Rania Laabid, Auteur à Femmes du Maroc https://femmesdumaroc.com/author/rania Le magazine leader de la presse féminine au Maroc Inspiration, Envies, Style, Beauté, Idée Mon, 26 Jan 2026 18:58:26 +0000 fr-FR hourly 1 https://femmesdumaroc.com/wp-content/uploads/2022/12/cropped-fav-fdm3-32x32.png Rania Laabid, Auteur à Femmes du Maroc https://femmesdumaroc.com/author/rania 32 32 Et si on succombait à la manucure demi-lune? https://femmesdumaroc.com/beaute/et-si-on-succombait-a-la-manucure-demi-lune Mon, 26 Jan 2026 13:08:14 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=128368 Graphique et intemporelle, la manucure demi-lune revient sur le devant de la scène beauté. Héritée des icônes vintage, elle se modernise aujourd’hui à coups de contrastes subtils et de couleurs audacieuses, pour un nail art élégant et résolument dans l’air du temps.

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Graphique, élégante et subtilement rétro, la manucure demi-lune signe son grand retour. Popularisée dans les années 1920 puis adoptée par les icônes hollywoodiennes des fifties, elle consiste à laisser apparaître la lunule naturelle ou à la souligner d’un contraste de couleur pour un résultat à la fois chic et audacieux.

 

Aujourd’hui, la demi-lune se réinvente : minimaliste en nude et blanc, résolument mode en noir profond, ou twistée de teintes pastel et métalliques. Facile à adapter à toutes les longueurs d’ongles, elle séduit autant les adeptes du nail art que les amatrices d’élégance discrète. Et si, cette saison, on laissait parler nos ongles avec ce détail graphique qui fait toute la différence ?

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Tendance : pourquoi tout le monde republie ses photos de 2016 ? https://femmesdumaroc.com/inspiration/radar/tendance-pourquoi-tout-le-monde-republie-ses-photos-de-2016 Thu, 22 Jan 2026 15:34:13 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=128149 Depuis quelques semaines, Instagram, TikTok et même Facebook sont envahis par des photos aux filtres un peu datés, aux poses spontanées et aux légendes nostalgiques. Une année revient en boucle dans les feeds : 2016.
Selfies mal cadrés, looks minimalistes, soirées entre amis, captures d’écran Snapchat… Pourquoi cette obsession soudaine pour cette année précise ? Décryptage d’une nostalgie très contemporaine.

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Pour beaucoup, 2016 représente un avant. Avant la pandémie, avant l’omniprésence des algorithmes, avant la pression constante de la performance sur les réseaux sociaux. À l’époque, Instagram n’était pas encore dominé par des stratégies de personal branding, TikTok n’existait pas, et poster une photo relevait davantage de l’instantané que du calcul.

Republier ces images, c’est raviver une époque perçue comme plus simple, plus naïve, plus libre.

Une esthétique qui échappe aux codes actuels

Les photos de 2016 ont une signature reconnaissable :

filtres VSCO ou Valencia

selfies pris sans lumière parfaite

looks non “trendés” mais personnels

photos floues, spontanées, imparfaites

À l’heure où tout est ultra-produit, cette esthétique imparfaite devient presque subversive. Republier ces photos, c’est dire : “avant que tout ne devienne une vitrine, on vivait.”

Une réponse à la fatigue des réseaux sociaux

Cette tendance s’inscrit aussi dans un ras-le-bol général.
Fatigue de devoir être constant, cohérent, visible. Fatigue des stories calculées et des feeds trop lisses.

Reposter une photo de 2016, c’est se libérer temporairement de cette pression. C’est afficher une version de soi moins contrôlée, moins consciente du regard des autres.

La nostalgie comme refuge collectif

La nostalgie n’est jamais anodine. Elle apparaît souvent dans des périodes d’incertitude.
Entre crises politiques, anxiété climatique, inflation et surcharge informationnelle, se tourner vers le passé devient une manière de se rassurer.

2016 devient alors un refuge émotionnel collectif, une mémoire partagée où “tout semblait aller mieux”, même si cette impression est parfois idéalisée.

Un geste intime devenu viral

Ce qui rend cette tendance intéressante, c’est son caractère paradoxal :
un geste intime, replonger dans ses archives personnelles, devient un phénomène viral.
Chacun poste sa photo, mais tout le monde raconte la même histoire : celle d’un temps où l’on se cherchait moins, ou du moins différemment.

Plus qu’une mode, un symptôme

Republier ses photos de 2016 n’est pas qu’un effet de mode. C’est le symptôme d’une génération en quête de sens, de simplicité et d’authenticité dans un monde numérique de plus en plus normé.

Et si cette tendance disait surtout une chose : ce n’est pas tant 2016 qui nous manque, mais la manière dont on se sentait à cette époque.

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Dans la cuisine de Madonna au Maroc : confidences de la cheffe choisie par la star https://femmesdumaroc.com/inspiration/people/dans-la-cuisine-de-madonna-au-maroc-confidences-de-la-cheffe-choisie-par-la-star Sun, 18 Jan 2026 11:12:20 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=127924 Lors de son séjour au Maroc à l’occasion des fêtes de fin d’année, Madonna a fait appel à Clarisse Jolicoeur, cheffe du restaurant Les Jardins du Lotus. Entre instinct culinaire, respect du produit et élégance du geste, la cheffe a imaginé les plats servis à la star et nous confie aujourd’hui les coulisses d’une cuisine pensée loin de toute démonstration, guidée par la justesse et la sincérité.

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Elle ne cherchait ni à impressionner, ni à signer un « menu de star ». Et c’est peut-être précisément pour cela que Madonna a frappé à sa porte. Née au Mexique, formée entre Montréal et les cuisines du monde, Clarisse Jolicoeur a posé ses couteaux dans la médina de Marrakech il y a six ans, où elle orchestre aujourd’hui la cuisine des Jardins du Lotus. Une cuisine d’instinct, épurée, respectueuse du produit et du moment.

Le soir du Nouvel An, la reine de la pop est en séjour privé à Marrakech et exprime un souhait simple : dîner « vrai ». La rencontre a quelque chose d’irréel et marque un tournant intime et créatif pour la cheffe, bien au-delà de l’instant. L’expérience se prolonge dans les jours qui suivent. Clarisse Jolicoeur accompagne ensuite la star lors de son séjour de trois jours à Ouarzazate, orchestrant déjeuners et dîners où s’exprime pleinement sa signature culinaire : légumes de la ferme, poissons délicatement travaillés, pâtes au citron, salades fraîches, fruits au naturel. Une cuisine sincère et épurée, guidée par la justesse et l’équilibre.

Dans cette interview, Clarisse Jolicoeur revient sur son parcours singulier, de ses racines mexicaines à Marrakech, sur le dialogue subtil entre les saveurs marocaines et latino-américaines, et sur cette expérience hors norme qui l’a transformée.

 

Pouvez-vous nous raconter votre parcours et ce qui vous a menée du Mexique à Marrakech ?

Je suis née au Mexique, dans une famille où la cuisine était une véritable langue maternelle. Très jeune, j’ai compris que la table était un espace de transmission, de mémoire et d’émotion. Après plusieurs années à travailler dans la restauration à Montréal, Reda Benjelloun m’a contactée pour venir ouvrir Les Jardins du Lotus à Marrakech.
Après une visite éclair, mon mari et moi avons pris la décision de tout quitter pour nous installer ici. Aujourd’hui, Marrakech est bien plus qu’une ville pour moi : c’est devenu ma maison créative.

Comment décririez-vous votre cuisine ?
Je décrirais ma cuisine comme une cuisine d’instinct, profondément respectueuse des saisons et des ingrédients. C’est une cuisine moderne, simple en apparence, mais toujours portée par la justesse de l’assaisonnement et l’équilibre des saveurs.

Tentez-vous de faire dialoguer la cuisine mexicaine avec les saveurs marocaines ?
Les cultures mexicaine et marocaine se ressemblent énormément dans leur rapport à la terre, au feu et au partage. Leurs cuisines sont très différentes, presque opposées, et c’est précisément ce contraste qui crée la magie. Un bon méchoui glissé dans un taco, accompagné d’une salsa verde, devient une évidence. Ces derniers temps, je m’amuse de plus en plus à explorer les saveurs marocaines et à les faire dialoguer avec mes racines mexicaines.

Comment adaptez-vous votre cuisine à une clientèle internationale à Marrakech ?Après quinze années passées en cuisine et six ans aux Jardins du Lotus, au contact d’une clientèle à la fois locale et internationale, j’ai appris à créer des menus capables de parler à tous les goûts, tous les âges et toutes les sensibilités.

Comment s’est faite la rencontre avec Madonna ?
Ce fut un concours de circonstances presque irréel. Elle était au Maroc pour un séjour privé, et quelqu’un de son entourage avait déjà goûté ma cuisine. On m’a appelée sans préavis. J’ai accepté sans réfléchir, portée par l’intuition.

Quels plats lui avez-vous préparés ?
Une cuisine simple et pure : légumes de la ferme, poissons délicatement travaillés, pâtes italiennes au citron, cacio e pepe, salades fraîches, fruits au naturel. Rien d’ostentatoire, tout dans la justesse.

Avez-vous adapté certaines recettes à ses goûts ?
Oui, énormément. Elle aime la clarté des saveurs, la légèreté, l’équilibre. J’ai épuré ma cuisine, presque méditative.

Y avait-il une demande particulière ?
Très peu. Juste : manger vrai.

Quel plat l’a le plus séduite ?
Disons simplement que certains secrets sont faits pour rester dans la cuisine ! (rires)

Comment s’est déroulée cette expérience ?
Ça a été une expérience qui m’a transformée, pas seulement comme cheffe, mais aussi comme personne.

Vos prochains projets à Marrakech ?
Je développe de nouveaux lieux où la cuisine devient expérience sensorielle globale: nourriture, esthétique, émotion. Mon ambition n’est pas d’ouvrir des restaurants, mais de créer des mondes.

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Piratecore, l’allure aventurière https://femmesdumaroc.com/style/piratecore-lallure-aventuriere Sat, 17 Jan 2026 08:00:38 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=127733 Inspirée de l’imaginaire des pirates et réinterprétée par la mode contemporaine, la tendance piratecore s’impose dans notre dressing cet hiver. Entre chemises fluides, accessoires imposants et allure aventurière, elle revisite l’esprit rebelle et romantique des flibustiers avec une élégance résolument moderne.

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Bague Libra noir, Spinelli Kilcollin.
Blouse pamiala en voile de coton uni à volants, Isabel Marant.
Bottines Colette 95 mm à bout pointu, Le Silla.
Chapeau en cuir Aril, Ann Demeulemeester.
Gilet en cuir à boutonnière, Marni.
Pantalon ample, Alaïa.
Sac sceau Ring, Alaïa.
Set de 2 bijoux d’oreille, Panconesi.
Ann Demeulemeester

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Une ville, un style : zermatt glam’ https://femmesdumaroc.com/style/une-ville-un-style-zermatt-glam Sat, 17 Jan 2026 08:00:09 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=127762 À Zermatt, la mode fait partie du décor autant que le Cervin : on y adopte un dress code chic et montagnard, fait de silhouettes impeccables, de luxe discret et de confort assumé.

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Veste en laine, Mugler.

 

Pantalon ample, Alaïa.
Manteau en fausse fourrure, The Frankie Shop.
Le défilé
By Malene Birger hiver 2025.
Sac La Passegiata, The Attico.
Bottines en daim, JW Anderson.
Lunettes de soleil 1211, Tom Ford.

 

ZERMATT
Station de ski réputée, Zermatt se trouve à une altitude d’environ 1 600 mètres. Sa rue principale, Bahnhofstrasse, est bordée de boutiques de luxe, d’hôtels et de restaurants.

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7 choses à savoir sur Brahim Diaz https://femmesdumaroc.com/inspiration/people/7-choses-a-savoir-sur-brahim-diaz Mon, 05 Jan 2026 12:24:44 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=127308 Talentueux, charismatique et déjà incontournable sur la scène internationale, Brahim Díaz fascine autant par son jeu que par son parcours. Entre racines multiples, carrière prestigieuse et vie personnelle très suivie, zoom sur ce footballeur qui fait vibrer les fans.

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À seulement 25 ans, Brahim Díaz s’est imposé comme l’un des joueurs les plus prometteurs de sa génération. Passé par les plus grands clubs européens et aujourd’hui sous le feu des projecteurs avec la CAN, il incarne le football moderne : technique, audacieux et spectaculaire. De son enfance bercée par le ballon rond à sa vie privée très médiatisée, voici les choses essentielles à savoir sur Brahim Díaz.

1. Un double héritage culturel

Brahim Díaz est né le 3 août 1999 à Málaga, en Espagne, d’une mère espagnole et d’un père marocain. Cette origine mixte lui a permis de choisir la sélection nationale qu’il voulait défendre plus tard.

2 Le football a bercé son enfance

Brahim Díaz a grandi à Málaga dans un environnement où le football occupait une place centrale. Très jeune, il s’illustre sur les terrains de quartier, développant un jeu instinctif fait de dribbles, de créativité et de liberté. Il rejoint rapidement l’école de football de Málaga, où son talent ne passe pas inaperçu. En 2010, lors d’un tournoi de jeunes, ses performances attirent l’attention des recruteurs et marquent un premier tournant décisif dans son parcours.

3. Une carrière marquée par des clubs prestigieux

Formé à l’école de football de Málaga puis au centre de Manchester City, il commence sa carrière professionnelle en Angleterre avant de rejoindre le Real Madrid en 2019. Entre-temps, il a été prêté à l’AC Milan, où il s’est particulièrement illustré en aidant le club à remporter le titre de Serie A en 2022.

4. Son choix d’équipe nationale : de l’Espagne au Maroc

Après une unique apparition amicale avec l’équipe d’Espagne en 2021, Brahim a décidé en 2024 de représenter le Maroc sur la scène internationale. Ce choix, influencé par ses racines familiales, s’est rapidement avéré fructueux puisqu’il est devenu un élément clé des Lions de l’Atlas.

5. Un rôle majeur à la CAN 2025

Lors de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, Brahim Díaz a été l’un des grands artisans du parcours du Maroc. Il a marqué plusieurs buts importants, dont le but décisif contre la Tanzanie, propulsant ainsi son équipe en quarts de finale.

6. Son style de jeu et ses forces sur le terrain

Milieu offensif polyvalent, il peut évoluer aussi bien sur les ailes qu’en tant que meneur de jeu. Brahim est reconnu pour sa technique raffinée, sa capacité à dribbler et à créer des occasions, ainsi que pour son sens du but : des qualités qui en font un joueur très complet malgré sa taille modeste d’1m70.

7. Il n’est plus un cœur à prendre !

Pour celles qui nourrissaient encore l’espoir de conquérir le cœur de ce footballeur au charme indéniable, mauvaise nouvelle : Brahim Díaz n’est plus célibataire. Le joueur partage en effet sa vie avec l’actrice espagnole Luz Méndez, avec qui il apparaît de plus en plus complice.

 

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Néobourgeoise : starter-pack https://femmesdumaroc.com/reportage/societe/neobourgeoise-starter-pack Sun, 04 Jan 2026 08:00:11 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=127225 Figure emblématique d’une ville en pleine mutation, la néobourgeoise casablancaise réinvente les codes de la classe aisée. Entre capital social solide, goût affûté pour les tendances et maîtrise parfaite de l’art de paraître, elle incarne une nouvelle élite urbaine, plus fluide, plus mondialisée et farouchement consciente de son image.

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La néobourgeoise casablancaise existe-t-elle ailleurs que dans les clichés d’Instagram et des brunchs ultra-filtrés du Triangle d’Or? La réponse est oui, sans équivoque. Elle demeure bourgeoise parce qu’elle continue à cocher les cases des trois grands capitaux qui définissent sa classe. Elle possède le capital économique (comprenez: elle a les moyens, le patrimoine immobilier, les voyages, la scolarité internationale des enfants). Elle dispose aussi d’un capital culturel solide : études en France ou aux États-Unis, école de commerce ou de droit, maîtrise de trois langues, fréquentation des expos, adoption instantanée des tendances bien-être importées de New York ou Dubaï. Enfin, elle garde un capital familial et social dense : famille bien installée, réseau professionnel, cercles amicaux cosmopolites, capacité à décrocher un contact en un coup de fil.

Mais elle est “néo”, car elle a su transformer ce qui constitue le véritable marqueur de sa génération : le capital symbolique, ce style de vie qui fait la griffe de son appartenance sociale. Et ce capital-là, elle l’a réinventé bien loin de l’image figée de la bourgeoise d’hier, drapée dans son tailleur classique lors des garden-parties de la corniche. On est loin également des silhouettes discrètes des bourgeoises des années 90 qui vivaient le luxe derrière des portails sécurisés de Californie sans jamais l’exhiber.

La néobourgeoise casablancaise version 2025 a troqué la rigidité pour une coolitude maîtrisée. Elle peut s’afficher en caftan haute couture lors d’un dîner caritatif, puis passer au legging de pilates et au sweat “effortless” au brunch du dimanche. Elle aime aussi bien faire son shopping aux Galeries Lafayettes que dans un concept-store qui vend du vintage au prix du smic. Elle se veut décontractée, parfois trop, mais toujours codée. Elle fait partie d’une génération qui a troqué les Rolex criardes pour des Chopard discrètes. 

Elle avale les tendances mondiales comme des vitamines, un œil sur les créatrices marocaines les plus pointues, l’autre sur les influenceuses scandinaves qui respirent le minimalisme.  Elle cultive même une certaine passion pour l’autodérision : rien ne lui plaît plus que de se voir caricaturée en “ caricature vivante”. Sauf quand la blague tourne mal. Car si, par malheur, elle croise dans une soirée une autre femme portant exactement le même sac Bottega, celui qu’elle avait fanfaronné être la première à dégoter au Maroc, la soirée est morte, enterrée.

Une professionnelle de l’image

Elle a appris à voir avant les autres. À savoir ce qui deviendra tendance, ce qui est déjà “over”, ce qui sera acceptable dans trois mois. On pourrait la croire superficielle. Elle est, en réalité, extrêmement professionnelle : professionnelle de l’image, du goût, de l’usage social des objets. Elle déteste la vulgarité non par morale, mais par méthodologie. Elle sait qu’un faux pas visuel peut coûter plus cher qu’un billet d’avion.

Chez elle, le prestige ne s’affiche plus frontalement : il se murmure. Elle dira : “J’ai commandé mes plateaux chez un artisan à Fès”, ou “Je suis en cure de respiration holistique depuis Bali”, ou encore “J’ai repris le yoga vinyasa au Pacha, ça me recentre tellement”. Prendre soin d’elle ? Évidemment. De son bien-être ? Aussi. De sa santé mentale… disons en partenariat étroit avec ses antidépresseurs favoris, pris comme on gobe des gummies beauté. Elle est aussi très vigilante quant à la longévité de son coupitale, pardon, son couple, son capital le plus fragile. Elle veut que ça dure, que ça brille, que ça tienne. Alors elle active toutes les options spirituelles disponibles sur le marché : prière assidue pendant tout le mois de Ramadan (mais pas un jour de plus, faut pas exagérer), consultation d’un fqih, d’une chouwafa, d’un sorcier indien. Multicanal, omnispirituelle. L’essentiel ? Que ça marche. Que l’amour reste debout. Que la fortune continue de couler comme un sérum hydratant. Peu importe le fournisseur, tant que la promesse est tenue et que le luxe reste non négociable.

Elle s’assume en “professional mom”, la version moderne, connectée, multitâche, qui a définitivement ringardisé la mère au foyer experte en kaab laghzal des années 2000. En un clin d’œil, elle peut passer d’une réunion Zoom avec Dubaï à une séance de yoga “sound healing” ou à un fitting pour un caftan signature. Elle aime jouer à la “bourgeoise alternative”, son petit caprice : se plaindre de sa femme de ménage qui ose demander une augmentation, sans jamais renoncer à ses voyages en business class.

Plus glamour que jamais, bien plus stratégique que la “femme trophée” d’autrefois, elle orchestre un art de vivre où s’entremêlent héritage marocain, luxe globalisé, distinction sociale et mise en scène permanente. Car Casablanca, ville-monde, lui offre le théâtre idéal pour performer sa modernité : entre concept-stores nichés à Racine, rooftops branchés d’Anfa et échappées express à Marrakech, la néobourgeoise est devenue une figure centrale de la nouvelle sociologie urbaine marocaine, à la fois fascinante, critiquée et emblématique d’un Maroc en pleine mutation.

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Malik Meziane : “Le luxe marocain n’est plus un objet, mais une émotion” https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/malik-meziane-le-luxe-marocain-nest-plus-un-objet-mais-une-emotion Fri, 26 Dec 2025 12:08:37 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=126911 Malik Meziane, Fondateur et Directeur Général d’Awrès, cabinet de conseil en hôtellerie, restauration et art de vivre, décrypte la transformation du luxe marocain. Pour lui, le véritable luxe ne se possède plus : il se ressent, dans l’émotion, l’attention et l’expérience sur-mesure qui imposent la singularité marocaine.

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Comment définiriez-vous le luxe à la marocaine ?

Pour moi, le luxe à la marocaine ne se résume pas à des objets ou à des marques. C’est un mélange subtil d’héritage artisanal, d’hospitalité chaleureuse et de raffinement contemporain. C’est un luxe que l’on ressent : dans un parfum, une texture, un geste. Il est profondément humain et authentique. Le luxe marocain, c’est ce sur-mesure qui nous touche, cette attention portée aux détails et cette capacité à créer de l’émotion. Ce n’est pas l’ostentation qui compte, mais ce que l’on vit.

En quoi cette notion a-t-elle évolué au fil du temps ?

Dans le passé, le luxe se montrait : on collectionnait, on exhibait, on affichait. Aujourd’hui, il se vit. Les gens recherchent l’expérience, le sens, l’émotion. Ils veulent des séjours personnalisés, des matériaux naturels, des traditions revisitées, un minimalisme élégant. Au Maroc, le luxe a quitté la logique de possession pour entrer dans celle de l’expérience.

Les Marocains consomment-ils réellement du luxe ?

Oui, et de plus en plus, mais différemment de nos voisins européens ou des touristes. Ici, le luxe se traduit par un week-end bien-être dans un riad, un dîner gastronomique raffiné, un spa sophistiqué ou un séjour court mais très qualitatif. La clientèle locale a changé : elle est jeune, mobile, exigeante, et souhaite des expériences premium qui reflètent sa personnalité.

Qu’est-ce qui distingue le luxe au Maroc ?

Trois choses me viennent à l’esprit. D’abord, l’hospitalité, cette chaleur humaine qui fait que l’on se sent chez soi même loin de chez soi. Ensuite, l’artisanat, capable d’être à la fois traditionnel et innovant. Et enfin, l’expérience sensorielle : les parfums, les textures, les rituels, … 

Quelles sont les destinations marocaines qui s’imposent comme les nouveaux hotspots du luxe ?

Marrakech reste incontournable, bien sûr, mais des lieux comme Agafay, Ouarzazate, Skoura, Dakhla, Essaouira et Tanger gagnent en popularité. Je trouve fascinant de voir le Maroc se réinventer et proposer autant de nuances dans son offre de luxe.

Selon vous, que reste-t-il à faire pour hisser encore davantage l’expérience du luxe au Maroc ?

Le Maroc possède les atouts pour devenir une référence mondiale: artisans d’exception, paysages uniques, hospitalité incomparable. Mais il faut continuer à former au service premium, renforcer la gastronomie, valoriser l’artisanat contemporain, structurer le wellness et développer le tourisme durable haut de gamme. Le potentiel est là ; il s’agit maintenant de le sublimer.

Peut-on dire que le Maroc a réussi à créer sa propre signature du luxe ?

Oui, nous avons notre propre griffe : un style identifiable, un art de vivre singulier, un artisanat reconnu et une hospitalité inimitable. Le luxe marocain est émotionnel, culturel et profondément humain. C’est cette signature qui fait rayonner notre pays à travers le monde.

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Nouveau luxe : moins de possession, plus de sensations https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/nouveau-luxe-moins-de-possession-plus-de-sensations Fri, 26 Dec 2025 09:19:39 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=126889 Longtemps associé à l’apparat, aux bijoux lourds, aux salons richement ornés et aux mariages fastueux, le luxe marocain dans sa version ostentatoire est aujourd’hui en pleine métamorphose. Devenu autant une quête d’identité qu’une recherche d’esthétique et d’expérience, il révèle les mutations profondes d’un pays où la distinction sociale se joue désormais sur les codes culturels, les goûts raffinés et la capacité à vivre des expériences exclusives et multisensorielles. Deux spécialistes, la sociologue Nadia Lamoudy et l’anthropologue Chakib Guessous, décryptent pour nous les ressorts intimes de cette transformation.

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Le rapport des Marocains au luxe est en pleine métamorphose. Autrefois signe extérieur de richesse et marqueur de statut social, il se décline aujourd’hui dans une dimension plus intime, plus symbolique et plus expérientielle. Historiquement, le luxe marocain se manifestait par des possessions visibles : bijoux en or, vêtements brodés, salons somptueux et cérémonies fastueuses. Chaque objet, chaque espace, chaque geste était un signe de prestige et d’appartenance à une élite. Mais l’ouverture sur le monde, l’urbanisation et l’omniprésence des réseaux sociaux ont transformé ce rapport. Dr. Nadia Lamoudy, professeure de sociologie et psychologie sociale à l’université Hassan II à Casablanca explique que  “historiquement, le luxe était ostentatoire; aujourd’hui, il devient symbolique, expérientiel et émotionnel”. La sociologue cite le philosophe Jean Baudrillard qui résume parfaitement cette mutation : “le luxe n’est plus un objet, mais une forme d’énergie symbolique.” 

Cette transition s’inscrit dans un mouvement global. Selon une récente étude du cabinet améaméricain de conseil Bain & Company, le marché mondial du luxe devrait se stabiliser autour de 1440 milliards de dollars de revenus en 2025, mais il continue de perdre des clients, “au rythme de 10 à 20 millions de consommateurs encore cette année” après un pic en 2022. L’étude observe un glissement profond des comportements : la hausse continue des prix, jugée déjà “très élevée” l’an dernier, crée une désaffection, tandis que les consommateurs restants se tournent vers les expériences plutôt que les objets. Ce “changement tectonique” profite aux croisières hôtelières, à la gastronomie haut de gamme ou aux voyages, au détriment des biens traditionnels. “Les gens sont moins dans la possession que dans une forme d’hédonisme et de jouissance et donc il y a une réallocation des dépenses depuis tout ce qui est achat de produits vers tout ce qui est lié au voyage ou à l’art de vivre”, explique Dr. Chakib Guessous, anthropologue.

Une histoire d’héritage 

Une grande partie du  luxe marocain trouve son essence dans une esthétique du partage et de l’hospitalité. Offrir son plus beau salon à l’invité, soigner la présentation d’un repas ou organiser une réception, ce n’est pas seulement démontrer sa richesse : c’est exprimer une philosophie de vie. “Le luxe marocain trouve son origine dans une philosophie de la générosité et de l’hospitalité (Al karam). Il répond à des besoins d’identité, de singularité et d’affirmation de soi et permet à l’individu de se distinguer tout en se reliant à une culture partagée”, souligne Nadia Lamoudy. Chakib Guessous, nuance toutefois : “La générosité est une valeur innée chez les Marocains, même dans la difficulté. Mais ce n’est pas forcément du luxe. Le vrai luxe marocain, c’est l’art de vivre et la beauté.” Le luxe se vit, selon lui, dans l’attention portée à l’autre, dans la qualité de l’expérience, et dans la subtilité du geste.

L’histoire du Maroc a façonné une culture du luxe unique, mêlant savoir-faire artisanal et influences culturelles multiples. L’empreinte andalouse, introduite par les migrations depuis l’Espagne médiévale, se traduit par des décors raffinés, des motifs géométriques et de la calligraphie. L’influence arabo-musulmane valorise l’harmonie, la symétrie et l’usage de matériaux nobles comme le marbre ou le bois sculpté. Le savoir-faire amazigh se manifeste dans les tapis, textiles et poteries, où la technique se mêle à la symbolique culturelle. Enfin, les influences coloniales ont introduit modernité et design urbain. “Chaque objet de luxe raconte une histoire et une identité locale, conférant au luxe marocain une dimension narrative et symbolique”, observe Nadia Lamoudy.

Cette stratification historique explique pourquoi le luxe contemporain allie patrimoine et modernité. “Les riads restaurés, la maroquinerie de Fès et Marrakech, ainsi que les caftans revisités par les jeunes créateurs témoignent de cette hybridation. Mais le luxe n’est pas uniquement matériel : il est aussi immatériel, présent dans les gestes, les rituels et les expériences. Le luxe devient ainsi un vecteur de mémoire culturelle, d’identité et de singularité personnelle”, poursuit Dr. Guessous.

La gastronomie occupe également une place centrale dans le luxe marocain. Dans les palaces comme dans les restaurants étoilés, les plats traditionnels sont revisités avec des techniques contemporaines, offrant une cuisine qui marie héritage et modernité. Pour Nadia Lamoudy, “le raffinement gastronomique est désormais un marqueur de distinction, combinant capital économique et capital culturel : le choix de produits rares, la maîtrise des codes culinaires et la mise en scène des repas deviennent autant de signes de prestige.”

Entre luxe urbain et distinction sociale

Dans les grandes villes marocaines, le luxe s’exhibe de manière différenciée selon le contexte social et géographique. Casablanca, par exemple, ville cosmopolite et économique, incarne l’ostentation. Ici, les jeunes cadres et la classe moyenne aspirante cherchent à afficher leur réussite, parfois au détriment d’autres dépenses. “Certains cadres s’endettent pour acheter une voiture haut de gamme”, explique Chakib Guessous. “On affiche plus qu’on ne vit réellement le luxe.” Les façades des villas, les rooftops prisés et les restaurants sélects deviennent des vitrines de statut social. À Rabat ou dans d’autres villes, le luxe se vit davantage à l’intérieur, dans une logique plus intimiste et moins démonstrative.

Alors que le luxe autrefois reposait sur la possession matérielle, il s’appuie désormais sur la maîtrise des codes culturels, l’accès aux expériences rares et la singularité. “Le luxe ne se limite plus à la possession d’objets coûteux, il se traduit par la maîtrise des codes culturels, l’expérience esthétique, la personnalisation et la rareté des objets artisanaux. Ces nouvelles formes génèrent des inégalités sociales symboliques, car seuls ceux qui possèdent le capital culturel ou l’accès aux bonnes informations peuvent véritablement s’approprier ce luxe”, précise Dr. Lamoudy.

Une expérience all-in

Le Maroc connaît un essor remarquable du luxe expérientiel, qui dépasse la simple possession d’objets pour devenir une expérience globale. C’est une approche du “plaisir total” qui séduit aujourd’hui. Les hôtels de luxe, les restaurants gastronomiques, les spas et les expériences sensorielles incarnent cette démarche. “Le luxe devient une expérience intime, un moment de reconnexion à soi”, explique la sociologue. Des rituels comme les spas et les soins holistiques ne sont plus seulement des pratiques quotidiennes : ils deviennent des expériences de bien-être haut de gamme, symboliques et sociales. La sociologue poursuit : “Ces pratiques répondent à des besoins de plaisir, d’émotion et d’affirmation de soi, tout en renforçant le lien avec le patrimoine culturel.”

Pour l’experte, le Maroc s’inscrit désormais dans une dynamique internationale du luxe global, où l’expérience prime sur l’objet. Comme le souligne Chakib Guessous, le pays propose aujourd’hui une hôtellerie haut de gamme, une gastronomie d’excellence, un accueil singulier et des soins mêlant bien-être physique et mental. “Certains établissements vont même jusqu’à intégrer des programmes complets : nutrition, suivi médical, spa, méditation… reflétant une vision holistique du luxe.” Pour l’anthropologue, cette évolution dépasse la simple modernisation : “Le Maroc s’aligne sur les tendances mondiales tout en gardant une signature propre. Le luxe n’est plus seulement un cadre raffiné : c’est un parcours pensé pour apaiser, sublimer et reconnecter.”

Même son de cloche chez Nadia Lamoudy : “Les codes ont évolué, ce n’est plus seulement la richesse matérielle qui distingue, mais la capacité à vivre, orchestrer et partager des expériences raffinées.” Le luxe reste donc un outil de différenciation, mais son langage s’est complexifié, intégrant l’expérience, la singularité et la maîtrise des codes culturels.

Sur les réseaux sociaux, un luxe hybride

L’essor des réseaux sociaux a profondément transformé le rapport au luxe. Instagram, TikTok et autres plateformes amplifient l’exposition et l’ostentation, faisant du luxe un langage visuel et immédiat. Les Marocains, en particulier les jeunes urbains, y affichent leurs achats, leurs séjours dans des hôtels prestigieux, leurs sorties ou leurs pièces de créateurs dans un souci de mise en scène de soi. “Les sacs siglés, les montres, les voitures ou même les additions de restaurants deviennent des “preuves sociales” destinées à valider un statut, construire une identité digitale ou susciter l’admiration”, explique la sociologue. Cette logique, héritée des codes globaux du “luxury lifestyle”, renforce une compétition symbolique où l’apparence compte autant, sinon plus, que l’expérience vécue. Elle crée ainsi un luxe performatif, conçu pour être vu, partagé et commenté, dans un environnement où l’image prime sur le vécu réel.

Mais ces réseaux favorisent aussi l’émergence d’un luxe durable et éthique. Nadia Lamoudy précise : “Le luxe devient hybride, mêlant visibilité sociale, authenticité et responsabilité. Des séjours dans des riads restaurés avec des matériaux locaux, des repas gastronomiques à base de produits bio ou des objets artisanaux en série limitée incarnent ce nouveau modèle. Le luxe n’est plus seulement matériel : il est émotionnel et responsable.”Selon Dr. Guessous, “aujourd’hui, le luxe s’exhibe beaucoup plus qu’autrefois”. Mais cette exposition n’exclut pas la quête de singularité et de sens. “Une catégorie de consommateurs cherche à combiner plaisir esthétique, identité culturelle et engagement social ou écologique. Le luxe devient un outil d’expression personnelle, un marqueur de style et de valeurs”, poursuit l’anthropologue.

Le luxe marocain contemporain oscille entre ostentation et intimité, matérialité et expérience. Il s’agit d’un luxe hybride, capable de conjuguer héritage culturel, identité personnelle et ouverture sur le monde. Pour les deux spécialistes, la tendance semble se diriger vers une valorisation du capital culturel et expérientiel, tout en conservant une dimension symbolique de distinction sociale. “Entre l’artisanat revisité, les rituels de beauté traditionnels, la gastronomie innovante et les expériences haut de gamme, le Maroc invente un luxe unique : celui de l’émotion, de l’expérience et de la singularité”, résume Nadia Lamoudy.

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Cherche plan QI ! https://femmesdumaroc.com/perso/sexo/cherche-plan-qi Mon, 22 Dec 2025 14:25:10 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=126665 Dans un monde obsédé par l’apparence et la performance physique, une autre forme de désir prend de l’ampleur : la sapiosexualité. Être attiré par l’intelligence, préférer les échanges d’idées aux photos de profil retouchées… Est-ce une simple tendance ou une vraie sensibilité amoureuse ? Décryptage.

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Trop gros(se), trop petit(e), chauve, poilu(e)? Peu importe. Pour les sapiosexuels, l’apparence n’est qu’un bruit de fond. Ce qui les attire vraiment, c’est l’intelligence. Une discussion profonde, une répartie brillante, une culture générale acérée: voilà ce qui peut éveiller leur désir.

Votre imagination, votre esprit critique ou vos longues diatribes sur les dérives de la philosophie moderne ont plus de chances de séduire un sapiosexuel qu’un physique sculptural ou une Rolex au poignet. Pour dire les choses simplement, le sapiosexuel est quelqu’un qui s’excite à l’idée qu’on lui cite Le Dormeur du Val ou qu’on lui parle de la théorie des jeux pendant des heures. “Se définir comme sapiosexuel signifie se reconnaître comme étant une personne érotiquement influençable par la connaissance et l’intelligence d’une autre personne”, explique le sexologue Bernard Corbel.

Caressez mon cerveau

La création de ce terme est revendiquée par un certain Wolfieboy qui l’aurait forgé en 1998. Mais c’est surtout avec l’ajout du mot dans les catégories d’orientation sexuelle du site OkCupid, en 2014, (aux côtés d’autres termes comme “non-binaire”, “a-sexuel” ou encore “ne sait pas”), qu’il a pris son envol.

Comme le souligne Corbel, la sapiosexualité n’est pas, dans le langage de la sexologie, une orientation sexuelle à part entière (comme l’homosexualité ou l’asexualité), mais plutôt un critère d’attirance au même titre qu’un goût prononcé pour les barbus, les grands ou les voix graves.

Biologiquement, aucun consensus ne permet d’expliquer cette attirance. Toutefois, le sexologue avance une hypothèse intéressante : “Cette orientation me paraît le fait d’individus profondément ouverts et aspirants à des connaissances plus étendues. Ils pourraient alors trouver une véritable fascination devant le savoir, savoir qui possède son ivresse.”

Il cite l’exemple des étudiants tombant amoureux de leurs professeurs, ou des geishas, qui séduisaient non seulement par leur raffinement mais aussi par leur culture politique et artistique.

Par ailleurs, cette préférence pour l’intelligence n’est pas propre aux humains. Il existe d’autres espèces animales pour lesquelles les aptitudes intelligentes sont valorisées dans le choix des partenaires. “Il y a chez certaines espèces des techniques de séduction où le mâle montre son habileté ou son intelligence pour attirer une partenaire.” Dans cette perspective évolutionniste, l’intelligence devient un indicateur de meilleure survie pour la descendance, et donc un atout séduisant.

Un phénomène influencé par l’environnement

L’éducation, le milieu social ou encore les expériences personnelles semblent jouer un rôle central. Corbel observe : “Des lycéens et étudiants seraient plus sensibles à cette forme d’attirance que des non-étudiants. En effet, ils sont fondés à admirer les sachants.” Il évoque même le couple Macron comme une possible illustration contemporaine : un adolescent fasciné par l’intellect de sa professeure de théâtre, devenue ensuite sa compagne de vie.

Les femmes sont-elles plus concernées? Quelques études ont tenté de mesurer les différences entre les sexes en matière de sapiosexualité, sans trouver de résultat significatif. Néanmoins, Corbel partage son ressenti de terrain : “Les personnes qui se considèrent comme sapiosexuelles seraient probablement plutôt des femmes qui se sentent particulièrement attirées par le charisme des hommes qui ont une compétence intellectuelle.”

Dans un monde où l’intelligence masculine peut être associée à une forme de pouvoir symbolique, cela n’a rien d’étonnant.

Un antidote à la tyrannie du paraître

Certains critiques considèrent la sapiosexualité comme une forme d’élitisme déguisé, qui valoriserait une culture académique ou bourgeoise, au détriment d’autres formes de savoir ou de sensibilité.

Corbel ne nie pas cette dimension, mais nuance : “Déclarer haut et fort des goûts pour la sapiosexualité signifierait donc une forme d’élitisme, et pourrait relancer des complexes d’infériorité déjà existants ou bien des complexes de l’imposteur.” Mais il y voit aussi un contre-pied à la superficialité ambiante, dans une époque où “les seuls critères sont narcissiques, hypersexuels et matérialistes”.

Car paradoxalement, c’est au sein même des applications de rencontre, ces temples de l’image et du “swipe” instantané, que la sapiosexualité a trouvé son terrain. Pour Corbel, c’est même une bonne nouvelle : “Il s’agit peut-être d’une tendance bénéfique qui permet, dans cet univers des rencontres électroniques, de réintégrer la notion de culture.” Et de conclure avec une touche d’humour et de nostalgie : “Les romantiques du 19ème siècle étaient peut-être, sans le savoir, déjà des sapiosexuels.”

Ce qui est sûr, c’est que la sapiosexualité révèle un besoin de sens, de complexité, de profondeur, dans des relations souvent réduites à l’apparence. Est-elle une nouvelle forme de romantisme ? Une réponse contemporaine à la vacuité numérique ? Ou un simple critère parmi d’autres dans l’algorithme du désir ? Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : l’intelligence séduit. Et parfois, une phrase bien tournée vaut tous les abdos du monde.

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