Working girl

Ihsane Himmi, la visionnaire

Écrit par Ghizlaine Badri

Après un passage au Fonds Monétaire International à Washington, Ihsane Himmi est rentrée au Maroc avec des idées plein la tête… Rencontre avec une working girl qui s’est frayé un chemin dans l’univers du design et du prêt-à-porter.

FDM : Quelques mots pour vous présenter ?

Ihsane Himmi : Je suis la fondatrice de Freya, une nouvelle marque marocaine de prêt-à-porter féminin née entre Rabat, Hong Kong et New York. J’ai voulu créer, pour la femme marocaine moderne, des collections à son image, aux accents de liberté : urbaine et indépendante, simple mais branchée, classique bien que colorée, et accessible tout en étant sélective !

Quel a été votre parcours scolaire universitaire ?

Dès l’obtention de mon baccalauréat à Rabat, j’ai décidé de suivre un cursus à l’international. J’ai donc étudié en France, deux ans en Irlande, puis en Asie, pendant deux ans, le temps d’obtenir mon MBA en commerce international entre Hong Kong et Bangkok.
 
Vous avez travaillé au FMI à Washington où vous avez occupé plusieurs postes dans les hautes sphères de la finance. Comment vit-on cette expérience ?

J’ai intégré cette institution juste après la crise financière de 2008. J’ai donc pu observer et participer aux différents plans de sauvetage lancés par le FMI, ainsi qu’à un certain nombre de réformes initiées par celui-ci, notamment le renforcement du monitoring des données statistiques des pays membres. Le but étant d’augmenter la transparence macro-économique et d’être en mesure d’anticiper une crise financière future. J’ai également pu y observer l’impact d’un management 100 % féminin avec l’arrivée de Christine Lagarde en tant que managing director. Cela m’a clairement fait réfléchir sur la sous-représentation de la femme marocaine à des postes clés.

Du jour au lendemain, vous plaquez tout et décidez de rentrer au Maroc. Pourquoi ce choix ?

Abandonner une carrière au FMI ainsi que ma vie au États-Unis pour tout recommencer n’a pas été un choix facile. Malgré cela, j’ai décidé de suivre mon instinct et de rentrer au Maroc où je pouvais, à mon niveau, être actrice du développement économique de mon pays.Vous savez, il existe très peu de marques de prêt-à-porter marocaines, et plus généralement d’enseignes qui permettent aux Marocaines d’acquérir des articles tendance à des prix abordables. Ce que je voulais, c’était proposer des collections variées et à petits prix afin que la modeuse marocaine reste libre de son style au gré des jours, des occasions et de ses envies. Grâce à mon expérience à Hong Kong, où j’ai travaillé dans une entreprise de mode, et ma collaboration avec des designers aux États-Unis, j’ai décidé de saisir cette opportunité et de tenter l’aventure Freya.

Votre nouvelle marque, Freya, est disponible aux Galeries Lafayette. Quels sont vos projets pour développer cette nouvelle venue dans l’univers du prêt-à-porter ?

L’ouverture du corner aux Galeries Lafayette a permis de consolider la présence physique de la marque, en plus de la boutique à Rabat, de notre point de vente à Bouznika et de notre e-store: www.freya.ma. Ce partenariat a aussi validé notre approche et notre modèle grâce à la confiance des clientes venues en nombre, qui ont totalement adhéré à l’esprit Freya. Nous sommes actuellement en phase de développement de points de vente dans les grandes villes du Royaume, via des partenariats avec des boutiques qui offriront aux fashionistas la collection Freya. Très prochainement, la marque sera aussi référencée à Marrakech et Agadir…

Quels sont vos projets ?

Continuer à travailler et développer l’univers Freya, mais aussi essayer de donner un prolongement civique à cette marque qui représente une femme marocaine libre et indépendante, belle et rebelle !

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