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Quand votre préado aime les vêtements aguichants…

Écrit par Latifa Abousaïd

Mon adolescente de 12 ans aime arborer des habits que je trouve aguichants. Quand je lui fais des remarques, elle se met en colère et affirme que toutes ses camarades s’habillent pareil sans attirer les foudres des parents ! J’essaie d’expliquer ce qu’est la liberté vestimentaire, la sexualisation, l’instrumentalisation des corps…, mais je n’y arrive pas vraiment. J’ai peur pour sa sécurité physique.

L’habit, le « paraître » sont effectivement une fenêtre « pédagogique » pour aborder la différence entre sexualisation, séduction et sexualité. Les préadolescentes, pour affirmer leur féminité, testent les outils offerts par leur environnement qu’il s’agisse de vêtements, accessoires de mode, maquillage etc. Or, cet environnement (médias, entourage) véhicule un message clair : elles doivent être belles et sexy. Ces jeunes subissent quotidiennement des pressions qui laissent croire que leur seul pouvoir réside dans l’apparence et le sex-appeal qu’elles dégagent, ce qui les déconnecte de leur moi profond et exclut les autres caractéristiques de leur personnalité.

Cette exclusion rend les adolescentes dépendantes de l’appréciation des autres. Et cela les rend vulnérables. En effet, les jeunes filles qui se définissent par leur image corporelle uniquement ont tendance à taire leurs souhaits. Elles deviennent plus facilement des proies au désir de l’autre lorsqu’elles nouent des relations amoureuses. Elles acceptent plus facilement des avances et des pratiques sexuelles pour satisfaire les demandes de leur partenaire même quand elles ne sont pas convaincues, juste pour être dans la norme, cette norme qui distille, via la publicité omniprésente, une disponibilité permanente des femmes face au désir de l’homme.
Le paraître va bien au-delà de ce que les préados imaginent. Elles sont encore dans le jeu « innocent », elles sont plus dans la coquetterie que dans la séduction.
C’est aux adultes, parents et enseignants de trouver les occasions pour clarifier la frontière entre la sexualisation – qui est une instrumentalisation des corps, surtout celui de la femme – et le bien-être qu’on ressent quand on arbore des habits et des accessoires qu’on aime hors diktats de mode, quand on bouge comme on aime et non en mimant les postures de ses idoles. Quand on respecte ses propres aspirations, on a plus de chance d’être respectée pour ce qu’on est et non ce qu’on projette.

Nos remerciements à madame Ghita Belhoussa, psychopédagogue

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