La minute coaching

J’apprends à apprivoiser mes complexes

Écrit par Nadia Boudraa

Nul n’est parfait, et tout le monde a au moins un complexe. Si certains s’accommodent de leurs petits défauts, d’autres en “font une maladie”. La personne complexée se focalise alors sur l’une de ses imperfections physiques jusqu’à cultiver un sentiment d’infériorité. D’où viennent les complexes et comment réussir à les dépasser ? Voici un début de réponse…

Qu’est-ce qu’un complexe ?

Demandez à la plus jolie, drôle et intelligente de vos copines ce qu’elle n’aime pas chez elle, et vous serez étonnée de sa réponse ! Pas assez grande, pas assez mince, le nez épaté ou les lèvres trop fines… Des complexes, on en a tous et c’est normal, car la perfection n’existe pas ! De plus, avoir conscience de ses défauts est une attitude saine.

Pourtant, on se scrute dans les moindres détails pour le débusquer … Lui, la cause de notre imperfection, l’objet de notre ressentiment ! Mais qu’est-ce qu’un complexe, en réalité ? La psychanalyse définit les complexes comme “l’ensemble des représentations et des souvenirs à forte valeur affective partiellement ou totalement inconscients”. Ils se constituent essentiellement à partir des relations vécues durant l’enfance. D’un point de vue psychologique, le complexe se traduit par une focalisation sur un défaut réel ou imaginaire, physique ou psychologique. On distingue

de fait plusieurs types de complexes : physiques, psychiques et sociaux.

Selon de nombreuses études, les complexes physiques touchent davantage les femmes que les hommes, du fait de la forte pression qu’elles subissent par rapport à leur image de la part d’une société qui impose de plus en plus de diktats en matière d’apparence. Les complexes féminins concernent généralement le corps, plus que le visage, même si celui-ci n’est pas épargné. Ils portent le plus souvent sur le poids ou sur des zones du corps comme les seins ou le ventre.

D’où vient-il ?

Le complexe commence par la non-acceptation d’une partie de soi du fait d’une représentation déformée de son image. Celle-ci peut correspondre à celle que nous renvoie les autres, ou celle que nous avons de nous-mêmes, et c’est le cas le plus fréquent. La cause principale est l’héritage socio-éducatif que nous transmettent nos parents. Car dans l’enfance, l’image que nous avons de nous-mêmes se construit sur la base de notre capacité à nous faire aimer de notre père et de notre mère. C’est à eux que revient le rôle du soutien narcissique, la responsabilité de l’image qu’ils nous renvoient. Les enfants doivent se sentir acceptés tels qu’ils sont, et non pas tels que leurs parents voudraient les voir. Amener l’enfant à ressembler à ce qu’il n’est pas lui fait forcément rejeter ce qu’il est. Et c’est cette absence de soutien et de reconnaissance qui entraîne un manque d’estime de soi.

Il est donc très important que les parents s’abstiennent, de manière générale, de faire des remarques négatives sur l’apparence ou la façon d’être de leurs enfants.

A ces blessures se greffent parfois d’autres expériences humiliantes comme des surnoms dévalorisants ou des ruptures amoureuses douloureuses. Au final, la personne complexée entretient une image déformée d’elle-même.

Comment se vit-il ?

Une fois que l’on développe un complexe, car on ne naît pas complexé, on le devient, on le traîne généralement comme un boulet du fait qu’on a du mal à s’en débarrasser et qu’il se transforme petit à petit en une faiblesse. Si certaines personnes arrivent à vivre avec leurs “défauts”, d’autres, au contraire, se polarisent sur leurs complexes au point d’en faire des obsessions auxquelles elles attribuent leurs échecs personnels ou professionnels. Dans une société où maîtriser son image est assimilé à un signe de force, voire de pouvoir et de réussite, confiance et estime de soi sont vite ébranlées, allant même jusqu’à s’effondrer chez certaines personnes.

Quand faut-il s’inquiéter ?

Pour ce qui est des complexes physiques, dans les cas extrêmes, l’obsession peut tourner à la pathologie. On parle alors de dysmorphophobie. Il s’agit de l’incapacité de voir son corps tel qu’il est et de pouvoir l’exposer au regard des autres. Le risque, c’est de s’enfermer. Faute de s’assumer, la personne s’interdit toutes les activités à travers lesquelles son complexe pourrait être remarqué. En résulte une vie sociale pauvre, voire quasi inexistante. Il faut alors réagir, car le repli sur soi peut entraîner une dépression.

La supercherie Photoshop

Jeunesse éternelle, minceur et silhouette sculptée, sont autant de diktats sociaux qui pèsent lourd en matière d’image de soi. Dans une société où les normes sont médiatisées à outrance, nombreux sont ceux qui angoissent de ne pas pouvoir se conformer aux idéaux. Les complexes évoluent donc suivant les époques et les diktats qu’elles imposent. D’autant que les médias véhiculent une image de plus en plus tronquée de la réalité. Le coupable : le fameux logiciel Photoshop et sa fâcheuse tendance à retoucher le moindre détail : visage, corps,expression, lumière…

Dès lors, atteindre la perfection affichée, avec un faux air naturel, par des créatures de rêve qui doivent leur apparence zéro défaut à ce logiciel, devient pour les femmes, et plus grave encore, pour les jeunes filles en quête d’identité, une mission impossible source de complexes en série !
Si les médias ne créent pas à proprement parler un problème de confiance ou d’estime de soi, ils peuvent en revanche largement contribuer à l’amplifier, car ils ont tendance à faire l’apologie d’un modèle unique, dénigrant par là même les différences qui font la richesse de chaque individu. Les personnes fragilisées par un ou des complexes non acceptés finissent par se sentir stigmatisées, voire marginalisées socialement.

La vraie question n’est pas de savoir si l’on a des complexes, ou pire, de passer son temps à tenter d’en débusquer de nouveaux, mais plutôt de découvrir et de laisser la place à tout ce qu’il nous empêchent de voir et de réaliser : nos talents, nos désirs, nos forces. En dépassant nos complexes, nous nous dépassons, tout simplement ! .

Les clés pour vous réconcilier avec votre image

– Parler est la première étape pour cesser d’alimenter un complexe. Mais, bien souvent, en parler à son entourage ne suffit pas. Consulter un psychologue, faire appel à un coach de vie ou intégrer un groupe de parole sont des solutions qui peuvent vous rassurer et vous libérer progressivement de votre (ou vos) complexe(s).

– Relativisez votre complexe en commençant par vous réapproprier votre image. Comme pour un bilan
de compétences, faites un point sur
vos atouts et vos qualités, et concentrez-vous sur le moyen de les mettre en valeur.

– Développez votre style en apprenant à vous connaître. Il suffit parfois de peu de choses pour transformer ses petits défauts en atouts. Vous pouvez même faire appel à un conseil en image pour vous aider à trouver votre style (ce qui met en valeur votre morphologie, les couleurs qui subliment votre teint, la coiffure qui vous avantage…).

– Soyez indulgente avec vous-même et sachez vous entourer de personnes bienveillantes, car un complexe est avant tout un jugement négatif sur soi que l’on attribue bien souvent aux autres.

– Reconnectez-vous à votre corps : l’expression corporelle à travers le yoga ou la danse, par exemple, peut vous aider à vous voir autrement et à instaurer une nouvelle relation à votre corps.

– Adoptez une attitude positive par rapport à vous et à la vie pour pouvoir aller de l’avant.

– Laissez-vous aimer : l’amour est la meilleure des thérapies, car on est toujours beau dans les yeux de l’être aimé du fait de notre singularité.
 


 

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