Edito

Annus horribilis

Écrit par Zineb Taïmouri

Qui aurait cru que l’année 2020 ressemblerait à ça ?

Un petit virus invisible à l’œil nu a déclenché une remise en question complète de tout ce qui ressemblait à une constante dans nos vies : les voyages, les fêtes, les rassemblements, les sorties, les évènements, l’école, le travail, etc. En un mot, tout ce qui faisait notre quotidien.

Désormais, un stress permanent nous ronge, non seulement à cause du manque de visibilité de lendemains rêvés, mais surtout par crainte que ce lendemain “normal” risque de ne plus être garanti.

Mais, qu’avons-nous fait pour mériter tout cela ?

L’humanité se pose des questions existentielles sur son comportement dévastateur vis-à-vis de la nature et de l’exploitation excessive des ressources de la Terre. En effet, le réchauffement climatique, la pollution des océans, la disparition de 70% de la faune depuis 1970 (selon WWF), ainsi que la surconsommation déraisonnée et déraisonnable interpellent aujourd’hui plus qu’hier nos sociétés.

Chacun d’entre nous a bien compris que la vie d’avant le Covid-19 allait trop vite. Une pause s’imposait dans nos quotidiens, sauf qu’un arrêt brutal du train de la vie ne permettait pas d’avoir le recul nécessaire pour trouver des réponses adéquates aux exigences du moment.

Dans ce sens, le confinement a été l’occasion de reprendre les rênes de sa vie, de se rapprocher de sa famille, de remettre de l’ordre dans ses priorités, de s’occuper de son corps et de sa santé et surtout de chercher un sens à sa vie.

Aujourd’hui, l’ère Corona n’a que trop duré. Le temps semble de plus en plus long, voire interminable…

Il est vrai que nous avons vécu un été chaotique, entre le confinement de quelques villes imposé à la dernière minute et les décisions improbables du Chef du gouvernement…  Autant la fermeture des plages, des hammams, salles de sport etc. peut sembler “compréhensibles”, autant la gestion de la rentrée scolaire est particulièrement maladroite, traduisant le tâtonnement et l’improvisation du département de tutelle. Résultats ? Des enfants complétement déboussolés et des parents perdus entre un présentiel hypothétique et un distanciel catastrophique. Tels des lions dans une cage, nous sommes étouffés et notre prison est de plus en plus exiguë. Tout cela nous épuise physiquement et moralement. 

Mais doit-on pour autant céder au désespoir et à la déprime ?

Aussi difficiles que soient ces mois que nous sommes en train de vivre, il n’en demeure pas moins que les difficultés sont inhérentes à la vie.

Tout au long de l’histoire, l’humanité a été confronté et a su surmonter toutes sortes de pandémies, de guerres et de catastrophes. Nous avions cru, à tort, que nous étions privilégiés pour toujours car nous maîtrisions l’espace et le temps grâce à la technologie et à la médecine. Le Covid-19 nous a donné la preuve que nous sommes bien vulnérables.

Aujourd’hui, nous sommes appelés à faire face, avec courage, patience et intelligence, à la pandémie pour renforcer notre résilience.

Et quand toute cette histoire sera terminée, croquons la vie à pleines dents et n’oublions jamais que rien n’est acquis d’avance, et que nous sommes tous de simples passagers sur cette Terre. Le bonheur et la liberté, à l’instar de l’amour, doivent être appréciés à leur juste valeur quand ils nous tendent les bras ; et non quand nous les perdons, ne serait-ce qu’à cause d’un virus, aussi minuscule soit-il. 

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