c'est mon histoire

Moi, don Juan au féminin

Écrit par admin

Célibataire et « anti-engagement », Sofia manifeste pourtant un grand appétit pour la gent
masculine et affiche un turnover impressionnant de conquêtes. Mais que cache cette posture
hédoniste clairement revendiquée ?

L'autre jour, de mémoire, j’ai essayé defaire le décompte de tous les hommesqui sont passés dans ma vie. Mêmeavec toute la concentration du monde, je nesuis pas parvenue à tous les répertorier. Depuisseize ans, il y en a eu beaucoup… mais ilfaut croire que certains m’ont moins marquéeque d’autres ! Aujourd’hui, j’ai trente-quatreans, un physique agréable, et je n’ai pas finide jouir de l’existence. C’est simple, je suis àcet âge charnière où toutes mes copines commencentà songer à se caser, l’accélération del’horloge biologique aidant. Mais ce n’est pasmon cas. Ces demoiselles sont persuadéesque mon rejet du couple n’est que faux-semblants,qu’il dissimule une envie contrariée.J’ai beau claironner que je n’ai aucun désird’engagement, pour elles, une love story avortéeest plus souvent le fait d’un homme quivous quitte. Grand bien leur fasse ! Si ellesvivent leur célibat comme un calvaire, moi,j’ai plutôt choisi de le considérer comme uneliberté. Rester branchée uniquement sur desbattements de coeur “productifs” susceptiblesde déboucher sur un mariage, quellehorreur ! Sans compter qu’enfanter ne faitpas non plus partie de mes projets…BREF, en ce qui me concerne, il s’avèreque je suis allergique aux conventions et surtout,à la monogamie monotone. Pourtant,j’ai bien essayé,

une fois… À l’âge de 26 ans, jeme suis mariée avec un garçon dont je m’étaisentichée sans trop réfléchir. Moins de troisans après la grande fête, le voyage de noceset tout le tralala, toutes mes illusions ontchuté du quarantième étage ! Je porte certainementune grande responsabilité dans cetéchec, car dès les premières engueulades, j’aipris la fuite comme une voleuse. Impossiblede me projeter dans un quotidien à deux,avec toutes les concessions que ça implique.D’ailleurs, aucun couple de mon entouragene m’a jamais semblé vraiment enviable ;celui de mes parents en premier lieu. Entrecrises, déchirements, tromperies de monpère et compromissions sociales maintenuesà grands coups de pansements hypocrites, ilaurait pu remporter la palme du dysfonctionnement! Le “traumatisme” est donc ancrédepuis longtemps…

UNE FOIS le divorce prononcé, j’aivoulu prendre un peu le large et me suis inscriteen cursus de troisième cycle en France.Pendant deux ans, je me suis beaucoupamusée. J’ai fréquenté, par le biais d’un amidans la pub, beaucoup de milieux branchésparisiens. J’ai eu pas mal d’aventures, touten voyageant aux quatre coins de la planète,toujours accompagnée. Néanmoins, mon butn’a jamais été de me faire entretenir ou deprofiter matériellement de mes conquêtes,loin de là. La nouveauté m’attire. Découvrirun lieu inconnu dans les prémices frémissantsd’une relation, c’est juste le super “fit”émotionnel et sensuel !

À MON SENS, la magie dela séduction ne peut se renouveler qu’àcondition de varier le menu ; et en amour,je suis très gourmande ! Au moment oùtout bascule entre deux êtres qui se plaisent,j’éprouve un plaisir infini à existeret à vibrer. Quand un monsieur vous regardecomme si vous étiez la huitièmemerveille du monde, vous avez tout pouvoirsur lui. Sur le plan narcissique, c’esttrès fort ! Ensuite, je peux avoir une follepassion (ou pas) pour la personne, maisça ne dure jamais très longtemps. Dèsqu’on rentre dans des considérations plusterre à terre, comme l’emploi du temps àaménager pour se voir, les coups de fil, lesconversations un peu creuses, ses problèmesde boulot, ses déprimes, les petitsreproches…, je commence à étouffer etdeviens progressivement étrangère à moimême.Moins passionnée, moins rigoloteet pas du tout investie.

DEPUIS QUE

je suis rentrée au Maroc,ma plus longue histoire a duré six mois etpour tout avouer, je m’ennuyais déjà au boutd’un mois. Je sais que je l’ai fait souffrir en luiannonçant de but en blanc que c’était fini,sans donner de raison particulière. Car leshommes d’ici sont déstabilisés par cette attitudecontre-nature. Ils doivent être trop habituésà ce que les nanas essaient de leur mettrele grappin dessus pour se faire épouser ! Il yen a un qui m’a carrément dit que, d’habitude,ses petites copines le harcelaient téléphoniquementet qu’il n’y comprenait plus rien ! Unautre, pour se venger, m’a traitée de “Mariecouche-toi là” parce qu’après un rodéo sexueld’une semaine, j’ai coupé court à ses ardeurs.J’ai eu du mal à digérer l’insulte. Refuser des’attacher ou passer d’un mec à l’autre peutdonc vous valoir une étiquette très péjorative :celle d’une donzelle libre de ses choix affectifsne pouvant être qu’une nymphomane ou unefemme de mauvaise vie.

OR, si je m’éclatesouvent au lit, ce n’estpas tant le sexe quime fait courir. C’estla rencontre avec ungrand “R” qui m’intéressechez le sexeopposé, et le mystèrequi l’entoure. Malgrétout, vu le contexte etles jugements à l’emporte-pièce qui endécoulent, j’ai apprisà cultiver la discrétionet à ne pas sortiravec deux amis quise connaissent, parexemple. J’évite aussicomme la peste leshommes mariés, quirisquent de ne m’attirerque des ennuis.En outre, en dépit demon discours décomplexé,je ne vais pas dans les bars pourdraguer ou chasser “la proie”. Ma seulerègle, c’est de ne rien calculer et de saisirles occasions du destin telles qu’elles seprésentent. Avec certains ex assez évoluéspour comprendre ma mentalité, j’ai gardéun contact proche et privilégié et bizarrement,c’est une fois qu’il n’y a plus d’enjeude séduction entre nous que j’en fais mesconfidents et me livre à eux…

POUR L’HEURE, j’ai un boulotqui me plaît, un appart’ sympa et une banded’irréductibles potes qui constituent monport d’attache. Ma soeur me dit souvent queje risque de finir ma vie seule et triste, et quebeauté et jeunesse se fanent vite. Certainement.Pourtant, cette perspective ne m’effraiepas outre mesure. Au moins, j’auraisbien vécu, et peut-être me reconvertirai-je,plus tard… en cougar ! â—†

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