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Imany, la chanteuse sans frontière (Entretien)


Imany s’est produite sur la scène du Casa Fashion Show le 7 octobre. La chanteuse, auréolée de multiples récompenses pour ses titres, a tenu à être présente pour cette édition dédiée à l’Afrique.

Que représente votre participation au Casa Fashion Show qui, pour sa 11ème édition, a mis l’Afrique à l’honneur ?
C’est un honneur pour moi de participer à tout ce qui met en lumière les talents du continent africain.

L’Afrique est le thème central de Casa Fashion Show. Selon vous, la mode africaine est-elle justement représentée dans les défilés ?
Je pense que l’Afrique est un continent large et divers composé de différentes nationalités et de différents peuples. On ne parle pas de mode européenne mais de mode parisienne ou londonienne. Il faut connaître et faire découvrir les spécificités des capitales africaines et commencer à les voir comme des entités propres.

Dans les années 2000, vous avez commencé une carrière dans la mode mais vous l’avez quittée parce que vous en aviez assez “de faire le cintre”. Quelle place occupe la mode dans votre vie ?
Je m’y intéresse toujours, je la surveille de loin, mais je n’en suis pas la victime.

Qui sont vos créateurs préférés ?
J’aime bien Jean-Paul Gauthier, je trouve qu’il aime la femme et ça se voit. J’aime aussi l’attitude de Xuly Bët, un créateur sénégalais dont je porte les créations. J’aime aussi Sakina M’Sa, une créatrice comorienne qui met en avant la beauté des femmes de toutes tailles.

Ce n’est pas la première fois que vous jouez au Maroc. Avez-vous un attachement particulier à ce pays ?
Les Marocains sont très généreux ! J’adore jouer ici.

Quelle image avez-vous de la femme marocaine ?
C’est une femme de caractère qui tient les rênes du foyer. Elle est très femme, très coquette mais pas mièvre.

L’une des chansons de votre premier album, The Shape of a Broken Heart, rend hommage aux femmes africaines. Que leur disiez-vous ?

J’avais écrit cette chanson en hommage à ma grand-mère, la mère de ma maman.Une femme qui a été mariée à l’âge de neuf ans et qui a perdu tous ses enfants sauf ma mère. Elle représente la femme africaine qui accepte sa condition et qui se bat au quotidien.

The Wrong Kind Of War est le titre de votre deuxième album sorti en août 2016. Vous y parlez d’amour, de chagrin, mais aussi de colère contre le monde. Êtes-vous pessimiste ?
Non, mais en tant qu’artiste, je me dois d’être le témoin de mon temps.

Dans ce troisième album, quelle chanson pourrait, selon vous, particulièrement résonner ici au Maroc ?
Je ne sais pas. Toutes les chansons ont un sens qui peut parler à chacun. Save Our Soul est une chanson universelle qui nous pousse à nous interroger sur l’état de notre monde, à l’échelle individuelle ou plus globale.

Vous êtes une artiste engagée dans la lutte contre l’endométriose. Vous êtes d’ailleurs l’ambassadrice d’ENDOmind, une association qui a organisé une réunion d’information au Maroc en octobre dernier. Pourquoi cette cause vous tient-elle à cœur ?
Parce que c’est une vraie injustice faite aux femmes. Presque 200 millions de femmes en souffrent tous les mois dans le monde sans que la moindre étude ne soit faite. On nous dit : “tu as mal, c’est normal”. Non, ce n’est pas normal et ce n’est plus acceptable. Il faut également s’attaquer au tabou qui entoure les règles et la misogynie qu’elle provoque. Cela passe par la reconnaissance de la douleur des femmes.

Au Maroc, le problème de l’endométriose est encore plus grave car le nombre de gynécologues est insuffisant et que trop de femmes ne consultent pas régulièrement. Que faire pour mieux informer sur cette maladie ?
Il faut en parler à l’école, à la télévision. Continuer de briser le tabou. Il faut mettre plus de moyens au service de la santé des femmes. Je sais que c’est plus facile à dire qu’à faire, mais il faut mettre l’accent sur l’éducation des filles et commencer par arrêter de leur dire que souffrir pendant ses règles, c’est normal. Ce n’est pas normal !

Vous penchez-vous déjà sur votre troisième album ?
Non, pas encore ! Je vais faire une pause après cette tournée, histoire de passer du temps avec mon enfant que je ne vois jamais. 

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