Sexo

La technologie au service du plaisir…

Écrit par Myriam Nedjari

Ménopause, accouchement(s), manque de confiance en soi liée à la physionomie de ses parties intimes… sont autant d’éléments susceptibles de gâcher la vie sexuelle des femmes.

Née aux états-Unis, où elle est fortement médiatisée depuis une dizaine d’années, la gynécologie esthétique, ou médecine esthétique gynécologique, est sur le point de devenir une véritable spécialité. On en a tous plus ou moins entendu parler sans réellement savoir auprès de qui s’informer… Malgré cela, la femme ayant changé les représentations de son intime, les méthodes de réjuvénation génitale sont en plein essor, même si peu de praticiens répondent à la demande par méconnaissance des enjeux, des indications, des techniques, des limites et des complications possibles…

Lipofilling, regonflement de la zone G, laser “MonaLisa Touch”… la finalité commune de ces termes barbares est sans détour : permettre à la femme de prendre (encore plus) son pied et de prolonger sa vie sexuelle ! Petit tour d’horizon de ces actes parfois salvateurs…

Le laser “MonaLisa Touch”

dans quel but ? Cette technique est réservée aux femmes présentant des problèmes relatifs à l’atrophie vaginale, soit une perte d’épaisseur de la muqueuse due à des dérèglements hormonaux ou aux accouchements. Celle-ci peut provoquer des sensations désagréables lors des rapports sexuels, des irritations, des saignements, une perte de plaisir (pour l’un comme pour l’autre !), plus d’envie, et indirectement… des problèmes avec Monsieur ! C.Q.F.D.

Comment ça marche ? Les cellules sont stimulées grâce à un système de laser conçu spécifiquement pour ce type d’application. La procédure, qui consiste à faire pénétrer une sorte de sonde dans le vagin, est indolore, effectuée en cabinet médical et n’exige en général aucune anesthésie. Elle n’implique ni incision ni points de suture et la séance ne dure pas plus de dix minutes, à renouveler chaque mois pendant un trimestre. Les premiers effets sont, pour la grande majorité des cas, perçus dès la première séance et les résultats, à savoir l’augmentation du flux sanguin et de la lubrification, mais aussi l’élasticité des tissus et l’épaississement de la muqueuse, sont durables.
le prix ? 15.000 DH la cure de trois séances.

Le PRP (Plasma Riche en Plaquettes)

dans quel but ? Le PRP est une technique de médecine réjénérative indiquée pour lutter contre la sécheresse intime (qui touche près d’1 femme sur 6 !) causée, le plus souvent, par l’utilisation de produits de toilette vaginale inadaptés ou des dérèglements hormonaux. Ce trouble aux conséquences psychologiques parfois importantes peut entraîner une baisse de la libido et parasiter l’harmonie du couple. Cette innovation a donc été mise au point afin de régénérer et hydrater une muqueuse vaginale sèche et, cerise sur le gâteau, lui faire gagner en élasticité.

comment ça marche ? Le praticien prélève un peu de sang à la patiente avant de le centrifuger pour ne réinjecter que le PRP, dans la même journée. Riche en facteurs de croissance, ce concentré va activer le renouvellement cellulaire et stimuler la production de fibres de collagène.

le prix ? 9.000 DH la cure (3 séances conseillées à raison d’une par mois).

L’acide hyaluronique

dans quel but ? Esthétiquement, il permet de remodeler des grandes lèvres atrophiées par manque d’œstrogène, suite à une grosse perte de poids ou un accouchement. Pour le côté fonctionnel, cette intervention peut être essentielle car le rôle de celles-ci, rappelons-le, est de protéger l’intérieur du vagin en maintenant son hydratation. L’acide hyaluronique joint donc le beau, l’utile… et l’agréable, puisqu’il peut également être utilisé pour regonfler la zone G (plus communément appelée “point G”).
comment ça marche ? Par injection à l’endroit souhaité, tout simplement. À renouveler tous les 6 mois.
le prix ? 6.000 DH l’injection

Le lipofilling

dans quel but ? Cette technique a avant tout été développée pour l’embellissement de la région génitale (grandes lèvres flétries, pubis atrophié…), mais elle sert également à épaissir les parois vaginales en cas de besoin, pour leur faire retrouver leur aspect d’origine.

comment ça marche ? Par greffe de cellules graisseuses. Autrement dit, on injecte de la graisse prélevée préalablement à la seringue le jour même, souvent sur la face intérieure des cuisses ou au niveau du ventre. Elle est filtrée, purifiée et réinjectée à l’endroit souhaité (grandes lèvres, pubis, muqueuse vaginale…).
le prix ? 5.000 à 10.000 DH.

Le coin de l’expert…

Entretien avec le docteur Mohamed Guessous, chirurgien esthétique – Guess Clinic

Quel est l’approche des Marocaines vis-à-vis de ces innovations ?

Les Marocaines, et plus généralement les Marocains, prennent peu à peu conscience que les problèmes de sexualité causent énormément de tort à la vie de couple. Ils consultent des sexologues, entament des thérapies à deux… Aujourd’hui, c’est un sujet qui tend à être de moins en moins tabou et ces rencontres avec des professionnels ont incontestablement sensibilisé la femme sur sa sexualité.

Quel est l’acte de médecine esthétique gynécologique le plus pratiqué ?

C’est compliqué de répondre à cette question. Cela dépend de la tranche d’âge, de l’effet recherché… Mais ici, chez Guess Clinic, je dirais que l’acte le plus pratiqué et celui du laser “MonaLisa Touch”. C’est novateur, rapide, indolore, mini-invasif et les résultats sont extraordinaires.

En octobre dernier, une étude parue dans la revue “Clinical Anatomy” tend à prouver que le point G n’existe pas, la muqueuse vaginale ne disposant pas de terminaisons nerveuses…

Sachez que cette étude est très controversée. Parmi les centaines, voire les milliers de recherches réalisées sur le sujet, une immense majorité décrit et identifie clairement cette zone. Ce n’est pas une chimère. D’ailleurs, tous les manuels d’anatomie y font aussi référence et des dissections ont révélé l’existence de terminaisons nerveuses à ce niveau. Et en tant que praticien, je peux vous affirmer que les patientes ayant eu recours au gonflement de la zone G par injection d’acide hyaluronique nous rapportent un réel changement et des effets qui décupleraient le plaisir.

Où réalisez-vous l’injection, précisément ?

La zone G se trouve au niveau de la paroi antérieure du vagin, juste au-dessous de l’urètre, autour duquel l’acide hyaluronique est injecté. Regonflée, cette partie devient plus accessible aux frottements durant l’acte sexuel. C’est ça qui procurerait ces sensations si particulières aux femmes.

Pensez-vous que la science a découvert tous les mystères de la sexualité féminine ?

Sûrement pas ! On en apprend tous les jours, c’est d’ailleurs pour cela que de telles études sont menées. C’est en confrontant sans cesse des avis contraires que la recherche avance.

Quelles est LA dernière tendance mondiale en termes de médecine gynécologique ?

Il n’y a pas vraiment de tendance, mais la médecine réjénérative, et donc de reconstitution, me paraît être l’avenir. Ce sont des techniques médicales mini-invasives (le PRP, par exemple) qui ont déjà fait leurs preuves sans avoir à passer par la chirurgie.
 

 

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