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Le réchauffement climatique pour les nuls…


Coup de chaud sur la planète : 98% des scientifiques agitent leur thermomètre en prédisant pour la Terre les pires prophéties. Et nous humains, premiers responsables, que fait-on pendant ce temps-là ? En période de canicule, on s’adonne à la bronzette, on roule en 4/4 pour frimer et on se fiche éperdument de la COP 21, pas assez glamour… Combattons notre climato-ignorance !

L’Homme, ennemi de sa propre survie

Notons que ce cher Homo sapiens, en l’espace de deux siècles, a commis plus de dégâts sur la planète qui l’héberge qu’au cours des 10.000 ans écoulés. Trop fort ! Oui, pour augmenter son confort et frayer avec sa démographie galopante, il a voulu façonner son environnement à sa guise. Depuis la révolution industrielle, il pompe donc les énergies fossiles pour faire fonctionner un peu tout et n’importe quoi : ses voitures, ses usines,  ses centrales électriques, ses machines… Il produit et consomme sans discontinuer et surtout sans réfléchir. Or, monter dans un avion ou passer des heures à flirter sur Facebook ont aussi un coût pour la planète. Pareil pour la délicieuse entrecôte dont on se goinfre au resto ou d’autres apports fort commodes de la civilisation, comme la clim’ en voiture, le chauffage dans la chambre ou la possibilité de s’approvisionner en fruits exotiques toute l’année… Mais c’est quoi ce délire ? Quel lien peut-il bien y avoir entre un steak-frites et le réchauffement climatique ? Réponse pour un champion : steak du snack du coin = élevage de bovins = déforestation pour l’extension des pâturages et des cultures = fermentation gastrique chez les ruminants avec émission de méthane…  ça “dégaze” bien, n’est-ce pas ? Car qu’il s’agisse d’élevage intensif ou de combustion de pétrole pour produire de l’électricité, toutes ces activités humaines apparentées à la modernité et au “développement” induisent en réalité un accroissement des gaz à effet de serre (GES). De manière réflexe, le terme “serre” fait automatiquement penser à des tomates ou à des fraises qui poussent sous des bâches en plastique dans une ambiance chaude et humide. C’est juste. Mais rapportons cela maintenant à l’échelle de notre planète…

Chaud devant !

Pour faire simple, l’effet de serre est, à l’origine, un phénomène naturel. La terre est entourée d’une couche de gaz (dioxyde de carbone ou CO2, méthane et protoxyde d’azote) qui permet de retenir une partie du rayonnement solaire et de réchauffer sa surface. Si ces émanations n’existaient pas, il ne ferait que -18°C sur terre. D’accord, sauf que trop c’est trop ! Lorsque les GES s’accumulent dans l’atmosphère et atteignent des niveaux record, la mécanique bien huilée du climat se dérègle avec une tendance haussière des températures. Et là, il ne s’agit plus seulement d’une histoire de coup de chaud au feu rouge ou d’acquisitions de petits lainages pendant les soldes d’hiver. Avec cette épée de Damoclès suspendue sur nos têtes, on court droit à l’apocalypse.

– D’ici 2100, la température pourrait augmenter de 1,5° à 4,5° à cause du doublement de la concentration en CO2. à partir de là, on risque des épisodes caniculaires de plus en plus fréquents ou de sécheresse et de désertification en alternance avec de grandes précipitations, des famines, des vagues de déplacements de populations, des guerres…

– La fonte de la banquise arctique et l’augmentation du niveau des mers (de 0,5 cm à 1 m) ne concernent pas que les esquimaux ou les phoques. Certaines villes côtières pourraient être rayées de la carte. Ainsi, pour le futur voyage de noces de votre fille, la destination Maldives sera à coup sûr compromise…

– Cyclones, tsunamis, ouragans, épidémies, acidification des océans, disparition de certaines espèces, impact sur la bio-diversité, la Terre se muera en une cocotte minute prête à exploser à tout moment.

Qui va nous sauver ?

Nous-mêmes sans doute grâce à cette capacité formidable que nous avons de retomber sur nos pattes une fois le bouchon poussé un peu trop loin… Certes, pour résorber définitivement le problème, il aurait fallu renvoyer à la fourrière deux milliards de voitures, faire mettre la clef sous la porte au nombre équivalent d’usines, arrêter toutes les centrales à charbon et replanter 500 millions d’arbres. Entreprise impossible, évidemment. En lieu et place, on a convoqué la COP 21 à Paris. Vu l’urgence climatique, les dirigeants des pays les plus riches de la planète y faisaient plutôt profil bas. Polluants de première ligne, ils ont enfin compris qu’un tournant majeur dans leurs politiques devait être entrepris pour réduire leurs émissions de GES. Ouf ! Un accord global et ambitieux a pu être conclu entre les 195 participants pour maintenir le plafonnement du réchauffement climatique à 1,5°, d’ici la fin du siècle (au lieu des deux degrés évoqués jusqu’alors). Date prévue d’entrée en vigueur effective : 2020. Tout doucement, on s’acheminera vers la transition énergétique (éoliennes, barrages hydrauliques, solaire…) et, in fine, le déclin des énergies fossiles à l’horizon 2050. Petite victoire pour les nations émergentes qui vont tirer leur épingle du jeu : un fonds financier (alimenté par les pays les plus nantis) leur permettra d’assurer le transfert des énergies renouvelables et de réduire leurs émissions. Et sur ce point-là, nous, les Marocains, pour une fois, avons pu nous pavaner dans ledit salon avec des mines de climatologues avertis. Eh oui, notre Ouarzazate nationale, à part les studios de cinéma, abrite désormais la plus grande centrale solaire de l’univers.

à sa modeste échelle, comment réagir ?

Chacune de nos activités humaines générant des GES est jaugée, à l’aide d’une mesure : l’équivalent carbone (ou CO2). à titre informatif, une petite voiture en cycle urbain parcourant 15.000 kilomètres annuels engendre au minimum une tonne d’équivalent carbone… Un climato-conscient préférera donc se déplacer à pied ou à vélo plutôt que de massacrer sa planète sans répit. Mais une Lalla Fakhita, avec son arthrose douloureuse, pourra toujours couper la poire en deux et opter pour le co-voiturage, avec sa voisine de palier chaque fois que nécessaire. On peut aussi diviser par deux sa consommation de viande rouge et de produits dérivés (laitages, beurre, glaces), isoler thermiquement son intérieur pour ne pas recourir au chauffage (ou mettre en place un chauffe-eau solaire), prendre le train au lieu de l’avion, consommer des légumes de saison ou cultivés localement qui n’ont pas fait de longues distances par camion, acheter le moins de produits emballés possibles (car la production de plastique ou d’aluminium génère des tonnes d’équivalents carbone), habiter en appartement plutôt qu’en maison, diminuer sa consommation sauvage de produits manufacturés (jouets, ordinateurs, vêtements) et enfin ne pas acheter par correspondance ni se faire livrer à domicile… Cap’ ou pas cap’ ?

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