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Sara Chraïbi, la créatrice marocaine mise à l’honneur lors du Casa Fashion Show


Paillettes, mode, musique et glamour, le Casa Fashion Show a fait vibrer, le 7 octobre, le Sofitel Tour Blanche à Casablanca. Signé Kenza Cheddadi, et chorégraphié par le célèbre Hakim Ghorab, ce rendez-vous incontournable de la mode a souhaité, pour sa 11ème édition, rendre hommage à l’Afrique. Un thème qu’a travaillé Sara Chraïbi, la créatrice marocaine choisie pour être mise en avant lors de ce défilé. Interview.

Que représente pour vous le Casa Fashion Show ?

C’est une fierté de me trouver parmi toutes les belles marques présentes à l’internationale, et d’être la créatrice marocaine mise à l’honneur lors de cet événement. J’espère représenter le plus dignement possible la création marocaine. Ce défilé est aussi l’occasion pour moi de rencontrer le public et de présenter une nouvelle collection qui, en fonction des retours, me fera me remettre en question pour mieux aller de l’avant.

 Quelles créations avez-vous présenté lors de cette 11ème édition ?

Le thème de cette 11ème édition étant « Africainement vôtre », j’ai réalisé une nouvelle collection intitulée « Géométrie métisse » pour laquelle j’ai utilisé cette idée de métissage en pensant à l’Afrique mais l’Afrique plurielle ou encore l’Afrique de, l’art contemporain. Par exemple, on retrouve distillé très légèrement dans ma collection quelques références à la tradition des scarifications ou encore aux bijoux que les femmes africaines portent.

Y-a-t-il une « touche » marocaine dans votre dernière collection ?

Effectivement. Pour moi, le Maroc est partout que ce soit dans la tombée d’un ourlet, dans une broderie particulière comme des losanges qu’on retrouve dans les tissages et tapis berbères, mais aussi, dans l’allure générale des femmes. Vous savez, la femme marocaine est une femme qui sait s’habiller et qui a son propre style. Elle est une femme exubérante comme les Italiennes, et c’est ça qui m’a intéressé dans cette collection, à savoir que cela représente la femme d’ici et d’ailleurs.

Penser cette nouvelle collection a-t-il été difficile pour vous?

C’était un challenge. Lorsque Kenza m’a contactée et m’a expliqué le thème, j’étais à ce moment-là à la recherche de nouvelles idées, et cela m’a inspiré. Avec cette collection, je suis allée vers de nouveaux chemins. Par exemple, j’ai opté pour des couleurs que je n’avais jamais utilisées. Mais, j’ai conservé ce savoir-faire propre à ma marque qui traverse chacune de mes collections et elles ne sont jamais les mêmes.

Comment reconnaît-on alors votre signature ?

J’ai lancé ma première collection en 2011 et jusque-là, je me consacrais à mon travail d’architecte, un métier qui m’a toujours tenu à cœur. Je dirai que ma signature se reconnaît par sa précision, mais sans surcharge de motifs. Les brodures sont placées sur les vêtements pour attirer le regard, et les lignes sont assez géométriques. C’est aussi toujours structuré : les épaules sont marquées tout comme la taille. On pourrait dire que c’est une création qui ressemble à mon caractère, à savoir ne jamais aller de front. Mes créations sont aussi plutôt souples et douces. J’utilise toujours des matières nobles comme du cachemire ou de la soie.

Quel conseil donneriez-vous aux femmes qui veulent se lancer dans la création?

De tout simplement sauter le pas. La vie est très courte. Il faut mettre ses tripes sur la table pour faire ce que l’on aime. Comme disait Saint-Exupéry : « Faites que le rêve dévore votre vie afin que la vie ne dévore pas votre rêve ».

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