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Le pouvoir des hormones féminines


Duo de tête : Chez la femme, deux types d’hormones, dites sexuelles, sont produites par les ovaires : les œstrogènes et la progestérone, dont la sécrétion est, elle-même, commandée, au niveau du cerveau, par d’autres hormones (FSH et LH).

De la puberté à la ménopause, une femme vivra, environ, cinq cents cycles menstruels décomposés, chacun, en deux phases de quatorze jours (l’une antérieure à l’ovulation, et l’autre, postérieure), régies par des taux différenciés d’œstrogènes et de progestérones. Au terme de chaque cycle, en l’absence de fécondation et de grossesse, le déclin des dites hormones mène à la destruction de la muqueuse utérine et, donc, aux menstruations. Mais outre leur fonction de reproduction, ces petits messagers de notre corps qui voyagent, via la circulation sanguine, interagissent également avec moult organes du corps, en modifiant nos comportements.

Comment elles nous influencent…

Elles n’ont pas qu’un rôle sexuel :

Les œstrogènes agissent sur le développement des organes féminins (seins, utérus, paroi vaginale), l’élargissement du bassin, la féminisation de la voix. Mais ce n’est pas tout ! Ils impactent aussi la formation des os, le renouvellement des tissus et ont une action sur le cerveau (mémoire et capacité d’apprentissage). Quant à la progestérone, elle a un effet protecteur sur le cerveau et les nerfs, diminue l’anxiété et favorise un sommeil réparateur.

Elles jouent au yoyo avec notre humeur et nos perceptions :

85% des femmes sont victimes du syndrome pré-menstruel (SPM), comprenant une batterie de symptômes désagréables, physiques et/ou psychologiques : fatigue accrue, seins tendus, bas ventre gonflé, mal de tête ou de dos, rétention d’eau, appétit augmenté, humeur changeante, anxiété, irritation, troubles de la concentration… Le SPM débute une semaine à quinze jours, avant les règles, et occasionne une baisse de régime générale. Avec l’arrivée du flux menstruel, le soulagement est immédiat. Mais pourquoi le moral est-il autant affecté ? Le duo fluctuant œstrogènes-progestérone, fait un sort à la production des neuro-transmetteurs (sérotonine, dopamine), responsables de l’équilibre du mental. Et pouf ! On plonge dans les idées noires. Pire, 5 à 8% des femmes vivent un SPM puissance dix : le trouble dysphorique menstruel (TDM), et peuvent rentrer en dépression, avec des idées suicidaires. Le TDM nécessite une prise en charge conjointe (gynécologue et psychiatre). 

Elles nous transforment en ogresses du sexe :

L’œstradiol et la progestérone ont des effets opposés sur la libido: le premier l’augmente, tandis que la deuxième la diminue. À priori, le pic de désir se situera, donc, aux alentours de l’ovulation, à la fin de la première partie du cycle. La nature étant bien faite, cela coïncide avec le moment idoine pour concevoir !

Elles nous font la peau :

Peau épaissie, sécrétion de sébum, pores bouchés et acné sont le lot de l’augmentation continue d’hormones, au cours de la puberté. À l’âge adulte, quelques aléas cutanés sont rapportés, à certaines phases du cycle menstruel (au cours de l’ovulation ou pendant les règles) : petits boutons sur la zone T (menton, nez, front…). Lors de la grossesse, les chanceuses écoperont, soit d’une peau de bébé, soit cette dernière devient sujette aux pores dilatés et aux imperfections. Puis préménopause et ménopause (avec chute des œstrogènes) viennent signer le glas de l’élasticité de la peau: perte de volume, amincissement, rides, taches…

Elles protègent notre système cardio- vasculaire :

Du moins jusqu’à la ménopause, on est tranquilles ! Chez les femmes jeunes, en âge reproductif, il semblerait que le taux de maladies coronaires (infarctus, angine de poitrine), plus faible que chez les hommes, revienne au rôle protecteur joué par les œstrogènes.

Elles finissent par nous fausser compagnie :

Pendant la péri-ménopause et la ménopause, des montagnes russes émotionnelles et physiologiques accompagnent la baisse sensible des hormones sexuelles. Les femmes se plaignent de bouffées de chaleur, d’insomnies, d’assèchement de la muqueuse vaginale, de perte de désir, de déprime…Pour atténuer l’impact des fluctuations hormonales, avant de se jeter sur les anti-dépresseurs, il vaut mieux renouer avec des habitudes d’hygiène de vie saine (moins de sucres raffinés, de caféine…), reprendre l’exercice physique (trente minutes de marche par jour) et se convertir aux compléments alimentaires naturels. 

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