Santé

Comment en finir avec les “kilos émotionnels”?

Écrit par Ghizlaine Badri

Le gain et la perte de poids ne seraient pas seulement liés aux habitudes alimentaires et à l’hygiène de vie. Ce serait également une question d’émotions…

Stress et kilos, quel rapport ?

Lorsque l’on est en état de stress, le corps exprime le besoin de consommer des aliments à haute densité énergétique qui ont le pouvoir de diminuer l’anxiété. Tout cela engendre ce que le docteur Jaâfar Heikel, président du Collège national des médecins nutritionnistes, appelle des “kilos émotionnels”. À cela s’ajoute le fait que le stress en lui-même fait grossir, puisqu’il provoquerait un stockage de graisse accru dû à la sécrétion de cortisol. Enfin, il s’accompagne souvent d’anxiété, de pensées parasites, de soucis…, qui contribuent à la prise de poids.

Identifier les éléments de stress…

Pour le docteur Heikel, dans ce genre de cas, aucun régime ne peut être efficace car la priorité est de détecter l’origine de ce stress. Identifier les éléments stressants qui vous minent le moral est donc une première étape nécessaire à la disparition des “kilos émotionnels”. Pour mieux éliminer le stress et le poids qui va avec, il convient tout d’abord d’organiser un “agenda de vie” afin de déterminer les choses essentielles à faire quotidiennement et ainsi, optimiser son temps. Il existe beaucoup de moyens pour se calmer, comme pratiquer diverses formes de relaxation et surtout, s’adonner à une activité sportive. “Être libre, ce n’est pas pouvoir faire ce que l’on veut, mais c’est vouloir ce que l’on peut”, dixit Jean-Paul Sartre.

L’approche par la pleine conscience

Si le stress subi provoque des compulsions alimentaires, il est conseillé de se poser les bonnes questions. Êtes-vous souvent attirée par les produits présentés dans les publicités ? Avez-vous tendance à grignoter après une journée stressante ou épuisante? Quels sont les types d’aliments qui vous font le plus envie : salés, sucrés, gras ? Comment vous sentez-vous après avoir assouvi votre envie ? Vous conditionnez-vous avant ou entre les repas à manger certains types d’aliments ? Ce travail de remise en question permet d’identifier la source du problème et d’y répondre avec les outils adaptés.

“Le sujet doit faire un effort considérable pour lutter contre ses pulsions. Il s’agit de poser le problème et de comprendre pourquoi les victimes des kilos émotionnels réagissent de telle ou telle manière. Le suivi avec un thérapeute peut être salvateur, mais la volonté de se libérer de ces kilos prime avant tout. Le sport, une hygiène de vie adaptée ainsi qu’une thérapie suivie dans certains cas sont les trois ingrédients nécessaires pour venir à bout de ses kilos émotionnels”, conclut le docteur Heikel. Selon une étude parue en avril 2013 dans l’American Journal of Clinical Nutrition, 52 % des femmes contre 20% des hommes mangent sur le coup d’une émotion négative.

La relation entre alimentation et santé mentale serait d’ailleurs bidirectionnelle, selon une étude parue en 2005 dans le Canadian Journal of Public Health. Les auteurs affirment que “l’humeur ou l’état psychologique peuvent influencer ce qu’on mange, de même que les quantités consommées, tandis que l’alimentation influence également l’humeur et le bien-être psychologique.” Il est donc primordial d’avoir une relation saine avec la nourriture et de ne pas laisser ses émotions contrôler l’appétit.

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