Edito

2018, l’année de la femme marocaine !

Écrit par Zineb Taïmouri

Le rideau est bien tombé sur 2017 et nous voilà en 2018.

Les années se succèdent avec la même cadence depuis que les humains tiennent calendrier et pourtant, depuis toujours, notre perception varie indépendamment de notre âge, de notre état d’esprit et surtout de nos réalisations. Seuls les bilans comptent alors que les dates ne sont que des marqueurs du temps pour aider l’Histoire à écrire ses histoires…
Dans ce numéro de janvier, entre traiter du bilan, des souhaits ou des résolutions, nous n’avons que l’embarras du choix. Nous avons décidé de faire les trois.

Bilan. Depuis 1996 que nous ne cessons de défendre les droits des femmes, il est évident que la situation de la Marocaine, au moins en termes de droits et de texte de lois, a connu une révolution extraordinaire. La nouvelle Moudawana, imaginée et imposée par SM le Roi Mohammed VI, faut-il se le rappeler pour l’Histoire, a propulsé le Maroc dans le 21ème siècle. Qui se rappelle encore des répudiations ? De la polygamie sans contraintes ? Ou encore du droit de l’homme à frapper sa femme en toute impunité ? Les choses les plus abjectes étaient la normalité et la victime de toujours, c’était la femme, quelque soit sa couche sociale, son âge et peu importe son degré d’instruction !

A-t-on atteint tous les objectifs pour autant ? Oh que non ! Beaucoup reste à faire. Tout d’abord, l’application stricto sensu de ces lois. Nos tribunaux, malheureusement, ne sont pas des modèles, loin s’en faut, dans ce domaine. Il n’y a qu’à voir le nombre aberrant de mariages de mineures, de mariages polygames et, surtout, du décalage entre le texte et l’application en ce qui concerne les pensions alimentaires…

Souhaits. Que les mentalités changent. Que le corps de la femme devienne sa propriété à elle et non une représentation de l’honneur de son père, de son frère, de son voisin ou de son village. Qu’on lui accorde le choix de vivre dans sa société sans être une AWRA (“nudité” ou “zone du corps qui doit être cachée”) mais, bel et bien une personne à part entière. D’ailleurs, le tollé soulevé par les lycéennes en Tunisie concernant le port de tablier par les filles et non par les garçons est une très bonne initiative dans ce sens. Que les salaires des hommes et des femmes dans notre société soient égaux. En effet, Il est impensable que perdure le gap de salaire pour un même poste entre les deux sexes. Certes, c’est un problème mondial, mais, des pays comme l’Islande viennent d’imposer cette égalité par la force de la loi. Qu’on puisse être aussi visibles que les hommes dans les postes de responsabilité ou en politique. Même si la ségrégation positive a joué un rôle important au parlement, aujourd’hui c’est à nous, les femmes, d’aller encore plus loin et d’augmenter notre représentativité. Et, enfin, qu’une loi, applicable, simple et dissuasive contre le harcèlement des femmes entre en vigueur. Nos rues ne doivent plus être un lieu de stress pour nous, car marcher librement dans la rue est un droit et on compte bien en jouir !

Vous voyez, des souhaits, on en a à revendre… Meilleur système de santé, d’éducation, plus d’opportunité de travail et surtout de l’espoir.

Résolutions… Comme rien n’est acquis par de simples vœux et souhaits, nous avons décidé à FDM d’être encore plus vigilants (au masculin car nous, on croit et on applique la mixité au sein de notre rédaction) sur les exactions et les injustices que subissent les femmes. Aussi, on n’hésitera pas un seul instant ni à publier ni à dénoncer ceux qui en sont responsables.

Bonne année, chers lecteurs et chères lectrices. Grâce à votre soutien et à votre mobilisation, 2018 sera votre année.

Celle de la deuxième émancipation de la femme marocaine … Alors au boulot !

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