Société

Toi, ma sœur

Écrit par Sabel Da Costa

Partager parents, affect et chaussures, trouver cela normal et remettre le couvert tous les jours de sa vie… Avoir une sœur passe par la conciliation des égos, des féminités, pour le meilleur et pour le pire, sans aucune possibilité de divorce. Avoir une sœur est une union imposée que l’on ne regrette jamais…

Abla, Yasmine et Yacout : le trio de modeuses

On a vécu à deux, jusqu’à l’arrivée de Yacout une dizaine d’années plus tard. Abla/Yasmine. Yasmine/Abla. Deux faces d’une même médaille, deux complices, deux coquines, deux inséparables. L’adolescence nous a un peu éloignées, chacune découvrant l’amour de son côté mais l’âge adulte s’est chargé de nous rapprocher à nouveau. Entre ces périodes phares, notre petite sœur est née. Ça nous a fait bizarre lorsque notre mère nous a annoncé qu’elle attendait un enfant. Un intrus qui allait se glisser entre nous, pour y faire quoi au juste? Maman maintenait le suspens en refusant de faire une échographie et on s’est mises à espérer que ce soit un garçon, un p’tit mec qui ne serait pas dans nos pattes. Au lieu de ça, on a eu une petite poupée. Une autre fille qu’on a aimée instantanément. Une petite sœur qu’il fallait amuser, protéger, habiller, ne jamais décevoir. Un petit ange à couettes à qui on rêvait de tout apprendre. Elle a 14 ans aujourd’hui et veut tout faire comme nous. Abla est styliste, à l’écoute des autres, têtue comme une mule. Je suis bloggeuse mode, extravagante et toujours prête à filer un coup de main. Notre sœur cadette est un mélange de calme, de douceur et de beaucoup de perfectionnisme, marquant ainsi sa différence. Quand je pense à elles deux, je vois la plage de Bouznika et son sable fin pendant les vacances scolaires, les spectacles que l’on montait pour la famille, Abla qui testait sur moi ses talents de styliste, la petite piscine en plastique que l’on avait installée au bord de l’eau pour Yacout, ou encore ces galets peints que l’on vendait pour se faire quelques pièces. Le temps passe vite. Ma sœur aînée s’est mariée, moi je vis à Casablanca, Yacout est restée à Marrakech avec notre mère. Chacune sa région, son royaume, mais le contact est permanent. On a eu la chance d’avoir des parents artistes dans l’âme qui nous ont toujours encouragées et poussées vers l’avant. Pas de rivalité, pas d’étouffement, juste trois sœurs ou deux chipies et un grand bébé, au choix. 

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