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Un appétit d’enfant

Écrit par Latifa Abousaïd

Mon garçon de 6 ans mange très peu. Comparé à ses camarades de classe, il est petit et chétif. Souvent gardé par sa grand-mère, cette dernière multiplie les ruses pour l’amener à manger plus. À partir de quel âge un enfant est-il capable de juger de son appétit par lui-même et de la quantité de nourriture dont il a besoin ?

Tous les parents ont le désir légitime que leur enfant grandisse en bonne santé, d’où des incitations et encouragements du genre : “Termine ton assiette !  Une autre bouchée pour me faire plaisir !” En tentant de contrôler les quantités de nourriture qu’avale leur enfant, les parents ne l’aident pas à écouter son appétit. L’enfant n’apprend pas à se faire confiance et il ignore les messages que son corps lui envoie pour lui dire de continuer ou d’arrêter de manger. Un enfant qui a confiance en ses sens a la capacité de gérer lui-même les quantités de nourriture dont il a besoin : les sensations de faim (gargouillis dans l’estomac) et de satiété (bien-être) sont ses meilleurs baromètres pour évaluer le volume de nourriture dont il a besoin.

Il faut garder à l’esprit que l’enfant a un appétit variable. En période de pic de croissance, il aura un gros appétit et à d’autres moments, il touchera à peine à son assiette. En apprenant à respecter son appétit, à manger à sa faim, il grandira en bonne santé. Ainsi, au lieu de parler de santé  – notion abstraite pour les petits –  ou de recourir consciemment ou pas au chantage affectif, il vaut mieux demander carrément à l’enfant : “Est-ce que tu as encore de la place dans ton ventre ?” et se fier à sa réponse. S’il ne mange pas à un repas, il ne faut pas compenser en lui offrant un plus gros dessert ou un goûter à des heures indues. L’enfant doit comprendre que c’est au moment des repas qu’il doit manger. Il doit apprendre à être seul maître de son appétit, ce qui lui servira sa vie durant. Les parents proposent le repas à l’enfant mais c’est à lui de déterminer les quantités qu’il absorbe.

Nos remerciements au docteur Mona Khairddine, pédiatre.

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