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Le Caftan, toute une histoire (1/3)


C’est un vent de modernité qui a subtilement soufflé sur les Caftans. Au fil du temps, la tenue traditionnelle, chère à nos cœurs et portée par la mariée, a suivi le pas de l’émancipation de la femme. Une remontée dans le temps avec la célèbre créatrice Aicha Skalli, fondatrice de Caftan Skalli.

Crédit photo : Brahim Taougar

Raffiné. Sublime. Recherché. Sophistiqué. Les années défilent et les termes utilisés pour décrire les Caftans ne varient pas. La tenue traditionnelle a beau avoir subtilement et légèrement changé, sa beauté n’a pas perdu une once d’éclat. Au contraire. Lors de la cérémonie de mariage, la promise illumine toujours autant. “Ce qui me ravit, c’est la préservation des coutumes toujours réclamées par les mariées”, se réjouit la créatrice Aicha Skalli, fondatrice de Caftan Skalli, avant de se plonger dans ses souvenirs. Direction les années 60. En ce temps-là, sa mère déjà styliste modéliste. Dans les ateliers, la famille de la mariée apportait une variété de tissus afin de confectionner les Caftans. A la mode, Jawhara, Tlija, le brocard fabriqué par la famille Bencherif ou encore la dentelle. “ Il y avait aussi du velours que ma mère doublait pour donner de la valeur à la tenue avant de broder à la main et au fil d’or”, se remémore-t-elle. Le brocard est aussi monnaie courante, notamment Khrib, de fabrication typiquement fassie, comme l’indique la créatrice Salima El Boussouni qui a pris la relève de Caftan Skalli depuis le départ à la retraite de sa mère en 2017. “Il était très épais, précise-t-elle. C’est pour cette raison que la mariée ne le portait qu’en une seule pièce.” Et sa mère de rebondir : “Il y avait aussi une autre tenue, épaisse et riche, portée en une seule pièce : le Caftan velours avec broderie Ntae.” Des tissus tellement denses que les couturières travaillaient de manière à rendre la coupe légèrement évasée afin de donner tout leur éclat aux motifs floraux. De façon imagée, la tenue avait des airs de bouquet de fleurs en éclosion. Et quelle éclosion ! “À l’époque, le travail Zwak mâalem prédominait tout comme la broderie à la main et Randa, la finition Sfifa et Kittane, ainsi que le point de croix et Terz Lgherza”», énumère Aïcha Skalli. Ainsi, le Caftan ne pouvait être qu’imposant et flamboyant grâce également au diadème et autres bijoux de famille en or massif portés par la mariée, et pouvant peser jusqu’à 14 kilos pour la seule tenue fassie… A suivre…

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