c'est mon histoire

La rumeur m’a “tuer”


Quand les bruits de couloir finissent par vous faire la peau… Farah, ravissante cadrette trop proche de son boss en sait quelque chose! Au terme de quatre années passées dans sa boîte, elle finit par se mettre tout le monde à dos et se fait promptement débarquer. Calomnie, quand tu nous tiens…

Dans toute cette histoire, j’ai sans doute péché par maladresse et excès de confiance. Je n’ai jamais pensé que mon statut de jeune femme au physique avantageux pourrait me jouer de vilains tours. Mais le monde de l’entreprise est une jungle, et à trop  flirter avec les sommets de la hiérarchie, on fait des jaloux…

Il y a quatre ans, j’ai été recrutée comme assistante commerciale dans une grosse boîte d’équipements électriques. Diplômée d’une école privée de management, j’avais eu un mal fou à décrocher ne serait-ce qu’un entretien d’embauche pour un premier boulot. On me demandait sans arrêt de justifier d’une expérience passée. Quand ce job s’est présenté, j’ai donc été folle de joie; même s’il n’était pas à la hauteur de mes compétences réelles. J’étais prête à travailler dur et à me rendre indispensable pour gravir rapidement les échelons.

Lors de mon recrutement, le directeur commercial “pays”, mon futur N+3 était présent. Je retiendrai ensuite de lui son incroyable prestance. L’affaire emballée, j’ai pris mes fonctions au sein de l’équipe des commerciaux, très impliquée dans mes tâches, quoique assez réservée dans mes relations interpersonnelles. Déjà, à ce moment-là, j’ai dû écoper d’une première réputation de pimbêche qui se la joue inaccessible. Sans prétention aucune, je suis plutôt jolie et m’habille fashion et sexy, avec talons aiguilles et jupe au dessus des genoux. Je suscite la convoitise des hommes et j’en suis consciente… Néanmoins, le premier commercial qui s’est rapproché de moi a vite compris à qui il avait affaire ! Je lui ai clairement fait comprendre, un peu brutalement, que notre collaboration étroite ne dépasserait pas le cadre du bureau. Apparemment, il s’en est ouvert à une des filles de l’équipe qui a commencé à me regarder de travers et à me snober.

à l’époque, à vrai dire, je me fichais un peu de soigner mon relationnel en interne. Me fendre de grands sourires hypocrites ou de quantité de “ma chérie” par-ci, “hbiba” par-là en bavassant autour de la machine à café, ce n’était pas vraiment ma tasse de thé (rires) ! J’essayais surtout de donner l’image de l’employée modèle, toujours disponible, qui ne comptait pas ses heures et était capable de remplacer au pied levé un commercial indisponible auprès d’un client. Je me débrouillais aussi pour que ce dernier soit satisfait de ma prestation et fasse remonter l’information. Autant de persévérance a fini par payer puisque six mois plus tard, j’ai été promue commerciale. Ça m’a donné des ailes, mais je ne comptais pas m’arrêter en si bon chemin. Si l’ambition est un défaut,  alors oui, j’en avais à revendre ! Je me suis échinée à dépasser les objectifs fixés, deux ans de suite, et j’ai reçu les félicitations de ma hiérarchie. Au cours des réunions élargies avec le directeur commercial, je ne manquais jamais de souffler de nouvelles idées, de prendre des initiatives…

Deux ans plus tard, ma bonne étoile s’est à nouveau manifestée. Un des directeurs régionaux ayant pris sa retraite, j’ai été pressentie pour le remplacer, malgré mon jeune âge. La preuve que le travail finit toujours par payer  ! Mais les rivalités et la jalousie croissaient en même temps… Une bonne copine est d’ailleurs venue me mettre en garde: les cancans allaient bon train et étaient très orientés “promotion canapé”. J’avais moi-même commencé à remarquer qu’il suffisait que je m’approche d’un petit groupe pour que les conversations s’arrêtent net. Encore une fois, j’ai sous-estimé la capacité de nuisance de certaines personnes, à qui j’avais soufflé le poste et qui avaient plus d’années d’expérience au compteur. Qu’importe, je traçais mon chemin…

Femme dans un contexte très masculin, j’avais désormais l’oreille de mon boss et l’accompagnais partout sur les chantiers. Il ne me faisait pas la cour, mais je sentais s’installer une complicité professionnelle très spéciale. On écumait aussi les cocktails, les séminaires ensemble, et j’étais devenue, au-delà de mes prérogatives, une sorte de R.P. grande échelle qui lui renvoyait une image positive de la structure. Jouant le jeu, j’ai investi dans une belle garde-robe pour donner le change en toutes circonstances.

Pour l’organisation de notre convention annuelle, il a été jusqu’à évincer la directrice commerciale pour me mettre en avant. Je ne m’en plaignais pas, mais je commençais à percevoir dans l’air des envies de me supprimer, associées à la crainte inspirée par ma position de favorite. Ma faute a peut-être été de me croire indéboulonnable et de n’avoir pas su détecter que je traînais l’étiquette de maîtresse du patron, pour parler clairement. Or, au lieu de chercher un moyen de tuer dans l’œuf les rumeurs, j’ai laissé planer le doute et l’ambiguïté, persuadée de n’avoir rien à me reprocher. Même de plus en plus isolée, je n’ai pas cherché à me rapprocher des autres pour faire taire les ragots.

Malheureusement, ma chute était, elle, déjà écrite à l’avance. Et c’est le licenciement pour faute grave d’un collaborateur qui l’a précipitée. S’estimant lésé par mon boss, il n’a rien trouvé de mieux que de téléphoner à sa femme pour l’informer que son mari se la coulait douce, en Allemagne, avec sa directrice régionale, sexy et de vingt ans sa cadette. La bombasse dont il parlait n’était autre que moi! Le corbeau a même poussé le vice jusqu’à lui communiquer mon numéro de téléphone. J’ai alors reçu un coup de fil rageur de l’épouse qui m’a traitée de tous les noms. J’ai eu beau tenter de la calmer en lui disant qu’il y avait erreur et que nous assistions tous deux à un salon professionnel, rien n’y a fait. Apparemment, ce n’était pas la première fois qu’elle avait eu vent de la rumeur…

Nous sommes revenus au Maroc dans un silence de glace. Le couperet s’est abattu le matin suivant. Mon patron m’a convoquée dans son bureau et m’a alors dit sans détour que, pour notre bien commun, il valait mieux que je sois redéployée dans un autre département. Normal, l’affaire était allée trop loin ! J’ai encaissé en silence et peu de temps après, j’ai préféré démissionner. Aujourd’hui, je travaille ailleurs mais des questions me taraudent toujours: quelle a été ma part de responsabilité dans ces attaques destructrices ? Suis-je allée trop loin? Est-ce à cause de ma jeunesse, mon joli minois, mon immaturité ou mon côté hautain que j’ai payé le prix fort ? Je n’ai toujours pas la réponse…

Multiples histoires, cent fois racontées à votre entourage, à vos amis, à vos voisins, à vos collègues. Vos bonheurs, vos peines, vos coups de gueule. Pour rire ensemble, s’indigner parfois, pleurer peut-être, mais surtout partager, nous faisons vôtre cette page. N’hésitez pas à nous écrire.

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