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Meryem Aboulouafa, le coup de cœur musical de la rédaction


C’est un nom à retenir : Meryem Aboulouafa. Une jeune femme de 31 ans qui a sorti, fin mai, son tout premier album. Envoûtante, intimiste, solaire, mélancolique, sa compilation claque ! Meryem Aboulouafa est l’une des révélations de 2020. À découvrir.

À peine votre premier album est -il sorti que vous avez déjà conquis le cœur de la presse marocaine. Vous attendiez-vous à un tel accueil ?
Cet album est très personnel. J’ai essayé d’être la plus sincère et la plus authentique possible dans sa réalisation. Même si les retours reçus ne peuvent que me réjouir, je n’ai pas d’attentes particulières. Je vis mon projet comme il se présente. À la sortie, ce ne sont que de belles surprises…

Comment avez-vous pensé cet opus ?
Mon album reflète mon parcours, construit de plusieurs rencontres, les unes amenant aux autres, au fur et à mesure des années.

Quel morceau résumerait à lui seul l’esprit de l’album ?
Le titre “Je me promets”. C’est un morceau que j’ai écrit, il y a un moment, sur l’acceptation de soi, une sorte de promesse d’amour à soi-même puisqu’avec le temps, nous nous oublions. 

 

 

Qu’est-ce qui a suscité en vous cette envie de faire de la musique ?
Je pense que la musique a pris une place naturelle dans ma vie grâce à mon père, mélomane. Il m’a “nourri” au rock, à la pop anglaise, à la chanson française, et à une multitude de styles musicaux. Il a également encouragé mon expression artistique, en m’inscrivant au conservatoire pour y prendre des cours de solfèges et de violon. Résultat : plus je passais mon temps à faire de la musique, plus j’avais envie d’en faire mon métier.

La musique a ainsi été une évidence dans votre vie. Pourtant, vous avez choisi de faire une formation d’architecte d’intérieur à l’École Supérieure des Beaux-Arts de Casablanca. Pourquoi ?
C’est un métier qui peut paraître conventionnel mais qui est tout autant créatif. Peut-être que j’ai également préféré me diriger vers cette profession parce que je n’osais pas tout simplement me lancer officiellement dans la chanson. La musique devenait ainsi une sorte de plaisir coupable qu’on ne peut pas se permettre au vu des risques plus nombreux qu’ailleurs. Je ne regrette pas d’avoir franchi le pas.

Comment avez-vous été repéré ?
Tout a commencé au workshop du festival de Casablanca en 2009. Durant cet atelier consacré à la vidéo, j’ai présenté des images sur lesquelles j’ai mis, comme voix off, l’une de mes chansons. C’était la toute première fois que je dévoilais l’un de mes titres écrits depuis ma chambre. Les retours ont été si positifs et encourageants que j’ai pris confiance en moi. À partir de ce moment-là, je me suis davantage investie dans la musique, que ce soit au niveau du temps que des moyens, même si j’ai continué à travailler comme architecte d’intérieur.

J’ai ainsi participé à des résidences artistiques dont l’une initiée par l’ancien ministre de la Culture Driss Mdaghri Alaoui, grand amateur de poésie et d’art. Grâce à lui, j’ai fait la connaissance en 2017 d’une personne clef dans le lancement de ma carrière : le compositeur et pianiste Francesco Santalucia avec lequel j’ai collaboré. Ensemble, nous avons travaillé sur le remix de “Ya Qalbi”, un titre traditionnel en arabe. Et cette reprise est arrivée dans la boîte mail de Manu Barron, le boss du label parisien Animal63, qui l’a adorée. S’en suit alors un travail intense et passionnant sur mon album.

En entendant votre voix dans cet album, on a envie de dire que vous êtes la Lana del Rey du Maroc…
C’est très flatteur mais mes influences restent multiples.

Quelles sont vos inspirations ?
Mon quotidien. Dès que je vois quelque chose qui m’interpelle ou que je trouve des bouts de phrases phonétiquement intéressantes, je les inscris sur mon portable avant de les développer. J’écris beaucoup. Au total, je dois   en    avoir un demi recueil (rire). Je parle ainsi de l’acceptation de soi, mais aussi de l’amour, de la mort ou de la prière, un thème sur lequel je me suis penchée à mon retour au Maroc après plusieurs voyages à l’étranger. Mon regard « neuf » m’a ainsi permis de décortiquer la prière avant d’en faire un poème visuel, une sorte de conversation corporelle. 

Où vous situez-vous par rapport à la scène marocaine ?
Je ne saurais vous dire… Mais le Maroc est tellement riche qu’il faudrait mettre, encore plus, en représentation toute notre diversité musicale.

 

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