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Caftan 2018 : l’hommage amazigh de Hind Lamtiri

Écrit par Khadija Alaoui

Puisant son inspiration au cœur de l’amazighité du Maroc, Hind Lamtiri a subjugué par des tenues aux motifs et broderies aussi recherchés que raffinés. Aux précieuses superpositions de tissus, la styliste a poussé le souci du détail à son paroxysme en signant une collection magistrale.

Quelle a été votre première impression quand le thème Ethnies a été dévoilé ?
L’ethnie m’inspire mon pays, ma culture, et notre histoire. Chaque région du Maroc représente à elle seule une ethnie qui va du Nord au Sahara en passant par l’Atlas. Et quand j’ai pris connaissance du thème de cette édition, j’ai immédiatement pensé aux berbères, car c’est l’ancrage du Maroc.

Comment avez-vous interprété ce thème dans votre collection ?
Je me suis inspirée de l’habit de la femme berbère. Ce sont les couleurs, les motifs géométriques, les tatouages, les accessoires, les pierres semi-précieuses, comme le grenat, l’améthyste, le morjane, le turquoise qui ont guidé mon approche de la thématique.

Quelles sont les raisons qui vous ont poussées à opter pour cette ethnie ?
Juste avant que le thème de Caftan 2018 ne soit connu, j’étais à Marrakech et j’ai visité le musée Yves Saint Laurent. J’ai été subjuguée par la magnifique collection d’objets berbères exposés, surtout que personnellement, j’ai une prédilection pour ce type de bijoux. Axer ma collection sur l’ethnie amazighe allait de soi.

À votre avis, quelles sont les couleurs et matières qui reflètent le mieux cette thématique ?
Pour les couleurs, j’ai employé des tons chauds et pastel. J’ai mis en avant le fuchsia, le blanc, le noir et l’aubergine. J’ai travaillé sur des tissus ancestraux tissés à la main, et qui sont presque en voie de disparition. Il y a le brocart tissé main, l’organza, le drap et le velours de soie.

Comment pourriez-vous décrire votre collection ?
C’est le raffinement inspiré de l’ancestral. J’ai travaillé sur des motifs anciens que j’ai remis au goût du jour et modernisé. C’est la tradition au service du vêtement moderne.

Quel a été votre ressenti au cours de la réalisation de votre collection ?
Je ne vous cache pas ma joie et ma fierté tout au long du processus de création de ces tenues. C’est un sentiment unique, indescriptible.

Quelles innovations avez-vous introduites sur le caftan cette année ?
Il y a la coupe et l’incrustation de pierres semi-précieuses que j’ai introduites dans les tenues ainsi qu’un certain type de broderies qui diffère d’une tenue à l’autre.

Comment voyez-vous l’évolution de votre travail au fur et à mesure de votre participation à Caftan ?
Le fait de participer à Caftan confère force et visibilité à chaque styliste. Cela nous pousse à nous surpasser, à faire des recherches approfondies pour être à la hauteur d’un tel évènement. En un mot, à déployer le maximum d’efforts pour briller et se distinguer.

Le caftan est sujet à différentes réinterprétations. Mais qu’est-ce que vous ne voudriez jamais voir sur un caftan ?
Le caftan ne doit jamais être trop modernisé. Il faut préserver les codes de cet habit traditionnel et son cachet makhzénien, avec tout ce que cela sous-entend en termes de travail et finition maâlem, âkad, sfifa, broderies à la main, etc.

Pourriez-vous nous parler des accessoires qui accompagnent vos tenues ?
Pour cette collection, et comme chaque année, j’ai créé et réalisé moi-même des diadèmes, des boucles d’oreilles, les ceintures, et ltham (voile pour le visage).

Pour vous, le caftan c’est…
Le symbole de la tradition vestimentaire marocaine. Cela englobe les accessoires et tout l’apparat qui l’accompagne.

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