiquement, le luxe marocain se manifestait par des possessions visibles : bijoux en or, vêtements brodés, salons somptueux et cérémonies fastueuses. Chaque objet, chaque espace, chaque geste était un signe de prestige et d’appartenance à une élite. Mais l’ouverture sur le monde, l’urbanisation et l’omniprésence des réseaux sociaux ont transformé ce rapport. Dr. Nadia Lamoudy, professeure de sociologie et psychologie sociale à l’université Hassan II à Casablanca explique que  “historiquement, le luxe était ostentatoire; aujourd’hui, il devient symbolique, expérientiel et émotionnel”. La sociologue cite le philosophe Jean Baudrillard qui résume parfaitement cette mutation : “le luxe n’est plus un objet, mais une forme d’énergie symbolique.” 

Cette transition s’inscrit dans un mouvement global. Selon une récente étude du cabinet améaméricain de conseil Bain & Company, le marché mondial du luxe devrait se stabiliser autour de 1440 milliards de dollars de revenus en 2025, mais il continue de perdre des clients, “au rythme de 10 à 20 millions de consommateurs encore cette année” après un pic en 2022. L’étude observe un glissement profond des comportements : la hausse continue des prix, jugée déjà “très élevée” l’an dernier, crée une désaffection, tandis que les consommateurs restants se tournent vers les expériences plutôt que les objets. Ce “changement tectonique” profite aux croisières hôtelières, à la gastronomie haut de gamme ou aux voyages, au détriment des biens traditionnels. “Les gens sont moins dans la possession que dans une forme d’hédonisme et de jouissance et donc il y a une réallocation des dépenses depuis tout ce qui est achat de produits vers tout ce qui est lié au voyage ou à l’art de vivre”, explique Dr. Chakib Guessous, anthropologue.

Une histoire d’héritage 

Une grande partie du  luxe marocain trouve son essence dans une esthétique du partage et de l’hospitalité. Offrir son plus beau salon à l’invité, soigner la présentation d’un repas ou organiser une réception, ce n’est pas seulement démontrer sa richesse : c’est exprimer une philosophie de vie. “Le luxe marocain trouve son origine dans une philosophie de la générosité et de l’hospitalité (Al karam). Il répond à des besoins d’identité, de singularité et d’affirmation de soi et permet à l’individu de se distinguer tout en se reliant à une culture partagée”, souligne Nadia Lamoudy. Chakib Guessous, nuance toutefois : “La générosité est une valeur innée chez les Marocains, même dans la difficulté. Mais ce n’est pas forcément du luxe. Le vrai luxe marocain, c’est l’art de vivre et la beauté.” Le luxe se vit, selon lui, dans l’attention portée à l’autre, dans la qualité de l’expérience, et dans la subtilité du geste.

L’histoire du Maroc a façonné une culture du luxe unique, mêlant savoir-faire artisanal et influences culturelles multiples. L’empreinte andalouse, introduite par les migrations depuis l’Espagne médiévale, se traduit par des décors raffinés, des motifs géométriques et de la calligraphie. L’influence arabo-musulmane valorise l’harmonie, la symétrie et l’usage de matériaux nobles comme le marbre ou le bois sculpté. Le savoir-faire amazigh se manifeste dans les tapis, textiles et poteries, où la technique se mêle à la symbolique culturelle. Enfin, les influences coloniales ont introduit modernité et design urbain. “Chaque objet de luxe raconte une histoire et une identité locale, conférant au luxe marocain une dimension narrative et symbolique”, observe Nadia Lamoudy.

Cette stratification historique explique pourquoi le luxe contemporain allie patrimoine et modernité. “Les riads restaurés, la maroquinerie de Fès et Marrakech, ainsi que les caftans revisités par les jeunes créateurs témoignent de cette hybridation. Mais le luxe n’est pas uniquement matériel : il est aussi immatériel, présent dans les gestes, les rituels et les expériences. Le luxe devient ainsi un vecteur de mémoire culturelle, d’identité et de singularité personnelle”, poursuit Dr. Guessous.

La gastronomie occupe également une place centrale dans le luxe marocain. Dans les palaces comme dans les restaurants étoilés, les plats traditionnels sont revisités avec des techniques contemporaines, offrant une cuisine qui marie héritage et modernité. Pour Nadia Lamoudy, “le raffinement gastronomique est désormais un marqueur de distinction, combinant capital économique et capital culturel : le choix de produits rares, la maîtrise des codes culinaires et la mise en scène des repas deviennent autant de signes de prestige.”

Entre luxe urbain et distinction sociale

Dans les grandes villes marocaines, le luxe s’exhibe de manière différenciée selon le contexte social et géographique. Casablanca, par exemple, ville cosmopolite et économique, incarne l’ostentation. Ici, les jeunes cadres et la classe moyenne aspirante cherchent à afficher leur réussite, parfois au détriment d’autres dépenses. “Certains cadres s’endettent pour acheter une voiture haut de gamme”, explique Chakib Guessous. “On affiche plus qu’on ne vit réellement le luxe.” Les façades des villas, les rooftops prisés et les restaurants sélects deviennent des vitrines de statut social. À Rabat ou dans d’autres villes, le luxe se vit davantage à l’intérieur, dans une logique plus intimiste et moins démonstrative.

Alors que le luxe autrefois reposait sur la possession matérielle, il s’appuie désormais sur la maîtrise des codes culturels, l’accès aux expériences rares et la singularité. “Le luxe ne se limite plus à la possession d’objets coûteux, il se traduit par la maîtrise des codes culturels, l’expérience esthétique, la personnalisation et la rareté des objets artisanaux. Ces nouvelles formes génèrent des inégalités sociales symboliques, car seuls ceux qui possèdent le capital culturel ou l’accès aux bonnes informations peuvent véritablement s’approprier ce luxe”, précise Dr. Lamoudy.

Une expérience all-in

Le Maroc connaît un essor remarquable du luxe expérientiel, qui dépasse la simple possession d’objets pour devenir une expérience globale. C’est une approche du “plaisir total” qui séduit aujourd’hui. Les hôtels de luxe, les restaurants gastronomiques, les spas et les expériences sensorielles incarnent cette démarche. “Le luxe devient une expérience intime, un moment de reconnexion à soi”, explique la sociologue. Des rituels comme les spas et les soins holistiques ne sont plus seulement des pratiques quotidiennes : ils deviennent des expériences de bien-être haut de gamme, symboliques et sociales. La sociologue poursuit : “Ces pratiques répondent à des besoins de plaisir, d’émotion et d’affirmation de soi, tout en renforçant le lien avec le patrimoine culturel.”

Pour l’experte, le Maroc s’inscrit désormais dans une dynamique internationale du luxe global, où l’expérience prime sur l’objet. Comme le souligne Chakib Guessous, le pays propose aujourd’hui une hôtellerie haut de gamme, une gastronomie d’excellence, un accueil singulier et des soins mêlant bien-être physique et mental. “Certains établissements vont même jusqu’à intégrer des programmes complets : nutrition, suivi médical, spa, méditation… reflétant une vision holistique du luxe.” Pour l’anthropologue, cette évolution dépasse la simple modernisation : “Le Maroc s’aligne sur les tendances mondiales tout en gardant une signature propre. Le luxe n’est plus seulement un cadre raffiné : c’est un parcours pensé pour apaiser, sublimer et reconnecter.”

Même son de cloche chez Nadia Lamoudy : “Les codes ont évolué, ce n’est plus seulement la richesse matérielle qui distingue, mais la capacité à vivre, orchestrer et partager des expériences raffinées.” Le luxe reste donc un outil de différenciation, mais son langage s’est complexifié, intégrant l’expérience, la singularité et la maîtrise des codes culturels.

Sur les réseaux sociaux, un luxe hybride

L’essor des réseaux sociaux a profondément transformé le rapport au luxe. Instagram, TikTok et autres plateformes amplifient l’exposition et l’ostentation, faisant du luxe un langage visuel et immédiat. Les Marocains, en particulier les jeunes urbains, y affichent leurs achats, leurs séjours dans des hôtels prestigieux, leurs sorties ou leurs pièces de créateurs dans un souci de mise en scène de soi. “Les sacs siglés, les montres, les voitures ou même les additions de restaurants deviennent des “preuves sociales” destinées à valider un statut, construire une identité digitale ou susciter l’admiration”, explique la sociologue. Cette logique, héritée des codes globaux du “luxury lifestyle”, renforce une compétition symbolique où l’apparence compte autant, sinon plus, que l’expérience vécue. Elle crée ainsi un luxe performatif, conçu pour être vu, partagé et commenté, dans un environnement où l’image prime sur le vécu réel.

Mais ces réseaux favorisent aussi l’émergence d’un luxe durable et éthique. Nadia Lamoudy précise : “Le luxe devient hybride, mêlant visibilité sociale, authenticité et responsabilité. Des séjours dans des riads restaurés avec des matériaux locaux, des repas gastronomiques à base de produits bio ou des objets artisanaux en série limitée incarnent ce nouveau modèle. Le luxe n’est plus seulement matériel : il est émotionnel et responsable.”Selon Dr. Guessous, “aujourd’hui, le luxe s’exhibe beaucoup plus qu’autrefois”. Mais cette exposition n’exclut pas la quête de singularité et de sens. “Une catégorie de consommateurs cherche à combiner plaisir esthétique, identité culturelle et engagement social ou écologique. Le luxe devient un outil d’expression personnelle, un marqueur de style et de valeurs”, poursuit l’anthropologue.

Le luxe marocain contemporain oscille entre ostentation et intimité, matérialité et expérience. Il s’agit d’un luxe hybride, capable de conjuguer héritage culturel, identité personnelle et ouverture sur le monde. Pour les deux spécialistes, la tendance semble se diriger vers une valorisation du capital culturel et expérientiel, tout en conservant une dimension symbolique de distinction sociale. “Entre l’artisanat revisité, les rituels de beauté traditionnels, la gastronomie innovante et les expériences haut de gamme, le Maroc invente un luxe unique : celui de l’émotion, de l’expérience et de la singularité”, résume Nadia Lamoudy.

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Success Stories : Elles ont osé entreprendre https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/success-stories-elles-ont-ose-entreprendre Wed, 03 Dec 2025 10:40:56 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=125395 Inspirantes et déterminées, trois entrepreneures marocaines nous racontent comment elles ont pu surmonter les obstacles et transformer leurs idées en projets concrets et porteurs de sens.

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Sokaina Sayouri, Fondatrice et PDG de Schoolify

Très tôt, Sokaina Sayouri s’est intéressée à la technologie et à son potentiel pour transformer les systèmes, en particulier le secteur éducatif. C’est ainsi qu’est née Schoolify, une plateforme destinée à moderniser l’enseignement. “Schoolify n’est pas seulement une startup, c’est un projet à forte mission sociale qui transforme réellement la manière dont l’éducation est vécue et dispensée”, souligne-t-elle avec fierté. Le chemin entrepreneurial de Sokaina n’a pas été exempt de défis. L’un des premiers obstacles a été de convaincre les écoles de l’intérêt de la digitalisation dans un contexte encore attaché aux méthodes traditionnelles. Trouver les financements et partenaires capables de croire dans sa vision constituait un autre défi majeur. Pour surmonter ces difficultés, Sokaina a misé sur la persévérance  et la mise en place de relations de confiance avec chaque partenaire et chaque établissement. “Chaque succès, même petit, est devenu un levier pour avancer. Ces expériences m’ont surtout appris que les défis sont des opportunités d’innovation et de croissance”, révèle-t-elle. L’accompagnement a également joué un rôle déterminant dans le développement de Schoolify. L’incubation au Technopark a permis de structurer le projet et d’élargir son réseau professionnel, tandis que le programme Startup Maroc de Tamwilkom lui a apporté un soutien financier clé.

 

Selma Berdai, Fondatrice de Kojo

Selma Berdai s’est lancée dans l’entrepreneuriat avec pour ambition de créer un produit à la fois sain, authentique et accessible. Fondatrice de Kojo, marque marocaine de boulangerie sans sucres ajoutés et sans produits chimiques, Selma voulait relever un défi majeur : “je voulais proposer un pain bon pour la santé, sans aucun compromis sur le goût ni sur la texture”, explique-t-elle. Pour elle, l’entrepreneuriat est avant tout un moyen de relier passion et innovation. “Kojo est aussi le fruit de mon attrait pour le marketing direct au consommateur”, confie-t-elle. Comme toute entrepreneure, Selma a fait face à plusieurs défis, notamment celui de maintenir une innovation constante. “Chaque lancement exige un travail approfondi de développement, de formation des équipes et d’ajustement de nos process industriels. Le plus grand défi est de maintenir une qualité constante tout en gardant le rythme de l’innovation”, relève-t-elle. Pour l’instant, Kojo a choisi une croissance organique, s’appuyant principalement sur un réseau personnel d’industriels, avant de se tourner vers des opportunités d’accompagnement public et privé pour soutenir sa prochaine étape de développement. Si les pains Kojo sont déjà présents dans certaines grandes surfaces et livrés dans tout le Royaume, la marque prépare un nouveau modèle de distribution pour 2026 afin de rendre ses produits plus accessibles.

 

Meryem Kassou, Fondatrice de Digitis

Meryem Kassou est à la tête de Digitis, une startup spécialisée dans la transformation numérique et les solutions d’intelligence artificielle. C’est au sein de cette structure qu’elle a pu donner vie à PreventiAlert, une plateforme innovante qui combine IA et analyse stratégique pour anticiper les risques et renforcer la prévention. Avant de se lancer dans l’entrepreneuriat, Meryem Kassou a acquis une expérience solide notamment au sein d’Intel, à la Silicon Valley, où elle a travaillé sur un projet de véhicule autonome, et à l’Union africaine, où elle a contribué à l’élaboration de cadres de prévention des conflits. “Ces expériences m’ont profondément convaincue que la technologie n’est pas une finalité en soi, mais un outil puissant au service d’objectifs stratégiques”, raconte-t-elle. L’un des principaux défis auxquels l’entrepreneure a été confrontée est de faire adhérer les institutions à la valeur d’une solution innovante dans un secteur sensible. “Cela a nécessité beaucoup de résilience, de pédagogie et de diplomatie”, confie-t-elle. Le parcours entrepreneurial de Meryem Kassou a été soutenu par plusieurs initiatives d’accompagnement. Lauréate du prix AWITAI (African Women in Tech and AI), elle a bénéficié du programme AI Movement de l’UM6P. Elle a également bénéficié de l’accompagnement du Technopark qui lui a, entre autres, offert un accès à des formations. 

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Radioscopie de l’entrepreneuriat féminin au Maroc https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/radioscopie-de-lentrepreneuriat-feminin-au-maroc Wed, 03 Dec 2025 10:39:57 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=125392 Portées par des motivations variées, plusieurs femmes marocaines choisissent aujourd’hui de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale. Toutefois, de nombreux freins persistent, empêchant certains projets de se concrétiser et d’autres de durer. Dans ce contexte, de multiples programmes ont certes été déployés, mais des initiatives complémentaires demeurent indispensables pour lever certaines barrières structurelles. Décryptage.

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Au Maroc, l’entrepreneuriat féminin suscite un intérêt de plus en plus grandissant. Partout, des femmes affirment leur envie d’entreprendre et de transformer les réalités économiques et sociales autour d’elles. “L’élan vers l’entrepreneuriat est réel. Depuis quelques années, on observe une montée en puissance de femmes qui souhaitent créer, innover, se réaliser et impacter positivement leur environnement”, souligne d’emblée Leïla Doukali, présidente de l’Association des femmes chefs d’entreprises du Maroc (AFEM). Ce constat est confirmé par plusieurs études récentes. Selon une enquête menée par MasterCard, dont les résultats ont été dévoilés en mars dernier, 74% des femmes marocaines aspirent à créer leur propre entreprise. Ce chiffre témoigne d’une véritable mutation des mentalités et d’un désir d’autonomie de plus en plus affirmé. “Ce qui a profondément changé, c’est la nature de la motivation. Aujourd’hui, les femmes n’entreprennent pas uniquement par nécessité, elles entreprennent par conviction, par volonté d’indépendance, et souvent pour porter un projet à impact”, relève la présidente de l’AFEM. Dans ce sens, elle fait savoir que les motivations restent multiples et parfois même très personnelles. “Trois grandes tendances se dégagent aujourd’hui. La première est bien évidemment l’autonomie financière. Beaucoup de femmes souhaitent sortir d’une forme de dépendance, prendre en main leur destinée économique et offrir un avenir meilleur à leurs enfants”, indique-t-elle. À cela s’ajoute une quête de sens qui guide de plus en plus d’entrepreneures et de porteuses de projet. “Nombreuses sont celles qui veulent créer des entreprises à mission, des structures qui répondent à des enjeux sociaux, écologiques, éducatifs ou culturels. L’impact qu’elles peuvent générer devient aussi important que la rentabilité”, explique Leïla Doukali. La flexibilité joue également un rôle déterminant dans la décision de se lancer dans l’entrepreneuriat. “Dans une société où les femmes assument encore la majorité des responsabilités familiales, entreprendre devient une manière de concilier vie professionnelle et personnelle”, détaille la présidente de l’AFEM. 

Les secteurs où elles s’imposent

Les motivations précitées influencent directement les domaines dans lesquels les femmes choisissent de se lancer. D’après Khalid Kabbadj, économiste, les entrepreneures marocaines investissent principalement dans des secteurs flexibles et accessibles. “Les services, tels que le consulting, la formation ou le marketing, attirent de nombreuses femmes. Le commerce et le e‑commerce restent également très prisés. L’artisanat, à travers les coopératives féminines ou les produits du terroir, demeure aussi un choix privilégié. Le digital, notamment les boutiques en ligne, le marketing de contenu et les services numériques, connaît aussi un essor croissant auprès des entrepreneures”, développe-t-il. 

En revanche, malgré ce souffle, certains chiffres montrent que la réalité demeure contrastée et que beaucoup reste à faire pour transformer cet élan en réussite durable. Selon le rapport 2022-2023 de l’Observatoire marocain de la Très petite et moyenne entreprise (OMTPME), seulement 15% des entreprises du Royaume sont dirigées par des femmes. Ce taux reflète notamment la difficulté de traduire le désir entrepreneurial en création d’entreprises formelles et durablement opérationnelles. “Il y a un décalage entre l’ambition exprimée et les conditions réelles de passage à l’acte”, commente Leïla Doukali. Dans la même veine, l’économiste Khalid Kabbadj affirme que “la place qu’occupe l’entrepreneuriat féminin reste encore loin de refléter le potentiel réel des femmes dans l’économie nationale”. Cette situation révèle qu’en dépit de leur détermination, les femmes entrepreneures au Maroc se heurtent encore à des obstacles concrets. “Le passage de l’idée à la réalité est semé d’embûches. Il ne s’agit pas d’un manque de volonté, mais bien de freins systémiques”, souligne la présidente de l’AFEM. 

Les freins au passage à l’acte

L’un des principaux freins à l’entrepreneuriat féminin reste l’accès au financement. Selon le rapport de l’OMTPME, seulement 14,6% des entreprises dirigées par des femmes bénéficient d’un crédit bancaire. À cet égard, Leïla Doukali explique que “les femmes ont souvent moins de garanties, moins de réseau, et sont perçues comme présentant plus de risques par les institutions financières”. Doukali évoque également la complexité des démarches administratives. “Bien qu’universelle, cette complexité décourage particulièrement les profils moins familiers avec l’écosystème entrepreneurial”, note-t-elle. Dans le même ordre d’idées, la présidente de l’AFEM fait remarquer que certains freins, parfois invisibles, sont souvent les plus puissants. Elle cite notamment la pression sociale, les stéréotypes de genre, le manque de confiance en soi ainsi que la peur de l’échec. “Tout cela peut empêcher une femme, pourtant compétente et motivée, de se lancer. Il est urgent de lever ces barrières culturelles, de créer un environnement bienveillant et structurant, où la femme ne soit pas seulement tolérée comme entrepreneure, mais pleinement légitime”, insiste-t-elle. D’autres obstacles compliquent également le parcours des femmes entrepreneures au Maroc. “Peu de programmes de mentorat ou d’incubation ciblent spécifiquement les femmes entrepreneures, et les réseaux professionnels restent trop limités, réduisant l’accès à des partenariats et opportunités de croissance. A cela s’ajoutent aussi des contraintes sociales et culturelles. En effet, les attentes traditionnelles liées au rôle féminin peuvent décourager certaines femmes. Sans oublier les inégalités territoriales qui compliquent encore la situation, en particulier pour les femmes rurales, confrontées à l’éloignement, au manque d’infrastructures et à l’accès restreint aux services nécessaires pour pérenniser leur entreprise”, explique Khalid Kabbadj. 

En vue de permettre aux femmes entrepreneures de faire face à certains freins auxquelles elles sont confrontées, plusieurs initiatives ont été mises en place. Il s’agit notamment du programme She Industriel, lancé en 2024 par le ministère de l’Industrie et du Commerce, en partenariat avec l’AFEM. Cette initiative vise à promouvoir l’entrepreneuriat féminin dans le secteur industriel et à encourager les femmes à investir dans des filières à forte valeur ajoutée (voir encadré). Autre initiative, le programme Women in Business, développé par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), en partenariat avec des banques marocaines, en vue de faciliter l’accès des femmes entrepreneures au financement. Depuis son lancement en 2018, il a soutenu près de 5.000 femmes entrepreneures au Maroc, mobilisé environ 30 millions d’euros et accompagné des projets avec des services de diagnostic, de coaching, de mentorat et de renforcement des compétences. 

Agir contre les obstacles structurels

Si ces initiatives constituent un pas important vers une meilleure inclusion économique des femmes, elles demeurent insuffisantes pour lever durablement les obstacles structurels. Pour Leïla Doukali, il est essentiel d’adopter une approche globale. “Il est temps d’avoir une lecture genrée des politiques publiques. Le potentiel économique des femmes est considérable, mais il restera sous-exploité tant que les obstacles spécifiques ne seront pas traités”, plaide-t-elle. Selon la présidente de l’AFEM, plusieurs mesures concrètes doivent être envisagées pour renforcer l’impact des programmes existants. Elle recommande notamment de créer un cadre fiscal et réglementaire allégé pour les entrepreneures en phase de démarrage, ainsi qu’un fonds d’amorçage dédié aux femmes, afin de soutenir leurs premiers investissements. Leïla Doukali insiste aussi sur la nécessité de soutenir les structures de garde, telles que les crèches ou centres de jour, pour permettre aux femmes de se consacrer pleinement à leur activité professionnelle. D’autres leviers incluent l’aménagement du temps de travail, la promotion du télétravail et l’amélioration des moyens de mobilité dans les zones rurales. “Et surtout, il faut multiplier les campagnes de communication qui valorisent les rôles modèles féminins dans l’entrepreneuriat”, souligne-t-elle.

Au-delà des réformes économiques et institutionnelles, Leïla Doukali estime qu’un changement profond des mentalités est indispensable. “Il faut initier une véritable révolution culturelle, dès l’école, en déconstruisant les stéréotypes qui freinent encore l’ambition des filles. Il faut aussi changer le récit. Raconter des histoires de réussite. Encourager les jeunes filles à rêver grand. Briser les plafonds de verre, pas seulement dans les chiffres, mais dans les esprits”, insiste-t-elle. Un constat partagé par Khalid Kabbadj, pour qui le développement de l’entrepreneuriat féminin passe par une action collective et coordonnée. L’économiste a également attiré l’attention sur plusieurs autres actions indispensables pour libérer le potentiel entrepreneurial des femmes. “Il faut faciliter l’accès au financement en mettant en place des fonds dédiés, des microcrédits et des garanties spécifiques pour les projets portés par des femmes. Il est aussi crucial de renforcer l’accompagnement à travers des programmes de mentorat, des incubateurs et des formations adaptées aux besoins de ces entrepreneures, et encourager les partenariats publics-privés”, conclut-il.

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