Edito

Une voix pour nos libertés

Écrit par Zineb Taïmouri

Les élections législatives marocaines entament leur dernière ligne droite.

Le 7 octobre, nous, Marocaines, aurons une occasion unique d’affirmer haut et fort que notre liberté n’est pas négociable. Nous, qui, en 2016, vivons librement grâce aux acquis obtenus après des années de lutte par nos mères et nos grand-mères, nous nous devons de dire “stop”.

Stop aux attaques de tous bords. Stop aux tentatives de nous museler. Car quand certains persistent à nous voir comme les marionnettes d’un théâtre d’ombre, effacées, discrètes et disciplinées sous la tutelle des hommes, d’autres nous combattent pour nos tenues trop libres ou trop occidentales ou pour nos opinions trop irrespectueuses, trop modernes ou trop blasphématoires.

Des hommes, mais aussi malheureusement des femmes, s’acharnent à nous enfermer dans le rôle de spectatrices couvertes et silencieuses, effacées et solitaires, qui savent se retirer du salon quand on sert le thé à la menthe et les cornes de gazelle pour que nos tuteurs puissent parler de choses sérieuses. C’est cette même catégorie de gens qui nous met sur un piédestal quand nous devenons vieilles, à la seule condition d’être leurs mères ou leurs grand-mères. Tantôt “lustres” qui illuminent les maisons, tantôt sources de bonheur et porteuses de chance quand nous donnons “el rda” à notre progéniture, nous demeurons prisonnières d’une image aussi dérangeante que caricaturale, éternellement épouse, fille, mère ou sœur d’un homme, et donc citoyennes de seconde zone.

C’est pour toutes ces raisons que votre magazine FDM a convié des femmes de tous horizons, connues ou pas, à affirmer d’une seule voix que nous, les femmes du Maroc, userons de notre droit constitutionnel pour ne rien perdre de nos acquis. Parce que voter c’est décider et que décider c’est choisir. Au moment où, dans d’autres pays, des femmes se battent pour ne plus être traitées comme des mineures, nous avons la chance d’être, dans l’intimité de l’isoloir, les égales des hommes. L’urne ne fait aucune différence entre les bulletins masculins et féminins. Allons toutes voter le 7 octobre et invitons toutes les femmes à faire de même ! Votons pour nos droits. Votons pour nos libertés.

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