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Vitshois Mwilambwe Bondo, celui qui éveille les conscience (5/5)


Dans le travail minutieux de Vitshois Mwilambwe Bondo, la femme a une place majeure. À partir de collages, l’artiste congolais dessine des silhouettes qui hantent, voire bouleversent, et questionnent sur le corps, la société et le monde.

Avec Vitshois Mwilambwe Bondo, la femme illumine. Elle incarne la force, l’élégance et la beauté. “Mes créations sont toujours tournés autour de l’être humain au sein de la société, explique-t-il. Mais la plupart du temps, la femme s’impose d’elle-même.” Sur son immense toile posée délicatement sur le mur de la Galerie 38, un corps prend forme via des petits bouts de papiers colorés trouvés dans des centaines de magazines féminins. “C’est la reine Lueji (Rwej) de la dynastie des Mwant-Yav de l’empire Lunda qui occupait une grande partie de l’actuelle République démocratique du Congo mais aussi de la Zambie et de l’Angola, décrit-il. Dans la mythologie, on raconte qu’elle a défié son époux, le roi de Lunda, en se mariant avec plusieurs hommes répondant ainsi au nombre de femmes qu’il avait !” Cette œuvre d’une symbolique remarquable fait partie d’une longue série d’autres créations en préparation. Vitshois Mwilambwe Bondo s’est fixé comme mission de redonner une place aux grandes oubliées d’Afrique et d’ailleurs, qui ont pourtant marqué leur royaume, à l’instar des reines Makeda et Nzinga ou encore Mama Bangala. Pour lui, il est enfin temps de rendre justice à ces héroïnes d’antan en les transformant et en les immortalisant en divas des temps modernes.

Inspiration et douleur

“Ma mère m’a beaucoup influencé dans ma perception de la gent féminine, confie-t-il. C’était une battante. Ses ancêtres venaient du royaume de Lunda. Et aussi loin que je m’en souvienne, elle ne s’est jamais laissée marcher sur les pieds.” Vitshois Mwilambwe Bondo l’a vénérée. Alors lorsqu’elle décède en 2013, il sombre. “Je suis restée sans peindre pendant un an. Quand j’ai repris les pinceaux, la grande majorité de mes fonds étaient sans le vouloir noirs. Je ne m’en suis jamais rendu compte de moi-même. Il a fallu attendre 2016 pour que ma galerie de Milan m’en fasse la remarque.” Son vécu l’inspire inévitablement. “J’ai également réalisé une série d’œuvres sur le chaos, faisant référence aux conflits perpétrés en République démocratique du Congo, explique-t-il. J’ai moi-même perdu des membres de ma famille lors d’affrontements…” Sur ses toiles, des corps, parfois sans tête, qui se tordent de douleur. L’une de ses œuvres a même été primée à la Foire contemporaine de New York en 2012. Ladite création ? Un visage hurlant dessiné sur fond rouge et composé de milliers de petits personnages représentant des victimes au Congo-Kinshasa. Le style de Vitshois Mwilambwe Bond est tout bonnement marquant et prodigieux. L’artiste congolais a la faculté d’éveiller les consciences en captant le regard ! 

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