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L’intelligence émotionnelle, clef de la réussite ?


On dit souvent que les émotions sont la force des femmes. L’intelligence émotionnelle étant la qualité recherchée des leaders de demain, il est temps de ne plus refréner ce trait de caractère mais de le développer avec justesse. Décryptage.

Les temps ont (heureusement) bien changé. Oxymore dans le passé, l’intelligence émotionnelle (IE) est aujourd’hui la qualité atout recherchée dans les entreprises. Une bonne nouvelle pour les femmes qui sont émotionnellement plus intelligentes que les hommes, comme le soutient, avec force, Sanaâ Sekkat, coach certifiée en Programmation Neuro Linguistique (PNL), hypnothérapeute ainsi que formatrice et animatrice d’ateliers en développement personnel. Mais que se cache-t-il derrière ces deux petits mots ? Il existe plusieurs définitions de l’IE, mais pour Daniel Goleman, psychologue américain, qui l’a popularisée en 1995, “elle désigne notre capacité à reconnaître nos propres émotions et celles des autres, à nous motiver nous-mêmes et à bien gérer ce qui se vit en soi et dans nos relations avec autrui”. Cependant, comme le fait justement remarquer Sanaâ Sekkat, il est très important de comprendre que l’IE n’est pas opposée à l’intelligence.

L’IE et le travail, la combinaison gagnante

L’intelligence émotionnelle a un impact indéniable sur la performance au travail. “Pour s’en rendre compte, il suffit d’être dans une pièce avec quelqu’un qui est en colère ou de partager un bureau avec une personne irritable pour mesurer l’impact direct des émotions sur toute relation, décision et action humaine”, explique Sanaâ Sekkat faisant ensuite  référence au Forum économique mondial de Davos. En effet, selon le rapport “L’avenir de l’emploi” de 2017, l’IE se classe à la 6ème place des dix compétences clés à l’horizon 2020. Mieux encore. Elle gagne 4 places en cinq ans. En 2015, elle se hissait à la 10ème position. Ainsi, les diplômes et les compétences techniques acquis via les expériences ne sont plus autant déterminants dans une carrière que le savoir-être qui, comme le qualifie la coach, est la valeur ajoutée d’un être humain. Pour mieux comprendre, prenons l’exemple tout simple d’un sportif de haut niveau lors d’une compétition. Il a autant travaillé que ses autres compétiteurs. La différence se jouera sur son mental et, par conséquent, ses émotions le Jour J. “Malheureusement, à fin 2018, encore trop peu de dirigeants, de managers et de salariés en font leur priorité, déplore-t-elle. Les émotions sont pourtant au centre de nos modes d’interactions avec notre environnement qu’il soit professionnel ou personnel. Nous ne réagissons et ne communiquons qu’au travers de nos émotions. C’est donc insensé de ne pas les prendre en considération.” Ce qui est également insensé, c’est de ne pas les utiliser à bon escient. Lorsque des femmes arrivent à des postes à responsabilités, nombreuses sont celles qui préfèrent encore freiner leurs émotions pour mimer le comportement de leur homologue masculin jusqu’à prôner un management ferme… Un choix que regrette Sanaâ Sekkat, reprenant l’étude du groupe Hay de Korn Ferry* qui affirme que les femmes surpassent les hommes dans 11 sur 12 des compétences clefs en intelligence émotionnelle !

Une IE au top

D’après la vision de Daniel Goleman, l’IE se base sur cinq qualités principales. La première est la conscience de soi,  à savoir de ses points forts, de ses points faibles, ou encore de ses valeurs pour ne citer qu’eux. Ainsi, il est important de connaître nos déclencheurs psychologiques pour les tourner à notre avantage, comme le souligne Sanaâ Sekkat. Le deuxième pilier de l’IE est la maîtrise des émotions. “Elle permet de contrôler la force de nos réactions et de ne pas nous laisser influencer par les mots d’autrui, développe-t-elle. Lorsque nous sommes émotifs, les autres savent comment nous atteindre, que ce soit intentionnel ou non.” Avant toute décision ou réaction, il est donc important de prendre le temps de respirer, de se questionner et de se demander pourquoi tel propos est perturbant voire blessant. En clair, de réaliser un travail d’analyse et de déconstruction. Car l’équation est simple, comme le rappelle la coach, “soit nous sommes conscients de nos émotions et pouvons les contrôler, soit nous perdons la télécommande et ce sont nos émotions qui nous gouvernent.” La troisième qualité à développer, c’est la motivation. Pour la booster, demandez-vous quel est votre moteur interne ? La quatrième, l’empathie. Car “conscient des émotions des autres, nous recueillons des informations essentielles pour motiver, inspirer, influencer”, appuie-t-elle. En effet, l’observation et l’écoute attentive sont essentielles pour permettre de détecter des signaux non verbaux comme le ton de la voix, les gestes, ou encore l’expression du visage.  Et la dernière qualité ? La gestion des relations qui regroupe, en quelque sorte, tous les autres piliers de l’IE. Car il faut être capable d’inspirer les autres tout en favorisant leur développement et en gérant les conflits éventuels, et ce, sans agressivité grâce à l’empathie. Seuls le temps et un travail personnel, et/ou accompagné, donneront des résultats. Mais ne dit-on pas que les femmes ont une force d’adaptation et d’apprentissage impressionnante ? Et Sanaâ Sekkat d’appuyer: “L’intelligence émotionnelle influence incontestablement le succès et la performance professionnelle puisqu’elle est la clé pour accéder au plein potentiel qui sommeille en chacun de nous.” Alors qu’attendez-vous ? υ

(*) Etude du groupe Hay de Korn Ferry utilisant les données de 55 000 professionnels dans 90 pays.

L’évaluation de l’IE, une affaire de spécialistes !

L’intelligence émotionnelle (IE) se mesure par le quotient émotionnel (QE), comme l’indique Sanaâ Sekkat, coach certifiée en Programmation Neuro Linguistique (PNL), hypnothérapeute ainsi que formatrice et animatrice d’ateliers en développement personnel. Il existe différents tests psychométriques pour évaluer les cinq principales qualités de l’IE telle que l’a définie Daniel Goleman, le psychologue américain qui a popularisé ce concept. Mais attention, comme nous met en garde la spécialiste, de nombreux QE se trouvent en ligne avec des titres accrocheurs tels que “Découvrez votre Quotient Emotionnel” ou “Que révèlent vos émotions ?”. Or, “seuls les spécialistes dans ce domaine possèdent les capacités et l’expérience nécessaires pour mesurer l’IE (…), (car) ce calcul ne s’improvise pas.” C’est dit !

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