Chroniques

hasta la vista mama!

Écrit par admin

Très chère maman,Aujourd’hui, je viens d’apprendre que tu fais partie des parentshélicoptères. Ceux qui continuent toute leur vie durant à planerau-dessus de la vie de leurs enfants…..

Très chère maman,Aujourd’hui, je viens d’apprendre que tu fais partie des parentshélicoptères. Ceux qui continuent toute leur vie durant à planerau-dessus de la vie de leurs enfants, les empêchant de grandir.Je viens de tomber sur cet article providentiel dans un manuelde psychologie chopé chez mon psy. Ça m’a évité de le payer, ducoup ! En fait, tu voles tellement haut que tu développes pourmoi des projets gargantuesques à mille lieux de ma réalité et demes rêves. J’ai donc décidé de faire diversion et de prendre lelarge dès que tu auras le dos tourné.Quand tu reviendras de chez Amal, ta fille préférée, j’aurai fini dedéménager dans mon appartement. Oui, tu as bien lu, j’ai pris unappartement. Pas la peine d’écarquiller les yeux, ce n’est pas bonpour ta blépharite chronique, souviens-toi. Et bien que je n’aime pasl’idée de t’avoir caché mon entreprise, j’avoue avoir pris un malinplaisir à acquiescer comme à mon habitude à chaque fois que tuprogrammais ma journée, ma semaine, mon réveillon de l’an 2021.J’ai dit “oui” à chaque fois en pensant : “Tu rêves !” Comprends bienqu’à 30 ans passés, ça me gêne que tu continues à me choisir messerviettes hygiéniques, la couleur de mon vernis et les marques demes vêtements. Oui, tu as du goût maman, mais moi j’ai le cafard… Etj’utilise des tampons depuis l’âge de 20 ans. Voilà. Je te filerai l’adressequand tu comprendras que tu n’auras pas le double des clés.J’ai le plaisir de t’annoncer également que j’ai décidé de gardermon job, ici, à Casablanca. C’est dire que je refuse de te suivre sansbroncher à Marrakech, là où le soleil convient mieux à tes arthroseset à ta dépression saisonnière. C’est bien la première fois que je terefuse quelque chose. Ne le prends pas comme un acte de rébellion,et surtout pas comme un début de désamour. Tu sais que je t’aimemaman, tellement fort que je culpabilise à la moindre de tes mouesde désapprobation, à la plus infime expression d’amertume. Je m’enveux de ne pas être à la hauteur des rêves que tu n’as su réaliser, de nepas trouver géniaux tes idéaux, de te pousser à me culpabiliser pourme faire céder à chaque fois. Et j’en ai plus que marre de ces jeux demanipulation à la “pétrole contre nourriture”.Mais je pense que le pire dans tout cela, c’est ta déterminationà me caser par tes propres moyens et selon tes goûts et critères.Inutile de te dire que jamais je ne finirai avec le cher filsmultirécidiviste de ta copine qui se permet de me tripoter lescuisses à chaque fois qu’il paie un dîner à plus de 500 dirhams. Deplus, il la veut vierge, sa troisième bonne femme aux petits soins.Tu sais bien que je ne suis pas quelqu’un de très soigné… Pour lereste, je n’ai plus l’âge de fantasmer des choses que je peux faire.Ne sois pas dégoûtée. Tu a été mariée à 17 ans !Je sais qu’il est difficile pour quelqu’un de ta générationd’assimiler qu’une femme qui ne manque de rien puisse choisirde vivre sans mari… Du moins, ne pas sauter sur n’importe quipour pénétrer dans le club des “Madame” et payer en frustrationsexuelle un pseudo épanouissement social. Je sais qu’il estimpossible pour toi de remettre en question l’institution dumariage, même si le tien a été un fiasco, que celui de ta mère étaitune partouze (polygamie oblige), et que celui de ma chère petitesoeur bat de l’aile à chaque fin de mois difficile.Je sais que tu seras effondrée quelques jours et que tu courraschez ta fille pour casser du sucre sur mon dos. Je vous pardonned’avance. Tu iras aussi chez ton fils pour lui raconter la filleingrate que je suis, en te tourmentant sur ma moralité. Là aussi,je vous pardonne. Mais un jour, je te raconterai comment tafille a rencontré son cher mari et où ton fils a dégoté sa sainteépouse. J’attendrai qu’ils aient deux ou trois gosses pour quetu leur foutes la paix, mais surtout que tu te fasses vieille,tétraplégique et grabataire… Car ça pourrait te tuer. â—†

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