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Bien gérer le retour à l’école post-Covid-19


Après plus de 6 mois d’absence, les élèves retournent sur les bancs de l’école. Un moment tant redouté par les enfants mais aussi les parents. Comment éviter alors que l’école ne se transforme en cauchemar ? Décryptage.

La rentrée scolaire est toujours un moment important dans la vie d’un enfant, d’autant plus en 2020. En effet, tel un remake d’un film de science-fiction, le virus Covid-19 s’est propagé dans le monde entier, devenant une pandémie qui a littéralement paralysé tous les secteurs, notamment celui de l’éducation. Les cours ont, pour ainsi dire, été décousus et les parents pris au dépourvu, essayant d’endosser, tant bien que mal, le rôle de professeur, du moins jusqu’à l’été. La nouvelle année scolaire 2020-21 est par conséquent un enjeu de taille. “De nombreux changements attendent les élèves, il va falloir faire preuve d’autonomie et d’organisation”, explique d’emblée Oussama Lahlou, psychologue clinicien et directeur du cabinet d’éveil psychologique de Casablanca, évoquant, ainsi les mesures barrières à adopter pour lutter contre la propagation du virus ou encore une possible alternance entre cours présentiels et cours à distance. Bref, cette nouvelle situation aura forcément une incidence sur le psychisme des élèves qui devront faire preuve d’accommodations.

Anxiété infantile

Même si leurs petits camarades d’école leur manquent, tous les enfants n’attendent pas avec impatience la reprise des cours. Certains l’appréhendent. L’annonce d’un virus qui a envahi le monde, faisant la Une quotidienne des médias, ainsi que l’arrêt de l’école présentielle, les a traumatisés. “Les enfants et les adolescents, plongés dans une fragilité psychologique, traversés par des bouleversements hormonaux et des doutes identitaires, éprouvent des difficultés à accepter les changements qui peuvent même être craints lors de cette étape cruciale qu’est la rentrée, indique le spécialiste. Certains de ces changements peuvent donc être source de sentiments de dévalorisation, de doutes profonds, de moments dépressifs, d’idées de mort, de sentiment de fragilité et de manque d’estime de soi.” Pour reconnaître un enfant en souffrance, plusieurs signes peuvent alerter comme des angoisses, des insomnies, un manque d’appétit, un repli sur soi, ou tout simplement un refus d’aller à l’école. Après avoir repéré sa détresse, il est indispensable de prendre le temps d’écouter et d’entendre ses préoccupations, d’être empathique et de saisir les différentes difficultés qu’il vit afin d’adapter un discours selon l’âge et la nature des réticences, comme le conseille Oussama Lahlou. “Quand nous sommes soumis à quelque chose d’anxiogène, la meilleure des protections psychiques, c’est d’être actifs, ajoute-t-il. Comme, par exemple, nous laver régulièrement les mains ou mettre des masques lorsque nous devons sortir. Si vous voulez, c’est pousser l’enfant à se mettre en position active pour ne pas subir les choses de façon impuissante.” Dans tous les cas, “quels que soient les problèmes qu’affronte votre enfant ou adolescent durant cette rentrée, plus tôt ils seront détectés, plus vite votre enfant pourra s’intégrer et éviter ainsi l’échec scolaire”, avertit le professionnel.

Démotivation générale

Après cette période inédite, certains enfants, pourtant bons élèves, se retrouvent désormais en difficultés d’apprentissage. Les remotiver devient primordial. “Quand les enfants sont démotivés, ils interrogent le sens des apprentissages, signale Oussama Lahlou. Leur faire recopier cent fois les mêmes mots dans l’espoir qu’ils les mémorisent, les priver de connexion, de téléphone, pour les obliger à travailler mieux, ne peut être la solution”. Pour le spécialiste, les parents doivent se tourner vers l’équipe pédagogique et autres membres de l’établissement. “Certains aménagements pédagogiques peuvent être proposés comme l’aide et le soutien aux différentes évaluations ou l’intervention d’une assistante de vie scolaire (AVS) pour aider l’élève à suivre son programme éducatif à son propre rythme”, indique-t-il, ajoutant qu’une autre option peut être le travail dans un environnement calme loin de toutes distractions. Problème, enfermés à la maison, la démotivation d’un enfant peut aussi influer sur celle de ses frères et sœurs. Pour éviter cette situation, ne tombez pas dans le piège de la comparaison, et essayez d’entretenir son envie d’apprendre par d’autres manières, comme le souligne le psychologue clinicien. Comment ? “En faisant le parallèle entre l’apprentissage scolaire et la réalité concrète, répond-il. Par exemple, pesez la farine pour faire un gâteau, démontez un jouet, bricolez et faites des activités parascolaires. Vous devez également différencier l’enfant en tant que personne, de l’élève. Il doit sentir un intérêt du parent non pas pour ses notes, mais pour lui et ce qu’il a vécu, ce qui l’a intéressé, ses joies, ses peines…” En d’autres termes, l’enfant démotivé a besoin d’écoute et de compréhension. Aussi, le spécialiste martèle : “Les parents gagnent à valoriser les nouvelles compétences acquises par leur petit, à dédramatiser ses erreurs et à l’encourager.”

Peut-être une chance…

Cette rentrée particulière peut aussi être un nouveau départ pour un enfant en difficulté. Grâce au confinement ou aux cours à distance, les parents ont pu se rendre compte des difficultés scolaires de leur enfant. “Lors de cette rentrée, nous disposerons de plus de temps avec les élèves, ce qui pourrait être une bonne occasion pour essayer d’engager les démarches nécessaires pour les accompagner à faire le point sur les efforts à fournir pour pouvoir peut-être se redonner une nouvelle chance au sein de l’école”, expose Oussama Lahlou. “D’après des spécialistes en éducation, les premières semaines, voire les premiers jours de scolarité après la rentrée sont souvent déterminants”, insiste-t-il, avant d’indiquer qu’un avis psychologique dans un premier temps reste nécessaire et important pour déterminer la raison d’un décrochage. “Le psychologue intervient lorsqu’un enseignant ou un parent lui fait part d’inquiétudes au sujet des difficultés d’apprentissage ou de comportement d’un enfant ou d’un adolescent, développe-t-il, l’objectif étant d’accompagner l’écolier à mieux vivre sa scolarité et à optimiser ses apprentissages.” Dans un deuxième temps et selon la nature des difficultés, les parents pourront faire appel à d’autres spécialistes comme un orthophoniste s’il s’agit de problèmes d’écriture ou de lecture, un psychomotricien pour des difficultés en lien avec la concentration ou la motricité. Et Oussama Lahlou de persister que “le message à véhiculer à l’enfant en décrochage scolaire est qu’il a droit à l’erreur, qu’on n’attend pas de lui qu’il soit parfait et qu’on est là pour lui, pour le comprendre et le soutenir, le temps qu’il retrouve sa motivation.”

conseils pour bien préparer son enfant au retour à l’école

Pour encourager les enfants à reprendre le chemin de l’école, Oussama Lahlou, psychologue clinicien et directeur du cabinet d’éveil psychologique de Casablanca donne, aux petits et grands, quelques astuces. Les conseils ? Mettez au point avec votre enfant un planning détaillé des heures de révisions pour chaque matière ainsi que des moments de repos. Ensuite, faites-lui relire attentivement ses cours afin qu’il se construise une idée globale sur ses différentes matières et qu’il soulève les éléments non assimilés. Aussi, il pourra poser des questions à son professeur, dans le groupe de travail à distance ou en privé, pour avoir des éclaircissements sur la leçon et revoir certains points qui n’ont pas été compris. Votre enfant doit également synthétiser ses leçons avec des fiches, mais aussi regarder des tutoriels sur YouTube en complément des cours, tout en effectuant des exercices interactifs sur Internet du type QCM. Internet est un outil exceptionnel pour vos révisions, profitez-en au maximum, comme le souligne le spécialiste, rappelant que pour préparer son enfant à l’école, il faut l’aider à se déstresser en faisant par exemple des exercices de respirations, à se dépenser en jouant ou en courant, et à développer sa confiance en soi. Pour cela, Oussama Lahlou met en avant la méthode Coué avec la formule magique “je suis le meilleur, je veux y arriver, je peux y arriver”. Alors, allons-y avec le sourire !

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