Myriam Ezzakhrajy, Auteur à Femmes du Maroc https://femmesdumaroc.com/author/myriam Le magazine leader de la presse féminine au Maroc Inspiration, Envies, Style, Beauté, Idée Fri, 26 Apr 2024 10:45:42 +0000 fr-FR hourly 1 https://femmesdumaroc.com/wp-content/uploads/2022/12/cropped-fav-fdm3-32x32.png Myriam Ezzakhrajy, Auteur à Femmes du Maroc https://femmesdumaroc.com/author/myriam 32 32 Inégalités : charge mentale, un calvaire pour les femmes https://femmesdumaroc.com/perso/psycho/inegalites-charge-mentale-un-calvaire-pour-les-femmes Fri, 26 Apr 2024 10:45:42 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=104019 La société patriarcale et les stéréotypes de genre obligent toujours les femmes à endosser un double emploi domestique, parental. L’organisation du foyer, l’éducation des enfants, les tâches domestiques, etc. constituent une charge mentale épuisante pouvant conduire au burn-out. Décryptage.

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La charge mentale est à la base un principe sociologique qui est passé dans le langage courant pour désigner ce poids invisible qui pèse sur les épaules lorsqu’il faut penser en permanence et simultanément à toutes ses obligations familiales et professionnelles. Concrètement, cela veut dire penser au repas du soir quand on est au travail, essayer de trouver quelqu’un pour s’occuper du petit dernier pour pouvoir se rendre à la réunion de parents d’élèves, ne pas oublier d’acheter la ramette de papier pour l’imprimante, passer récupérer les affaires au pressing et tout cela pendant qu’on planche sur le dernier bilan partagé par son manager ou pendant qu’on prépare la réunion trimestrielle avec son équipe. Voilà à quoi peut ressembler la journée d’une femme, partagée entre ses tâches professionnelles et ses nombreux engagements familiaux.

C’est Monique Haicault, sociologue française qui utilise ce terme pour la première fois dans les années 80, pour définir la double journée des femmes, tiraillées entre le travail domestique et familial et les exigences professionnelles. Oui la charge mentale est bien féminine, en tout cas tant que c’est aux femmes que revient la gestion des tâches ménagères et familiales en plus des préoccupations professionnelles, lorsque c’est le cas.

Il ne s’agit donc pas d’un problème à concilier vie familiale et vie professionnelle, mais plutôt de la mobilisation permanente de certaines capacités cognitives comme la mémorisation, la coordination, la gestion des imprévus, la disponibilité affective, l’empathie…qui vont épuiser les femmes, surtout lorsque les dimensions domestiques et professionnelles s’interpénètrent. En fait, le nombre important de sollicitations quotidiennes surchauffe le cerveau, jusqu’à créer des situations d’irritabilité et d’énervement qui peuvent affecter la prise de décision. Une femme qui croule sous le poids de la charge mentale va démissionner plus vite, renoncer à une promotion pourtant bien méritée ou encore sacrifier sa carrière et ses ambitions pour se consacrer à sa famille.

Mounia Benhida, Exécutive coach et consultante en conduite du changement explique que “cette surcharge d’émotions qui vient de toutes ces obligations et ces contraintes que la société fait porter aux femmes touche aussi bien les femmes au foyer que les femmes qui ont une activité professionnelle en dehors de la maison. C’est très lié à l’éducation que l’on donne à ses enfants dans une société patriarcale où les filles sont assignées aux tâches ménagères et familiales dès le plus jeune âge de manière discriminatoire car les garçons sont généralement épargnés”. En d’autres termes, si les femmes choisissent de travailler, elles vont porter un double poids. Dans une publication intitulée “La femme marocaine en chiffres – 2023”, le Haut Commissariat au Plan (HCP) consacre un chapitre à l’emploi du temps et révèle des données ventilées par sexe pour l’ensemble du Maroc. Les chiffres et les statistiques publiés dans ce document montrent que dans une journée type, les femmes consacrent 5 heures au travail domestique et aux soins donnés aux autres membres du ménage, contre 43 minutes seulement chez les hommes. À qui la faute ? “Dans une société où les injonctions, bien que bienveillantes à la base, ont tendance à faire croire à la petite fille qu’elle est capable de tout réussir vont forger un schéma de pensée qui va privilégier par exemple le multitasking, encourager la performance et l’excellence. Cela a bien évidemment un impact sur les croyances des femmes qui passent de la petite fille modèle à la superwoman capable de tout réussir et tout cela pour plaire et pour rentrer dans des standards et des normes imposées par une société patriarcale”. On va même faire croire aux femmes, dans certains discours qu’à partir du moment où elles ont choisi de travailler, elles doivent l’assumer. Elles vont donc culpabiliser et tenter de se montrer à la hauteur de cette décision. Cela a un prix: une charge mentale qui se transforme très vite en souffrance et peut conduire à un burn-out. Pour éviter d’en arriver là, Mounia Benhida invite les femmes à s’autoriser à se faire du bien, à solliciter de l’aide lorsqu’elles en ont besoin, à dire qu’elles n’y arrivent pas seules. “La bienveillance qu’on va avoir pour les autres, il faut apprendre à l’avoir pour soi. Ça s’apprend”, préconise-t-elle.

Charge mentale, au boulot aussi

La charge mentale n’est pas que ménagère. Elle peut être également professionnelle. L’utilisation des nouveaux outils de travail va engendrer de nouvelles exigences : devoir accomplir une tâche avec une deadline serrée, par exemple, va créer une situation de tension ! Pour respecter ce délai, le travail va souvent déborder sur la sphère privée. On voit des ordinateurs portables traîner sur la table de la salle à manger et quelque fois même dans le lit.

C’est là que le rôle de l’entreprise intervient pour alléger cette charge et optimiser le rendement de ses collaborateurs, et plus précisément ses collaboratrices. Les notions de bien-être au travail sont arrivées pour promouvoir la diversité, l’inclusion, l’égalité et créer des conditions saines pour plus d’efficacité. Mais il ne s’agit pas de l’instaurer pour être à la page, il faut que le top management incarne ces valeurs, que les dispositifs mis en place soient une réelle bouffée d’oxygène. Dans certaines entreprises, il est permis de couper les notifications de son téléphone et de ne pas réagir aux mails pour se concentrer sur sa tâche et la boucler. Les spécialistes recommandent aussi de noter les travaux à réaliser sur un document pour libérer son cerveau. Cela suffit-il à alléger la charge mentale des femmes ? Peu probable, car le cerveau continue de porter son attention sur les tâches ménagères et la gestion de la famille, le conjoint, les enfants et quelquefois même les parents. Il s’agit donc de multiplier les sessions de formation et de coaching pour installer de nouveaux réflexes. “Les femmes doivent apprendre à reconnaître ce dont elles ont besoin et non pas ce qu’elles doivent faire par obligation”, conseille Mounia Benhida.

Les signes de vulnérabilité

Plus facile à dire qu’à faire. Quand faut-il s’inquiéter? La charge mentale s’exprime par une fatigue importante ou sensation d’être fatiguée à la fin de la journée, sans avoir l’impression d’avoir fait quelque chose, par des troubles de sommeil avec des ruminations à l’endormissement, et quelquefois par des manifestations que le corps envoie comme par exemple un psoriasis ou une urticaire, qui surgissent sans raison apparente. Ce sont des signaux clairs d’un dysfonctionnement qu’il faudra prendre au sérieux, au risque de s’effondrer.

Il faut réagir à ces alertes et s’émanciper du “processus de socialisation qui priorise pour les femmes, foyer, mari, enfants et parents. C’est une très grande charge sociale et psychologique qui pèse sur les femmes, parce qu’il est dit qu’il faut absolument tout réussir dans cette sphère”, recommande Doha Sahraoui, chercheure et professeure à l’Université Cadi Ayyad, qui compte de nombreux travaux et publications sur ces questions. Mais elle tient à préciser, toutefois, “qu’il ne s’agit pas de surcharger les hommes pour alléger les femmes, ni de changer le modèle social. Il s’agit de privilégier une culture inclusive pour que tout le monde puisse profiter de la famille au mieux de ses capacités et de ses moyens”. Ce n’est pas gagné, mais il ne faut rien lâcher  !

Qu’exprime exactemlent la charge mentale ? 

La charge mentale telle qu’est définie scientifiquement, c’est tout ce qui concerne le travail de gestion, d’organisation et de planification qui est à la fois intangible et incontournable. En d’autres termes, ce n’est pas le fait de faire des choses, mais plutôt le souci constant de planifier de faire ces choses. 

Pourquoi la charge mentale pèse surtout sur les femmes ?

Il faut d’abord savoir que d’un point de vue anthropologique, il y a deux sphères, la sphère productive qui permet de générer l’économique et la sphère reproductive qui est celle d’enfanter et de gérer toutes les tâches liées à cette activité. C’était assez simple, il y a quelques années, avant que le taux d’activité féminin n’augmente et que la femme n’intègre elle aussi la sphère productive sans que les hommes n’intègrent quant à eux la sphère reproductive. Ensuite, il ne faut pas oublier que la société a créé peu à peu le mythe de la superwoman, celle qui peut tout faire : être brillante au travail, être une merveilleuse épouse, une parfaite maîtresse de maison, une excellente cuisinière, avoir des enfants parfaits.

Qu’est ce qui peut alléger cette charge ?

Il n’y pas de recette miracle, mais on peut envisager un ensemble de dispositifs pour faciliter la prise en charge de certaines tâches, notamment les tâches familiales. J’aimerais dire à ce sujet qu’il faut faire attention de ne pas importer des modèles qui marchent ailleurs mais qui ne correspondent pas à notre réalité. Il nous faut des outils adaptés à notre contexte et nos spécificités culturelles et sociales. Nous devons préserver cette solidarité familiale qui fait notre force, mais, et j’insiste là-dessus, il ne faut pas que ce soit la responsabilité des femmes seulement, il ne faut pas les épuiser. C’est la responsabilité de tous, de l’État, des médias qui doivent soigner l’image qu’ils donnent des femmes dans leurs productions et bien entendu, des femmes elles-mêmes ; elles doivent cesser de croire qu’elles sont en permanence en compétition et ne pas hésiter à solliciter l’aide de leurs partenaires en attendant qu’ils se proposent spontanément. 

Un conseil à partager avec les superwomen au bord du burn out !

Lâchez la pression, vous n’êtes pas obligées d’être parfaites !

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L’amour à l’épreuve du temps et des algorithmes https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/lamour-a-lepreuve-du-temps-et-des-algorithmes Wed, 14 Feb 2024 14:41:00 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=101875 L’amour est un sentiment universellement accepté, qui a suscité, à travers les temps et les civilisations, passions, guerres, alliances, unions… À l’ère des nouvelles technologies, ce sentiment subit les contrecoups des mutations sociétales et culturelles. Décryptage.

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Non rien n’a changé ! L’amour c’est l’amour, c’est-à-dire ce phénomène complexe que les scientifiques ont exploré pour en comprendre les mécanismes biologiques, neurologiques et psychologiques.  L’amour serait, apprend-on, “un processus dynamique qui représente l’effet combiné de différentes régions du système nerveux, se répartissant en plusieurs étages, qui s’échelonnent dans le temps“. C’est un sentiment humain universel qui agit sur le cerveau, le cœur et le corps. Disons que c’est plutôt la perception de l’amour qui s’est transformée au gré des mutations sociales, des évolutions culturelles et aujourd’hui, par la force, soulignons-le, des algorithmes. Chaque époque entraîne dans son sillage son lot d’influences, de transformations, modifiant la manière dont les hommes et les femmes perçoivent, expérimentent et expriment l’amour.  “Chaque couple a une histoire personnelle et possède une façon de s’exprimer qui lui est propre”, précise le chercheur et professeur de sociologie Jamal Khalil. Quelques générations en arrière, les témoignages s’accordent sur le fait que les sentiments s’exprimaient à travers “les gestes”. “De mon temps, les petites attentions avaient le pouvoir de libérer les hormones de l’amour et de faire fondre des cœurs”, confie Hajja Leila dont on raconte dans la famille qu’elle a vécu une des plus belles histoires d’amour qui a duré près de 50 ans. L’amour à l’époque de cette grand-mère était selon elle considéré comme un engagement fort et durable, enraciné dans des traditions familiales et des normes sociales. Il naissait souvent dans le cadre de mariages arrangés, où la compatibilité économique et sociale était souvent plus importante que les sentiments personnels. “Il y a une soixantaine d’années, les couples se mariaient en choisissant  par la raison leur partenaire, sa famille, son éducation, ses études, son statut social…”, confirme Dr Amal Chabach, sexologue et psychologue. L’amour, était alors synonyme de stabilité et de responsabilité envers la famille, petite et celle élargie. Est-ce que c’était mieux qu’aujourd’hui? C’était différent. L’amour prenait de la valeur avec le temps et se consolidait au fil des années et des événements familiaux comme la naissance des enfants, par exemple. “Au niveau de l’espace, la chambre des parents était le lieu qui renfermait l’énigme de la vie amoureuse des époux. La sacralité de cet espace est le premier marqueur, le respect du mari à l’égard de sa femme en est un deuxième, certaines “ch’hiwate” qui font l’occasion de faire des compliments et qui interpellent l’éros et l’aphrodisiaque, une tenue préférée après le hammam, des couleurs choisies pour l’occasion, un lexique réservé pour signifier le désir, le cadeau offert (en or essentiellement), le rituel de la sieste, le respect de l’heure de regagner le lit conjugal…”, explique  pour sa part l’anthropologue Abdelbaki Belfakih.

Mais les temps changent et ce qui était parfait aux yeux des anciennes générations, ne représente désormais pas grand-chose pour les jeunes d’aujourd’hui. Les “je t’aime” qui fusent partout et à tout moment sont devenus des expressions d’amour incontournables. Ces changements surviennent dans la foulée des mutations sociales. L’amour, les liens conjugaux et tout ce qui pouvait se passer au sein du couple relevait de l’intime, du cercle privé. Il n’était donc pas nécessaire d’exhiber ses sentiments, de les partager avec les autres, souvent des inconnus. Cela relevait même du tabou dès lors que cela franchissait le seuil de la maison, parfois même de la chambre, à tel point que l’on n’écoutait pas en famille certaines chansons du malhoun, de la aïta ou de toute autre musique populaire qui évoquaient l’amour, la passion, des mots considérés alors comme hchouma.

Au fil du temps, les générations ont vécu un changement significatif dans la relation à l’amour. L’amour relève de moins en moins du domaine du privé ou du tabou. Aujourd’hui, l’amour se revendique publiquement et s’exprime plus librement. Pour les nouvelles générations,l’amour a repris sa place comme critère de base dans les relations de couple. On favorise davantage la compatibilité émotionnelle au détriment de celle économique et sociale, bravant parfois les traditions et la bénédiction familiale. 

Du réel au virtuel

L’avènement de la technologie a également entraîné des transformations majeures dans la manière de chercher l’amour. Les rencontres en ligne, les applications de rencontres et les réseaux sociaux ont radicalement modifié la façon dont les jeunes se rencontrent et construisent des relations au-delà de toutes les contraintes, familiales ou géographiques. On se libère des obligations tacites d’épouser la fille de la meilleure amie de sa mère ou le fils du cousin lointain du père. L’amour s’est aussi  affranchi des frontières, et les différences culturelles ne sont plus un obstacle. “J’ai rencontré mon mari sur Facebook. Il vivait à Kuala Lumpur lorsque nous nous sommes parlés pour la première fois. Il m’a abordé par message privé et comme nous avions des amis en commun, je lui ai tout de suite fait confiance…Nous nous sommes mariés deux ans plus tard”, raconte Salma. Une histoire comme on en trouve dans les romans ou dans des films romantiques. 

Mais ces avancées technologiques n’ont-elles pas engendré de nouveaux défis ? Le virtuel peut parfois donner l’illusion d’une proximité, mais peut également créer des frustrations. Les pressions constantes de la vie moderne font peut-être que ce que l’on recherche dans une relation n’est pas l’amour en soi, mais la façon de l’exprimer et cela va d’un post sur Facebook, à un voyage dont on étalera les détails sur Instagram ou encore à un audio sur Whatsapp qu’on prend du plaisir à partager.

“Quand on parle de l’amour, on croit que cela va durer jusqu’à la mort. Et c’est ce qui est beau dans la vie… Qu’est ce qui fait durer cet amour ? L’envie de vivre avec l’autre, dans de belles conditions. L’amour fusionnel dont on a rêvé dans les poésies et les bouquins peut-on le vivre concrètement ?”, s’interroge de son côté Dr Mohssine Benzakour, psychosociologue. En fait, chaque génération vivra avec son temps et il sera toujours difficile de dire si l’amour enfoui sous le poids des traditions est plus fort et plus vrai que celui crié sur les toits ou glané grâce à un algorithme. Certes, l’amour se métamorphose  à travers les âges, mais il conserve toujours sa capacité à transformer des vies et à les chambouler.

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Le couple dans la société des injonctions https://femmesdumaroc.com/perso/couple/le-couple-dans-la-societe-des-injonctions Fri, 29 Dec 2023 10:53:24 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=100150 Les obligations familiales et sociales sont contraignantes, et influent de façon implacable sur la vie du couple. Les conventions sociales ou encore les exigences mondaines peuvent se muer en contraintes et injonctions. Explications.

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À quoi juge-t-on le succès d’un couple aujourd’hui ? À l’aune de l’amour, bien sûr.  Un couple qui s’aime a des chances de durer plus longtemps, de rester solide face à l’écoulement du temps. Oui, mais encore ! “À sa capacité à s’entendre sur les règles de la vie commune et à être capable de subir dans la complicité, les diktats de la société”, répond Malika, mariée depuis bientôt vingt ans. Elle a épousé un homme dont la vie tourne autour des dîners d’affaires, des voyages et des invitations. “J’avais le choix entre suivre son rythme et me plier à ses exigences ou à renoncer au risque de le perdre et de ruiner mon mariage”.  

Le couple se trouve, en effet, de plus en plus confronté aux impératifs de la vie sociale, une vie exigeante qui met à l’épreuve la solidité des liens affectifs, exerçant une pression significative sur la relation intime qui unit deux individus. “Jamais les ruptures conjugales n’ont été aussi nombreuses, et jamais le couple n’a été autant célébré sur l’autel des valeurs contemporaines. Contradiction ? Nullement. C’est justement parce que l’on attend beaucoup du couple qu’il est devenu si difficile à construire. Aujourd’hui, on ne se satisfait plus d’un demi-bonheur. Ce qui hier encore allait de soi est désormais systématiquement mis en question”, lit-on dans Sociologie du couple, un livre de Jean-Claude Kaufmann sociologue français, spécialiste de la vie quotidienne et pionnier de la microsociologie, écrit en 2003 déjà. Le demi-bonheur représentait un quotidien sans trop de tracasseries, ni de soucis financiers importants, une vie plus ou moins paisible, quelques fêtes et cérémonies célébrées en famille ou avec les amis. Le demi-bonheur ne suffit plus, du moins pas pour tout le monde.

Le couple doit désormais jongler avec les attentes extérieures, parfois contradictoires, à l’encontre de ce qu’il aime, de ce qu’il est, à l’encontre de son propre bien-être. Les obligations professionnelles, familiales et sociales agissent comme des vents contraires forts qui menacent de perturber la tranquillité, voire même de déséquilibrer au point de la détruire, cette union contractée à la base pour durer contre vents et marées. Ou au contraire, en être le centre.

Le paraître l’emporte

Malika a deux vies. Celle dont elle a toujours rêvée et dont elle rêve encore et celle qu’elle tente d’entretenir et de soigner pour préserver son couple. De l’extérieur, elle renvoie l’image d’une femme qui a tout pour être heureuse, souvent jalousée pour la vie qu’elle mène, accrochée au bras de son mari. C’est une merveilleuse hôtesse qui reçoit très bien chez elle, sait se faire à la fois discrète et intéressante lorsqu’elle est invitée. Elle tient son rôle à merveille. “Je n’avais pas droit à l’erreur. J’ai pris des cours d’étiquette au cours desquels j’ai appris l’art de recevoir, de dresser la table, les règles, les usages et les codes à respecter lorsqu’on est invités. Et ce n’est pas fini, je garde toujours un œil sur les dernières tendances, j’observe, j’apprends”. Malika s’est fondue dans la société des injonctions. Il faut être toujours tirée à quatre épingles quelles que soient les circonstances, être prête à se rendre à un dîner d’affaires improvisé, recevoir des amis de passage et sûrement pas à la bonne franquette, mais plutôt avec les petits plats dans les grands. Et tout cela, elle sait le faire. Avec l’unique but d’être à la hauteur de ce que son mari attend d’elle. Ou plutôt de ce que la société attend d’elle. Et elle n’est pas la seule à se plier aux sommations de la vie mondaine.

Dans un café branché de Casablanca, une discussion entre amies autour d’un petit-déjeuner qu’elles ont à peine touché, tourne autour du dernier sac Hermès. Une femme d’une quarantaine d’années se plaint des relances incessantes de sa fille étudiante en France qui veut à tout prix le dernier Hermès et avoue en clignant des yeux, qu’elle sent qu’elle va céder. “Toutes ses amies l’ont acheté. Je dois m’arranger pour que son père ne le sache pas”. Une autre injonction de la société qui favorise le mensonge et les cachotteries et qui représente une menace pour le couple. La conversation se poursuit avec pêle-mêle, le prochain mariage de la fille d’une femme d’affaires, le lancement d’une marque de haute couture, le voyage de noces du fils d’un banquier qui a épousé une jeune britannique fortunée.

Voilà donc comment on meuble les conversations, mais aussi la vie de tous les jours. Le succès d’uncouple se mesure désormais à la capacité à acheter le dernier sac à la mode pour l’aînée, à offrir un voyage linguistique d’une valeur de quelques milliers de dirhams pour le petit dernier en faisant attention que tout le monde le sache, à se montrer dans les restaurants les plus chics et les plus chers, à changer de vaisselle aussi souvent que les tendances l’exigent, à inscrire ses enfants dans les plus grandes écoles, à choisir les destinations les plus exotiques et les plus lointaines pour passer quelques jours en veillant à croiser quelques “amis”, à investir dans un “petit” yacht ou une maison balnéaire sur les côtes espagnoles, pieds dans l’eau, c’est encore mieux…

Le couple doit faire face aujourd’hui aux impératifs d’une société de consommation et il lui revient de trouver l’équilibre entre ses fondements en tant qu’institution familiale et ses aspirations livrées au gré des mutations de la société. Pour cela, il faut apprendre à se soustraire à ces exigences. Au moins en partie.

Trouver l’équilibre 

Le couple doit donc naviguer avec précaution dans une société qui n’est plus ce qu’elle était, en se libérant des attentes extérieures qui peuvent compromettre le lien qui les unit, même si en apparence tout a l’air d’aller merveilleusement bien. Comment faire alors ? Les spécialistes encouragent les couples à communiquer pour se comprendre mutuellement et pour s’aligner afin de faire face aux défis  que la société leur impose.

La définition des valeurs et des objectifs communs, peut les aider à prendre des décisions concernant les engagements sociaux et à s’assurer qu’ils restent d’accord sur ce qui est important pour eux en tant que couple. Il faut savoir poser des limites pour protéger son couple, renforcer la résilience relationnelle pour gérer au mieux le stress extérieur et éviter qu’il ne s’infiltre dans l’espace privé.

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La réforme, Les enjeux de L’égalité et du progrès https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/la-reforme-les-enjeux-de-legalite-et-du-progres Thu, 07 Dec 2023 15:13:01 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=99249 La lettre Royale adressée au Chef du gouvernement le 26 septembre dernier relative à la réforme du Code de la famille, a revigoré le mouvement des revendications féministes. Les réunions, conférences et colloques se multiplient pour remettre au cœur du cheminement institutionnel, les principales doléances.

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Une chose est sûre, il n’est pas aisé de réformer une législation familiale, en raison de sa complexité. Mais c’est une démarche nécessaire lorsqu’il faut répondre à des enjeux d’égalité, de justice et de progrès. Depuis que Sa Majesté le Roi Mohammed VI a adressé une lettre au Chef du Gouvernement, le 26 septembre 2023 l’appelant à soumettre àSa Haute appréciation, des propositions d’amendement sur le Code de la famille, dans un délai de six mois, les associations qui militent pour les droits humains sont à pied d’œuvre. L’heure est à la mobilisation pour saisir cette opportunité historique d’amender, de rectifier et de réparer. Il ne s’agit cependant pas de garder la même architecture et d’opérer quelques changements, avertissent les militantes. Il faut réfléchir la réforme dans son ensemble, en particulier sur les sujets les plus urgents en lien avec le mariage, le divorce et la succession, à la lumière de la Constitution et des Conventions internationales.

À quoi doit-on s’attendre, alors ? Il faut d’abord mettre à plat toutes les problématiques et explorer chaque disposition, avancent les experts, car il ne s’agit pas seulement d’une question technique, mais plutôt d’une question sociétale qui concerne l’ensemble des parties prenantes et qui doit refléter les besoins et les aspirations de la société. Pour cela, il faudra ouvrir le débat et tenir compte des réalités démographiques, sociales et économiques et des mutations de ces dernières décennies afin de multiplier les perspectives et répondre au plus près aux aspirations des uns et des autres. 

Ilham Hamdai, professeure Universitaire et Présidente de la Clinique du Droit de la Faculté des Sciences Juridiques, Économiques et Sociales de Rabat – Agdal de l’Université Mohammed V de Rabat rappelle que la réflexion doit porter non seulement sur la loi, mais aussi sur les dispositifs d’application de cette loi. “Il convient de souligner que si certains aspects et non des moindres ont besoin d’être amendés voire entièrement réformés, sur d’autres, ce qui fait parfois défaut ce sont les pratiques judiciaires unifiées susceptibles de permettre une application conforme à l’esprit du texte. Il y a également la nécessité de simplification des procédures dans certaines affaires. À titre d’exemple, en cas de divorce, rendre les procédures plus fluides pour une femme qui a la garde mais ne dispose pas de la tutelle légale et ce afin de lui permettre d’effectuer des démarches telles que changer l’école, voyager à l’étranger avec le mineur gardé, etc.”, explique-t-elle.

Le cahier de charges des militantes

En tête des revendications exprimées par les mouvements féministes et des Droits de l’Homme, on retrouve l’éradication du mariage des mineurs et de la polygamie, la nécessité d’accorder la tutelle aux mères ayant la garde des enfants, la simplification des procédures de divorce afin de les adapter aux réalités contemporaines, la valorisation du rôle des femmes au sein de la famille, l’équité dans le droit successoral pour garantir l’égalité entre les sexes. Sur ce dernier point, en particulier, il y a divergence entre ceux qui appellent à une réforme profonde de la loi sur l’héritage et les autres qui refusent même d’en discuter. D’où l’importance de la Commission chargée, d’entreprendre un travail d’écoute auprès de tous les protagonistes et d’élaborer des propositions visant à amender la Moudawana. “Sa Majesté a confié le pilotage du processus au ministère de la Justice, au Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire et à la Présidence du Ministère Public. Ce comité est invité à associer étroitement au processus les instances concernées directement telles le Conseil Supérieur des Ouléma, le Conseil National des Droits de l’Homme, l’Autorité gouvernementale chargée de la solidarité, de l’insertion sociale et de la famille, ainsi que les instances et acteurs de la société civile, les chercheurs et les spécialistes”, rappelle Ilham Hamdai pour insister sur le caractère participatif de la préparation des propositions d’amendement. Elle ajoute toutefois que certaines parties sont mieux outillées que d’autres pour traiter des questions juridiques, les praticiens du droit en l’occurrence tels que les magistrats, les avocats et autres auxiliaires de justice, étant donné que ce sont eux qui sont, dans le système judiciaire, en charge de la mise en pratique des textes juridiques, qui les interprètent parfois, en palpent les limites, les universitaires qui développent la doctrine accompagnant les textes, leur donnent leurs fondements théoriques et assurent, en aval, la recherche à même de permettre d’en mesurer l’efficience, à travers les études d’impact et les études relatives à la pratique judiciaire et à la jurisprudence de la Cour de cassation et aussi la société civile dans sa diversité, qui a vocation à se saisir, dans le quotidien, des besoins et des difficultés que vivent les gens, de s’en faire le porte-voix et de les traduire sous forme de revendications et de plaidoyers.

Le milieu universitaire et de la recherche, est impliqué dans la réflexion et la Clinique du Droit de la Faculté d’Agdal, par exemple, comme le souligne sa présidente a lancé une série de rencontres pour essayer de mobiliser toutes ces parties prenantes, de les faire dialoguer et débattre pour tenter de dégager un nécessaire consensus à même de permettre de faire avancer la cause de l’égalité et la justice tout en préservant l’essentiel en rapport avec l’identité propre de notre pays et l’équilibre de ses institutions.

La qiwâmah, une pratique patriarcale 

Les associations féministes ont formulé, pour leur part, leurs revendications pour une réforme profonde du Code la famille, appelant à attacher un soin particulier à la formulation juridique qui ne doit tolérer aucune interprétation ou lecture basée sur le libre arbitre et du pouvoir discrétionnaire du juge ou du tribunal. De leur point de vue, le concept de la “qiwâmah” dénoncé comme une pratique patriarcale qui va à l’encontre de l’égalité homme-femme et de la responsabilité partagée telle qu’évoquée dans la Constitution, doit être éliminé. L’accès des femmes à leurs droits, les droits économiques notamment, doit être reconnu et être systématique, conformément à l’article 19 de la Constitution qui énonce également la création d’une Autorité pour la Parité et la lutte contre la discrimination. L’abolition sans exceptions et sans conditions du mariage des mineurs avec l’âge minimum du mariage fixé à 18 ans, est une revendication prioritaire et qui ne prête pas au débat pour les défenseurs des droits des femmes et des enfants. Dans ce même ordre d’idées et pour préserver la cellule familiale, les associations demandent l’interdiction absolue de la polygamie avec des dispositions de la loi qui punissent toute violation. Les questions liées au divorce, à la garde des enfants et à la tutelle sont inscrites également sur la liste : la mère ne doit pas perdre la garde de ses enfants si elle décide de se remarier, elle doit avoir les mêmes droits de tutelle que le père sur leurs enfants mineurs. Sur ce même registre, une clarification des dispositions juridiques concernant la pension alimentaire est nécessaire, de même que les questions liées à la garde des enfants après un divorce. Par ailleurs, les militantes évoquant la protection des droits de l’enfant et son intérêt suprême appellent à la reconnaissance du droit à la filiation pour les enfants nés hors-mariage avec l’admission de l’expertise génétique comme preuve.

Si la société civile est mobilisée et a affûté ses arguments pour les livrer au débat public, il est utile de se demander ce qu’il en est du grand public. Ilham Hamdai a un avis sur la question : “Dans le contexte actuel où le débat vient juste de s’enclencher, on assiste déjà à l’apparition, sous diverses formes (anecdotes, posts dans les réseaux sociaux, …), avec un ton souvent moqueur, un discours négatif tant sur la Moudawana dans sa forme actuelle que sur les amendements susceptibles de ressortir du processus de réforme en cours. Une lecture, même superficielle, de ce discours permet de conclure à la méconnaissance du contenu réel de la Moudawana, tant de la part des hommes que des femmes d’ailleurs, qui laisse libre cours à la circulation de tous les fantasmes. C’est dire l’immensité du travail d’accompagnement nécessaire à la mise en œuvre des dispositions du Code de la famille réfomé”. 

Au mois de mars prochain, le gouvernement devra rendre sa copie. Le travail d’information, de communication et de sensibilisation doit déjà avoir commencé, car il s’agit d’un débat de société qui concerne la vie de tous les Marocains, hommes, femmes et enfants.

La Qiwama, un dogme hors contexte ?

“Les hommes sont qayâmûn (ont autorité) sur les femmes en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-ci sur ceux-là et aussi en raison des dépenses qu’ils font de leurs biens.” Ce verset du Coran, explique Asma Lamrabet, essayiste féministe, a été, sans conteste, LE verset à partir duquel l’interprétation herméneutique patriarcale a façonné tout son modèle – aussi bien économique que social – de la famille en islam. Presque tous les autres versets coraniques, voire tous les textes se référant aux femmes ou à la relation hommes/femmes ont été lus et compris à travers la grille d’al-Qiwâmah, perçue dès lors comme un “droit” et une autorité permanente et absolue des hommes sur les femmes. La majorité des exégètes ont interprété ce concept de “Qawâmûn” comme étant l’aptitude de l’homme à être le “chef” de la femme, son supérieur, celui qui la dirige, celui qui a le droit de la “corriger” si elle s’écarte du droit chemin.

Le code de la famille a “bousculé” ce dogme en remplaçant le devoir d’obéissance des femmes à leurs époux par le principe de concertation et d’écoute mutuelle. Mais en l’absence de mesures d’accompagnement pour visibiliser le travail des femmes et leur contribution dans la gestion et l’entretien de la famille, le principe de co-responsabilité est resté purement déclaratoire, au profit de la Qiwâmah dans son acception traditionnelle. 

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Reconstruire en préservant l’identité des lieux https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/reconstruire-en-preservant-lidentite-des-lieux Tue, 31 Oct 2023 14:57:38 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=97458 Dans son plan de reconstruction, le Maroc n’oublie pas de préserver l’immatériel, les traditions et l’identité des régions touchées par le séisme. Le travail est en marche !

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La mosquée de Tinmel édifiée dans un petit village dans le Haut Atlas, à 100 km au sud-est de la ville de Marrakech, sur la route de Taroudant porte aujourd’hui les stigmates du séisme du 8 septembre. Ce monument chargé d’histoire, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, va devoir être reconstruit pour qu’il retrouve tout son lustre, tout comme d’autres bâtiments qui forment le patrimoine immatériel des régions de Marrakech, Al Haouz, Taroudant, Chichaoua, Azilal et Ouarzazate, affectées par le tremblement de terre.

Cet immense chantier va demander du temps et de l’argent, mais il devra surtout tenir compte des défis qu’un tel ouvrage convoque.

Lors d’une séance de travail consacrée au programme de reconstruction, Sa Majesté le Roi, a insisté sur “l’importance d’être à l’écoute permanente de la population locale afin de lui apporter des solutions adaptées, tout en accordant l’importance nécessaire à la dimension environnementale et en veillant à respecter le patrimoine unique, les traditions et modes de vie de chaque région”.

Il s’agira donc de reconstruire, tout en préservant le bâti traditionnel car il est l’illustration d’un mode de vie, d’un savoir-faire et d’une culture millénaires. “C’est un habitat adapté et on doit refléter les spécificités de la région : intégrer les parties historiques, intégrer le rocher, intégrer les usages polyvalents, intégrer des matériaux adaptés. Ces architectures ont été construites sur des millénaires, désormais il faut les restituer, les restaurer, les améliorer, en quelques mois ou en une année ou deux. La gageure est immense mais possible”, préconise Salima Naji, architecte et auteure du livre “Architectures du bien commun, éthique pour une préservation”, paru aux Éditions Métis presses en 2019 et dans lequel elle défend l’utilisation de techniques traditionnelles de construction et de matériaux géo et biosourcés. “Aujourd’hui le monde décarbone son architecture et nous au Maroc, dans la haute montagne, on bouderait notre magnifique pierre et nos terres nourricières ?”, s’interroge-t-elle pour insister sur la nécessité de s’appuyer sur nos propres ressources. Et pour cela, la concertation avec les habitants locaux est incontournable, car ils vont constituer une main d’œuvre habilitée. “On construit mieux à ceux qu’on connait qu’à des inconnus. Ce volet me paraît fondamental. Ce sont eux qui portent ce fameux patrimoine immatériel dont tout le monde parle aujourd’hui”, explique Salima Naji.

La mosquée Tinmel et des lieux historiques à Marrakech portent les stigmates du séisme.

Ksours, mosquées et sites historiques

Le programme de reconstruction va concerner de manière urgente et prioritaire, bien entendu, les habitations et les écoles. Avec l’arrivée des grands froids, les victimes du séisme ne pourront pas passer l’hiver sous des tentes provisoires. Il faudra très vite les reloger. Quant aux écoles, elles constituent des lieux de vie pour des enfants qui y vont non seulement pour apprendre, mais aussi pour jouer avec leurs camarades. 

Mais il ne faut pas négliger les nombreux monuments et sites historiques touchés par le tremblement de terre avec plus ou moins de gravité. Des experts du ministère de la Culture sont chargés de les lister et d’évaluer les dégâts afin de préparer la reconstruction. Ils ont effectué une mission sur le terrain et ont déjà dressé une première liste.

À Taroudant, par exemple, de nombreux sites historiques et archéologiques datant de plusieurs centaines d’années comme Bab Oulad Bennouna, Bab al-Silsila et les minarets de la mosquée de la Kasbah et de la grande mosquée, ont subi des dégâts. Le Palais El Bahia, le Palais El Badi, le Musée du tissage et du tapis, Ksar d’Aït-Ben-Haddou, connu pour avoir servi de décor naturel à de grands films américains, ont également fait les frais de cette secousse meurtrière, allant de quelques fissures superficielles à des destructions plus importantes. Faudra-t-il tout reprendre à zéro ? Il est trop tôt pour se prononcer, car les visites d’inspection et de diagnostic sont toujours en cours et même si les premiers rapports donnent une idée sur l’étendue des dégâts, rien n’est encore définitif. En ce qui concerne les monuments dont on a gardé les plans, la reconstruction sera plus facile. Pour les autres, les experts se concertent pour réfléchir à la manière la plus rapide et la plus efficace, qui protège la vie des gens, pour conduire les travaux de restauration ou de reconstruction.

Une chose est sûre, l’expertise de nos artisans et de nos spécialistes est reconnue dans le monde entier et la mission sera menée avec le plus grand soin et dans les règles de l’art.

Sauver le patrimoine immatériel, préserver les us et les coutumes de ces régions sinistrées, soigner, panser et réhabiliter, sont au cœur d’un programme multisectoriel qui va exiger du souffle et de l’engagement. Le Maroc a montré, en ces circonstances douloureuses, qu’il a la force de se relever.

Un patrimoine à sauvegarder

Au cœur de la ville de Marrakech, c’est un patrimoine inestimable qui a été touché suite au séisme. Ainsi, les remparts de la médina ont été particulièrement impactés, surtout le côté Est de la muraille. Des dégâts structurels ont été subis par Bab Debbagh, Bab Aylan, tandis que Bab Taghzout a perdu certains de ses éléments décoratifs en plâtre et en bois. Dans la médina de Marrakech toujours, des mosquées (la mosquée Kharbouche, la mosquée Eloussta et la mosquée Ben Youssef), le mellah, Souk Semmarine, des riads et des boutiques ont subi des dégâts plus ou moins importants. D’autres lieux du patrimoine ont également souffert. C’est le cas du Musée des confluences, le Musée national du tissage et du tapis et le Musée du patrimoine culturel immatériel. Le Palais de la Bahia est également concerné. Des travaux devraient être diligentés pour remettre à niveau la terrasse, la coupole, le patio, ainsi que la façade extérieure.

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Yasmine Chami, “Casablanca Circus est le roman d’une ville qu’on retrouve” https://femmesdumaroc.com/femmes/femme-inspirante/yasmine-chami-casablanca-circus-est-le-roman-dune-ville-quon-retrouve Wed, 04 Oct 2023 13:36:16 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=96355 Après Médée chérie (2019) et Dans sa chair (2021) Yasmine Chami signe Casablanca Circus. Dans ce roman, Casablanca y est explorée à travers l’histoire d’un couple, May et Chérif, qui décident de revenir au Maroc après quelques années passées en France. Yasmine a porté ce projet d’écriture pendant plus de vingt ans. C’est dire qu’elle ne fait pas qu’effleurer les sujets qu’elle évoque dans ce roman, elle y plonge avec force pour livrer un roman puissant avec délicatesse et justesse.

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Dans Casablanca Circus, il s’agit de l’histoire d’un couple très amoureux, mais que tout va opposer lorsqu’ils reviendront s’installer à Casablanca. Mais pas seulement. Que vouliez-vous raconter d’autre ?

Dès le titre, on voit qu’il s’agit de Casablanca. Cela fait un peu plus de vingt ans que je porte ce projet. Lorsque j’étais jeune, la manière dont j’ai habité Casablanca ne me permettait pas de connaître la ville en dehors des  trajets auxquels j’étais assignée, c’est-à-dire autour de la maison, de l’école et des quelques activités que je faisais comme la danse ou encore des promenades que je faisais avec ma mère. La rue était réservée aux hommes. Casablanca a donc été une ville que j’ai vécue en contrepoids avec Fès et Rabat, les autres villes majeures de mon enfance, celles de mes grands-parents, où là je pouvais déambuler dans la médina avec mes cousines, parce qu’on avait le sentiment d’y être protégées. J’ai donc quitté Casablanca en l’ayant vécue d’une certaine manière et j’avais bien senti qu’on la vivait de manière différente selon que l’on était une fille ou un garçon. Les garçons avaient plus de liberté. Je parle des années 70, 80.

À quel moment avez-vous eu envie d’écrire sur cette ville ?

Je n’ai découvert Casablanca  que lorsque je l’ai quittée, quand à Paris, il m’a fallu en parler et la décrire à des gens qui ne la connaissaient pas. En fin de compte, elle avait existé autrement que dans le rapport intime que j’avais avec cette ville. Et puis il y a Casablanca que j’ai vécue après, quand je suis revenue en adulte.  J’ai eu le désir de la raconter quand je vivais à Paris. Je me suis dit qu’un jour je l’écrirai. Et quand je suis revenue pour y vivre au début des années 2000, c’est là que j’ai rencontré Casablanca et les Casablancais. J’ai produit une émission pour la télévision publique et là j’ai arpenté cette ville qui s’est déployée pour moi dans toutes ses contradictions, toutes ses strates. 

Justement, à travers Casablanca, vous évoquez de nombreux sujets liés à l’urbanisme, la précarité dans certains quartiers… Votre roman est-il anthropologique ?

Non, ce n’est pas un roman anthropologique… Mais pour pouvoir la dire et l’écrire, j’ai beaucoup lu, et j’ai regardé comment les romanciers s’emparaient de ces territoires urbains. J’ai aussi beaucoup tourné dans les quartiers, dans les bidonvilles et j’ai mené beaucoup d’entretiens pour préparer mon projet d’écriture qui n’est pas un projet théorique, mais un projet sensible et charnel.

Et dans ce Casablanca que vous racontez, il y a May et Chérif…

May et Chérif, c’est un jeune couple attachant qui s’aime vraiment. Quand ils vivaient à Paris, ils étaient liés aussi par une solidarité heureuse, unis sur des grands sujets de l’heure. Le retour à Casablanca va abîmer cette solidarité. Chérif qui vient de la classe moyenne va chercher à se réaliser en tant qu’architecte et ne sait pas que cette réussite que lui fait miroiter un projet immobilier risque d’écraser ses idéaux. Pendant ce temps, May qui a grandi à Anfa est plus lucide et n’a aucun doute sur les intentions de son cousin promoteur immobilier. Elle se rend compte qu’une certaine conception du développement peut détruire la vie des gens, quand la logique du profit prévaut. Et les tensions naissent au fur et à mesure dans le couple de May et Chérif. May a du mal à se faire entendre de cet homme qui l’aime pourtant et elle voit bien que sa voix de femme est inaudible et qu’elle compte moins.

Vous publiez chez Actes Sud, pourtant vos romans restent ancrés dans la réalité marocaine… 

L’ADN de Actes Sud, c’est justement cette ouverture sur le monde. Cela fait 25 ans que je publie chez eux, c’est un bonheur et un honneur pour moi. D’abord pour cette exigence éditoriale qui permet à l’écrivain d’avancer et puis il y a aussi cette formidable ouverture sur l’humain, sur l’humanité en partant du principe que la littérature est universelle. 

Est-ce que cela veut dire que les lecteurs où qu’ils soient dans le monde, peuvent sentir ces sensibilités ?

Oui, je l’espère. L’accueil en France est très intéressant avec une curiosité autour d’un Maroc que la littérature francophone ne donne peut-être pas à lire, en tout cas pas de cette manière-là, pas dans cet ancrage-là. Vous savez, mon lecteur imaginaire vit avec moi à Casablanca, il est vigilant et si je disais des choses qui s’éloignent de ce qu’il voit, ce qu’il vit, ce serait terrible. Et puis,  la littérature étant universelle, elle touche les lecteurs partout dans le monde.

Comment sont les femmes que vous mettez en scène dans vos romans ? Ou comment voulez-vous qu’elles soient ?

Entre Khadija de “Cérémonie” que j’ai écrit en 1999 et May, il y a un trajet qui est accompli et qui s’étend sur une vingtaine d’années. On voit bien que Khadija est une femme qui est très marquée par les traditions patriarcales, très dépendante de la famille et des autres, alors que May a une puissance d’affranchissement que “Médée” anticipait déjà. D’ailleurs c’est elle qui décide de rompre. C’est une première dans mon travail. Il y a aussi d’autres personnages féminins très forts. Dans “Casablanca Circus”, il y a Yamna souffrante, mais courageuse, forte et dans le don, Malika, la mère de May, Zahra cette maman célibataire abandonnée. Il n’y pas une femme marocaine, mais des femmes marocaines avec des trajectoires différentes. La mise en scène des stéréotypes est insupportable.

Lorsque vous écrivez, revendiquez-vous votre statut de femme ? À votre avis existe-t-il une littérature féminine ?

Le travail d’un écrivain est inséparable de l’expérience qu’il fait de la vie, certes. Quand on est une femme, on propose en effet une vision du monde, c’est ce que cela fait d’être une femme dans ce monde. De la même manière que ce que cela fait d’être vagabond, maçon, œdipien…C’est une expérience de vie parmi d’autres. Le féminin, c’est une des identités de l’écrivain et certainement pas l’identité complète, sinon ce serait réducteur. La littérature n’a pas de sexe. F

Une ville et des destins

Dans ce roman, le cinquième, Yasmine Chami nous plonge dans Casablanca et nous fait rencontrer les habitants d’un bidonville situé au bord de l’océan, qui sont au cœur d’un projet de destruction et de recasement. La ville se livre dans ses contrastes à travers l’histoire de May et Chérif, de retour au Maroc après quelques années à Paris en France, et dont le couple va subir le poids des contradictions et des tensions nées dans la confrontation de deux visions du monde qui s’opposent. Les deux époux sont entourés d’une multitude de personnages qui racontent cette mégapole qui, en se développant et en se mondialisant, affecte les vies et les destins des gens.

Casablanca Circus, Yasmine Chami,Ed. Actes Sud 

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Une rentrée littéraire en demi-teinte https://femmesdumaroc.com/inspiration/culture/une-rentree-litteraire-en-demi-teinte Wed, 20 Sep 2023 08:38:55 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=95931 La rentrée littéraire qui s’étend d’août à octobre, est marquée cette année par un recul important du nombre de titres proposés par les libraires. Il n’en demeure pas moins qu’elle reste très attendue compte tenu de la qualité des romans annoncés par les professionnels du livre et les médias spécialisés, depuis quelques semaines déjà. Le point avec Amina Alami Masnaoui, libraire, fondatrice de la librairie Porte d’Anfa.

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La rentrée littéraire est moins prolifique que l’année dernière selon les professionnels du livre. Est-elle moins bonne ? Il semblerait que non. “Partout, on parle d’une rentrée minimaliste avec moins de titres, c’est une réalité, mais disons que c’est une rentrée plus forte avec des textes puissants, des premières voix, des premiers romans importants”, répond Amina Alami Masnaoui. Libraire depuis plus de 20 ans, elle est en mesure de donner un avis éclairé sur ce que la nouvelle saison donne à lire. “Parmi les livres les plus attendus et que je voudrais mettre en avant, il y a les romans de trois auteurs maghrébins ou d’origine maghrébine: Rachid Benzine chez Seuil, Yasmine Chami chez Actes Sud et Lilia Hassaine chez Gallimard. Je suis sûre que ces romans recevront un bel accueil”.

Après “Ainsi parlait ma mère”, Rachid Benzine revient, en effet, avec “Les Silences des pères”, un récit poignant qui raconte la relation – ou l’absence de relation – d’un pianiste célèbre avec son père silencieux, dont il ne sait rien ou pas grand chose. Jusqu’au jour où il apprend son décès et revient à Trappes, dans le quartier de son enfance, pour veiller la dépouille du défunt. Il tombe alors sur des enregistrements dans lesquels il découvre la voix de son père s’adressant à son propre père resté au pays, lui racontant sa vie en France, année après année. “C’est très fort, mais jamais glauque. Le récit est digne et livré dans la simplicité, sans jugement, presqu’avec pudeur comme sait le faire Rachid Benzine”, nous confie Amina. Le roman construit autour du lien filial qui flanche sous le poids du silence, part aussi sur les traces d’une vie d’immigré. 

“Les silences des pères” fait partie des coups de cœur de cette rentrée littéraire. Il vient d’être sélectionné pour le Prix du roman Fnac, parmi cinq livres retenus par un jury composé de 400 libraires et 400 adhérents. 

Amina MAsnaoui, (librairie Porte D’Anfa) prépare dès le mois d’août la rentrée littéraire et accueille les auteurs pour parler de leurs œuvres.

Le pouvoir de la littérature

Yasmine Chami, quant à elle, plonge sa plume dans la ville qui l’a vu naître et grandir et dont elle a appris à observer scrupuleusement les détails pour les raconter avec talent et justesse. “Casablanca Circus”, publié chez Actes Sud met en scène cette ville de contrastes, à travers l’histoire d’un couple, May et Chérif, elle historienne et lui architecte, revenu au pays après quelques années passés en France et qui sera livré à une société dont les contrastes et les ambivalences vont creuser un écart entre les jeunes époux. Au centre de leurs divergences, le projet de recasement d’un bidonville situé au bord de l’océan et adossé à l’ancienne médina, dans lequel Chérif est impliqué dans le cadre de son travail. May, elle, va y conduire des entretiens et va aller à la rencontre des gens. Elle découvre une profonde humanité, de la fragilité, des moyens de lutte contre la précarité et une grande solidarité. Elle en est profondément touchée. À travers May, Yasmine Chami pose une grande question: “Qu’est-ce que ça fait de vivre quelque part, en quoi les stratégies de politiques publiques et l’évolution des sociétés affectent profondément les trajectoires individuelles des personnages, les sentiments, le couple, la famille, les rapports générationnels.” L’auteure va tenter de “déplier cette complexité” avec finesse. Après “Dans sa chair”, publié l’an dernier, Yasmine Chami nous rappelle encore une fois, le pouvoir de la littérature, son pouvoir à dire les choses autrement. 

Dans “Panorama” publié aux Éditions Gallimard, Lilia Hassaine se projette en 2049 en France, à l’ère de la Transparence, dans une société pacifiée, où il n’y a plus de crime, où “les gens acceptent de vivre, de voir et d’être vus par d’autres qui leur ressemblent, où chacun évolue sous le regard protecteur de ses voisins”. Un monde utopique, semble-t-il. Mais non, prévient Amina Masnaoui. Lilia Hssaine n’a pas voulu faire une utopie entière.  “C’est un roman qui se place entre l’utopie et la dystopie, une histoire porté par Hélène, personnage principal ex-commissaire devenue gardienne de protection, puisque la police n’avait plus de raison d’exister et qui reprend du service suite à la disparition en plein jour d’une famille, un couple avec leur enfant de huit ans, dans un quartier où en principe on n’est pas censé disparaître”. Lilia Hassaine tente d’explorer ainsi de nouveaux territoires de l’imaginaire dans ce troisième roman plus frontal que les deux précédents, “L’œil du paon et Soleil amer”. Que ce soit au niveau du fond ou de la forme, Lilia a osé un nouveau style, plus direct, moins lyrique pour s’adapter à l’histoire et au contexte et qui raconte ses angoisses et beaucoup de choses de ce qu’elle voit et de ce qu’elle ressent de la société contemporaine. Un livre très attendu également lors de cette rentrée.

Des romans et des BD

“Parmi les autres titres attendus, il y a aussi “L’enragé” de Sorj Chalandon chez Grasset, qui s’écarte un peu de son histoire intime et revient avec ce onzième roman avec une fiction qui aborde des thèmes qui lui sont chers comme la violence, l’injustice pour plaider pour un monde meilleur”, ajoute Amina Masnaoui.  Le roman de Sorj Chalandon est basé sur un fait d’actualité ancien qui date de 1934 et qui concerne des bagnes pour enfants qu’on appelait aussi colonies pénitentiaires et qui “accueillaient” des enfants de 12 à 21 ans, des orphelins, des enfants abandonnées, des voleurs de pommes…. “Je voulais raconter leur histoire, je voulais donner la parole à ceux qui n’en avaient pas”, a déclaré le romancier dans une de ses interviews.

Il y a aussi dans la sélection de la Librairie Porte d’Anfa, “Souviens-toi de ne pas mourir avant d’avoir aimé” chez Calmann-Lévy de Marc-Alexandre Oho Bambé, un poète et slameur  camerounais. “C’est un texte très poétique qui raconte l’histoire de Jaromil qui va recevoir un colis avec un courrier, un disque, des cassettes audio et une photo. Il va aller sur les traces de son père qu’il n’a pas connu et va profiter de cette quête pour écrire à sa fille et tout lui dire”. Un texte sur la paternité et l’amour qu’on écouterait presque comme un morceau de jazz.

Mais il n’y pas que les romans pour cette rentrée, la BD prend une bonne place aussi dans les librairies. “Je me réjouis  de voir que de nombreux romans sont adaptés et que nous pouvons lire en BD, des textes comme par exemple  “Le passager” du Polarlys de Georges Simenon. On commence à avoir de plus en plus de romans illustrés et c’est très intéressant pour revisiter des classiques par exemple ou lire des textes autrement”.

Pour Amina Masnaoui, la rentrée littéraire est un événement exceptionnel qui rassemble les lectrices et les lecteurs autour des nouveautés, c’est aussi l’occasion pour les libraires de faire leurs sélections, de partager leurs coups de cœur et d’organiser quand c’est possible des rencontres avec les auteurs. Il y a un petit bémol cependant puisque la rentrée littéraire coïncide avec la rentrée scolaire et une grande majorité de libraires y consacrent leurs présentoirs et leur temps. Seules quelques-uns ont choisi de se consacrer exclusivement à la littérature et accompagnent cette rentrée en même temps qu’en France avec plus ou moins les mêmes dispositifs et s’organisent pour commander les livres et les mettre à la disposition des lectrices et lecteurs dès leurs sorties, grâce à un travail de planification et d’organisation préalable dès l’été. Et pourtant ce n’est pas si simple. Alors que les libraires en France peuvent disposer de livres en office, les libraires marocains doivent les acheter. “C’est un pari risqué, parce que c’est une mobilisation de trésorerie, mais ce n’est jamais une perte quand il s’agit de livres et de lecture”.

Interrogée sur les auteurs marocains et leurs productions, Amina Masnaoui explique qu’il y une rentrée littéraire marocaine, lancée par l’Union professionnelle des éditeurs du Maroc (UPEM) et son Président également Directeur des éditions de la Croisée des chemins, Abdelkader Retnani, vers le début de l’année prochaine pour annoncer et mettre en lumière les auteurs marocains et leurs productions. La date de la 8ème édition n’a pas encore été fixée.

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Reportage : Une retraite à l’École des sables au Sénégal https://femmesdumaroc.com/plaisirs/bien-etre/reportage-une-retraite-a-lecole-des-sables-au-senegal Fri, 11 Aug 2023 09:04:31 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=95083 Les retraites de bien-être se multiplient et varient entre retraites de yoga, de silence, de jeûne, de détox, de naturopathie, de danse. C'est cette dernière expérience que Nezha partage avec nous.

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Toubab Dialaw. Un village non loin de Dakar, à près de 3000 kilomètres de Casablanca. Lorsque Nezha atterrit à l’aéroport International Blaise Diagne, elle plane à l’idée de se laisser aller au plaisir du mouvement et de la danse. Elle en oublie la fatigue du voyage. Qu’est ce qu’il peut bien motiver une mère de famille, cadre dans une grande entreprise et dont l’agenda est toujours bien rempli, à partir pendant quinze jours, loin de chez elle pour danser, rien que danser ? « J’avais besoin de me retirer de mon quotidien et de renouveler mon énergie. Je sais ce que je veux, j’ai appris à reconnaître ce dont mon corps a besoin et j’agis en fonction de cela. J’ai pris mon billet avant même d’en avoir parlé à ma famille et j’ai préparé ce voyage. Je me suis offert un cadeau ». Comment s’organise-t-on pour s’offrir cette parenthèse au milieu de l’année ? « Je ne m’intéresse pas au comment. J’essaie de savoir ce que je veux faire et surtout pourquoi je veux le faire, ensuite tout se met en place », répond Nezha qui fait passer désormais son bien-être physique et mental avant tout autre chose. Elle s’appuie sur le soutien de sa famille pour tenter à chaque fois une nouvelle expérience.

Pendant deux semaines donc, Nezha dans des vêtements amples, colorés et confortables, va vivre au rythme des percussions, des mouvements et des chorégraphies. Rien d’autre et cela, chaque jour, à son grand bonheur. « La force des vibrations me fait prendre conscience de mes propres forces. Et puis, il y a  l’approche de cette école de danse, qui s’articule autour de quatre partie du corps : les fesses qui représentent la lune, la colonne vertébrale le serpent de vie, le ventre les étoiles et la poitrine, le soleil. Chaque mouvement permet de se connecter à son être intérieur et invite à une parfaite fusion entre le corps et l’esprit. C’est accompagné de beaucoup de respiration et de nombreux rituels », raconte Nezha avec ferveur. La danse, passion de petite fille qui adorait se déhancher sur tous les types de musique, devient alors source de liberté et de bien-être et c’est cela qu’elle est venue chercher dans cette retraite de danse, où seule compte la relation à soi et par ricochet la relation à l’autre. « Nous sommes, l’espace de cette retraite, alors que nous ne nous connaissions pas, une communauté bienveillante et tout ce que nous faisons, nous le faisons dans le partage, les accolades, le rire et la sérénité ».

En venant à Dakar, Nezha s’allège de tout, son confort quotidien, ses appréhensions, sa charge mentale et se concentre sur elle-même, sur le sable qu’elle foule et qu’elle secoue sur le pallier du bungalow collectif sans fioritures, réduit au strict minimum, qu’elle partage avec une autre personne. « J’ai l’impression d’être redevenue enfant, insouciante, sans aucune responsabilité et j’étais heureuse, comme nettoyée de l’intérieur ». Que ce soit au Sénégal ou dans la région de Sefrou, Nezha s’allie à la nature pour se purifier, se régénérer et prendre soin d’elle-même.

 

Ce voyage est un maillon dans la dynamique de changement, entamée il y a déjà quelques années par des formations en développement personnel qui, chemin faisant, s’enrichissent d’un travail de prospection, un cheminement spirituel en quête de sens, d’alignement, de paix intérieure, d’harmonie et de ralentissement. Yoga, méditation, silence, détox, lectures, rythment désormais la vie de cette mère de famille comblée. « Si on ne fait pas d’espace dans son corps et dans son cœur pour soi d’abord, si on ne se libère pas des mauvaises énergies, comment peut-on accueillir les autres, les aimer ? » Nezha a adopté cette philosophie et pour cela, elle s’accorde la liberté de marquer une pause dès qu’elle en ressent le besoin, pour se ressourcer. Elle serait tentée par une retraite de silence, exercice auquel elle a goûté une fois lorsqu’avec son mari et ses enfants, ils ont fait une longue balade dans l’obscurité totale brisée par les aboiements de chiens, sans dire un seul mot. « C’est dur de se retrouver face à ses démons, de gérer ce face à face avec soi-même, d’apprendre à communiquer sans le support de la parole, mais c’est sûrement très challengeant ». Nezha ne se sent pas encore prête à vivre cette expérience pour l’instant, mais viendra le temps où elle voudra éprouver sa capacité à supporter le silence qui peut paraître tellement angoissant que nous cherchons en permanence à le combler. En attendant, Nezha plonge de nouveau dans son quotidien entre le travail, la maison et son devoir de maman. Grâce à ces parenthèses de bien-être, elle le fait désormais dans la sérénité, avec beaucoup de philosophie et de lâcher-prise. Ce qui était source de stress avant, car soumis aux impératifs du temps, de la performance, des résultats et du jugement des autres, redevient comme par magie, un espace de bonheur partagé.

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Reynald Pedros : “nous espérons surprendre nos adversaires” https://femmesdumaroc.com/reportage/interviews/reynald-pedros-nous-esperons-surprendre-nos-adversaires Wed, 19 Jul 2023 09:00:31 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=94486 Il a conduit le onze national féminin à la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2022, devant un public enflammé. Fort de cet exploit, son ambition et celle de ses joueuses est de faire une belle Coupe du Monde en Australie-Nouvelle Zélande et de passer le premier tour pour signer une première participation qui restera dans les annales du foot féminin au Maroc. Reynald Pedros, coach de l’équipe nationale féminine de football est confiant et optimiste.

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Vous êtes le coach d’une équipe qualifiée pour la première fois en Coupe du Monde. Quelles sont vos attentes et celles des joueuses ?

Il faut d’abord exister dans cette Coupe du Monde. Ce sera une découverte pour les joueuses et pour le staff, mais il faut que nous nous présentions à cet évènement mondial avec l’ambition d’aller en huitièmes de finale. Nous ne devons pas nous contenter d’y aller, il faut performer pour atteindre cet objectif, c’est du moins dans cette perspective que nous nous préparons.

Pour démarrer la compétition, l’équipe nationale affrontera l’Allemagne, classée deuxième mondialement. Comment prépare-t-on un match aussi important ?

Nous ne nous préparons pas que pour l’Allemagne, nous nous préparons pour jouer une phase de poule. Bien sûr que le match de l’Allemagne est important, c’est notre entrée dans cette compétition contre une des meilleures équipes mondiales, qui joue pour gagner le trophée. C’est une équipe que nous connaissons bien, nous savons ce qu’elle vaut et il faut être prêts, il faut que nous les surprenions. Il va falloir créer un exploit. On verra comment ça se passera, mais l’objectif c’est de ne pas jouer le match avant l’heure, de ne pas se sentir inférieurs, parce que dans un match tout peut arriver. Nous allons tout faire pour être prêts, et si l’Allemagne l’est un peu moins, nous en profiterons. Ceci dit, il ne faut pas oublier qu’il y a deux autres matches importants aussi et il faudra bien se préparer pour espérer se qualifier.

Vous pensez que nous avons des chances de créer la surprise et de rééditer l’exploit du onze national masculin ?

Si vous me dites aujourd’hui qu’on est capables d’aller en demi-finale, je signe. Mais il faut garder en tête que l’équipe masculine participe régulièrement à toutes les Coupes d’Afrique, toutes les Coupes du Monde, alors que c’est notre première. Bien sûr qu’il faut s’inspirer de ce qu’ils ont fait dans l’état d’esprit, l’envie, la détermination, leur manière d’aborder la Coupe du Monde. Après, nous avons notre propre chemin à tracer. Nous partons d’un peu plus loin que les garçons, mais tout est possible. Je pense que les joueuses ont vraiment très envie de participer à cette Coupe du Monde et nous y allons avec l’ambition de créer la surprise.

Comment vous y préparez-vous ?

Quand nous avons préparé la CAN, nous n’avons joué que contre des équipes africaines. Et pour préparer la Coupe du Monde, nous avons joué contre des équipes européennes. Nous avons observé la différence de niveau, de culture footballistique et notre objectif était vraiment que les joueuses se confrontent à des difficultés qu’elles n’ont pas eues lors des matches de Coupe d’Afrique. Aujourd’hui, le travail que nous devons faire, c’est avant tout un travail athlétique. Le football européen de haut niveau est en avance sur nous de ce point de vue. Bien sûr, nous allons continuer à travailler tactiquement, nous allons capitaliser sur ce que nous avons bien fait pendant la CAN et nous allons jouer avec nos valeurs. Nous avons de la qualité, des choses à faire valoir et, par conséquent, nous n’allons pas nous soucier des autres, mais plutôt de nous.

À votre avis, quels sont les points à travailler encore plus pour performer et avancer dans le classement mondial ?

L’aspect athlétique, je dirais. C’est du travail facile à faire et avec une bonne préparation je pense qu’on peut diminuer l’écart avec les autres nations. Après, il faut aussi de la discipline tactique, de l’engagement, beaucoup de détermination et c’est ce qui fera qu’on sera peut-être plus embêtants à jouer, qu’on prendra confiance, qu’on mettra plus d’intensité dans tout ce qu’on fait, c’est-à-dire toutes ces choses qui sont les fondamentaux du haut niveau. Dans tous ces compartiments depuis la CAN, il faut qu’on s’améliore. Nous avons encore un peu de temps avant le premier match de Coupe du Monde, nous travaillons étape par étape et nous espérons arriver prêts contre l’Allemagne.

Pour composer votre sélection, vous avez fait appel à des joueuses qui évoluent dans différents championnats européens. Comment avez-vous réussi à les intéresser ?

Parmi les objectifs que nous avions, c’était d’étendre notre vision au-delà du Maroc, et d’intégrer des joueuses marocaines où qu’elles se trouvent. C’est un très gros travail de supervision, beaucoup d’échanges avec les scouts pour amener un plus à cette équipe nationale féminine. Nous y travaillons depuis deux ans et demi et nous avons eu une première réussite avec une place en finale de la CAN qui nous a permis de nous qualifier à la Coupe du Monde.

Il reste encore des joueuses à regarder, à scruter au Maroc ou à l’étranger. Il faut qu’on ait un effectif important, fort pour cette Coupe du monde. 

Si vous deviez avancer un point fort de notre équipe nationale ? 

Le maillon fort c’est le collectif. Ensuite, nous sommes très focus sur le travail et la qualité de notre effectif. Nous avons inculqué la notion de travail de haut niveau, l’état d’esprit. Nous sommes toujours dans le même niveau d’exigence en étant très pédagogues. Féliciter quand elles jouent bien, par exemple, c’est très important. Quand ce n’est pas bien, il faut le dire et quand c’est bien il faut le dire aussi. 

Que dites-vous à vos joueuses pour les motiver ?

Ce n’est pas parce que nous avons fait une belle Coupe d’Afrique que nous allons nous arrêter là. Nous allons continuer à travailler, progresser, leur expliquer que le haut niveau c’est l’exigence pendant et en dehors des entraînements et surtout je leur fais comprendre qu’elles sont capables de rivaliser avec les meilleures nations africaines puis les meilleures nations mondiales. On sait que le chemin est encore long, mais nous allons nous servir de cette Coupe du Monde pour apprendre beaucoup de choses.

Une idée sur l’équipe qui va démarrer contre l’Allemagne ?

Je ne la connais pas. C’est encore trop tôt. Il peut arriver tellement de choses. Ce qui est important c’est de travailler au jour le jour, avec les joueuses qui resteront en sélection au fur et à mesure et plus on approchera, plus le groupe qui ira en Coupe du Monde se détachera. Encore une fois c’est le groupe qui prime. Nous allons prendre les meilleures et elles devront montrer qu’elles ont mérité leurs places. 

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Sur la route du Mondial 2023 https://femmesdumaroc.com/femmes/maroqueens/sur-la-route-du-mondial-2023 Mon, 17 Jul 2023 09:15:19 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=94356 Tous les regards sont fixés sur l’équipe nationale féminine de football qui participe pour la première fois de son histoire à la Coupe du monde. Un challenge que les Lionnes de l’Atlas prennent très au sérieux. Réussiront-elles à tutoyer les étoiles ?

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Vendredi 16 juin 2023. 17h30. Les lionnes de l’Atlas réunies au Complexe Mohammed VI à Salé, retrouvent leur coach et son staff sur le terrain pour une séance d’entraînement. Reynald Pedros a convoqué un groupe élargi de 36 joueuses avant d’annoncer lundi 19 juin la liste des 28 qui feront le déplacement en Autriche pour une deuxième phase de préparation, suivie d’un troisième stage à Melbourne. À l’issue de cette dernière étape, le sélectionneur dévoilera la liste des 23 qui prendront part à la prochaine Coupe du Monde du football féminin, prévue en Australie et en Nouvelle Zélande à partir du 20 juillet.

“Reynald Pedros a pris en charge l’équipe féminine du Maroc en novembre 2020. Depuis, il a élevé le niveau de cette sélection. Il privilégie une approche équilibrée, qui combine une défense solide et une attaque efficace. Cela s’est vu de manière très claire à la Coupe d’Afrique des Nations Féminines, où les Lionnes de l’Atlas ont marqué neuf buts et n’en ont encaissé que cinq, dont un seul en phase de groupes. Le sélectionneur français a su insuffler à ses joueuses un véritable esprit de compétition, de combativité, avec beaucoup de clarté dans les idées et de confiance dans l’aptitude de son groupe à atteindre ses objectifs”. C’est ainsi que le site de la FIFA dédiée à la Coupe du Monde féminine 2023 présente le sélectionneur national qui ne cache pas ses ambitions d’aller le plus loin possible dans cette compétition planétaire. Des ambitions légitimes pour un coach qui a déjà écrit un chapitre de l’histoire du football féminin marocain en emmenant ses joueuses à la Coupe du Monde, au bénéfice de sa victoire en quarts de finale de la Coupe d’Afrique des Nations Féminine 2022. Ce sera une première pour l’équipe du Maroc qui devient ainsi le premier pays arabe de l’histoire à prendre part au tournoi.

Les Lionnes De L’Atlas ont suivi au Complexe Mohammed VI un programme intensif de préparation.

Le coach national peut compter sur des joueuses expérimentées telle que la capitaine Ghizlane Chebbak qui a commencé à jouer dans une équipe de garçons à une époque où il n’y avait pas encore de clubs féminins. Après un passage dans des clubs de Casablanca et Lâayoune, elle finit par atterrir à l’AS FAR où elle s’impose comme un élément phare de cette équipe qui glane titres et trophées et finit par décrocher le brassard de capitaine. “C’est une joueuse emblématique de l’équipe du Maroc, une sorte de guide de cette équipe. C’est une joueuse qui a énormément de talent, très à l’écoute et avec beaucoup d’expérience. Elle aussi va découvrir la Coupe du Monde pour la première fois, mais elle est très importante pour le groupe parce qu’elle est admirée par de nombreuses joueuses, notamment celles qui jouent avec elle ou la rencontrent lors des matches de championnat. C’est le symbole du football féminin marocain”. Reynald Pedros compte beaucoup sur le talent, l’expérience et la détermination de sa capitaine de faire un beau parcours en Coupe du Monde. Ses coéquipières à l’AS FAR, qui composent l’ossature de cette équipe nationale savent l’importance de Ghizlane et son poids dans l’équipe, tout comme les joueuses venant des clubs européens et qui ont déjà eu l’occasion d’évoluer à ses côtés puisqu’elle est régulièrement sélectionnée en équipe nationale depuis 2007.

Un peu moins régulière, mais tout aussi talentueuse, Fatima Tagnaout est le feu follet de cette équipe. Reynald Pedros pense qu’elle “est aussi très talentueuse, mais imprévisible. Elle peut autant faire la différence qu’être nonchalante, c’est peut-être ce petit quelque chose qu’il faudra régler. Elle mériterait d’aller jouer ailleurs en Europe pour s’aguerrir encore plus”. L’expérience de la Coupe d’Afrique de cette native de Casablanca évoluant au poste d’ailière gauche à l’AS FAR. “Tagnaout est un véritable poison pour les équipes adverses. Son pied gauche fait la différence, ses dribbles peuvent éliminer n’importe quelle joueuse qui se met devant son chemin, sans oublier sa précision dans les passes et dans les coups de pieds arrêtés. Ce n’est pas pour rien qu’elle a été désignée ‘Woman of the match’ lors du match face au Sénégal (1-0), troisième journée de la phase de groupe de cette CAN TotalEnergies”, lit-on sur un article publié sur le site de la CAF.

Séance d’entraînement pour les gardiennes de buts.

Tout aussi importante dans le groupe et auteur d’un bon parcours lors de la CAN, Khadija Er-Rmichi, élue meilleure gardienne de cette édition 2022, a gagné sa place dans les bois de l’équipe nationale en se montrant décisive lors de la séance de tirs au but en demi-finale contre le Nigeria. Reynald Pedros compte sur elle “C’est une bosseuse. Elle doit rester concentrée sur sa performance, car on aura besoin d’elle en Coupe du Monde”, souligne le coach. Sera-t-elle titulaire ou cèdera-t-elle sa place à Inès Arouaissa, gardienne de l’AS Cannes évoluant désormais en troisième division du championnat français ? Au terme des phases de préparation, le sélectionneur tranchera pour le bien de son équipe. En tout cas, c’est une occasion inespérée pour l’une des joueuses les plus capées en équipe nationale du Maroc depuis qu’elle a intégré la sélection en 2010, ayant remporté de nombreux titres et trophées en championnat et en compétitions nationales et régionales. Une prestation brillante en Coupe du Monde sera une belle consécration pour la gardienne marocaine de 33 ans.

Les protégés de Reynald Pedros feront preuve de talent et d’intelligence technique et tactique.

La détermination, l’abnégation et la rage de vaincre seront donc, en plus du talent, de l’expérience, de l’intelligence technique et tactique, des valeurs clés que l’entraîneur veut faire valoir pendant cette Coupe du Monde, alors qu’il va affronter les meilleures nations mondiales, à commencer par l’Allemagne, classée 2ème. Reynald Pedros sait qu’il peut compter sur des joueuses comme Elodie Nakkach évoluant en Suisse au Servette Genève, dont il pense le plus grand bien. “Elodie ne sait pas faire les choses à moitié, c’est un exemple de rigueur, d’engagement et de travail. Je sais qu’elle donnera toujours le maximum”, estime-t-il. Une appréciation traduite dans les faits puisqu’il vient de la nommer 2ème capitaine après Ghizlane Chebbak. Deux grandes joueuses qui se complètement et qui feront du bien au groupe, grâce à leur leadership et leur exemplarité sur le terrain et dans les vestiaires.

Avec Yasmin Mrabet, replacée derrière en sélection alors qu’elle joue plutôt au milieu dans son club en Espagne, Levante, la défense de l’équipe nationale se porte bien. “Elle est très à l’aise techniquement, capable de combattre avec les meilleures”, pense le coach qui cherche le parfait équilibre entre la défense et l’attaque pour essayer de marquer sans encaisser de buts. Devant, Rosella Ayane, l’attaquante de Tottenham doit être en super forme. “Elle peut ne pas être assez percutante de temps en temps, mais elle est très importante pour l’animation offensive parce qu’elle a une qualité de course qui peut lui permettre de mettre des buts”, selon Reynald Pedros.

De gauche à droite, Sarah Kassi, Fatima Tagnouat Et Yasmin Mrabet.

Dans toutes les équipes, il y a des joueuses clés, capables de faire la différence à tout moment. La sélection marocaine, pour sa première participation en Coupe du Monde va certes compter sur les Chebbak, Er-Rmichi, Mrabet, Ayane, Tagnaout et d’autres stars de l’équipe nationale, mais le point fort du onze qui affrontera l’Allemagne, la Colombie et la Corée du Sud reste sans doute le collectif. Reynald Pedros mise sur le talent individuel de ses joueuses, mais surtout sur ce qu’elles sont capables de faire ensemble pour surprendre et passer le premier tour. Aller en huitièmes de finale pour une première participation est un objectif ambitieux, mais pas impossible. Pour l’instant place à la préparation athlétique et tactique et sur le terrain, celles qui seront choisies pour défendre les couleurs du Maroc, feront tout ce qu’il faut pour aller le plus loin possible. 

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