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Bris Rocher, la nature en héritage (Interview)

Écrit par Dina Khalil

Bris Rocher, Président du Groupe Rocher et petit-fils d’Yves Rocher, fondateur de la marque éponyme et première enseigne française de cosmétique végétale, s’exprime sur la philosophie de la marque et parle de son engagement pour la préservation de la nature. Interview exclusive.

Aîné des petits-fils d’Yves Rocher, Bris Rocher a pris ses fonctions à la Présidence du Groupe début 2010. Il incarne depuis les valeurs et l’avenir de ce Groupe familial qui compte 10 marques dans son portefeuille dont la marque Yves Rocher et qui a su se construire depuis 3 générations sur la base d’une ambition claire: rendre la beauté et le bien-être accessibles à toutes les femmes.

Yves Rocher, la marque phare du Groupe, est aujourd’hui la 1ère marque mondiale de cosmétique végétale. Un succès qu’elle doit à son authenticité, son respect des femmes et de la nature,  et son positionnement original : botaniste, récoltant, fabricant et distributeur.

Lorsqu’en 1959,  M. Yves Rocher, votre grand-père, crée la marque Yves Rocher, pionnière en cosmétique végétale, quelle était sa vision ?

Au-delà de vouloir créer une marque cosmétique végétale, la vision de mon grand-père était d’être au service des femmes en leur dédiant une marque cosmétique qui veille au juste équilibre entre beauté et santé. Pour lui, c’était une évidence que la marque soit naturelle du fait qu’il a pu se soigner grâce aux plantes lorsqu’il a été malade à quatorze ans. Ce qui lui a fait prendre conscience de l’importance des bienfaits des plantes et de la nécessité de reconnecter les gens à la nature.

Pour moi, son œuvre, plus que la marque, c’est ce qu’il a réalisé à La Gacilly. Il a réussi à créer de la valeur pour son village breton, le fief de la marque Yves Rocher, et pour toutes les parties prenantes de l’entreprise en créant des emplois et en valorisant tout le patrimoine de la région, et ce, en respectant  l’environnement. Je pense que c’est une mission incroyablement visionnaire à l’époque car c’est vraiment le défi de notre société et du Monde aujourd’hui. Et c’est ce sens donné à la mission de la marque Yves Rocher, et qui est devenu son ADN, qui me motive tous les jours et me donne envie de continuer.

La marque Yves Rocher est connue pour son engagement pour le respect de l’environnement, qu’elle vient de renforcer à travers les “60 engagements” qu’elle a renouvelés à l’occasion de ses 60 ans, dont la charte de “Green formulation”. Pour vous, qu’est-ce qu’une entreprise éco-responsable ?

C’est une entreprise qui sait conjuguer performance économique et bien commun, qui mène son activité à travers une triple comptabilité : économique, sociale et environnementale, en accordant le même niveau d’importance à ces 3 aspects. C’est la raison pour laquelle, au-delà de la performance économique, une entreprise, quel que soit son domaine d’activité, doit définir sa raison d’être. Je pense que c’est d’autant plus crucial aujourd’hui car une entreprise ne s’adresse plus seulement à une consommatrice ou à un individu mais à une communauté, et le propre d’une communauté c’est d’être engagée pour une cause. L’enjeu pour une entreprise est donc d’être en contact, notamment via les réseaux sociaux, avec les communautés qui sont en affinité avec ses valeurs intrinsèques, et ce partout à travers le monde. Une fois qu’elle a défini la cause pour laquelle elle s’engage, l’entreprise doit faire adhérer l’ensemble de ses parties prenantes. Chez Yves Rocher par exemple, tout le monde peut prendre part à notre engagement de planter des arbres, nos salariés aussi bien que nos partenaires franchisés, nos fournisseurs, nos clientes…

Quel est selon vous l’avenir de la cosmétique végétale ?

C’est essentiellement l’agro-écologie qui fait partie des 60 engagements que la marque vient de renouveler à l’occasion de son 60ème anniversaire. C’est une révolution que nous avons décidé d’accompagner afin de préserver les réserves de la Nature. Au lieu de les épuiser, comme le fait l’agriculture traditionnelle, l’agro-écologie prend le temps d’observer la Nature et de l’étudier pour reproduire son mode de fonctionnement  afin, qu’à terme, la terre et la nature puissent s’auto-régénérer, sans jamais s’épuiser. Par ailleurs, l’avenir de la cosmétique végétale c’est de continuer à rechercher de nouveaux végétaux et de les étudier. Aujourd’hui, les scientifiques estiment connaître à peine la moitié des espèces du monde végétal, et les chercheurs de nos laboratoires ne cessent d’explorer le monde végétal pour étudier les nouvelles voies qu’il ouvre.

Votre grand-père avait pris un engagement : “Un jour, La Gacilly sera prospère, j’en fais le serment…”. Quel est le vôtre ?

C’est vrai, et il l’a tenu. Le mien est que les générations actuelles et futures puissent se reconnecter à la nature. Cela se fait à travers les engagements que je prends pour la marque avec mes équipes afin de minimiser tout impact négatif sur l’environnement : packagings réduits et recyclables, développement de l’agriculture Bio, utilisation de l’énergie verte dans nos sites de production, approfondissement des connaissances botaniques, et sensibilisation du grand public à travers tous nos moyens de communication… Mais également à travers les actions de La Fondation Yves Rocher, notamment ses programmes “Plantons pour la Planète” qui a pour objectif de planter 100 millions d’arbres, et “Terre de Femmes” qui a pour vocation de soutenir des initiatives de femmes à travers le monde pour préserver les ressources locales et les valoriser.  Mon serment est très certainement de reconnecter la communauté internationale qui partage nos valeurs à la nature afin de laisser une empreinte positive sur la Planète.

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