Chronique culinaire

Le Maï Thai

Écrit par Myriam Nedjari

J’adore la cuisine asiatique et ses mets épicés et pleins de saveurs. Malheureusement, les restaurants dédiés à ce type de gastronomie au Maroc me déçoivent trop souvent. J’ai entendu dire que le Maï Thai avait largement réussi à tirer son épingle du jeu… J’ai donc testé pour vous.


L’ambiance

Dès mon arrivée, je suis subjuguée par la beauté des lieux : une villa atypique signée Saïd Berrada, architecte et designer d’intérieur, nichée au cœur du quartier Anfa, entourée de points d’eau et de statues qui ouvrent une parenthèse hors du temps et invitent à un voyage aux confins de l’Asie. Le brouhaha de Casablanca et son trafic sont déjà loin… et pourtant si proches à la fois. Les voitures de luxe affluent à l’entrée. Pour un mardi soir, la fréquentation de l’établissement n’a rien à envier aux restaurants les plus en vue. D’ailleurs, arrivée à 21h30 et n’ayant pas réservé, je suis invitée à patienter au bar 20 à 30 minutes, le temps qu’une table se libère. Autour de moi, près du comptoir, des groupes d’amis qui sirotent un cocktail, des éclats de rire ça et là, des amoureux en tête-à-tête… et une décoration irréprochable, alliant tradition et modernité. Je n’ai pas le temps de balayer du regard l’ensemble de la vaste salle dans ses moindres détails, ses statues de Bouddha, ses boiseries, ses lustres imposants, qu’un hôte m’indique déjà le chemin à suivre pour rejoindre ma table. Dix minutes ont suffi. Me voilà installée. La clientèle est plutôt éclectique: jeunes et moins jeunes, hommes d’affaires, familles venues fêter un anniversaire… et leur sourire en dit long sur le plaisir qu’ils éprouvent à dîner ici. Aux bras des serveurs, des plats plus appétissants les uns que les autres. ça tombe bien, il est temps pour moi de commander !

Le service

Pour ce qui est de l’accueil à l’entrée, je n’ai absolument aucun commentaire à faire. La demoiselle qui m’a reçue me semble parfaite pour endosser le rôle qui lui a été confié. Souriante et avenante, elle me met tout de suite à l’aise. En ce qui concerne le service à table, je dois avouer avoir eu affaire à un serveur un peu froid, ce qui n’enlève rien à ses compétences. Difficile de lui faire décrocher un sourire ! Il semble un peu dépassé par l’affluence ce soir-là. Il a l’air stressé et manque même de renverser mon verre de soda sur ma chemise. Victime du succès du Maï Thai, je suppose. En revanche, j’ai obtenu une réponse plutôt satisfaisante à toutes les questions que j’ai pu lui poser concernant la composition des plats, la provenance du riz… Je suis noyée dans une carte que je trouve un peu trop dense à mon goût. Plus de 70 plats au total ! Le choix est vaste, certes, mais choisir devient un véritable casse-tête, non pas thaïlandais, mais chinois !

Le repas
Après avoir passé commande, je suis un peu déçue de constater que rien ne m’est proposé pour patienter. Mais l’avantage, c’est que le temps d’attente est particulièrement court. Chapeau aux cuisines ! Moins de dix minutes pour voir arriver mon entrée… et quelle entrée ! La salade Yam Talay (145 DH), ou salade de fruits de mer aromatisée à l’ail, échalote et herbes fraîches. Tout simplement exquise ! Des lamelles de calamars, des crevettes fraîches et des morceaux de saint-pierre frits viennent très joliment orner une salade de choux blanc râpé et de tomates cerises délicatement épicée et parfaitement relevée, qui apporte la juste dose de croquant et de fraîcheur. Une jolie rose finement sculptée dans de la betterave, telle une cerise sur un appétissant gâteau, remplace la kitschissime fleur en peau de tomate que l’on trouve dans tout restaurant asiatique qui se respecte. En bref, une assiette aussi jolie que savoureuse.

Pour la suite, j’ai opté pour le Nuea Phad Prig Thaïdum (180 DH), ou émincé de filet de bœuf sauté à la sauce au poivre, oignons et haricots verts, servis sur une plaque chauffante. La viande, disposée en vrac, dégage une odeur divine. Servie avec haricots verts, oignons, et en bonus, poivrons jaunes et rouges en lamelles, non annoncés, mais qui apportent le croquant qui aurait pu manquer à ce plat. D’un point de vue gustatif, mes papilles me remercient encore. Un vrai bonheur! Le bœuf était tendre, taillé directement dans le muscle, sans nerfs ou autres bouts de gras qui personnellement, m’indisposent. Juteux à souhait dans sa sauce au poivre finement relevée. L’assiette était copieuse, si ce n’est au niveau de la garniture: un petit ramequin de riz délicieusement parfumé au jasmin, venu probablement de très loin, mais dont la quantité me semble trop maigre par rapport au plat en lui-même. Tellement bon que j’en voulais encore! J’ai donc demandé un supplément… qui m’a été facturé (20 DH) !

Pour le dessert, j’ai choisi le Kao Niew Mamoung (65 DH), ou riz gluant nappé de lait de coco garni de mangue fraîche. Moi qui adore le riz au lait classique, cette version made in Bangkok servie chaude ne m’a absolument pas déçue. Une petite pincée de cannelle m’a rappelé le goût de notre seffa locale. La mangue, coupée en fines tranches, apporte la fraîcheur que j’aime généralement retrouver dans un dessert.

Les plus
– La décoration qui invite au voyage
– L’ambiance conviviale
– Une cuisine originale, savoureuse et constituée de produits frais
– La justesse des prix

Les moins
– Une carte trop dense
– Un service un peu froid.

Vous n’habitez pas à Casablanca ? Marrakech et Rabat ont aussi leur Maï Thai !

Adresse : 408, bd driss slaoui, anfa, casablanca.
Réservations : 05.22.95.02.34
Horaires d’ouverture : du mardi au dimanche, de 12h à 15h, et de 20h à 02h.
Type de cuisine : thaïlandaise.
Tarifs : de 65 à 200 DH pour les plats individuels à la carte, et 289 DH pour les menus.

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