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Home organizing : Mya, fée du rangement


Ranger, mettre de l’ordre, faire le tri dans ses affaires, se débarrasser des choses dont on ne se sert plus, pour retrouver une sensation de fraîcheur et de légèreté. Plus facile à dire qu’à faire ! Sauf quand ce sont les experts qui s’en occupent et cela devient comme par magie, une partie de plaisir. Le home organizing est arrivé chez nous !

Devant un dressing mal rangé, Mya Lucain se frotte les mains et lâche un grand sourire. Pendant que certains frôlent la crise de larmes en pensant qu’ils n’y arriveront jamais, elle a le don de transformer un espace sens dessus-dessous en havre de paix, où il fait bon vivre et en plus, elle y trouve du plaisir. Son métier : home organizer. “Mon rôle quand j’arrive dans une maison, c’est de simplifier, de ranger et d’organiser pour que les personnes que j’accompagne se sentent mieux, plus légères et plus heureuses”, explique Mya. Oui le rangement peut être source de bonheur, elle en est convaincue et arrive à en convaincre ses clients, parce qu’en métamorphosant un intérieur, Mya a l’impression d’agir aussi sur le moral. Tant que ça ? Oui et bien plus encore. “Les gens du monde entier ont été attirés par cette philosophie, non seulement pour son efficacité, mais également pour le fait qu’elle attache une grande importance à la prise de conscience, à l’introspection et à l’avenir.” Voilà qui explique tout. Cette phrase qu’on peut lire sur le blog de Marie Kondo, prêtresse mondiale du rangement, dont les livres sont des best-sellers tirés à des millions d’exemplaires et dont la méthode a inspiré une série documentaire sur Netflix, érige le “home organizing” en philosophie.

Alors que le concept connaît un succès fulgurant aux États-Unis et dans plusieurs pays d’Europe, il est encore timide dans notre pays. Peut-être parce que ce n’est pas encore assez répandu et peut être aussi à cause du principe qui veut que l’intérieur de la maison relève du privé, de l’intime. “J’avais très peur que l’idée soit mal reçue au Maroc, mais je constate que les gens acceptent volontiers de m’ouvrir leurs dressings, leurs chambres, leurs maisons pour que j’y apporte ma touche, que j’y installe ma méthode de rangement”. Il est vrai que Mya a commencé avec des amis et des membres de la famille, puis peu à peu, au fur et à mesure qu’on entendait parler de ses petits miracles, d’autres personnes ont commencé à solliciter son intervention.

Dressing détox

Mya a choisi de mettre en place trois formules pour répondre à toutes les demandes : dressing détox, room détox et home détox. C’est la première formule pour l’instant qui marche le mieux.

Un petit dressing par exemple lui prendra quatre heures de travail. Mais avant d’entamer la métamorphose, elle passera d’abord sur les lieux pour établir un diagnostic et dresser la liste des articles de rangement qu’il faut acquérir. Elle enverra ensuite à sa cliente un devis et quelques recommandations ou bons plans pour acheter ce qu’il faut. Lorsque la commande est passée, l’intervention se déroulera en présence de la cliente qui aura son mot à dire, bien sûr, mais qui devra écouter les conseils de l’experte du rangement. Celle-ci fera du tri dans les affaires pour ne garder que ce qu’il faut, réorganisera l’espace et procèdera au rangement. “Tout se fait dans la bonne humeur et la bienveillance. Je ne porte aucun jugement sur quoi que ce soit, je suis comme une grande sœur ou une bonne copine et je pense que les gens apprécient cela.”

Donner du sens à chaque objet

Dans sa méthode de rangement, Mya laisse les objets et les articles qui ont une valeur sentimentale en dernier. “On ne garde que ceux qui continuent de nous émouvoir et de nous toucher, les autres, on les laisse partir”, recommande-t-elle à ses clientes. C’est la partie la plus difficile du travail. En effet, qui d’entre nous n’a pas au fond d’un placard, dans un coin du dressing ou dans des tiroirs, des tas d’objets qui ne servent plus à rien, mais dont on a du mal à se séparer. Le travail de Mya consiste justement à aider ses clientes à faire le tri et à prendre une décision parfois un peu difficile. Mais son rôle ne consiste pas seulement à jeter ; elle reconstruit, recycle et redonne vie à des vêtements ou des objets complètement oubliés. “J’ai l’impression d’avoir fait une séance de shopping”, déclare une cliente à Mya. Le but c’est de donner du sens à chaque objet et surtout de diffuser du bonheur et de la joie.

Pour exercer ce métier, il faut être passionné. “Ma mère me répète souvent que petite déjà, j’avais le don de ranger soigneusement toutes les affaires et les robes de mes poupées. Peut-être que le choix que j’ai fait vient de là.” Une chose est sûre, Mya qui vient de se reconvertir en home organizer après plusieurs années dans la com, ne compte pas changer de métier. “J’adore ce que je fais et j’espère pouvoir me développer très vite”, dit-elle en ayant la tête à la prochaine formation qu’elle suivra pour ajouter une nouvelle corde à son arc et devenir également “Office organizer”. Mya voudrait élargir ses prestations à l’entreprise et intervenir pour mettre de l’ordre dans les bureaux. Au bonheur, s’ajoutera alors une meilleure productivité. 

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