A la une Santé

Amrita, la fin des règles douloureuses ?


C’est la ceinture révolutionnaire qui a le pouvoir de combattre les douleurs lors des règles. Elle s’appelle Amrita et elle a été mise au point par deux jeunes entrepreneures franco-marocaines, Ferdaous El Benni et Asma Hassoune.

Peut-on enfin avoir ses règles sans être obligée de rester recroquevillée, pendant des heures, dans son lit ? Deux entrepreneures franco-marocaines, Ferdaous El Benni et Asma Hassoune, âgées respectivement de 23 et 24 ans, sont en train d’élaborer LA ceinture MIRACLE pour apaiser les douleurs causées par Dame nature. Une idée ambitieuse née durant la saison printemps-été 2017 à Marrakech. Les deux étudiantes en Master, l’une en Bioactifs et Cosmétique et l’autre en Management des entreprises de cosmétique, ont atterri dans la ville ocre pour réaliser un stage dans le même laboratoire. En France, même si elles déambulaient dans les couloirs de la même université, elles ne se côtoyaient pas. Au Maroc, elles sont devenues colocataires et amies. “Ferdaous et moi, nous avions nos règles en même temps, explique Asma. Et à cause des pics de douleurs, nous étions parfois incapables d’assurer notre stage. Nous restions enfermées chez nous, avec chacune sa méthode pour se calmer. Ferdaous, c’était les médicaments, et moi, la bouillote que je plaçais en bas du ventre.” Emmitouflées sous leurs couvertures, les deux jeunes femmes rêvent d’une solution pratique et discrète pour apaiser leurs maux. Au fil des semaines, cette idée les travaille, car elles ne sont pas les seules victimes de Dame nature. “Saviez-vous que 80% des femmes ressentent des douleurs avant et pendant les règles ?”, appuie Asma, évoquant, sur sa lancée, les femmes souffrant d’endométriose. Un chiffre élevé qui ne laisse en rien indifférent le duo qui s’est alors senti investi d’une mission : penser un dispositif pour aider toutes les femmes sujettes aux règles douloureuses.

La solution innovante et naturelle 

En octobre 2017, lorsqu’elles reprennent le chemin de l’école à Orléans, elles intègrent un incubateur au sein de leur université. L’idée plaît et ses contours se concrétisent rapidement. Elles baptisent leur projet Amrita, du nom d’une déesse grecque. “Elle offrait le sang de ses règles aux guerriers pour les rendre plus combatifs, raconte Asma. En d’autres termes, elle partait d’une “faiblesse” pour donner de la force”. Une image qui emballe les deux étudiantes. Dans leur tête également, un certain nombre de points sont évidents comme l’élaboration d’un produit 100% naturel. En clair, sans effets secondaires. Les deux protagonistes font partie de cette jeunesse méfiante envers l’industrie et les médicaments depuis le scandale de la pilule de 3ème génération. Une défiance renforcée avec la polémique, toujours d’actualité, des tampons et serviettes hygiéniques contenant des substances toxiques… Résultat : après avoir failli ressembler à une culotte, le dispositif prend la forme d’une ceinture 3 en 1, à savoir chauffante, massante et apaisante. “Chauffante comme la bouillotte, massante comme les auto-massages réalisés et apaisante via les huiles essentielles minutieusement sélectionnées pour leurs vertus”, développe-t-elle, avant de préciser : “La ceinture se place en bas du ventre. Les trois fonctions sont assurées sur cette zone qui correspond aux ovaires, alors que nous n’avons opté que pour la partie chauffante au niveau du dos.” Autres atouts : elle est autant confortable que légère. “Elle pèse moins d’un kilo”, précise l’étudiante qui explique avoir faire appel à des spécialistes du textile, que ce soit l’école ITECH de Lyon ou un expert indépendant, pour la concevoir.

Un projet 100% féminin qui séduit déjà 

Pour l’heure, même si la ceinture est toujours à l’état de prototype, elle cartonne dans les concours. Au compteur 5 compétitions remportées : Pépite France challenge (régional et national) en juillet 2018, Pépite Tremplin en janvier dernier, Talents des Cités en février, et la dernière, Pitch & Start début avril. Grâce à Pépite tremplin, Asma et Ferdaous ont pu échanger avec l’ONG Bpw qui milite notamment pour l’égalité homme/femme dans le monde du travail. À la suite de cette rencontre, toutes les deux ont été invitées à participer à des conférences abordant des sujets féminins et féministes en Irlande, en Egypte ou encore aux États-Unis. “Elle nous a donné de la visibilité”, se réjouit Asma. Une visibilité importante lorsqu’on ose s’emparer du sujet, jugé encore  tabou, que sont les règles et les douleurs associées… Mais, à s’y méprendre, cette problématique ne touche pas que les femmes. “Notre parrain qui a cru à notre projet pensait paradoxalement qu’on ne gagnerait pas de concours puisque les jurys, majoritairement masculins, ne seraient pas concernés par ce sujet trop féminin, se rappelle-t-elle. Mais au vu de notre succès, il nous a dit qu’il s’était (heureusement) trompé.” Et d’enchaîner : “Malgré sa critique de départ, nous avons persévéré. Il ne faut jamais s’arrêter mais avancer, tout en écoutant les critiques, bien sûr, constructives et objectives.”

Le plus beau des cadeaux ?

“Nous recevons beaucoup de commentaires d’hommes sur les réseaux sociaux”, indique Asma. Parmi ces messages, un l’a particulièrement touchée. “Un jeune homme nous a contactées quelques jours avant la Saint-Valentin pour savoir où acheter notre produit, se souvient-elle. Il nous a expliqué qu’il voulait l’offrir à sa copine qui souffrait atrocement des règles.” Mais, il faudra attendre encore un peu. Aujourd’hui, la ceinture est arrivée au stade des études scientifiques. “Le médecin chargé des tests a déjà sélectionné un échantillon dans lequel se trouvent notamment des femmes souffrant d’endométriose”, tient à préciser Asma. Pour les deux jeunes femmes, ce point est important pour prouver la pleine efficacité de leur ceinture. Car, elles qui ne sont pas atteintes par la maladie, l’ont déjà testée. “Fini les douleurs”, lâche-t-elle fièrement, ajoutant que la mise sur le marché est prévue pour 2020 en France, avant d’atteindre d’autres pays d’Europe, du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. En attendant, elles se concentrent sur la partie esthétique de leur ceinture, en particulier sur la palette de couleurs qui pourrait aussi faire de ce dispositif, un accessoire tendance. “Même si la ceinture est discrète, elle peut se voir si une femme porte un haut court, explique-t-elle. On proposera tout type de couleurs dont celles en vogue et flashy.” Ainsi, Amrita préservera notre santé et notre féminité ! 

Commentaires

Commentaire