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Les dangers de la régime-mania


Des cures minceur pénalisantes : Ils sont légion, ces régimes miracle qui nous promettent de retrouver le tour de taille de nos dix-huit ans. Hyperprotéinés, diètes mono-aliments, chrono-nutrition, jeûnes type soupe au chou ou citron détox, régimes dissociés, végétariens, hypocaloriques, hypoglucidiques.

À chaque saison fleurissent méthodes de rationnement et recettes allégées sur les pages des magazines, tous visant cette quête du Graal: la perte de poids. Objectif : mater ce corps, tenu de ressembler à une image parfaite sur papier glacé et vaincre nos laids capitons à la force de la volonté.

Oui mais… Lorsque des organismes de sécurité sanitaire très sérieux se sont penchés sur le rapport bénéfices/risques à suivre ces protocoles, leurs conclusions se sont avérées stupéfiantes. Aucun de ces régimes n’est inoffensif sur le plan de la santé et tous concourent, à des degrés divers, à la survenue de carences, voire de maladies graves. Ainsi, pour la grande majorité des régimes, les apports protéinés excèdent largement les ANC (apports nutritionnels conseillés). Pour d’autres, les apports en lipides sont supérieurs aux ANC et huit régimes sur dix entraînent des déficits en fibres. De manière générale, les apports en minéraux et en vitamines sont parfaitement insuffisants et la consommation de sel est trop élevée.

La liste des points noirs ne s’arrête pas là : la diminution des calories fragilise les os, fait fondre les graisses mais aussi les muscles. Et en période post-régime, c’est la masse grasse qui se reconstitue le plus vite. Le corollaire direct du régime est une reprise de poids inévitable, dans 80% des cas, au cours de l’année qui suit. Encore plus pernicieux : chez les personnes à indice de masse corporelle normal au départ, le régime dérègle en profondeur le métabolisme énergétique du corps et fait durablement basculer l’aiguille de la balance à droite.

Il semblerait, en outre, que l’échec et la répétition des régimes favorisent la perte de confiance et d’estime de soi et finissent par détraquer les signaux physiologiques de la faim et de la satiété. Au lieu de suivre aveuglément les prescriptions de tous ces gourous auto-proclamés de la minceur, pensez plutôt à consommer les bons aliments sains, à diversifier les sources de nutriments et vitamines, à diminuer un peu les quantités et à privilégier l’activité physique.

Ces populations à risque décuplé

Si les régimes amaigrissants ne sont pas anodins, ils entraînent des conséquences désastreuses sur certains groupes fragiles. Exemple : les femmes enceintes et attentives à leur poids qui refusent de grossir. Inspirée par l’ultramédiatisation des people avec baby bump mais très minces, une nouvelle mode délétère commence à percer : la mommyrexie (contraction de maman et d’anorexie). Or les spécialistes de santé ont rapidement tiré la sonnette d’alarme et mis en garde contre toute restriction alimentaire durant la grossesse, sous peine de ralentir la croissance fœtale et de mettre en danger le futur bébé. Il faut savoir que la grossesse augmente énormément les besoins énergétiques pour subvenir aux besoins du fœtus en plein développement, sans compter que le corps stocke automatiquement plus de graisse pour se préparer à l’allaitement. Il s’agit donc de toujours manger à sa faim. Par ailleurs, lorsqu’on allaite, la restriction énergétique a pour effet de réduire la production lactée et déséquilibre l’apport en iode. Lors de la ménopause, les déséquilibres nutritionnels diminuent le capital osseux avec une exposition à l’ostéopénie et aux fractures.

Autre enjeu majeur de santé publique : préserver les enfants et adolescents de régimes farfelus qui peuvent provoquer un ralentissement de leur développement pubertaire, une absence d’apparition ou un arrêt net des menstruations chez les filles, et des troubles psychologiques et comportementaux, induisant notamment un rapport à la nourriture malsain ou pathologique. En cas de surpoids ou d’obésité, il ne faut surtout pas prendre les devants, soi-même ou pour son enfant, mais consulter un médecin nutritionniste qui prendra en charge la rééquilibration et la diversification alimentaire. 

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