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Ces écrans qui nous crèvent les yeux…


Nos mirettes malmenées… Plantés devant un écran, une grande partie du temps ? Rares sont les personnes, dans notre ère technologique et très connectée, qui peuvent se targuer du contraire. Qu’on soit travailleur, oisif, adulte ou enfant, le smartphone, la tablette, le téléviseur, la console de jeux, l’ordinateur ont envahi nos vies et mobilisent notre vision à plein régime.

Mais ce e-sport optique n’est pas sans conséquences sur notre santé visuelle. Il y a d’abord la fameuse lumière bleue émanant des écrans LED, qui, à haute dose, est toxique pour les yeux et risque d’entraîner, à long terme, des dommages sur la rétine, le cristallin ou même favoriser une DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge). Les enfants lestés d’un appareil visuel encore immature sont particulièrement fragiles, face à cette surexposition. Sans compter que la lumière bleue participe aussi à la perturbation du sommeil, via la chute de sécrétion de mélatonine, qui cause une difficulté d’endormissement.

Mais ce n’est pas tout! Travailler sur ordinateur ou surfer pendant des heures, sollicite la vision de près, avec l’œil qui doit faire des efforts d’accommodation (mise au point, au moyen de certains muscles, pour voir net), et de convergence (diriger les deux yeux, vers le texte à la lecture) intenses. En résulte une fatigue visuelle importante qui se manifeste, surtout, en fin de journée, par des symptômes inconfortables, voire pénibles: tension, lourdeur, dans la région des yeux, orbites et paupières; sensations de picotements, éblouissement, vision trouble, céphalées diffuses, etc. Cette fatigue visuelle s’atténue ou disparaît, après la mise au repos des yeux, mais elle peut en devenir aussi cumulative. À noter que si l’exposition aux écrans n’est pas en mesure de générer une pathologie oculaire, à proprement parler, elle est, néanmoins, passible de révéler des anomalies oculaires qui étaient, jusque-là, bien compensées (ex : astigmatisme ou hypermétropie méconnus, presbytie débutante, insuffisance de convergence, etc.) Par ailleurs, lorsqu’on a le regard fixé sur l’écran du PC longtemps, on cligne beaucoup moins des yeux; ce qui peut favoriser l’apparition d’un syndrome sec (manque de larmes) et sa cohorte d’effets indésirables: grains de sable, irritations, brûlures…

Les bonnes pratiques :

pour un bon confort visuel au travail :

 Position de l’écran: le haut de l’écran doit être à hauteur des yeux et correspondre à la distance d’accommodation, c’est-à-dire, être éloigné de soixante à quatre-vingt centimètres par rapport aux yeux.

 Gérer la luminosité : régler l’intensité et le contraste, en fonction de la lumière ambiante. Ne jamais disposer son écran, face ou dos à la fenêtre de la pièce, mais privilégier son éclairage latéral par une source lumineuse. L’affichage des caractères doit se faire sur fond clair et se limiter à deux-trois couleurs, en plus de celle du fond d’écran. L’écran doit aussi être traité antireflets, d’origine, et nettoyé souvent.

 Limiter le temps de travail : prendre des pauses de cinq minutes toutes les heures, et regarder au loin, par la fenêtre, pour diminuer l’effort d’accommodation et de convergence.

 Cligner souvent des yeux pour renouveler le film de larmes, voire utiliser des larmes artificielles sur prescription. Sachez aussi que la sécheresse oculaire est majorée par la climatisation, pièce surchauffée, fumée de cigarette; pensez à boire beaucoup et à aérer la pièce.

pour une bonne santé visuelle globale :

 En tant que parents, donner l’exemple et limiter sa propre utilisation d’écrans, en présence de jeunes enfants. Sachez aussi qu’une étude a démontré que le fait de jouer dehors, plutôt que sur écran, réduisait, chez les enfants, en classe de primaire, la progression de leur myopie, de 30 à 40% !

 Au moins une heure, avant le coucher, on fait disparaître tout écran de notre champ de vision, pour ne pas compromettre l’endormissement.

 Faire contrôler sa vision chez l’ophtalmologiste, tous les deux-trois ans : dans le but de rechercher un défaut visuel non ou mal corrigé (hypermétropie, astigmatisme, problème de convergence, sécheresse oculaire, pathologie sous jacente, déficit en magnésium etc.) En cas de fatigue visuelle persistante, la rééducation orthopédique a aussi prouvé son efficacité, en entrainant les muscles des yeux, pour rendre leur travail moins pénible, et en traitant une insuffisance de convergence. υ

Nos remerciements au Dr Abderrahmane Raïs, chirurgien ophtalmologiste à Casablanca.

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