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Automédication : on met un frein !


Prendre des comprimés contre les maux de tête ou un sirop pour soulager ses aigreurs d’estomac, qui ne l’a jamais fait ? Ces médicaments de prescription médicale facultative, en vente libre, seront stockés dans l’armoire à pharmacie, en prévision des petits maux. Pour autant, mesure-t-on la nocivité de certaines molécules ou la dangerosité d’une mauvaise utilisation ? Il faut croire que non… Or, l’automédication sauvage qui tend à se généraliser via les transactions par internet, véhicule certains risques.

Le risque zéro n’existe pas

Certains avalent les pilules comme des bonbons sans respecter la posologie indiquée au risque d’un surdosage toxique pour l’organisme (comme le paracétamol nuisible au foie à haute dose). Par ailleurs, en fonction du terrain du malade, d’éventuelles allergies peuvent survenir, au même titre que des effets secondaires indésirables. La méconnaissance des composants du médicament expose également à une interaction néfaste avec un autre traitement médicamenteux pris sur le long terme (pour une pathologie chronique), annulant son effet ou perturbant une autre fonction de l’organisme. Pire, une maladie plus grave peut débuter par des symptômes banals et la démarche solitaire sans avis médical peut entraîner un retard de diagnostic, masquer les vrais symptômes ou fausser l’interprétation des résultats biologiques.

À ce titre, nombre de professionnels de santé tirent la sonnette d’alarme. Beaucoup de molécules (comme les anti-rhume) d’apparence anodine seraient au mieux inefficaces, au pire dangereuses pour certaines catégories de personnes (cardiaques, patients à antécédent de convulsions, à risque d’accident vasculaire cérébral). D’autres produits comme les anti-inflammatoires ou l’aspirine, donnent parfois lieu des effets secondaires (ulcères, problèmes dermatologiques…) qui rendent leur risque supérieur au bénéfice escompté. L’automédication ne doit donc être pratiquée que très occasionnellement, sur des périodes courtes, et dans le cas d’une bonne santé générale. Avant tout, il s’agit de bien déchiffrer la notice du médicament et prendre conseil auprès du pharmacien.

Antibiotiques, c’est pas automatique

Qu’on se le dise : les antibiotiques ne sont efficaces que contre les bactéries. On aura beau dégainer les molécules les plus sophistiquées, virus et champignons continueront de courir. Dans les infections virales qui représentent la majorité des rhino-pharyngites, grippes, angines, otites, bronchiolites, l’antibiothérapie n’offre aucun pouvoir de guérison. Comptez plutôt sur le temps, le repos et une bonne immunité pour venir à bout des méchants virus. De fait, lorsqu’il n’y a pas de surinfection bactérienne additionnelle, seuls les antidouleurs et les antipyrétiques (contre la fièvre) devraient être prescrits. Malgré tout, le grand public continue à en être largement friand, nageant dans la surconsommation d’antibiotiques. Or, primo, un antibiotique n’est pas un médicament anodin et il est par conséquent porteur d’une batterie d’effets potentiellement indésirables (nausées, diarrhées, destruction progressive de la flore intestinale, allergies). Deuxio, cette donne anarchique a également un coût amer pour la santé : celui de générer le phénomène de résistance bactérienne et donc d’amplifier la difficulté thérapeutique. Ainsi, certaines bactéries deviennent bientôt multi-résistantes, c’est à dire insensibles à plusieurs familles d’antibiotiques.

À partir de là, certaines recommandations ne sont pas de trop : ne jamais prendre d’antibiotiques sans ordonnance, respecter la dose, la fréquence de prise et la durée du traitement, ne pas arrêter prématurément l’antibiotique prescrit même si l’état s’améliore, éviter de conseiller son traitement à un proche qui souffrirait des mêmes symptômes et appliquer en double ces principes de précaution aux enfants.

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