Femme inspirante Archives - Femmes du Maroc https://femmesdumaroc.com/category/femmes/femme-inspirante Le magazine leader de la presse féminine au Maroc Inspiration, Envies, Style, Beauté, Idée Fri, 27 Feb 2026 10:00:27 +0000 fr-FR hourly 1 https://femmesdumaroc.com/wp-content/uploads/2022/12/cropped-fav-fdm3-32x32.png Femme inspirante Archives - Femmes du Maroc https://femmesdumaroc.com/category/femmes/femme-inspirante 32 32 Ikram Kabbaj, la bâtisseuse de formes https://femmesdumaroc.com/femmes/femme-inspirante/ikram-kabbaj-la-batisseuse-de-formes Sat, 28 Feb 2026 08:00:28 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=130347 Depuis plus de quarante ans, Ikram Kabbaj développe une œuvre sculpturale rigoureuse, façonnée par le geste, la discipline et le temps long. Présente sur de nombreux terrains internationaux, elle s’est également engagée très tôt pour inscrire la sculpture dans l’espace public marocain. Un parcours exigeant, tenu à distance des effets et des récits personnels. Portrait.

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Le rendez-vous se fait au téléphone, un mercredi matin. À l’heure dite, Ikram Kabbaj décroche depuis la campagne, dans les environs de Marrakech, où elle vit aujourd’hui. La voix est posée, attentive. Elle écoute, laisse les phrases aller jusqu’au bout, puis répond calmement. La conversation prend rapidement sa direction lorsqu’elle pose d’emblée une question : “Avez-vous vu mes œuvres ?” Pour elle, les œuvres disent déjà beaucoup ; une trajectoire, une manière d’être au monde. “Les connaître, c’est me connaître”, précise-t-elle. L’appel se poursuit sur ce même fil. Elle parle avec précision, sans s’étendre inutilement, parfois marque une pause avant de reprendre. “Je parle peu de moi”, glisse-t-elle à un moment. Alors la conversation se déplace, naturellement, vers ce qu’elle connaît le mieux : la sculpture, la matière, le temps. Ce que le travail impose. Et ce qu’il permet.

Comme une évidence

Casablanca s’invite dans la discussion presque sans qu’on s’en aperçoive. Ikram Kabbaj y est née en 1960, y a grandi, dans un environnement où la beauté faisait partie du quotidien. “Les familles marocaines, quel qu’en soit le milieu social, évoluent avec plus ou moins de sensibilité dans l’appréciation de la beauté”, explique-t-elle. Le bois sculpté, la poterie, les tissus, la ferronnerie, les fontaines, les carrelages : l’esthétique était partout, présente dans les objets comme dans les espaces, intégrée aux gestes ordinaires. Ses parents partageaient ce rapport aux formes et aux matières, chacun à sa manière. Son père, à travers un goût assumé pour le mobilier et les lignes modernistes des années 1970. Sa mère, par un attachement profond à la Chaouia, qu’elle évoque comme un creuset esthétique fondateur. “En somme, mes parents m’ont transmis, chacun à sa façon, leur vision moderniste pour les choses et les êtres, exempte de la rigueur des préjugés”, dit-elle.

Les années de formation prolongent naturellement ce rapport direct au geste. Entre 1978 et 1987, Ikram Kabbaj se forme à l’École des beaux-arts de Casablanca, puis à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, où la sculpture s’impose peu à peu comme une évidence. Elle ne se sentait faite ni pour la peinture ni pour d’autres formes : ce qui l’attire, c’est un travail qui engage le temps, l’endurance et la discipline, une pratique qui s’inscrit dans la durée. Son langage sculptural, fait de courbes, de vides et d’équilibres, suscite parfois des lectures liées au corps ou à la féminité, qu’elle écarte. “Faut-il que l’œuvre ressemble à son créateur ?”, interroge-t-elle. Pour elle, l’œuvre n’est ni miroir ni confession. Elle naît d’un processus, puis se détache. Elle est livrée au regard, au temps, aux vies qui la traversent.

Tenir sa ligne

Dans un milieu longtemps dominé par les hommes, Ikram Kabbaj n’a jamais situé son combat sur le terrain du féminin face au masculin. “Ma bataille n’a jamais été orientée vers la question masculin vs féminin, ni vers la recherche d’une quelconque condescendance de la part de mes pairs”, dit-elle. Son engagement s’est joué ailleurs, “sur le front de la créativité et de la compétence”. Elle savait ce qui l’attendait. Elle le sait toujours. “L’esprit revêche est toujours là”, glisse-t-elle, sans détour. Très tôt, cette exigence l’amène à penser la sculpture au-delà des murs de l’atelier. Pour elle, l’art ne peut rester confiné aux espaces fermés. Il doit s’inscrire dehors, dans la ville, dans les lieux traversés au quotidien. 

Dès les années 2000, elle s’engage dans cette direction, convaincue que la sculpture a un rôle à jouer dans l’espace public marocain. Elle organise six symposiums internationaux de sculpture à El Jadida, Tanger, Fès, Essaouira, Taroudant et Assilah, contribuant à constituer un ensemble de plus de cinquante œuvres de plein air destinées au domaine public. Son parcours international s’inscrit dans cette même continuité. Elle participe à de nombreux symposiums et biennales, en Europe, dans les Amériques, en Asie et dans le monde arabe. Elle travaille la pierre, le marbre, le granit, s’adapte aux lieux, aux contraintes, aux contextes. Elle n’en dresse pas l’inventaire. Elle avance. 

En dehors de l’atelier, Ikram Kabbaj mène une vie qu’elle qualifie elle-même de commune. Elle s’occupe de son foyer, des siens, d’elle-même. “Je trouve du plaisir dans le devoir”, dit-elle. Elle ne cultive ni le mythe de l’artiste hors du monde, ni celui d’une vie exceptionnelle, et s’interroge, presque en passant, sur la possibilité même de dissocier une vie d’artiste d’une vie personnelle. Lorsqu’il est question de transmission, elle ne théorise pas. “Mes œuvres s’adressent à ceux qui les apprécient.” Le reste ne lui appartient plus. Et quand on lui demande ce qu’il lui reste à accomplir, la réponse arrive sans hésiter : “Tout.” Puis, après un court silence : “Il y a tant d’aurores qui n’ont pas encore lui.”

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Femmes en première ligne, entreprises en meilleure santé https://femmesdumaroc.com/femmes/femme-inspirante/femmes-en-premiere-ligne-entreprises-en-meilleure-sante Mon, 09 Feb 2026 13:30:28 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=129259 L’Africa Women Leaders Summit a mis en lumière les 28 et 29 janvier 2026 à Casablanca des femmes leaders, entrepreneures, décideuses et créatives. Hind El Hannach Directrice Marketing & RSE chez Lesieur Cristal nous explique dans cette tribune l'importance du leadership féminin et du pouvoir des femmes pour impulser une transformation en profondeur de la société.

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Au fil de ma carrière, j’ai souvent été la seule femme autour d’une table de décision. Ce constat, partagé par beaucoup, est devenu au fil du temps une source d’énergie constructive. Il m’a poussée à remettre l’impact au centre des décisions, à rassembler, à écouter et à faire avancer. C’est cette approche du leadership féminin, non pas comme une conquête, mais comme une manière différente (et hautement efficace) de transformer nos organisations, qui a été portée lors du Africa Women Leaders Summit.

Une approche du leadership alignée avec les enjeux d’aujourd’hui

Notre secteur est en pleine mutation. Les exigences de durabilité s’intensifient, les comportements de consommation évoluent, les attentes sociales s’élargissent. Dans ce contexte, les compétences qui font la différence ne sont plus exclusivement techniques. Elles sont transversales, relationnelles, tournées vers l’impact. Nous constatons, dans les projets comme dans les décisions, que les femmes apportent naturellement cette capacité à construire du lien, à inscrire leur action dans le temps long, à intégrer la réalité des consommateurs et des écosystèmes, tout en veillant à l’équilibre entre performance économique et impact sociétal. Ce n’est pas une opinion : c’est un fait, observé et vécu dans nos équipes. Et c’est une force stratégique.

Faire émerger des trajectoires solides en interne

Mais pour que ce leadership féminin puisse pleinement s’exprimer, encore faut-il l’accompagner. Il ne suffit pas d’en reconnaître la valeur. Il faut le structurer, le préparer, l’outiller. Les organisations doivent en faire un axe prioritaire de leur développement. Cela passe par l’identification des talents, la création de parcours évolutifs, la mise en visibilité des trajectoires, la formation aux compétences décisionnelles. Il ne s’agit pas de remplir des cases, mais de préparer ces organisations aux défis à venir, en permettant aux femmes d’accéder, dans tous les métiers (y compris les filières techniques et industrielles) aux responsabilités où elles peuvent agir, décider, transformer.

La Ledda Academy, un levier au service de l’écosystème

Cette dynamique, nous l’avons aussi prolongée en dehors de l’entreprise. C’est dans cet esprit qu’est née la LEDDA Academy, un programme que nous avons conçu chez Lesieur Cristal pour accompagner l’entrepreneuriat féminin dans le secteur agroalimentaire. L’objectif est clair : renforcer les compétences techniques et business des femmes entrepreneures, structurer leurs projets, les connecter à un écosystème de soutien concret. Nous avons croisé, dans ce cadre, des femmes inspirantes, productrices, transformatrices, porteuses d’initiatives qui créent de la valeur dans leurs territoires. Leurs ambitions, alliées à un pragmatisme remarquable, sont aujourd’hui un véritable moteur de développement.

La Ledda Academy ne s’inscrit en rien dans une logique sociale ou caritative. Il s’agit d’un engagement stratégique pleinement assumé. En accompagnant l’émergence de jeunes femmes leaders et en leur offrant des opportunités concrètes de développement de compétences, nous contribuons directement à renforcer leur autonomisation, leur employabilité et leur intégration socio‑économique. Ce choix reflète notre vision à long terme : investir durablement dans le potentiel humain et soutenir l’essor d’une nouvelle génération d’actrices engagées et impactantes.

Un engagement structurant pour l’entreprise et pour le pays

La progression du leadership féminin n’est pas un sujet connexe, encore moins accessoire. C’est un levier majeur de compétitivité, d’innovation, de transformation. C’est également un facteur d’équilibre essentiel pour nos filières et nos territoires. Nous assumons pleinement cette responsabilité ; faire monter les femmes en compétences, les accompagner vers les espaces de décision, et contribuer, à notre échelle, à un leadership plus représentatif, plus diversifié, donc plus performant.

Cela relève d’une conviction profonde. Mais surtout, cela constitue un véritable moteur de transformation durable, pour nos entreprises, pour le secteur agroalimentaire et, plus largement, pour le Maroc.

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Sihame Allali, présidente de Women of Influence : « Notre place n’est plus à conquérir, elle est déjà légitime » https://femmesdumaroc.com/femmes/femme-inspirante/sihame-allali-presidente-de-women-of-influence-notre-place-nest-plus-a-conquerir-elle-est-deja-legitime Mon, 02 Feb 2026 15:20:41 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=128848 À l’occasion de sa première édition WAM Morocco 2026 fin janvier 2026, l’association Women of influence a posé un cadre fort : celui d’une parole féminine experte, stratégique et résolument tournée vers l’impact. Tech, IA, industrie, santé… Entretien avec sa présidente Sihame Allali.

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Quel message fort vouliez-vous faire passer à travers cette première édition ?
À travers cette première édition, nous avons voulu porter un message clair : les femmes ne sont pas en marge de l’IA, de la tech et de l’industrie, elles en sont des actrices légitimes et stratégiques. Women of Influence a souhaité créer un espace où les femmes ne sont pas invitées pour témoigner mais pour contribuer, décider et structurer. Le Maroc est aujourd’hui à un moment clé de son développement technologique et industriel et il était essentiel que les femmes soient pleinement intégrées à cette dynamique, dès le départ, au plus haut niveau.

Qu’avez-vous confirmé sur la place réelle des femmes dans l’écosystème tech ?
Cette édition a confirmé une réalité forte : les compétences sont là, les parcours sont solides et l’expertise est bien réelle. Ce qui manque encore, ce n’est pas le talent, mais parfois la visibilité, l’accès aux cercles de décision et la reconnaissance institutionnelle. Lorsqu’on crée le bon cadre exigeant, professionnel, international, les femmes prennent naturellement leur place. Et elles apportent une vision très opérationnelle, responsable et durable de la tech et de l’IA.

Des collaborations ou projets ont-ils déjà émergé ?
Oui, plusieurs dynamiques ont été amorcées. Des échanges concrets ont vu le jour entre groupes industriels et expertes tech autour des Smart Cities, de l’énergie, du Digital Twin, de l’IA, de la data et de la cybersécurité. Des discussions également autour de programmes de mentoring et d’accompagnement pour des profils féminins à fort potentiel, ainsi que des connexions internationales notamment entre l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient. Nous sommes dans une logique de construction long terme : les projets sont en phase de structuration et seront annoncés progressivement.

Quel est le prochain défi après cette première édition ?
Passer de la visibilité à l’impact mesurable. Le prochain défi est clair : passer de la visibilité à l’impact mesurable. Cela implique d’accompagner les femmes sur de véritables trajectoires de leadership, de faciliter leur accès aux projets stratégiques et de créer des ponts concrets entre talents féminins marocains, entreprises et institutions. Women of Influence veut être un acteur de transformation, pas uniquement un réseau événementiel. Chaque année Women Of Influence crée un impact.

Comment Women of Influence accompagne-t-il les femmes au-delà des événements ?
Notre action repose sur plusieurs leviers : le mentoring et le coaching de dirigeantes et de futures dirigeantes, la mise en relation stratégique avec des décideurs publics et privés, la visibilité et la prise de parole sur de grands événements internationaux, ainsi que l’accompagnement sur des projets concrets, notamment dans la tech, l’IA et la transformation digitale. Notre ambition est d’accompagner les femmes dans la durée, avec exigence et résultats.

Quels projets sont déjà en préparation pour 2026, notamment autour de GITEX Future Health Africa ?
En 2026, une part importante de l’impact de Women of Influence sera tournée vers la santé. Nous préparons un grand gala international dédié à ce secteur, réunissant institutions, industriels, acteurs de la healthtech, chercheurs, investisseurs et décideurs internationaux. L’objectif est clair : créer un lien fort entre santé, technologie, innovation et impact sociétal, en résonance avec GITEX Future Health, et positionner le Maroc comme un espace de réflexion et d’action sur les enjeux de santé de demain. Des synergies sont également en cours de construction à l’échelle du continent africain pour renforcer cette dynamique. Notre place n’est plus à conquérir : elle est déjà légitime. À nous maintenant de l’assumer, de l’incarner et de la transmettre.

 

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Noufissa Kessar nommée PDG du groupe Al Mada https://femmesdumaroc.com/femmes/femme-inspirante/noufissa-kessar-nommee-pdg-du-groupe-al-mada Fri, 16 Jan 2026 11:40:06 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=127877 Le groupe Al Mada a officialisé, ce vendredi 16 janvier, la nomination de Noufissa Kessar au poste de Présidente-Directrice Générale, avec effet immédiat, à l’issue d’une réunion de son Conseil d’administration.

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Diplômée de l’École polytechnique fédérale de Lausanne, Noufissa Kessar a effectué l’essentiel de son parcours professionnel au sein de l’écosystème Al Mada. Elle débute chez Attijariwafa Bank, où elle participe notamment à la création d’Attijari Finances Corp, avant de rejoindre le holding. Au sein d’Al Mada, elle occupe les fonctions de Directrice Générale Adjointe, contribuant aux projets stratégiques et au développement global du groupe. Elle siège également en tant qu’administratrice dans plusieurs filiales.

La nomination de Noufissa Kessar intervient quelques jours après le décès de Hassan Ouriagli, Président-Directeur Général du groupe, survenu le 10 janvier à Paris. Dirigeant discret mais central, il est considéré comme l’un des artisans majeurs de la transformation de la Société Nationale d’Investissement (SNI) en Al Mada, devenu un acteur panafricain du capital-investissement. Le Conseil d’administration a salué son leadership, ses réalisations et son engagement au service du groupe.

En confiant la direction du groupe à une dirigeante issue de ses rangs, le holding Al Mada fait le choix de la continuité managériale et de la stabilité, dans un contexte de transition à la tête du holding.

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Ces Marocaines qui ont brillé en 2025 https://femmesdumaroc.com/femmes/femme-inspirante/ces-marocaines-qui-ont-brille-en-2025 Sun, 11 Jan 2026 08:44:12 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=127541 Elles ont traversé 2025 en la marquant avec audace. Cette année encore, des femmes marocaines se sont distinguées par leur leadership, leur engagement et leur capacité à transformer le monde qui les entoure. Nous avons choisi de mettre les projecteurs sur dix d’entre elles.

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L’année 2025 aura été celle où les femmes ont occupé le devant de la scène, non par effet de mode ou de hasard, mais par conviction, courage et persévérance. Face aux défis climatiques, sociaux, technologiques ou éducatifs, elles ont avancé avec ténacité et intelligence, devenant des modèles pour toute une génération. Elles ont refusé les limites invisibles, bousculé les cadres trop étroits et montré que l’avenir se construit aussi, et peut-être surtout, grâce aux femmes qui osent, pas pour plaire. Pas pour prouver. Mais parce que changer le monde est devenu une nécessité.

Exemple et excellence
Parmi ces éclaireuses, des Marocaines qui brillent dans des univers exigeants et souvent verrouillés. Scientifiques, sportives, architectes, dirigeantes, alpinistes ou expertes de la finance… elles réinventent leur domaine avec aplomb. Elles dirigent des institutions, décrochent des prix, réécrivent les standards de leur discipline et montent sur des podiums inattendus. Leur point commun ? Une volonté farouche de transmettre, de construire et de faire bouger les lignes. Cette année, certaines se sont particulièrement imposées. On peut citer Nadia Fettah Alaoui, la ministre de l’Économie et des Finances, première femme à ce poste, qui modernise la gouvernance financière du Maroc, Najat Mokhtar, à la tête des sciences et des applications nucléaires, qui pilote des projets d’envergure internationale, Amina Bouayach, présidente du CNDH et figure de référence en droits humains, Salima Naji, architecte récompensée pour son approche durable et visionnaire de l’architecture, Hind Zemmama, qui enchaîne les ascensions, défiant les montagnes les plus emblématiques de la planète et Nawal Moutawakil, vice-présidente du Comité international olympique (CIO) et ambassadrice du sport féminin, dont l’engagement pour la promotion de l’inclusion, de l’égalité des droits et du rôle fédérateur du sport, a été distingué par le Conseil de l’Europe.

Héroïnes d’aujourd’hui et demain
À leurs côtés, la nouvelle génération accélère le mouvement et inspire la relève. En effet, en premières lignes, Maria Mernissi, prodige du saut d’obstacles, Safia Zanfari, jeune pilote de course qui enchaîne les podiums et impose sa présence dans le sport automobile ou encore Hasnae Taleb, experte en finance qui gère des milliards avec une maîtrise qui en fait une référence dans les sphères les plus pointues de son secteur. La réussite de ces femmes ne se résume pas à des distinctions ou à des records. Elle se lit dans l’exemple qu’elles donnent, dans l’énergie qu’elles insufflent, dans les voies qu’elles ouvrent et les standards qu’elles élèvent. Elles montrent que la puissance au féminin n’est ni un slogan, ni un concept abstrait. C’est une réalité concrète, palpable, qui transforme les institutions, les disciplines et les imaginaires. Ces Marocaines, aussi passionnantes que passionnées, prouvent qu’aucun sommet n’est inaccessible, qu’aucune scène n’est trop grande et qu’aucune ambition n’est trop audacieuse. Elles inspirent. Elles guident. Elles forcent l’admiration et le respect. Aussi, avons-nous choisi d’écrire leurs portraits qui, au delà de leurs exploits, célèbrent la puissance et le leadership des femmes marocaines.

 

Nadia Fettah Alaoui : La force tranquille de la finance 

Nadia Fettah Alaoui a depuis toujours parlé le langage des chiffres. Elle connaît les codes de la finance comme les doigts de la main. C’est donc tout naturellement que le destin la mène, en 2021, au prestigieux poste de ministre de l’Économie et des Finances, devenant ainsi la toute première argentière du Royaume.
Après des études à la prestigieuse école de commerce HEC Paris, elle rejoint le cabinet d’audit Arthur Andersen en tant que consultante. En quête constante de nouveaux défis, elle décide ensuite d’accompagner un groupe de jeunes Tunisiens dans la création d’un fonds d’investissement (aujourd’hui AfricInvest) qu’elle pilote de bout en bout. “Le dirigeant de cette société considérait que le boulot était trop dur pour une femme. Je lui ai prouvé le contraire ! De manière générale, j’ai été témoin de comportements ou de propos sexistes, mais ça ne m’a jamais vraiment affectée … Dans la sphère privée, en revanche, les gens ont parfois des réactions très dures : on est vite considérée comme une épouse ou une mère indigne lorsque l’on accorde trop de temps ou d’importance à son métier”, confiait-elle à HEC stories au moment de sa nomination au poste de ministre. C’est cette même détermination à défendre la place des femmes qui l’incite à recadrer en octobre dernier un député pour sa remarque misogyne : “Pourquoi pensez-vous que c’est tout ce que veulent les femmes ?”, a-t-elle répondu avant de poursuivre le débat.
En 2005, s’apprêtant à prendre une année sabbatique, elle reçoit un appel pour rejoindre le groupe Saham Assurance. Elle saisit cette opportunité pour relever de nouveaux défis, et assume des missions d’ordre stratégique, notamment les opérations de fusions-acquisitions. Elle dirige plusieurs pôles avant d’occuper le poste de directrice générale déléguée de Saham Finances. Membre fondatrice du Club des Femmes administrateurs, Nadia Fettah Alaoui a toujours œuvré pour une meilleure représentativité des femmes dans les conseils d’administration et les postes de leadership, faisant de cet engagement l’un de ses principaux combats. Reconnue à l’échelle continentale dans le secteur des assurances, Nadia Fettah est élue “CEO de l’année” par l’Africa CEO Forum à Abidjan. F M.B.

 

Najat Mokhtar : l’excellence sicientifique

Première femme arabe et africaine à occuper le poste de Directrice générale adjointe de l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique), Najat Mokhtar incarne une trajectoire où excellence scientifique et engagement social avancent de pair. Couronnée de l’Arab Woman of the Year 2025, elle décrit cette distinction comme “un immense honneur et une profonde responsabilité”, ajoutant qu’elle célèbre “le potentiel et la résilience de toutes les femmes arabes qui œuvrent chaque jour dans l’ombre”.
Née à Taounate et élevée à Rabat, elle tire de ses étés passés à Qariat Ba Mohamed une leçon fondatrice : “J’y ai vu des femmes silencieuses mais puissantes, qui m’ont appris l’endurance et la dignité.” Elle se souvient aussi des mots de sa grand-mère : “Compte sur toi-même et vas de l’avant, tout est possible”. Sa passion pour la science naît au lycée, nourrie par des professeurs inspirants. Elle s’oriente ensuite vers la nutrition, un domaine encore peu exploré au Maroc. À l’université, une professeure d’endocrinologie devient un modèle déterminant : “Elle m’a montré que l’excellence scientifique et la féminité n’étaient pas incompatibles.”
Son entrée dans le système onusien est presque un hasard : “Mon mari a repéré une offre de l’AIEA liant nutrition et technologies nucléaires… une association improbable à mes yeux !” À Vienne, elle doit tout réapprendre : science appliquée, diplomatie, multilatéralisme. “Ce fut un défi immense, mais incroyablement formateur.”
Devenir la première femme à ce poste n’a pas été sans obstacles. “On me questionnait sur ma capacité à concilier maternité et responsabilités professionnelles”, dit-elle. Elle évoque aussi “l’autocensure”, un doute transformé en moteur pour s’affirmer. Le soutien de sa famille et de mentors a été décisif : “Grâce à eux, j’ai avancé.”
Parmi ses fiertés, elle cite la création des premiers masters et PhD en nutrition au Maroc : “Voir mes étudiants rayonner a été une immense source d’accomplissement.” À l’AIEA, elle défend une science au service de l’équité. “La science ne peut se permettre d’écarter la moitié de ses talents”, insiste-t-elle. Pour elle, l’enjeu est clair: “Ce qu’il faut, ce sont des systèmes qui soutiennent les femmes, pas qui les testent à l’infini.” Avec conviction et constance, Najat Mokhtar ouvre la voie à une nouvelle génération de femmes scientifiques, celles à qui, longtemps, on a refusé la possibilité même du rêve. F R.L.

 

Amina Bouayach : Une vie tournée vers les autres

Amina Bouayach fait partie de celles qui avancent avec une force calme, plus convaincante que n’importe quel discours. Née en 1957 à Tétouan, elle retient très tôt une évidence : “L’injustice n’est jamais abstraite, elle a un visage, un nom, une histoire.” Une conviction qui façonne son engagement. Et lorsqu’elle évoque sa nomination à la tête de la GANHRI, elle refuse toute lecture héroïque. Pour elle, c’est avant tout “la reconnaissance du chemin collectif d’un pays”, celui d’un Maroc qui inscrit les droits humains comme repère durable. Une responsabilité élargie, un espace où la voix du CNDH s’ajoute à celles d’autres institutions pour contribuer, ensemble, à des pratiques internationales.

À la présidence du CNDH depuis 2018, Amina Bouayach accompagne, avec l’ensemble des acteurs concernés, des chantiers structurants : le Mécanisme national de prévention de la torture, l’observation électorale, les campagnes pour l’égalité et la dignité. Elle cite aussi la réforme du Code de la famille, initiée par SM le Roi Mohammed VI, comme une avancée essentielle. Mais les défis demeurent : renforcer les garanties, lutter contre les violences et les discriminations, inscrire durablement les droits humains dans les politiques publiques. Son parcours, du militantisme à la diplomatie puis aux instances internationales, elle le voit comme un ensemble cohérent. “Ces domaines sont profondément interconnectés”, dit-elle. Porter des voix, créer des ponts, contribuer à des normes communes: tout procède de la même conviction que “l’humain ne peut se construire qu’avec l’humain”.

Quand elle évoque les femmes leaders, sa pensée se fait précise : elles ne sont pas seulement des modèles, mais des “dépositaires”. Dépositaires d’audace, de confiance, de persévérance. Leur rôle est d’ouvrir des espaces, de rendre évident ce qui fut longtemps perçu comme exceptionnel. Et puis il y a ce qui la ressource ; la part intime, discrète. La lecture comme refuge. Les marches dans la nature comme respiration nécessaire. Le cercle familial discret, qui lui permet de retrouver l’équilibre. “L’équilibre se trouve dans la capacité d’alterner”, confie-t-elle, entre engagement et retour à soi.
Chez Amina Bouayach, la force n’est jamais dans l’effet. Elle est dans la constance, la mesure, et cette manière rare de relier les autres plutôt que de s’imposer. F A.D.

 

Rajaâ Cherkaoui El Moursli : une pionnière de la physique

Le parcours de Rajaâ Cherkaoui El Moursli est jalonné de distinctions et de prix internationaux. Le dernier en date est le prix Breakthrough 2025, l’une des plus prestigieuses distinctions scientifiques au monde, en physique fondamentale, remporté en octobre dernier. Chercheuse spécialiste en physique des hautes énergies et en physique nucléaire, scientifique de renom, Rajaâ Cherkaoui El Moursli est considérée comme l’une des femmes scientifiques les plus influentes d’Afrique du Nord, mais pas seulement. Son nom figure cette année, avec quatre autres scientifiques marocains, parmi les 200 meilleurs chercheurs au monde dans le classement de l’Indice de développement académique 2025.
Née à Salé en 1954, Rajaâ Cherkaoui El Moursli décroche son PhD en physique nucléaire à Grenoble en 1982. Elle intègre ensuite l’Université Mohammed V de Rabat où elle impose d’emblée son empreinte. “j’ai contribué à la création du premier master en physique médicale et à la formation de la première génération de physiciens médicaux au Maroc ”, rappelle-t-elle.
Dès 1996, elle est impliquée dans des recherches collaboratives pour étudier les propriétés des particules subatomiques et leur rôle dans l’univers. “Je fais partie de plusieurs projets européens comme MARSU (sur la surveillance de la pollution atmosphérique) et KM3NeT (Cubic Kilometre Neutrino Telescope), où j’ai dirigé des équipes de recherche au Maroc et collaboré avec des institutions internationales de premier plan comme le CNRS et le CEA”, détaille-t-elle. Sa participation à des recherches majeures au CERN (Conseil européen pour la recherche nucléaire), “notamment la découverte du boson de Higgs, un tournant majeur dans le domaine de la physique des particules”, lui confère une notoriété internationale. Le projet aboutit en 2012. En 2015, Rajaâ Cherkaoui obtient le prix L’Oréal-Unesco 2015 pour les Femmes et la Science dans la catégorie Afrique et États arabes, un hommage mondial à sa contribution à la découverte du Boson de Higgs.
Depuis, les distinctions continuent à honorer son parcours et ses recherches. C’est ainsi qu’en 2022, elle décroche une médaille de la TWAS (The World Academy of Sciences) pour l’ensemble de ses travaux et en 2024, elle figure dans la liste prestigieuse Forbes 50 Over 50 qui distingue les femmes les plus influentes de la région MENA. F K.A.

Hasnae Taleb : la “Shewolf” marocaine de la finance

Dans les coulisses de la haute finance, là où brasse les milliards, une Marocaine a su s’imposer. Hasnae Taleb, fondatrice et associée principale de Mintiply Capital, dirige depuis Dubaï une société mondiale de conseil et de banque d’investissement gérant des transactions à plusieurs millions de dollars. Une ascension fulgurante pour celle que le Nasdaq a surnommée la “Shewolf”. Rien, pourtant, ne la prédestinait à Wall Street. Née au Maroc, elle a tout quitté pour poursuivre ses études aux États-Unis. “Je n’avais pas de plan clair, ni de filet de sécurité. Mais je savais que si je n’essayais pas, cela me hanterait pour toujours”, confie-t-elle. Diplômée d’un MBA en gestion d’actifs, elle fait ses armes chez Morgan Stanley et Nasdaq, avant de lancer sa propre structure. Son secret ? Une discipline de fer. “Si vous n’êtes pas discipliné, oubliez tout ça”, indique-t-elle avec le sourire. Pour elle, la finance n’est pas une affaire de chiffres mais de vision. “C’est un jeu de stratégie et de psychologie, explique-t-elle avec facilité. Je la vois comme un outil pour créer de la liberté et soutenir des idées qui méritent d’exister.” Et d’enchaîner : “Quand vous gérez des centaines de millions, chaque choix a son poids. Et parfois, les décisions doivent être prises en un temps très court. Je respecte les marchés, je les étudie religieusement, mais je ne les idolâtre pas. Ma relation avec la finance est ancrée, disciplinée et orientée vers un but.”
Hasnae Taleb, c’est l’assurance d’une femme pragmatique et affûtée, qui a refusé de se fondre dans le moule. “Je n’ai pas attendu qu’on me donne une place, je l’ai prise”, lance-t-elle, droite dans ses ambitions. “Je savais que je devais être deux fois plus préparée et dix fois plus résiliente. Je suis restée authentique et concentrée. Mes résultats parlent d’eux-mêmes.” Et si elle a dû redoubler d’efforts dans un univers dominé par les hommes, c’est pour mieux inspirer celles qui viendront après. “Chaque fois que j’entre dans une salle ou que je signe une transaction, les jeunes femmes sont avec moi”, confie-t-elle. Son moteur aujourd’hui : l’impact. Elle plaide pour une finance plus inclusive, plus représentative. “Il devrait y avoir plus de femmes dans les postes décisionnels, plus de capitaux pour les fondateurs sous-estimés”, défend-elle. “Car la finance doit refléter le monde qu’elle prétend servir.”F P.M.

 

Salima Naji : une bâtisseuse de sens

En 2025, Salima Naji a été récompensée par cinq distinctions internationales dont le prestigieux Global Award for Sustainable Architecture à Venise ou encore le grand Prix de la Femme architecte internationale à Paris qui lui sera décernée le 15 décembre prochain. Salima Naji impose, une fois encore, sa voix singulière et engagée dans le paysage mondial de l’architecture durable. “Recevoir le Global Award à Venise, c’est bien plus qu’un honneur. Cela confirme que notre travail, mené depuis vingt ans dans les zones rurales marocaines, résonne désormais à l’échelle mondiale”, confie celle qui préfère les chantiers poussiéreux, les artisans, et la lenteur du geste aux flashes des podiums. “Notre métier est une responsabilité : un engagement pour un monde plus juste, plus beau, et qui contribue à améliorer la planète sans participer de sa destruction. Tous les prix que j’ai reçus confirment un travail construit sur plus de deux décennies, sauf qu’il y a 20 ans c’était moins nécessaire qu’aujourd’hui de s’attacher à l’ancrage et à la réflexion sur les ressources disponibles.” Née à Rabat, d’un père marocain et d’une mère française, diplômée de l’École d’architecture de Paris-La-Villette et docteure en anthropologie à l’EHESS, elle a très tôt choisi un terrain exigeant : les vallées présahariennes. “Au Mali, en 1995, j’ai compris que la terre crue pouvait être un moteur architectural, la matrice du projet”, explique-t-elle. Depuis, elle bâtit une œuvre rare, où chaque mur dialogue avec la mémoire du lieu. À Agadir, elle a notamment redonné vie à la forteresse d’Oufella, ravagée par le séisme de 1960. Une prouesse architecturale et humaine. “Ce fut le chantier le plus complexe de ma carrière. Il fallait concilier mémoire, sécurité et beauté”, confie-t-elle. Son système parasismique mêlant bois et pierre sèche, inspiré du Haut-Atlas, fait aujourd’hui école. Son chantier de cœur ? “Le collège de Timenkar, construit après le séisme de 2023, à 2 300 mètres d’altitude”, répond-elle. “Les maçons sont les parents des 160 élèves. C’est un projet de dignité, un acte social.” Son esprit libre et son exigence font d’elle une architecte à part, qui ne transige ni avec l’éthique, ni avec l’esthétique. Sa vision ? “Revenir à la dignité sociale par les matériaux locaux”, explique-t-elle, car “bâtir, c’est d’abord appartenir”. F P.M.

Hind Zemmama : sur les toits du monde

Jeune mamie de 51 ans, femme d’affaires, entrepreneure et sportive accomplie, Hind Zemmama a atteint en octobre 2025 le sommet de la Pyramide de Carstensz en Indonésie après avoir réussi à gravir l’Everest en mai de la même année. Ce challenge s’inscrit dans le cadre du “Grand Chelem” des 7 Sommets que l’alpiniste est en passe de réussir. “L’idée du challenge des 7 sommets est née de mon envie d’explorer les limites du possible et de me confronter aux montagnes les plus mythiques du globe. Ce défi incarne, pour moi, la quête ultime de courage et de discipline”, explique-t-elle. Dans son agenda, deux montagnes à conquérir en 2026 : le Denali (Amérique du Nord) et le massif Vinson (Antarctique).
Déterminée et passionnée, l’alpiniste aime repousser ses limites et transformer chaque défi en opportunité d’apprentissage. “L’audace et la persévérance sont au cœur de tout ce que j’entreprends”, précise-t-elle.
C’est en 2022 que Hind Zemmama, après son ascension réussie du Kilimandjaro décide de continuer sur sa lancée et de s’attaquer aux plus hautes montagnes. Début 2024, elle dompte l’Aconcagua (Argentine), puis conquiert l’Elbrouz (Russie) en août de la même année. L’Everest, vaincu en mai 2025, la propulse dans le cercle très restreint des Marocaines ayant réussi cet exploit. “Ces cinq sommets conquis symbolisent une quête intérieure, un voyage d’endurance et de résilience, et un hommage vibrant à la force féminine marocaine… À chaque sommet, j’ai eu l’honneur et l’émotion immense de lever haut le drapeau marocain. Représenter mon pays sur les plus hauts toits du monde est une fierté indescriptible”, se réjouit-elle.
Sa passion pour l’alpinisme et sa détermination à concrétiser le challenge des 7 sommets ne constituent nullement un frein à sa carrière professionnelle. “C’est un exercice d’équilibre permanent. L’entrepreneuriat m’a appris à planifier, à déléguer et à optimiser mon temps. Je prépare mes expéditions longtemps à l’avance afin de préserver mes responsabilités professionnelles. Cette organisation me permet de poursuivre mes ambitions sportives sans jamais compromettre ma vie d’entreprise… C’est un équilibre précis qui me permet d’aborder chaque ascension avec sérénité et performance”, poursuit Hind Zemmama qui partage sur ses réseaux sociaux et dans ses conférences des messages inspirants sur la persévérance, le courage et le dépassement de soi. F K.A.

Sofia Zanfari : la Marocaine qui fait vibrer les circuits

A tout juste vingt ans, Sofia Zanfari trace sa route à la vitesse grand V. Derrière son casque, on distingue à peine ses traits juvéniles, mais dans ses yeux, une flamme brille avec l’intensité de ceux qui savent où ils vont. Sur les circuits européens, le drapeau rouge et vert flotte déjà à son passage : celui du Maroc, son pays, sa fierté. Son histoire commence bien avant les podiums et les combinaisons ignifugées. “C’est mon grand frère qui m’a transmis cette passion”, se souvient-elle avec un sourire. Très tôt, Sofia s’installe dans un kart, et la magie opère : vitesse, compétition, adrénaline. Trois mots qui deviendront la bande-son de sa vie. Mais c’est en 2023 que tout bascule. “C’est à ce moment-là que j’ai compris que ce n’était pas juste une passion, mais ma voie”, confie-t-elle.
Dans un univers où les femmes sont encore trop rares, Sofia doit composer avec les regards et les remarques. “Il y a encore beaucoup de préjugés”, dit-elle sans amertume. “Certains pensent qu’une femme est forcément moins rapide ou moins forte.” Alors, elle répond par le chrono. “Sur la piste, c’est simple : c’est le talent et le travail qui parlent.” Cette force tranquille, forgée par les années de compétition, devient sa marque de fabrique. Porter les couleurs du Maroc sur la scène internationale ajoute à sa motivation. “Le Maroc, c’est mes racines.” Chaque course devient un hommage discret à son pays, à ses racines africaines et arabes, à cette fierté d’être pionnière. Elle sait qu’en se battant pour chaque dixième de seconde, elle ouvre la voie à d’autres jeunes filles marocaines. Sur le plan sportif, Sofia a déjà laissé son empreinte. Elle évoque avec émotion sa course à Spa-Francorchamps, l’un des circuits les plus mythiques du monde. “J’y ai fait un super premier tour, une course vraiment sympa”, dit-elle. Avant chaque départ, Sofia suit un rituel précis. “J’écoute beaucoup de musique, ça m’aide à canaliser la pression et à me concentrer”, confie-t-elle. Hors-piste, elle retrouve une vie ordinaire. “Je suis à l’université, j’adore passer du temps avec ma famille, mes amis, et j’aime les animaux.” Pourtant, derrière ce sourire tranquille, on devine une détermination d’acier. Son objectif est clair : intégrer la F1 Academy, la filière qui prépare les championnes, puis grimper les échelons jusqu’à la Formule 1. “Je veux gagner, mais aussi montrer qu’une Marocaine peut réussir à ce niveau.” F S.B.

Maria Mernissi : la relève équestre

A 17 ans seulement, Maria Mernissi s’impose déjà comme une figure montante de l’équitation marocaine. Affiliée au Royal complexe des sports équestres Dar Es Salam à Rabat, la jeune cavalière a remporté en juillet dernier le Championnat du Maroc U18 de saut d’obstacles, lors de la 40ᵉ édition de la Semaine du cheval. Née dans un environnement empreint d’amour pour les chevaux, Maria Mernissi s’est intéressée très tôt à l’équitation. “J’ai découvert l’équitation vers mes 7 ans, mon père étant ancien cavalier, il a dû me transmettre sa passion pour ce sport”, partage-t-elle. Maria a rapidement développé un penchant pour le saut d’obstacles, une discipline exigeante qui nécessite maîtrise et audace. “J’ai été attirée par le saut d’obstacles parce qu’on y ressent des sensations incroyables. C’est une discipline qui nous pousse toujours à apprendre et à évoluer, ce qui apporte une forme de satisfaction à chaque palier atteint”, explique-t-elle.
En 2021, Maria Mernissi a remporté, avec son cheval Vero Fino, le Championnat du Maroc de saut d’obstacles catégorie cadets, organisé sous l’égide de la Fédération royale marocaine des sports équestres. “C’est ma première grande victoire, elle m’a donné envie de persévérer et de continuer mes efforts dans ce sport. Grâce à cet exploit, j’ai compris que la relation cavalier/cheval est primordiale pour réussir”, souligne-t-elle. Cependant, le chemin vers l’excellence est souvent semé d’embûches. Après cette victoire, Maria a connu une période de doute, mais sa consécration lors de la Semaine du cheval 2025 l’a remotivée. “J’avais l’impression que mes performances stagnaient et que mes compétences diminuaient, mais ce titre m’a redonné du courage et de la détermination pour l’avenir”, se réjouit-elle.
Pour les années à venir, la jeune cavalière aspire à s’illustrer sur la scène internationale. “J’aimerais réserver mon titre de championne du Maroc et peut-être participer et gagner des compétitions internationales”, nous confie-t-elle. Elle a d’ailleurs décroché sa qualification pour la Finale du FEI Jumping World Challenge 2025 à Dakar, mais une blessure l’a contrainte à renoncer. “Je suis actuellement blessée, donc j’aimerais juste pouvoir remettre le pied à l’étrier et reprendre le saut d’obstacles le plus vite possible”, confie-t-elle, déterminée à revenir encore plus forte. F M.A.O.

 

Nawal El Moutawakel : celle qui met les obstacles ko 

Honorée le 29 octobre 2025 à Lisbonne par le Prix Nord-Sud du Conseil de l’Europe, en reconnaissance de son engagement pour l’inclusion des athlètes réfugiés et la promotion de l’égalité des droits à travers le sport, Nawal El Moutawakel a tout au long de sa carrière, défendu l’accès des femmes au sport et fait de l’olympisme une cause chère à son cœur.
Née en 1962 à Casablanca, Nawal El Moutawakel se passionne très tôt pour l’athlétisme, se spécialisant dans le 400 mètres haies. Déterminée et ambitieuse, elle devient rapidement championne nationale et régionale. “L’athlétisme m’a offert une liberté que peu d’activités pouvaient donner à une jeune fille marocaine à l’époque. Courir, c’était m’affirmer, me dépasser, exister autrement”, nous confie Nawal.
Son destin bascule en 1984, lors des Jeux olympiques de Los Angeles, où elle remporte la médaille d’or du 400 m haies, devenant la première femme arabe, africaine et musulmane à décrocher un titre olympique. “Ce jour-là, lorsque j’ai franchi la ligne d’arrivée et compris que j’étais championne olympique, tout a changé. Ce n’était pas seulement une victoire personnelle; c’était celle de toutes les femmes marocaines, de tout un pays. J’ai compris que ce que nous faisons sur une piste peut résonner au-delà du sport. Ce moment m’a donné une mission : œuvrer toute ma vie pour que d’autres filles puissent, à leur tour, réaliser leurs rêves”, se remémore-t-elle non sans émotion.
Ce triomphe marque un symbole d’émancipation et d’espoir pour des millions de jeunes filles dans le monde arabe et en Afrique. “Quand une fille ose courir, nager, boxer ou jouer au foot, elle envoie un message fort. Le sport change les mentalités en douceur. Il ouvre des portes, il inspire les jeunes générations. Et aujourd’hui, voir autant de jeunes filles marocaines pratiquer librement, c’est une immense fierté pour moi”, affirme la championne olympique.
Forte de son expérience sur les pistes et de son rayonnement international, elle s’engage ensuite dans la gouvernance sportive. En juillet 2024, elle est réélue vice-présidente du CIO aux côtés de l’Argentin Gerardo Werthein, un poste qu’elle avait déjà occupé entre 2013 et 2016.
Cette ancienne athlète de haut niveau s’intéresse aussi à la politique, et devient Secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires sociales, chargée de la Jeunesse et des Sports (1997-1998), puis, plus tard Ministre de la Jeunesse et des Sports (2007-2009). F M.B.

 
 
 

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Meryem Benm’Barek, une réalisatrice solaire https://femmesdumaroc.com/femmes/femme-inspirante/meryem-benmbarek-une-realisatrice-solaire Mon, 29 Dec 2025 13:36:05 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=127027 Après son premier long métrage Sofia, couronné à Cannes, Meryem Benm’Barek revient avec Behind the Palm Trees, une œuvre sensible et audacieuse qu’elle a mis sept ans à écrire et à produire. Nous l’avons rencontrée à Casablanca, pour un échange à bâtons rompus sur le cinéma, la persévérance, la sororité et la quête de vérité.

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Dans un petit coffee shop du quartier Bourgogne, baigné par la douceur du matin, Meryem Benm’Barek entre avec cette énergie tranquille qui la caractérise. Regard franc, sourire généreux, la réalisatrice dégage une sérénité rare. Et pour cause. Elle vient de mettre le clap de fin à son dernier long métrage, “Behind the Palm Tree” qu’elle présente en compétition officielle au Festival international du film de Marrakech et dont la sortie nationale est prévue en avril 2026. 

Meryem Benm’Barek a mis pratiquement sept ans pour donner vie à son film. Ce sont plusieurs années de travail, de doutes, de réécriture, de recherche de financement, et de fidélité à une vision. “Chaque mot du scénario et chaque silence dans le film devaient avoir un sens. J’ai appris la patience, et à me faire confiance”, explique la réalisatrice qui avoue avoir fait le film avec très peu de moyens. Mais, “malgré cela, j’ai réussi à réunir un casting de choix avec notamment Carole Bouquet et Sara Gireaudeau, pour ne citer qu’elles…”, se réjouit la réalisatrice.

Révélée au grand public avec le film “Sofia”, qui lui a valu de décrocher le Prix du Scénario à Cannes en 2018 et de glaner une trentaine de prix à l’international, Meryem Benm’Barek s’impose aujourd’hui comme l’une des voix les plus audacieuses de sa génération. Sa force : mêler le social à l’intime, le politique à la douceur des émotions. “Je souhaite examiner la dimension politique de l’amour, et la manière dont la famille, et plus largement la société s’infiltre dans l’intime”, décrypte-t-elle. Avec “Behind the Palm Tree”, la cinéaste poursuit cette exploration des zones grises : un film qui se présente d’abord comme une romance avant de glisser vers un thriller psychologique à l’atmosphère crépusculaire. Le tout porté par un regard acéré sur les rapports de pouvoir, les fractures sociales et les désirs contrariés. “Mon cinéma ne cherche pas à juger, mais à comprendre. Avec “Behind The Palm Tree”, j’ai pris le parti de faire un film subversif.”

Une vocation tardive, un cinéma engagé 

Alors que nous échangeons à bâtons rompus, Meryem parle avec passionde son pays natal, le Maroc qui l’a vu naître et de Bruxelles où elle grandit sans son père, décédé dans un accident de la circulation. Avec émotion, elle évoque ses premiers élans. “Je n’ai pas toujours su que je voulais faire du cinéma”, avoue-t-elle. C’est lors d’un voyage en Palestine que tout a commencé. Elle y part seule, sans objectif précis, avec une petite caméra.  Elle filme, au fil des jours, des visages, des paysages, des gestes simples. “J’illustrais mon voyage par des images, sans me douter que j’étais déjà en train de raconter une histoire.” De retour chez elle, c’est le père d’une amie, réalisateur de renom qui, en découvrant ses images, l’encourage à poursuivre dans cette voie. “J’ai alors compris que je pouvais raconter le monde à travers ma propre sensibilité. Le cinéma s’est imposé, naturellement, comme une évidence.” Elle intègre alors l’institut national supérieur des arts du spectacle et des techniques de diffusion et de communication (INSAS) à Bruxelles et se forme à l’écriture et à la mise en scène. C’est le début d’un cheminement fait de découvertes, de doutes et de détermination. “Avant le film Sofia, je ne me sentais pas légitime de faire des films”, nous confie-t-elle avec une franchise désarmante. “Pour moi, faire un film, c’est oser se regarder, sans fard, sans artifice, non pour dénoncer, mais pour dire tout haut ce qui est tu. Mais je ne suis pas dans un cinéma activiste”, précise-t-elle. Derrière son sourire lumineux, il y a la conscience aiguë du monde: entre fracture sociale et lutte des classes. Son engagement est viscéral, mais jamais dogmatique. 

Sous la chaleur du soleil, “Behind the Palm Trees” interroge les ombres qui se cachent derrière l’apparente beauté.  Au fil de nos échanges, la réalisatrice aborde la place des femmes dans le cinéma marocain avec bienveillance et lucidité. “Nous sommes de plus en plus nombreuses à raconter nos histoires. Il y a de la place pour tout le monde, mais il ne faut pas oublier celles et ceux qui ont ouvert la voie.” Elle parle avec affection de cette sororité silencieuse qui unit les réalisatrices et de l’entraide qui existe entre elles. “Je crois profondément à la solidarité entre femmes, à la main tendue, au partage d’expérience. Nous avançons ensemble, chacune avec sa voix.”

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La Marocaine Ouijdane Qacami primée en France pour sa startup Strucmedica https://femmesdumaroc.com/femmes/femme-inspirante/la-marocaine-ouijdane-qacami-primee-en-france-pour-sa-startup-strucmedica Thu, 11 Dec 2025 10:37:42 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=125806 La Marocaine Ouijdane Qacami a été distinguée en France par le Prix Pépite 2025 pour sa startup Strucmedica, un projet innovant dédié à la durabilité du béton.

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La jeune ingénieure marocaine Ouijdane Qacami a été distinguée en France par le Prix Pépite 2025, qui récompense chaque année les jeunes créateurs de startups innovantes. L’annonce a été faite mercredi par l’agence Campus France.

Ouijdane Qacami a été sélectionnée parmi 30 « solutions d’exception » grâce à sa startup Strucmedica, spécialisée dans la durabilité du béton. Elle s’est démarquée dans la catégorie « Les matériaux dans tous leurs états » avec un projet qui propose des diagnostics structurels automatisés pour les ouvrages en béton, destinés aux professionnels du BTP. « Elle s’est illustrée à travers son projet portant sur la réalisation de diagnostics structurels automatisés pour les ouvrages en béton, destinés aux acteurs du BTP », précise Campus France dans un communiqué.

Ingénieure en génie civil, Ouijdane Qacami prépare actuellement un doctorat sur la durabilité du béton, en collaboration avec le Karlsruhe Institute of Technology, le Holcim Innovation Center et l’Université de La Rochelle. Un travail de recherche qui soutient directement les innovations développées au sein de sa startup.

Créé par le ministère français de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, le Prix Pépite vise à encourager les jeunes diplômés qui « osent entreprendre, innover et transformer leurs idées en solutions d’avenir ». Il a pour objectif de renforcer l’esprit d’entrepreneuriat dans les universités et d’accompagner les porteurs de projets.

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Hasnae Taleb, la trader marocaine aux millions de dollars https://femmesdumaroc.com/femmes/femme-inspirante/hasnae-taleb-la-trader-marocaine-aux-millions-de-dollars Fri, 17 Oct 2025 12:06:34 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=122312 Dans l’arène impitoyable de la finance mondiale, la Marocaine Hasnae Taleb s’est imposée là où peu de femmes s’illustrent. Ambitieuse et pugnace, elle est à la tête d’une société mondiale de conseil et de banque d’investissement, Mintiply Capital, qui gère plusieurs millions de dollars. Portrait.

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Hasnae Taleb est de ces femmes qui ne laissent rien au hasard. Déterminée, audacieuse et curieuse insatiable, elle s’est fait un nom dans le milieu de la finance internationale. Installée à Dubaï, elle est fondatrice et associée principale de Mintiply Capital, une société mondiale de conseil et de banque d’investissement. À la tête de la division gestion d’actifs, elle gère et conseille des transactions de plusieurs millions de dollars, sur les marchés publics comme privés. Une ascension fulgurante pour celle que la bourse de Nasdaq avait surnommée la “Shewolf of Nasdaq”.

Un saut dans l’inconnu

Hasnae Taleb a grandi au Maroc, loin de l’univers de Wall Street. Poussée par l’envie de découvrir et d’oser, elle a décidé, après son baccalauréat, de partir seule aux États-Unis afin d’y faire ses études. À l’université de Bolton, elle décroche un MBA en gestion d’actifs et marchés de capitaux, avant de faire ses armes chez Morgan Stanley puis au Nasdaq. “Le moment le plus décisif de ma carrière a été le jour où j’ai décidé de faire mes études à l’étranger, lance-t-elle. Je n’avais ni plan clair, ni filet de sécurité mais une certitude : il fallait que j’essaye. Car sinon, cela allait me hanter pour toujours.” Hasnae Taleb n’a jamais attendu qu’on lui donne une place. “Je l’ai prise, de moi-même”, insiste-t-elle. Dans un secteur élitiste, largement masculin, elle a appris à être  “deux fois plus préparée et dix fois plus résiliente”, comme elle l’explique. Sa stratégie ? Rester authentique, concentrée et laisser ses résultats parler pour elle.

Stratège de haut vol

Pour Hasnae Taleb, la finance est comme un terrain de jeu où se mêlent stratégies et visions.  “Je la vois comme un outil qui me permet de créer de la richesse ou de soutenir des idées qui méritent d’exister”, décrit-elle avec engouement. Mais cette passion s’accompagne d’une discipline de fer. “Si vous n’êtes pas discipliné, oubliez tout ça”, tranche-t-elle. Résilience, pensée stratégique et maîtrise émotionnelle, voilà, selon elle, les piliers de la réussite en finance mondiale. Mais derrière l’assurance, la pression est constante. “Lorsque vous gérez des portefeuilles d’une valeur de centaines de millions, chaque choix a son poids”, reconnaît-elle. Les décisions se prennent vite, sous tension, dans un marché en perpétuel mouvement. Et si elle a parfois été sous-estimée en tant que femme, elle a su retourner cela à son avantage, l’utilisant comme un moteur pour prouver sa valeur.

Sa nationalité, une force

Son identité marocaine s’est révélée être un socle solide. “Être marocaine m’a appris l’art de naviguer entre les contrastes : tradition et innovation, humilité et ambition”, assure-t-elle. L’intégrité, l’honnêteté et l’engagement, des valeurs héritées de son enfance, guident encore aujourd’hui sa manière de traiter avec ses clients et partenaires. “L’empathie est l’un de mes autres héritages qui, à mes yeux, est précieuse, soutient-elle. Cela m’aide à me connecter avec des personnes à travers les pays, à établir la confiance et à aborder les négociations avec intelligence émotionnelle.” 

Défier !

Le parcours de Hasnae Taleb n’a pas été sans obstacles : difficultés financières, galères de visa jusqu’à être sous-estimée dans des salles de conseil en finance.  Elle les a surmontés avec ténacité. “J’ai maîtrisé l’art de transformer un “non” en un “pas encore””, affirme-t-elle. Sa devise ? Savoir ce que l’on veut, savoir qui l’on est, et ignorer le bruit autour de soi. Aujourd’hui, consciente de sa visibilité grandissante, Hasnae Taleb assume une responsabilité envers les jeunes femmes. “Je les porte avec moi dans chacune des transactions que je réalise, dans chaque salle dans laquelle je rentre, appuie-t-elle. J’essaie de partager mon histoire ouvertement afin qu’elles sachent ce qui est possible. Je veux être l’exemple que je n’ai jamais eu en grandissant, surtout dans un monde saturé par des influenceurs fictifs et des apparences sociales mises en scène.” Et d’enchaîner avec hargne : “Il devrait y avoir plus de produits financiers inclusifs, davantage de femmes dans des rôles décisionnels, des capitaux alloués à des régions ou à des fondateurs sous-estimés”. En effet, comme elle le souffle, la finance doit refléter le monde qu’elle prétend servir.

 

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Meriem Berrada, L’architecte culturelle https://femmesdumaroc.com/femmes/femme-inspirante/meriem-berrada-larchitecte-culturelle Tue, 23 Sep 2025 10:25:32 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=120977 Elle façonne des expositions comme d’autres construisent des maisons. Avec méthode, intuition et exigence. Commissaire d’exposition, curatrice indépendante, mais aussi mère, pédagogue, médiatrice, Meriem Berrada est devenue une figure incontournable de la scène culturelle marocaine et africaine. Portrait.

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La rencontre a lieu un matin de juillet, dans les locaux de Femmes du Maroc. Meriem Berrada arrive avec cette élégance sans ostentation qui la distingue. Robe verte, rouge à lèvres éclatant, regard franc. Elle est menue, posée, d’une attention presque immédiate. À peine installée, elle capte l’espace par sa présence calme et sa parole précise. On comprend vite qu’elle choisit ses mots comme on pose des œuvres sur un mur : avec soin et sens. “Je suis très attentive aux détails. C’est mon mode de fonctionnement”, glisse-t-elle.

À 39 ans, Meriem Berrada a déjà conçu nombre d’expositions, dirigé un musée, formé une génération de jeunes opérateurs culturels, et bousculé les codes bien trop lisses du commissariat d’exposition. Pourtant, rien ne la prédestinait à ce parcours. Née à Fès dans une famille éloignée du monde artistique, elle découvre l’art à travers les formes, les matières, les gestes. “À Fès, l’art est partout. Dans les mosaïques, les plafonds, les tissus. On le respire sans même le savoir.” Mais c’est à Paris, devant une œuvre d’Yves Klein, qu’elle ressent pour la première fois le choc de la beauté. “C’était juste du bleu. Et pourtant, j’étais bouleversée. J’ai compris que je n’avais pas besoin de comprendre pour être touchée.”

Vision engagée

Après des études de sociologie, puis de marketing, elle se tourne vers le management culturel. C’est en 2011, de retour au Maroc, que sa carrière prend un tournant concret. Elle intègre la Marrakech Art Fair, collabore avec la CMOOA, puis rejoint la Fondation Alliances. Elle y lance “La Chambre Claire”, un prix dédié à la photographie émergente, et “Passerelles”, un programme de médiation culturelle en périphérie urbaine. “J’ai appris en faisant. Je n’ai pas de formation d’historienne de l’art, mais j’ai toujours su m’entourer. Et surtout poser des questions.” En 2016, elle participe à la conception du MACAAL, le Musée d’art contemporain africain Al Maaden, à Marrakech, dont elle devient la directrice artistique. Elle y construit une vision ouverte, engagée, résolument tournée vers les récits du continent africain. “Je ne crois pas aux expositions hors-sol. Tout doit partir de l’écoute : de l’artiste, du lieu, du contexte.” Elle s’entoure d’artistes comme Amina Agueznay, M’barek Bouhchichi, ou encore Salima Naji, avec lesquels elle construit des dialogues sensibles, exigeants, engagés.

Son travail repose sur trois piliers : la mémoire, la transmission, et l’écosystème. Elle pense le commissariat comme une architecture vivante, où l’on relie les disciplines, les récits, les publics. “Mon rôle, c’est de créer les conditions de la rencontre. Et de permettre aux artistes d’aller là où ils n’avaient pas imaginé aller.” Elle défend aussi une approche éthique, où la scénographie devient langage, et où l’institution ne se résume pas à une façade. “Je veux casser cette idée du musée comme espace élitiste. Il doit être ouvert, traversé, habité.”

Une affaire “d’entre-deux”

Son diagnostic du marché de l’art marocain est sans appel : “On a des artistes extraordinaires, mais peu d’espaces intermédiaires. Soit tu es très coté, soit tu es invisible. Il faut créer des formats accessibles, pour que les jeunes puissent aussi acheter de l’art.” Elle milite pour une meilleure structuration du secteur, plus de formation, plus de ponts entre le monde de l’art et le grand public. C’est ce qui la pousse à lancer le MACAAL Bootcamp, un programme de formation destiné à de jeunes professionnels africains de la culture. “J’aurais rêvé avoir ça à mes débuts. Former, c’est aussi transmettre ce qu’on aurait aimé recevoir.”

Côté perso, Meriem est maman d’un petit garçon de trois ans. Elle ne cache pas les difficultés à jongler entre les projets, les déplacements, et la vie de famille. “Je fais de mon mieux. Mon mari est très présent, on s’organise ensemble. Mais ce n’est pas simple. J’apprends encore à cloisonner.” Elle évoque sans fard les injonctions contradictoires, la pression sociale, la fatigue. “Je crois qu’on est toutes dans le même bateau, quelle que soit notre profession. Et souvent, on ne dit pas à quel point c’est difficile.”

Le yoga, la lecture, la couture sont ses refuges. “Je bricole, je brode, je couds, mais pour moi. Sans enjeu. Juste pour le plaisir.”  Lorsqu’on lui demande si elle a un rêve inavoué, elle sourit. “Pas vraiment. Je n’ai pas de plan. Ce qui me porte, ce sont les projets.” Elle aimerait continuer à voyager dans des lieux préservés, “à l’écart des chaînes mondialisées qui uniformisent les villes.” Elle parle d’archives, de gestes ancestraux, de diversité à préserver. Elle n’a pas besoin de grandes envolées : ses mots, comme ses expositions, tiennent dans une ligne claire. “Je ne rêve pas. Je bâtis.”

Et elle bâtit bien. Avec une constance rare, une humilité touchante, et une exigence de chaque instant.

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Najat Mokhtar, Une scientifique exceptionnelle https://femmesdumaroc.com/femmes/femme-inspirante/najat-mokhtar-une-scientifique-exceptionnelle Fri, 29 Aug 2025 08:00:54 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=120050 Najat Mokhtar est la première femme à occuper le poste de Directrice générale adjointe de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). L’excellence de son parcours scientifique et son engagement en faveur de la promotion de la science et de l'autonomisation des femmes dans le monde arabe ont été récompensés, début mai à Londres, par le prix Arab Women of the Year 2025. Portrait.

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Najat Mokhtar a puisé son implacable volonté de se dépasser au contact des femmes de sa ville natale, Qariat Ba Mohamed, dans la région de Taounate. “Là-bas, j’ai vu des femmes combattantes, silencieuses mais puissantes, qui m’ont appris, avant même mes cours de biologie, la valeur de l’endurance et de la dignité… Mes étés passés à Qariat Ba Mohamed ont profondément marqué ma vision du monde. En voyant la souffrance silencieuse de certaines femmes, et la force inouïe de celles qui luttaient sans jamais se plaindre, j’ai su que je devais construire mon avenir sur la connaissance”, se souvient-elle. À Rabat, ville où elle grandit et effectue sa scolarité, elle garde à l’esprit les paroles de sa grand-mère: “va de l’avant et compte sur toi-même. Tout est possible.” Et tout devient possible pour Najat Mokhtar qui opte très tôt pour une carrière scientifique. Derrière ce choix, confie-t-elle, trois influences majeures, celles de “professeurs inspirants au lycée, ensuite, les lacunes en recherche nutritionnelle au Maroc, particulièrement sur la santé des femmes et des enfants. Enfin, le modèle d’une professeure d’endocrinologie à l’université Mohammed V à Rabat. Elle m’a montré que l’excellence scientifique et la féminité n’étaient pas incompatibles”, énumère-t-elle. 

Najat Mokhtar pose les jalons de son parcours en optant pour un domaine exigeant : la nutrition et la science des aliments. Son solide cursus universitaire démarre à l’Université Mohammed V de Rabat et se poursuit à l’Université de Dijon, puis à l’Université Laval au Canada où elle décroche un doctorat en nutrition et en endocrinologie, et enfin aux États-Unis, à l’Université Johns Hopkins, où elle effectue un post-doctorat. Elle entame dans la foulée une riche carrière universitaire académique de près de 20 ans en tant que professeur des universités et directrice de recherche. “Créer les premiers masters et PhD en nutrition au Maroc, et voir mes étudiants rayonner dans la recherche ou la santé publique, a été une immense source d’accomplissement”, se réjouit l’experte onusienne.

Une aventure transformatrice

En 2001, elle opère un virage à 360° dans une carrière académique toute tracée. “C’est presque par hasard que j’ai découvert l’univers onusien. Mon mari a repéré une offre de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) liant nutrition et technologies nucléaires,  une association improbable à mes yeux ! Poussée par la curiosité, j’ai postulé… sans imaginer à quel point ce choix allait redessiner ma trajectoire… À Vienne, j’ai dû tout réapprendre : les sciences appliquées, les dynamiques multilatérales… Ce fut un défi immense, mais incroyablement formateur”, explique-t-elle. Son mari et ses jumeaux, alors âgés de 4 ans l’accompagnent dans ce tournant majeur de sa carrière. “D’enseignante-chercheuse enracinée dans le système académique, je suis devenue une médiatrice du savoir à l’échelle internationale. J’ai appris à faire dialoguer science et terrain, disciplines et cultures. Ce qui a commencé comme un geste de curiosité est devenu une aventure transformatrice. Ce poste m’a poussée hors de ma zone de confort, et c’est précisément là que j’ai trouvé une nouvelle manière de contribuer au monde”, précise Najat Mokhtar qui revient au Maroc en 2007 pour occuper le poste de directrice des sciences à l’Académie Hassan II des sciences et des techniques, contribuant à coordonner la stratégie nationale sur l’éducation et la recherche. 

De retour à Vienne en 2011, Najat Mokhtar dirige la section des études écologiques liées à la nutrition et la santé. Les missions et les responsabilités au sein de l’AIEA s’enchaînent pour cette battante qui accède en 2019 au poste de Directrice générale adjointe. “En tant que première femme à occuper ce poste de Directrice Générale Adjointe du département des application Nucléaires à l’AIEA, j’ai dû faire face à plusieurs obstacles… L’un des défis les plus insidieux fut l’autocensure. Dans un environnement technique et très masculin, j’ai douté, au début, de ma place et de ma légitimité. Mais j’ai transformé ce doute en moteur pour apprendre, progresser, et m’affirmer…Les structures institutionnelles rigides exigeaient que je prouve deux fois plus pour que mes idées soient reconnues. Pourtant, ces défis m’ont rendue plus forte. Ma double culture m’a permis de jouer un rôle de trait d’union entre le Nord et le Sud”, assure Najat Mokhtar. Sa consécration à Londres en tant que femme arabe de l’année 2025 couronne le parcours d’une scientifique tournée vers les défis concrets du développement.

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