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Corps : le pouvoirs des machines


Traiter la cellulite et son aspect peau d’orange, corriger le relâchement cutané, remodeler la silhouette et faire disparaître les amas graisseux disgracieux… On dispose maintenant de différentes physiothérapies réalisées à l’aide de machines de plus en plus performantes. Attention, cela envoie (des ondes !), mais vous évite de passer sur le billard !

La cryolipolyse

qu’est-ce que c’est ? : le principe est de réaliser un choc thermique, au niveau des cellules graisseuses. On va placer sur des zones de dystrophie graisseuse très localisées, une ventouse qui va aspirer la peau et la graisse sous-jacente, et appliquer des températures négatives (passage de 37° à -10°, en l’espace de quelques minutes). Les adipocytes vont éclater et cette graisse transformée en huile, sera progressivement résorbée par le corps et éliminée dans les semaines qui suivent.

indications : zones localisées : abdomen, poignées d’amour, culotte de cheval, bras, intérieur des cuisses, dessous des fesses, graisse autour du genou.

suites post-procédure : rougeur temporaire. Le praticien réalise un petit massage, pour un bon drainage de la zone traitée. La patiente reprend ses activités sans problème particulier et elle doit bien s’hydrater dans les jours qui suivent la séance.

résultats : les premiers résultats sont visibles après deux semaines, et s’affinent à trois mois. Deux à trois séances sont nécessaires.

à quoi faut-il l’associer ? : régime, massages drainants, bonne hygiène de vie, exercice physique, sinon l’excédent graisseux revient fatalement.

avis d’expert : c’est une technique efficace sur les excédents graisseux localisés, lorsque la peau est ferme et sans vergetures. Cette dernière va alors rapidement se re-draper. On ne préconise pas la cryolipolyse lorsque le relâchement cutané est important.

Les ultra-sons focalisés de haute intensité (Ultherapy)

qu’est-ce que c’est ? : les ultra-sons délivrés par l’Ulthera vont pénétrer à l’intérieur de la peau, sous forme d’impacts, et créer des points de micro-coagulation, au niveau du muscle, en chauffant, également, les différentes couches dermiques (stimulation du collagène de la peau).

indications : relâchement cutané modéré, au niveau du ventre, face interne des cuisses et des bras, décolleté, seins et fesses. Les vergetures constituent, par ailleurs, une nouvelle indication.

suites post-procédure : aucune éviction sociale.

résultats : ils s’optimisent à trois mois. La peau devient aussi plus lisse, redensifiée et tonique. Une seule séance est nécessaire, à répéter tous les deux ans.

avis d’expert : L’ulthera est un équipement “high-tech” qui permet un lifting des zones relâchées du visage et du corps, sans chirurgie. Les résultats sont d’autant meilleurs, si la séance d’Ulthera est combinée aux injections d’hydroxylapatite de calcium, en technique de haute dilution.

Technique Cellfina

qu’est-ce que c’est ? :  sous anesthésie locale, le médecin aspire, au moyen d’une ventouse, la zone marquée par les capitons de cellulite. Il introduit, ensuite, une aiguille, au niveau des couches superficielles de la peau, afin de casser les ponts fibreux qui marquent la peau.

indications : cellulite fibreuse sur les fesses et sur l’arrière des cuisses, à l’exception du pli sous-fessier.

suites post-procédure : Cellfina est une méthode peu douloureuse. Après la séance, il y a un œdème pendant deux jours, et des bleus qui subsistent une dizaine de jours.

résultats : visibles, dès le troisième jour, et ils continuent à s’améliorer pendant les semaines et les mois qui suivent le traitement. Une seule séance suffit, pour que la peau retrouve un aspect parfaitement lisse, sans capitons.

avis d’expert : la technique Cellfina est un traitement révolutionnaire pour les capitons et la peau d’orange, qui, jusque-là, n’étaient solutionnés, ni par liposuccion, ni par cryolipolyse ! Cette machine sera, très bientôt, disponible au Maroc.

Interview du Dr Nabila Azib, Chirurgien Plasticien

Y-a-t-il des limites à la médecine esthétique pour lutter contre cellulite et relâchement cutané ?

Oui. Certaines surcharges graisseuses importantes nécessitent de passer directement à la chirurgie ; c’est pour cette raison qu’il convient de bien peser les indications pour chaque patiente. À titre d’exemple, une femme qui a déjà eu une ou deux grossesses, par le passé,  présente, du fait de l’expansion de la peau et des muscles de l’abdomen, un relâchement. Ce cas nécessite alors un lifting chirurgical par abdominoplastie.

Concernant les techniques anti-âge pour le corps, faut-il commencer plus tôt que pour la chirurgie pour espérer de bons résultats ?

La médecine esthétique est vraiment là, pour prévenir le vieillissement du corps, au même titre que l’hygiène de vie, l’activité physique, etc., et retarder, au maximum, le moment de la chirurgie. D’autre part, ces traitements viennent aussi en complément d’une chirurgie ; parfois, après une lipoaspiration, on peut proposer, des ultrasons focalisés, pour retendre davantage la peau.

Quelles sont les techniques ou machines pour le corps qui offrent des résultats concurrentiels, par rapport à ceux de la chirurgie ?

En terme d’excédents graisseux, quand on a bien pesé les indications, la cryolipolyse s’avère compétitive, comparée aux liposuccions de zones localisées. Concernant la retension cutanée, à l’aide de machines seules (ultrasons, radiofréquence, etc.), les procédés sont plus longs ; il va falloir attendre les résultats, répéter les séances pour entretenir la stimulation du collagène.

Certaines techniques présentent-elles des risques, si elles ne sont pas bien maîtrisées par l’opérateur ?

Mal mise en œuvre, la cryolipolyse peut être responsable de brûlures et de nécrose. Cela peut également créer des irrégularités au niveau cutané. Ces risques correspondent à un protocole non adapté, un temps de contact trop long, une puissance trop forte, ou encore, un appareil qui n’est pas aux normes ou mal réglé. Pour ce qui est des ultrasons focalisés de haute intensité, ils sont à destination exclusive des médecins et chirurgiens. Car, les bases anatomiques sont importantes à connaître afin d’éviter les principaux dangers que sont les nerfs et les vaisseaux.

La demande en traitements de médecine esthétique est-elle en augmentation par rapport à la chirurgie ?

Oui, la médecine esthétique (peu invasive) constitue une part de plus en plus importante de notre pratique, par rapport à la chirurgie plastique. Les patientes redoutent davantage l’anesthésie générale, les suites opératoires post-chirurgicales (bleus, hématomes, douleurs, exclusion sociale, port de la gaine etc.). C’est au praticien de bien peser l’indication de chaque technique. 

La radiofréquence

qu’est-ce que c’est ? : des ondes radio de très haute fréquence sont appliquées sur la peau et pénètrent dans la cellulite pour élever sa température. Ce réchauffement contrôlé réduit le volume des zones graisseuses, induit une rétraction et une production de collagène, ce qui améliore la fermeté et la tension cutanée.

indications : remodelage de la silhouette, lorsqu’il y a du gras superficiel et des zones à raffermir.

suites post-procédure : quelques rougeurs et gonflements passagers transitoires.

résultats : visibles après la troisième séance. Il faut six à huit séances, en fonction de l’appareillage utilisé, espacées de trois semaines.

avis d’expert : la radiofréquence permet de chauffer l’hypoderme (là où se trouvent les cellules graisseuses), sans chauffer la superficie de la peau. Elle raffermit la peau et améliore son apparence extérieure, mais montre ses limites, au niveau d’une surcharge graisseuse importante.

Les lasers froids

qu’est-ce que c’est ? : il s’agit d’appliquer une émission de laser à diodes (LED) sur les capitons à traiter pour stimuler la vidange des cellules graisseuses (mais pas leur destruction), ces dernières libérant leur contenu d’acides gras dans la circulation sanguine.

indications : femme globalement mince avec amas de graisse localisé au niveau du ventre, hanches ou genoux.

suites post procédure : une légère sensation de chaleur douce est ressentie, mais pas de douleur.

résultats : progressif mais assez rapide, sur huit séances, étalées sur un mois. Efficace sur l’aspect “peau d’orange” et sur tout type de cellulite. Mais les résultats ne sont pas au rendez-vous quand il s’agit de graisses indurées et/ou fibrosées (ex : culotte de cheval). Par ailleurs, trente minutes de sport modéré sont conseillées, après chaque séance.

association avec d’autres techniques : la radiofréquence peut être réalisée, avant la séance pour défibroser les cellules graisseuses. On peut combiner cette technique avec la cryolipolyse pour une meilleure efficacité.

avis d’expert : les résultats sont rapides mais pas toujours durables. En effet, les adipocytes se vident comme après un régime ; mais si on se livre à des excès, ils se remplissent de nouveau ! Il faut maintenir un régime alimentaire adapté et un bon poids santé. Pour les peaux mates, on doit diminuer la puissance du laser et faire des séances plus longues. υ

Nos remerciements au Dr Nabila Azib, Chirurgien Plasticien à la Clinique Souissi de Rabat, et membre du groupe Expert2Expert à Paris.

Testé pour vous : Une séance de cryolipolyse

Dans un premier temps, le docteur palpe le bourrelet (excédent graisseux), que j’ai, au niveau du ventre, pour jauger de son étendue (une ou deux zones à traiter) et de sa localisation. Elle apprécie aussi la qualité de la peau du ventre, en tirant sur le bourrelet, cherchant à le délimiter entre ses doigts. Elle m’annonce alors que je constitue une bonne candidate pour cette technique, car ma peau, plutôt ferme, va  normalement bien se retendre, par la suite.

On me mesure ensuite mon tour de taille (une mesure, à hauteur de l’ombilic, une autre, cinq centimètres plus haut et une troisième, cinq centimètres plus bas), pour pouvoir comparer l’avant et l’après, dans quelques semaines. L’opératrice, une kinésithérapeute, m’accompagne au fauteuil et repère la zone du ventre à traiter, sur laquelle elle va disposer la ventouse aspirant la graisse, via une dépression puissante. Elle me pose une sorte de bandage imbibé d’un gel froid, sur le ventre, règle les paramètres de l’appareil; et hop, direction le pôle Nord et ses très basses températures, pendant quarante-cinq minutes !

J’avoue que le moment où le résultat d’années d’orgies de chocolats et de fromage se fait aspirer dans l’applicateur de la machine est assez pénible : on a l’impression que la meilleure partie de soi s’en va dans la douleur ! Mais bon, cela ne dure qu’une poignée de secondes : la baisse de température provoque très vite une anesthésie de la zone, et on ne ressent pratiquement rien, si ce n’est une petite compression, au niveau du ventre très supportable. En outre, pendant que ses adypocytes se font congeler, on a tout loisir de tuer le temps, en surfant sur internet…

La fin de la première séance de coolsculpting se conclut par un massage de mon abdomen un peu endolori et sensible, pour favoriser un bon drainage; et je suis invitée à bien m’hydrater, les jours suivants. Le soir même, mon ventre était un peu rouge et dur ; mais le lendemain, tout est rentré dans l’ordre ! Il faudra attendre deux semaines pour que l’organisme évacue les graisses ciblées, et constater les premiers effets sur mon tour de taille et la fermeture des boutons de pantalons… To be continued…

Nos remerciements au Dr Nabila Azib, chirurgien plastique à la clinique Souissi de Rabat.

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