Psycho

Je suis une éternelle insatisfaite


Amour, travail, loisirs, relations aux autres…, sur pas mal d’aspects de la vie et quels que soient les objectifs atteints, on ressent un manque, un mécontentement ou une sensation diffuse d’ennui.

Jihane est l’exemple type de l’insatisfaite chronique. Ce qu’elle vit lui semble invariablement insuffisant et très en deçà de ses attentes. “J’ai toujours l’impression que les choses ne tournent pas comme je voudrais. Dans le boulot, je n’arrive pas à m’épanouir et j’ai changé plusieurs fois de boîte, affirme-t-elle. Au bout d’un moment, les tâches m’apparaissent répétitives et sans intérêt, et l’ambiance de travail me pèse. L’amour ? N’en parlons même pas ! Après la première rencontre, je suis très déçue et je laisse tomber… En vacances non plus, je n’arrive pas à me détendre. La dernière fois, à l’occasion d’un voyage organisé, je n’ai pas cessé de faire des remarques sur l’hôtel, le service, les visites, et je me suis mise à dos tous les gens du groupe !” Ce malaise, elle le traîne comme un boulet et souffre, parallèlement, de son image de râleuse pessimiste. Elle se verrait plutôt comme une fille ayant plus d’exigences que la moyenne des gens, et avec des envies qui partent un peu dans tous les sens. Pour autant, elle reste consciente que sa quête perpétuelle de renouveau accentue son instabilité émotionnelle et s’avère être un cercle vicieux : “Lorsque j’entreprends quelque chose, je suis survoltée, joyeuse à l’excès, motivée. Mais dès que j’arrive à mes fins, je me lasse aussi vite et le soufflé retombe”, admet-elle. Plus dure est alors la chute…
 
La parfaite victime

Si l’éternelle insatisfaite ressent un sentiment de “vide à combler”, elle reporte souvent les causes de son mal-être sur le défaut de chance, l’entourage qui ne la comprend pas ou encore l’environnement défavorable. À partir de là, adepte convaincue du “fuyez le bonheur de peur qu’il ne vous échappe”, elle se comporte souvent de façon à faire échouer les événements afin, une fois la catastrophe consommée, de pouvoir se lamenter avec raison ; en relevant, évidemment, son niveau d’exigences pour le round suivant… Et le fait est qu’elle aura beau être en situation de réussite, il lui manquera toujours cette dimension “imaginaire” que les autres ont et qu’elle n’a pas. L’herbe est alors définitivement plus verte chez le voisin! Avec cette saboteuse inconsciente, inutile d’y aller de petits sermons du style “Tu as tout pour être heureuse!”, ou “Profite de ce que tu as avant de courir derrière le reste !”… Elle y serait parfaitement imperméable, ses acquis lui semblant dérisoires au regard de ses aspirations.
 
“bof” : un état d’esprit

Elle a du mal avec la réalité. Ce qui la botte, c’est l’espoir, le rêve, la conquête… Sans doute, ses parents, en cédant à toutes ses sollicitations de fillette, sans mettre de barrières ou de limites, ne lui auront pas appris le bon dosage de la frustration. Ce maintien dans un statut de toute puissance infantile peut forger, plus tard, des adultes s’inventant des exigences impossibles à tenir et épuisantes. C’est à l’âge tendre que se joue le plus gros de la partie, et il peut arriver qu’un ressenti de dévalorisation par rapport à un frère ou une sœur perçu(e) plus doué(e), soit à l’origine de ce processus pathologique.
 
les clés de la satisfaction

Il ne sert à rien de chercher en vain à changer l’extérieur, puisque c’est de l’intérieur que la transformation doit s’opérer. Primo: stopper l’introspection narcissique de ses émotions et de ses pensées : je “fais” sans me poser de questions sur la qualité supposée du moment et sans comparer. Deuxio : se responsabiliser. Si le dégoût pointe son nez, c’est peut-être qu’on ne s’est pas assez impliqué ou intéressé. Tertio : à la fin de la journée, comptabiliser les choses agréables et exprimer tout haut sa gratitude. Et enfin, se tourner vers les autres en leur offrant empathie et écoute ; histoire de sortir du cercle étroit de son nombril !

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