Célibattantes

La passion folle est-elle viable à terme ?

Écrit par admin

Torride, fusionnelle, exclusive, dévorante, la relation amoureuse passionnelle (où il est tout pour elle et elle est tout pour lui) n’en finit pas de susciter une sorte d’étonnement frustré chez ceux et celles privé(e)s de cet état de grâce. Dans cette définition absolutiste de l’amour, pas mal de célibattantes idéalistes aimeraient se confondre, se jeter dans cette bouleversante cavalcade qui emporte tout dans son sillage, tel un cheval fou

Là, où le coeur s’emballe, les sens s’émeuvent et le seul timbre de la voix de l’être aimé suffit à déclencher davantage de frissons que la grippe A ! On préfère donc mille fois mieux vivre ces émotions fortes qu’une affection tendre et routinière qui semble bien pâlote à côté. Lorsque, dans les premiers temps, la connivence est parfaite, la passion se nourrit en régime d’auto-suffisance, sans contact avec le monde. L’autre est paré de toutes les qualités et la drogue dure fonctionne à plein régime, avec sensations de manque, dès lors qu’il n’est plus dans les parages. Un virage à 180° de la vie ordinaire où le désir physique insatiable entretient encore cette impression de ne plus faire qu’un. Gagnée par la fièvre, on pourrait ainsi se dépasser soi même, aller au bout du monde avec lui, faire la guerre à ses proches ou renoncer à tout ce qui constituait nos certitudes passées dans la vie. Cela ressemble presque à un passage de roman Harlequin, mais au souvenir de cette expérience fabuleuse, les rescapées ont encore des étoiles dans les yeux ; elles ont formé un duo parfait de corps et d’esprits, perchées au 125ème étage de leur tour d’ivoire, ignorant le bruit et la fureur du monde, pour ne se recentrer que sur l’essentiel. Elles et l’être aimé. Hélas… plus dure sera ensuite la chute ! Car dans cet irrationnel bienfaisant où on a abandonné tous ses repères, le risque de se perdre l’un dans l’autre menace. Si la passion nous révèle à nous mêmes, elle porte aussi en elle les germes de sa propre destruction : maladie de l’âme avant tout, le revers de la médaille est dans le paroxysme des sentiments, jalousies, susceptibilités, ruptures brutales, réconciliations éprouvantes, exclusivité ingérable sur le long terme. Avec le temps, va, tout s’en va, nous dit le poète. La passion ne serait-elle donc que de l’ordre de l’instantanéité et de l’intensité fugace ? Oui et non, car dans la seconde optique, on pourrait tenter d’en faire le socle de construction d’une vraie relation à deux. A condition de reprendre conscience que l’on est soi, hors du couple, et d’être aussi en mesure d’apprécier son partenaire avec ses perfections et imperfections. Pour glisser du cannibalisme amoureux à l’attachement progressif et apaisé…

 

Et vous, comment aimez-vous ?

En attendant le prince charmant… vos standards de prince charmant sont non négociables : il est parfois brun latino, parfois blond de Malibu ; il a des tablettes de chocolat, de l’humour à revendre, et on pourrait aussi bien l’accrocher à une liane (comme Tarzan) que le pendre à son fil de PC (comme l’informaticien du troisième au QI et à la frange craquants). Il aime faire le tour du monde en 80 jours mais aussi rester cocooner à la maison. Bref, il est tout et son contraire, en fonction de vos fantasmes du moment que vous construisez et déconstruisez à loisir. Diagnostic : vous aimez beaucoup dans votre tête, peu dans la vraie vie. Frustrée par choix, vous mettez trop haut la barre et mélangez fictions turques et réalité forcément décevante.  En état d’exaltation anormal : quand Eros frappe à la porte, vous montez vite au 7ème ciel. L’élu de votre coeur devient le sauveur et le pansement de vos manques affectifs. Celui qui va à la fois vous apporter des croissants au lit et vous séduire 24h sur 24. L’amour devient sangsue. Drogue. Remède. Face à face permanent. Echappatoire à la routine. Blessure lorsqu’il n’y a plus personne au bout de la ligne. Reportezvous au premier paragraphe pour dégriser un peu… En optant pour un ami/amant et vice versa : vous l’aimez, en restant ouverte sur l’extérieur. Désirante mais pas invasive. Ravie de partager mais pas de concéder une partie de votre identité. Quand Elizabeth Taylor et Richard Burton s’adorent et se déchirent, vous, vous préférez vous apprécier et faire monter la sauce avec délicatesse. C’est que le grand amour ne vient pas en un jour mais se paillette d’une multitude de petits coups de foudre qui font fructifier la love affair.  En régime d’anorexie amoureuse : la prudence vous incite à construire votre vie autour de votre carrière plutôt que d’une romance. Endeuillée affective précoce, vous avez juré que l’on ne vous y reprendrait plus. Indépendante farouche, le ravissement de la fusion vous ;paraît étrange, voire dangereux. Votre crédo : puisqu’il n’y a pas de correspondance parfaite entre les êtres, à quoi bon rejouer la même partition pour la énième fois ? Une femme libérée ne traîne pas avec un boulet poilu de 1m80 aux pieds. Diagnostic : ce contrôle exercé sur vos amours est peut être une angoisse d’abandon profondément refoulée qui se matérialise par cette insoutenable légèreté de vivre !

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