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Le Caftan, toute une histoire (3/3)


C’est un vent de modernité qui a subtilement soufflé sur les Caftans. Au fil du temps, la tenue traditionnelle, chère à nos cœurs et portée par la mariée, a suivi le pas de l’émancipation de la femme. Une remontée dans le temps avec la célèbre créatrice Aicha Skalli, fondatrice de Caftan Skalli.

 …Des codes cassés en toute beauté

Satin duchesse et velours étaient les tissus coups de cœur lorsque Salima El Boussouni a fait officiellement ses premiers pas dans l’atelier Caftan Skalli. “Nous sommes en 2012”, précise la jeune femme. En 2015, les matières choisies étaient beaucoup plus légères comme le tulle de soie, le crêpe de soie, le drap de soie et le satin de soie. « Alors qu’auparavant, on mettait des serviettes dans la tenue d’une mariée trop chétive, aujourd’hui ce n’est plus le cas. Les femmes minces veulent mettre en évidence leur taille et veulent des coupes près du corps”, comme le met en avant Aicha Skalli.

 

La ceinture est également plus mince : passant de 4,5 cm à 3 cm en 2017 grâce à l’audace, cette fois-ci, de Salima El Boussouni. “Mais tout dépend de la taille et de la corpulence de la mariée”, nuance cette dernière qui a l’habitude de travailler sur deux collections en parallèle : un Caftan classique dans toute sa tradition pure, et une autre version accouchant de tenues faciles à porter et jouant sur les transparences comme les dos légèrement nus et les manches transparentes. Des manches qui ont également rétréci en tour de poignet : 20 cm voire 12 cm.

Autres révolutions : l’asymétrie des tenues, que ce soit en portefeuille ou ouvertes, ainsi que les leggings en tulle de soie couleur cher initiés par Salima El Boussouni, sans parler de la nouvelle palette de couleurs. En effet, depuis une dizaine d’années, le blanc cassé portée pour l’Amarya n’est plus de rigueur tout comme le vert pendant la cérémonie du Henné, en tout cas dans certaines unions et selon l’ouverture de la famille. “Vous savez, les couleurs n’ont pas de signification dans les mariages, expliquent les deux créatrices. Mais auparavant, nous avions peur des mauvaises interprétations si nous ne les respections pas.”

Les mariés brisent de plus en plus les codes, en optant pour d’autres couleurs qu’à l’accoutumé comme le bleu nuit voire des nuances contrastées telles que le vert et le fushia. “On ose même des touches de noir”, assure Salima. Le Caftan blanc est également de plus en plus rare puisque la dernière tenue, à savoir la robe de mariée, l’est. Quant aux bijoux, ils sont en or blanc, jaune ou rose, et ils sont également bien plus légers permettant à la promise de participer davantage à la cérémonie qu’à l’époque.

D’autres accessoires de nos grands-mères ou de nos mères ont également été détournés de leur utilité première, poursuit Salima El Boussouni. Par exemple, Tkhmal qui est une parure marocaine dorsale utilisée comme porte-manche dans la cérémonie de Henné, est aujourd’hui devenu un magnifique bijou parfois torsadé.” Un bel exemple du pouvoir des créatrices qui ont réussi à donner encore plus de valeur aux Caftans, pour le plus grand plaisir des mariées qui sont désormais actrices de leur mariage.

 

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