A la une Interview

Caftan 2018 : Les Merveilles du monde by Houda Larini

Écrit par Khadija Alaoui

C’est une belle évasion que propose la Jeune Talent Houda Larini pour sa première participation à Caftan. La styliste de Tanger a conçu avec finesse et doigté des tenues qui mixent à la perfection un surprenant mélange culturel. Au final, des créations aussi inspirantes que saisissantes.

Que vous inspire le thème Ethnies ?
Ce thème évoque pour moi la mémoire qui relie le passé au présent. À mon sens, il est primordial de mettre en lumière les rôles joués par les différentes civilisations à travers le monde afin de mieux appréhender le présent.

À la découverte du thème, quelle image vous est venue à l’esprit ?
J’ai pensé tout de suite à mes origines qui sont fassie et rifaine, mais également à l’ethnie juive amazighe dont la dimension culturelle est très importante.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans ce thème ?
La réalité culturelle et humaine qui en ressort et qu’il faut traduire en création. Pour moi, c’est un travail artistique hors-norme !

Quel a été le point de départ de votre collection ?
J’ai voulu exalter la beauté de chaque ethnie et la transposer à sa juste valeur sur notre caftan. C’est pour cela que je n’ai pas voulu mélanger les trois ethnies sur une même tenue.

Quels sont les points forts de votre collection ?
Cette collection a exigé beaucoup d’investissements, autant en énergie qu’en temps. Je peux dire que mon point fort est ma recherche approfondie que ce soit au niveau des tissus, des couleurs ou encore des techniques utilisées.

À quelles ethnies avez-vous rendu hommage ?
Je me suis focalisée sur trois ethnies. La première, c’est la culture juive amazighe qui est le symbole de la paix et de la cohabitation au Maroc en dépit des différences religieuses. Mon deuxième choix s’est porté sur la Russie en raison de ses couleurs et de sa richesse. La troisième est la culture tibétaine qui semble, à première vue, bien éloignée des autres. Elle présente pourtant des points de convergences avec la nôtre, à savoir le rôle prépondérant des origines et des traditions dans la vie des populations.

Quelles innovations avez-vous introduites sur le caftan cette année ?
J’ai introduit de nouvelles techniques que ce soit au niveau du perlage, du travail de Zwak mâalem ou des accessoires qui ont exigé pour cette ligne beaucoup de recherches. J’ai ainsi présenté, par exemple, une ceinture sur laquelle est accrochée un mandala, symbole du Tibet. Celui-là a été réalisé à partir de cuivre fondu dans de l’or 24 carats. Cette collection représente beaucoup de passion, d’amour, de créativité et d’innovation.

Quel qualificatif définirait le mieux votre collection ?
Richesse. C’est à travers mes recherches que j’ai découvert les richesses des ethnies à travers le monde.

Sur quelles couleurs et matières avez-vous choisi de travailler pour cette collection ?
En général, j’ai une préférence pour les tissus unis. Ce sont autant de tableaux sur lesquels je peux dessiner. Concernant les tons, j’ai joué sur des couleurs chaudes comme du bleu royal et du safran pour l’une des tenues Tibet ou de l’orange avec du vert kaki et du noir pour la tenue juive amazighe. En revanche, pour les caftans qui rendent hommage à la Russie, j’ai choisi d’autres tons : du blanc et bleu ciel pour l’un tandis que j’ai opté pour du vert anis et du gris ciel pour l’autre. Côté matière, il y a du chanton de soie, du velours de soie, du drap de soie et du lamé de soie.

Que représente pour vous votre première participation à Caftan ?
Pour moi, c’est un défi, une belle aventure, une consécration, un tremplin et la réalisation d’un rêve.

Comment définirez-vous votre griffe ?
J’ai toujours veillé à préserver le cachet original du caftan marocain mais j’innove sur les techniques et les matériaux.

Si je vous dis, “avec vous, le caftan rime avec…”, que répondez-vous ?
Authenticité.

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