Dossiers du mois

Combats de femmes : des hauts et des bas

Écrit par admin

Aujourd’hui et plus que jamais, les femmes sont un sujet d’actualité brûlant. Aux quatre coins du monde, il ne se passe pratiquement plus un jour sans que la cause féminine ne se manifeste avec acuité. Entre acquis, mobilisations, luttes, dérives ou déceptions, FDM vous propose un retour sur les moments les plus marquants. Huit arrêts sur images.

Une Saint-Valentin sous le signe de l’engagement

Ce 14 février 2013, hommes et femmes à travers le monde ont été sollicités pour fêter la Saint-Valentin autrement : se déhancher pour la liberté de toutes celles qui sont victimes de violence. A l’initiative d’Eve Ensler, féministe et auteur des “Monologues du vagin”, la campagne “One Billion Rising” avait pour but de faire danser un milliard de personnes sur tous les continents pour protester contre la violence envers les femmes. La mobilisation a été énorme. Elles étaient quelques milliers à rejoindre le mouvement et à réaliser des flashmobs dans des dizaines de villes du monde : de Kaboul à Londres, en passant par Mexico, Montréal, New Delhi, Singapour, Berlin, Rome, et la liste est encore longue.

La lutte des Egyptiennes contre le harcèlement sexuel

La détermination des Egyptiennes ne faiblit point face à la spirale des agressions sexuelles dont elles sont quotidiennement la cible. Depuis la chute du régime de Moubarak, il ne se passe pas un jour sans qu’on ne déplore de nouvelles victimes. Elles étaient une vingtaine au moins, le 25 janvier dernier, date d’anniversaire de la révolution. Les activistes dénoncent une volonté délibérée de terroriser les femmes pour les empêcher d’investir la rue. Mais face à la multiplication des agressions, sur l’emblématique place Tahrir notamment, la lutte s’organise. Des groupes de volontaires se sont formés pour en découdre avec ce phénomène. Des centaines d’Egyptiens ont manifesté au Caire et des milliers d’autres l’ont fait devant une trentaine d’ambassades égyptiennes, un peu partout dans le monde.

Retour de la polygamie en Libye

A la veille du deuxième anniversaire de la révolution libyenne, c’est une véritable gifle que les femmes de ce pays ont reçue de la part du nouveau régime. La Haute Cour de justice de Libye a en effet décidé, le 7 février dernier, de lever les restrictions mises en place par le régime de Kadhafi pour empêcher la polygamie. La loi sur cette dernière, instaurée en 1984, imposait à l’homme des conditions préalables pour épouser plusieurs femmes, dont celle relative à l’accord de la première épouse et à défaut, l’obtention de l’autorisation de la justice. Le texte imposait aussi au mari de prouver qu’il avait les moyens matériels d’entretenir une famille nombreuse. Les appels en faveur de l’application de la charia islamique en ce qui concerne le code d’état civil semblent être entendus, au grand dam des femmes libyennes.

Les exilées syriennes forcées au mariage

Les horreurs de la guerre en Syrie se poursuivent, pour les femmes et les filles surtout. Celles-ci, fragilisées par leur statut de réfugiées, se retrouvent exposées à la violence, au viol, et même au mariage forcé. De nombreux hommes profitent en effet de leur situation précaire pour les épouser, l’espace de quelques jours, avant de les répudier. C’est ce qui est communément appelé “mariage de la jouissance”, ou “zawaj al mout’a”. Pour alerter l’opinion publique du trafic dont font l’objet les réfugiées syriennes, des activistes ont lancé sur Facebook la page “Réfugiées, pas captives”.

Les Togolaises en grève du sexe pour la démocratie

L’abstinence comme arme de résistance féminine ? C’est l’action tentée en août dernier par les Togolaises. Le collectif “Sauvons le Togo” les avait en effet toutes appelées à observer une semaine de grève du sexe. Objectif : transformer le Togo en une démocratie avec un système électoral transparent. Pour les initiatrices de ce mouvement contestataire, les femmes sont les premières victimes de la situation catastrophique que vit ce petit pays d’Afrique de l’Ouest ; raison pour laquelle elles sont appelées à lutter par tous les moyens, en menant une grève des “jambes croisées”, entre autres.

Viol en Inde : quand les victimes deviennent coupables

Plusieurs semaines après l’affaire de viol collectif et de meurtre d’une jeune femme à New Delhi, l’Inde est toujours en émoi. Mais plutôt que de traquer les agresseurs sexuels, la police préfère dissuader les femmes de sortir le soir en les verbalisant. Une brigade anti-harcèlement a même été mise sur pied dans la région de Bombay. Mais au lieu de s’en prendre aux agresseurs, elle a plutôt décidé d’arrêter en priorité les femmes seules et les jeunes couples qu’elle surprend dans les rues à la nuit tombée !

Des Saoudiennes siègent au Parlement… mais encore ?

Les Saoudiennes ont désormais le “droit” de siéger au Parlement. Le roi Abdallah d’Arabie Saoudite a en effet nommé trente femmes au Conseil consultatif. Une première dans ce royaume ultraconservateur. Mais ne nous emballons pas pour autant, car ces “députées” devront toutefois siéger dans une section réservée, et entrer par une porte dédiée. Par ailleurs, et dans leur vie “normale”, elles n’auront toujours pas le droit de conduire et seront pistées lorsqu’elles voudront quitter le pays, au cas où elles auraient l’idée de le faire sans l’autorisation de leur “gardien” !

L’ONU interdit l’excision

Eradiquer l’excision, tel est le souhait de l’ONU, qui vient de se prononcer en faveur d’une interdiction internationale des mutilations génitales féminines qui affectent près de 140 millions de femmes dans le monde. Ces pratiques sont déjà illégales dans une vingtaine de pays africains et en Europe, ainsi qu’aux Etats-Unis et au Canada notamment, mais elles n’avaient encore jamais fait l’objet d’une condamnation à un tel niveau dans les instances de l’ONU. Plus de 110 nations, dont une cinquantaine de pays africains, ont soutenu conjointement ce texte qui demande aux Etats membres de “compléter les mesures punitives par des activités d’éducation et d’information. Une sacrée victoire.

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