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Zoom sur la contraception d’urgence !


La contraception d’urgence est une méthode contraceptive de rattrapage qui consiste en la prise d’un comprimé le plus rapidement possible après un rapport sexuel supposé fécondant, non protégé. Il existe actuellement deux type de pilules “du lendemain” en vente libre dans les pharmacies. Les explications de Professeur Chafik Chraibi gynécologue obstétricien et Président de l’AMLAC (Association marocaine de lutte contre l’avortement clandestin) :

Comment définir la contraception d’urgence ?
C’est une méthode contraceptive de rattrapage qui consiste en la prise d’un comprimé le plus rapidement possible après un rapport sexuel supposé fécondant, non protégé. Il existe actuellement deux type de pilules “du lendemain” en vente libre dans les pharmacies, et d’un coût abordable : la levonorgestrel (NORLEVO) et l’ulipristal acetate (ELLAONE). Leur mode d’action consiste à bloquer l’ovulation de façon instantanée,  à condition que celle-ci n’ait pas encore eu lieu. Elles ne sont en aucun cas abortives. À noter que la contraception d’urgence doit être envisagée uniquement de façon ponctuelle, et non pas régulière, comme le font certaines femmes.

Quelles doivent être les circonstances de son utilisation ?
Une contraception absente (ex : rapport sexuel occasionnel et non protégé, viol) ou l’échec d’une méthode naturelle de contraception (ex : méthode de la température, non retrait au moment de l’éjaculation), ainsi qu’un oubli de prise de pilule ou encore une déchirure de préservatif peuvent justifier d’y recourir. Elle représente une alternative de choix pour réduire le nombre important d’interruptions volontaires de grossesse, souvent pratiquées dans des mauvaises conditions sanitaires.

L’efficacité de la contraception d’urgence est-elle de 100% ?
Plus le délai est court entre le rapport sexuel non protégé et la prise du comprimé, plus l’efficacité sera de manière générale plus importante. Personnellement, j’encourage plutôt à prendre l’ulipristal acetate (ELAONE) que  la levonorgestrel (NORLEVO) parce qu’elle est trois fois plus efficace ; d’autre part, elle peut être prise jusqu’à cinq jours après le rapport tandis que concernant la première molécule, le délai ne peut dépasser trois jours. Malgré tout, aucune méthode n’est efficace à 100%, même si le risque de tomber enceinte après la prise du comprimé est seulement de l’ordre de 0,9 %.

L’effet de protection englobe-t-il d’éventuels rapports sexuels ultérieurs au cours du même cycle ?
La contraception d’urgence n’empêche la grossesse que si l’ovulation n’a pas encore eu lieu. Après la prise, la patiente devra donc associer une autre méthode contraceptive pour couvrir le reste de son cycle menstruel.

Y a-t-il des contre-indications ?
Il n y a pas de réelles contre-indications, quand cette pilule est prise de manière ponctuelle (une à deux fois par an) ; sauf dans les cas d’antécédents personnels de cancer du sein ou de maladie thromboembolique évolutive.

Quels sont les effets secondaires les plus courants ?
Des nausées et vomissements peuvent survenir après la prise ; si les vomissements surviennent dans les trois heures, il est conseillé de reprendre un autre comprimé. À signaler aussi, l’apparition de quelques diarrhées, maux de tête, ou encore des petits saignements, avant les règles, voire parfois un léger retard de règles… Néanmoins, si ces dernières ne se manifestent pas, après plus de dix jours, un test de grossesse est préconisé.

En cas d’échec (poursuite de la grossesse), existe-t-il un risque de malformation du fœtus ?
Jusqu’à présent, il n’a pas été démontré d’effet tératogène sur le bébé à naître en cas d’échec de la méthode.

Que représente l’accessibilité pour les femmes à cette contraception d’urgence ?
Une formidable avancée qui permet de diminuer les IVG, les avortements clandestins et les drames des mères célibataires. Rappelons que selon l’OMS, 13% de la mortalité maternelle est imputable aux avortements clandestins.

Comment la faire mieux connaître du grand public ?
Les médias devraient davantage informer et sensibiliser les femmes. À l’AMLAC, nous effectuons deux fois par an des campagnes de sensibilisation et de prévention pour la contraception et notamment celle d’urgence. J’espère aussi que cette dernière sera bientôt introduite dans le dispositif de planification familiale, présent dans les structures de santé publique car ceci est une nécessité ! 

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