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Savoir aimer : de la dépendance à l’interdépendance

Écrit par admin

Nous avons tous en commun le besoin d’être aimé. Dépendants affectifs, nous le sommes tous plus ou moins, mais lorsque l’addiction à l’autre devient obsessionnelle et source de souffrance, il faut apprendre à aimer, autrement…

La dépendance :“J’aime, donc je suis”“

Ne me quitte pas […] Laisse-moi devenirl’ombre de ton ombre, l’ombre de ta main,l’ombre de ton chien”, chantait Jacques Brel.La dépendance amoureuse parle d’amour,certes, mais d’un amour qui se vit dans lasouffrance, celle de perdre l’autre un jour…Car être dépendant, c’est être prêt à toutpour ne pas se retrouver confronté à l’insupportablevide qui survient dès quel’autre s’éloigne. Combien de fois avezvousentendu, ou vous êtes-vous dit : “Jene suis rien sans toi”, ou encore “Je me sensvide sans toi” ? L’équation “J’aime, donc jesuis”, qui crée ce sentiment d’euphorieau début de la relation, peut très vite engendrerdes souffrances. En arriver à s’oublier,à ne plus tenir compte de ses propresvaleurs ou aspirations, à s’isoler dans larelation, à souffrir en silence parce qu’onn’ose avouer, ou s’avouer, ce qui risqueraitde la remettre en question, sont autant designes de dépendance affective.L’amour fusionnel dans lequel on ne faitplus qu’un avec l’autre, en permanence etpour toujours, est irréaliste. Pourquoi ? Dansles tout premiers temps de notre existence,dans le ventre de notre mère, nous vivonsen fusion totale avec elle. Avec le “traumatisme”de la naissance, nous sommes arrachésà cette symbiose et, dès lors, nous devonsapprendre à exister par nous-mêmes.Néanmoins, le souvenir de cette fusionoriginelle reste gravé en nous. Dans l’étatamoureux, il y a un effondrement temporairedes frontières psychiques de l’ego quenous nous sommes construites pour existerseuls. En effet, lorsque l’on développedes sentiments pour notre partenaire, lesouvenir de la fusion originelle se réactive ;nous faisons à nouveau l’expérience d’uneosmose avec un être autre que nous. Maiscela ne dure pas. Après un certain temps, il ya réédification des frontières psychiques etchacun se retrouve en face de l’autre. Partantde là, soit on ne supporte pas cet état de faitet la nouvelle tournure que prend la relation,tant la perte de la fusion est insupportable ;soit on passe ensemble le cap de cette inévitabledésillusion et on apprend à se connaîtrevraiment et à construire une union amoureusesaine et équilibrée. Certaines conditionsdemeurent cependant nécessaires : seconnaître soi-même et savoir ce qu’on attendde l’autre et de la relation

.Accro à l’être aimé ou àl’amour ?

Certaines personnes sont “addicts” àl’état amoureux : elles portent en ellesde telles carences affectives précoces qu’elles ont la conviction de ne pas pouvoirexister psychiquement par ellesmêmes.Lorsqu’elles fusionnent, elles ontl’impression d’exister enfin ; mais quandla “dé-fusion” survient, elles sont à nouveaurenvoyées à leur sentiment de videintérieur. Elles repartent aussitôt en quêted’une nouvelle union ! En répétant ceschéma à l’identique, elles se condamnentà rester prisonnières du cercle fusionnel,sans pouvoir se donner la chance d’adopterun mode de fonctionnement plus sainet plus harmonieux pour elles. Un accompagnementen analyse ou en coaching devie peut aider à sortir de ce modèle amoureuxinfernal, car la “dé-fusion” exige un authentiquetravail de deuil du/de la partenairequ’on avait idéalisé(e).

L’interdépendance : àdeux, en mieux !

On a beau être équilibré et autonome,lorsqu’on tombe amoureux d’une personne,on apprécie sa présence et on aimepartager un maximum de choses avecelle. Les sentiments profonds et durablesconsolident l’attachement et installentune relative dépendance affective qui,pour être épanouissante pour les deuxpartenaires, doit être respectueuse de laliberté de chacun. La relation est alorsconçue et vécue dans le cadre de l’échangeet du partage ; on peut dans ce cas parlerd’interdépendance affective. Dans ceschéma, personne n’est la propriété ou lepropriétaire de l’autre. Le regard de l’unne met pas l’autre au monde, il le rendplus vivant. Ni elle ni lui n’a besoin del’autorisation de l’autre, mais chacun tientcompte de l’avis de sa moitié.Le couple interdépendant affectif n’estpas l’amalgame des deux partenaires,mais une troisième entité qui réunit deuxindividus à part entière, épanouis et autonomesl’un sans l’autre, solidaires etcomplices l’un avec l’autre.L’amour reste l’exigence de l’individu et ducouple, mais il est aussi source de désillusion,de confusion et de souffrance. Car l’enjeu estde taille : se réaliser soi-même, le permettreà l’autre, défier l’usure du temps… Mais noussommes libres comme jamais de choisirnotre partenaire et d’établir nos relations.Tant mieux ! Profitons-en pour savoir nousaimer sans nous aliéner… â—†

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