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L’argent me brûle les doigts


Une relation pathos à la dépense et à l’argent est souvent le symptôme d’un conflit intérieur complexe. Prompt à dégainer les billets ou anormalement prodigue avec son entourage, le panier percé a cependant la capacité de soigner ses fuites…

 Je dépense donc je suis ?

Sara n’arrive pas à économiser le moindre sou de l’argent qu’elle gagne : “On dirait que ma carte bleue me démange. Je ne regarde jamais la note et suis une boulimique d’achats compulsifs et inutiles que je regrette très vite après.” En effet, une fois rendue at home, elle constate souvent que dans son placard trône à quelques détails près la même paire de bottes ou un sac équivalent. Elle avoue aussi posséder une panoplie de produits de beauté de grandes marques, dont les deux tiers se périment, faute d’usage. Dépenser un max est devenu son mode de fonctionnement addictif du quotidien : “Je n’ai aucun frein et fonctionne sous l’emprise de pulsions incontrôlées : j’achète des tas de fringues, gadgets électroniques, articles déco, je craque pour des bijoux hors de prix, j’invite mes amis au resto… Lorsque je dois faire des cadeaux, je cherche toujours le présent le plus cher qui va épater la galerie.” Sara, qui mène grand train sans être pour autant ni une riche rentière ni une travailleuse au salaire mirobolant, souffre de la situation, consciente que quelque chose ne tourne pas rond. Soulagement, détente puis remords, le mécanisme est invariable. Par ailleurs, en découvert permanent à sa banque, elle se fait régulièrement tirer les oreilles par son banquier et débourse des agios à la pelle…

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Se remplir… tout en vidant sa bourse

Parole de coach, l’argent qui ne fait pas long feu dans la poche a souvent trait à l’histoire personnelle de l’individu. Une enfance avec des parents qui se serraient la ceinture se traduira parfois à l’âge adulte par une volonté “sans limites” de ne plus se priver. Le mécanisme compensatoire de la dépense peut aussi intervenir pour combler un manque affectif ou masquer des angoisses liées à une vie insatisfaisante. Même s’il est entretenu par les sollicitations de la société d’hyperconsommation, l’acte de dépenser à outrance n’est pas innocent. Il a pour effet de doper momentanément l’estime de soi, surtout lorsqu’on a le sentiment de ne pas être à la hauteur. Ainsi va s’opérer une confusion entre la valeur de ce qui est acheté et notre propre valeur personnelle qui remonte d’un cran à nos yeux. Une sensation de toute puissance factice va alors se dégager du fait d’acheter sans compter.

Aimez- moi, aimez- moi !

Souvent, la personne généreuse avec ses sous arrose aussi autour d’elle ses proches de manière totalement irrationnelle. En effet, si la générosité est appréciable, elle devient complètement inappropriée quand elle s’exerce à ses dépens. Or ce type de comportement non maîtrisé affiche une envie d’être aimé et apprécié, même si c’est pour les mauvaises raisons ! Si le prodigue existe en donnant, il ne sait en général pas recevoir. Et il rentre bientôt dans un cercle vicieux où le doute le ronge sur la sincérité de ses relations, sans qu’il n’ait toutefois la force de faire machine arrière…

Les axes pratiques à travailler

Restaurer l’estime de soi : Avec l’aide d’un coach ou d’un psy, on doit restaurer son capital confiance en le détachant de tout rapport à l’argent.
S’acheminer vers l’abstinence financière : Arme absolue contre les débordements, le budget mensuel est l’étape n°1 des soins intensifs, quitte à revenir à la gestion d’antan, avec petites enveloppes dévolues à chaque poste de dépense. Ainsi, chaque début de mois, on dispache sur les différentes rubriques : loyer ou traite de crédit logement, eau, électricité, téléphone, nourriture, frais de scolarité des enfants, assurances diverses, essence… Une fois les impondérables déduits de sa calculette, on décide de l’argent de poche fixé pour la semaine et du montant dédié aux extras. En outre, pour toute dépense supérieure à X dirhams, on dispose d’un relais à informer (conjoint ou maman), puis d’un délai d’attente de quelques jours avant de passer à la caisse. D’ici là, la nécessité absolue d’acquisition se sera peut-être muée en mauvais plan à enterrer. Le but est d’arriver à distinguer le vrai besoin de l’envie passagère. En outre, pour sortir flâner ou aller au café, on se leste de quelques deniers en évacuant carte bancaire et chéquier de son sac… Dernière précaution : identifier sur une échelle de un à dix les objectifs dépensiers qui apportent le plus de satisfaction. Histoire de se focaliser uniquement sur ce qui nous semble incontournable !

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