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Devenir parent, toute une aventure !

Écrit par Latifa Abousaïd

Devenir parent est une histoire dont les héros sont au nombre de trois : le père, la mère et le bébé. Pour que ça marche, les trois doivent apprendre à se faire confiance mutuellement…pour la vie !

Au commencement, il y a le couple. Puis un beau jour, un désir, une question : et si on faisait un enfant ?  Puis un autre beau jour, le test de grossesse. Positif. Un bébé est en route !  Anxiété, doute, interrogations, joies et craintes croissent alors en même temps que le ventre de la future maman s’arrondit ! Comment gère-t-on un nouveau-né ? Serons-nous à la hauteur ? se demandent les futurs parents.  Et plus prosaïquement, pour la  future maman, une question lancinante : est-ce que j’arriverai à accoucher ?

Coucou, me voici !

Les pratiques de l’accouchement ont beaucoup évolué même si le corps de la femme est toujours le même, doté de cette belle mécanique qui permet de mettre au monde des enfants. Les bébés connaissent d’instinct le chemin de sortie. Mais les radars des (futurs) parents sont brouillés car ces derniers sont submergés par toutes sortes d’informations, d’expertises. Tellement submergés qu’ils perdent foi (parfois) en leurs compétences et aptitudes, ce qui rend les futures mamans sourdes aux petits signaux que leur corps envoie ; signaux indétectables par les machines aussi puissantes soient-elles. Les parents nouvelle génération ont tendance à oublier que la naissance est synonyme d’imprévus, souvent heureux. Leur quotidien est ponctué par les vocables : agenda, planification, performance.

Certes il est judicieux de planifier, mais il est urgent de rétablir une vérité première : l’arrivée d’un bébé est une aventure qu’il faut confier à Dame nature dès que le signe + apparaît sur le test de grossesse !

Bébé est là, les doutes aussi !

À l’arrivée de l’enfant, un vrai remaniement se passe dans la petite cellule familiale. Tantôt le couple fusionne en adoration synchrone devant ce nouveau-né, tantôt il se confronte sur l’éducation à donner au petit trésor selon les règles et l’héritage éducationnel de chacun. C’est à travers le passé que l’on se développe à titre de parent, nul n’y échappe. Nous venons tous du pays de notre enfance ! Et les questions pleuvent !  Qu’est ce qui est mieux : rester fidèle à son propre vécu ou se situer exactement à l’opposé ? Les psys nous apprennent qu’il n’y a pas de bon ou de mauvais positionnement mais que la carte gagnante a pour nom conscience. “Devenir conscient de ce qui me pousse à répéter ou à faire l’inverse. C’est à partir du moment que je réalise pourquoi tel ou tel acte, tel ou tel comportement, le mien ou celui de mon conjoint, induit en moi confusion ou souffrance  que je deviens libre de choisir ce que je veux faire”, explique madame El Harti, psychiatre. Décodons via une illustration. Un parent ayant souffert d’une discipline sévère et rigide étant enfant, développera des attitudes parentales permissives. Ou encore des parents ayant vécu leur enfance dans une explosion de conflits vont se faire le sermon de ne jamais se chamailler avec leur conjoint (e) pour  préserver les enfants et leur épargner des scènes pénibles. S’ils honorent leur promesse, ils vont droit dans le mur, nous explique madame El Harti qui précise : “Après quelques années de frustrations accumulées et jamais extériorisées ni explicitées, c’est l’implosion assurée du couple conjugal.” Ces parents aboutissent exactement au schéma qu’ils voulaient à tout prix éviter.

Recherche parent (suffisamment bon) éperdument 

Être (un bon) parent c’est aussi se donner le droit à l’erreur. Bébé n’est point livré avec le mode d’emploi ! Les experts de tout poil tracent des pistes, apportent leur expertise, mais, au final, c’est aux parents de décider ce qui convient le mieux à leur enfant. Madame El Harti rappelle la boutade de Freud à l’adresse des parents “quoi que vous fassiez ce sera mal” et explique : “les parents, même pleins de bonne foi, vont commettre des erreurs. Leur enfant insatisfait tiendra  probablement ce raisonnement plus ou moins inconscient : mes parents n’ont pas réussi à faire de moi celui que je voulais être, je suis insatisfait de ce que je suis. Je vais remettre l’histoire en chantier, l’ouvrage sur le métier, je vais élever un enfant sans commettre les erreurs que mes parents ont commises à mon égard. Et tout naturellement, cet ‘enfant’ en commettra d’autres !  La condition humaine est ainsi faite. Que les parents ne se creusent pas la tête pour savoir s’ils font bien leur métier de parent. Élever son enfant est à l’exacte portée de chaque parent lambda. Les difficultés que les parents rencontrent les aident à parfaire leur propre histoire !”

Ne jamais culpabiliser du moment que le point de départ de toute action parentale est l’amour. Le point d’arrivée d’une action, personne ne peut le connaître, vu les innombrables impondérables qu’elle rencontre sur sa route, impondérables dont les parents ne peuvent être tenus pour responsables. 

Avoir un enfant est une chose. Être parent en est une autre.

Point de vue de madame Batoul el Harti, psychiatre.

On l’attend, on l’imagine puis un beau jour il est là, le merveilleux bébé ! La porte de la parentalité s’ouvre en grand. Aujourd’hui, les futurs parents peuvent consulter de très nombreuses sources qui leur fournissent des milliers de réponses aux centaines de questions que se posent naturellement les candidats à la parentalité. Il revient aux principaux concernés de faire la synthèse des renseignements récoltés pour accueillir bébé et l’accompagner selon leurs valeurs et leur philosophie de vie. Ce n’est pas chose facile que de faire la dite synthèse : accoucher naturellement, demander une assistance anesthésie, réclamer une césarienne ? Allaiter ou non ? Vacciner ou pas ? Couches jetables ou lavables ? Quoi qu’en disent les experts, c’est aux parents que reviennent ces choix. Il n’y a pas un seul modèle de famille et pas qu’un seul modèle de bébé. Comment éduquer l’enfant à venir ?  Vers quel système de garderie et d’apprentissage se tourner quand il atteint l’âge de la scolarisation ? La dernière étude de l’Université Alpha est contredite le lendemain par le centre de recherche de petite enfance de l’université Beta ! Il n’y a pas de bonne réponse. La seule qui vaille c’est celle avec laquelle les parents se sentent en confiance.

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