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Comment booster sa carrière ?


Trois femmes, trois générations, et trois carrières différentes. Chacune nous a dévoilé son leitmotiv tout comme leurs autres astuces pour oser se lancer professionnellement sans hésitation, ni crainte.

Reconversion, création d’entreprise ou promotion. Se réaliser professionnellement n’est pas sans risque. Au contraire, oser, c’est passer outre les préjugés, les stéréotypes ou tout autre série de barrières que nous nous mettons parfois sans le vouloir. Ce que nous devons toujours avoir en tête, c’est la ribambelle de compétences acquises et requises pour gravir les sommets. Mais existe-t-il une recette miracle pour les atteindre ? Quelle est la clef ? Comment s’y prendre pour y arriver ? Un questionnement juste que se posent tous les jours des millions de femmes qui ont envie d’avancer ou de changer de cap comme ces trois leaders de poigne appartenant à trois générations différentes, à savoir Fatima Zahra Mediouni qui, à tout juste 36 ans, est directrice administrative et financière du groupe Mutandis, Meryem Aziz Alaoui, 41 ans, fondatrice et directrice associée chez Bil Consulting, un cabinet de conseil en ressources humaines, et enfin Wassila Kara Ibrahimi, 56 ans, fondatrice et directrice associée chez Bil Consulting,. Elles se sont confiées à Femmes du Maroc sur leur passé et leur vécu pour vous donner leurs conseils afin de devenir la professionnelle que vous rêvez tant d’être…

Fatima Zahra Mediouni, 36 ans, directrice administrative et financière du groupe Mutandis.

Dans quel état d’esprit étiez-vous le jour où vous vous êtes lancée ?

Dès le début de ma carrière, j’ai manifesté une vraie curiosité professionnelle et une grande soif d’apprendre. Ceci s’est traduit par une volonté de démultiplier les expériences en changeant de poste tous les trois ans en moyenne. En résumé, la première année, je découvre le poste et les enjeux. La deuxième année, je réponds aux objectifs et développe le contenu de mon poste. La troisième année, je transmets et je change d’emploi.

Quelle était votre devise à cette époque-là ?

“Le travail assidu surmonte tous les obstacles”, une valeur qui me guide toujours et qui m’a été inculquée par mon père. J’ai toujours considéré qu’il n’y a pas de talent inné. Tout s’acquiert par le travail. Quand j’étais enfant, je voulais être aussi bon élève que mon frère aîné, et je m’en suis donnée les moyens. Dans mes choix, j’ai souvent été guidée par l’excellence plutôt que par les passions. J’ai beaucoup travaillé pour cela et je veux continuer à le faire pour développer une connaissance approfondie dans mon domaine d’expertise et utiliser ce savoir de manière innovante.

Avec le recul, quels conseils donneriez-vous ?

Je suis convaincue de la valeur travail. L’acharnement et la ténacité paient. Ainsi, si vous montrez de quoi vous êtes capables, l’entreprise saura vous valoriser. Deuxième conseil : savoir présenter votre travail en mettant en avant votre valeur ajoutée. Dernier conseil : trouver son mentor qui vous guidera. C’est ce qui m’est arrivée. Après avoir accumulé quelques années d’expérience dans de grands groupes étrangers, j’ai opté pour un groupe industriel national émergent, car j’y ai trouvé un vrai mentor. Un patron qui m’a fait confiance, m’a tirée vers le haut, m’a transmis son savoir et m’a fait gagner un temps précieux….Mais le mentoring peut aussi passer via des associations, des cercles d’expertise ou des anciens de son école.

Connaissez-vous des applications ou des livres qui peuvent aider à avoir un état d’esprit de winner ?

Je viens de finir de lire “Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une” de Raphaëlle Giordano. Très inspirant ! Il nous donne les clefs pour nous aider à sortir la tête de l’eau lorsque nous avons l’impression que le sort s’acharne sur nous ou que la routine nous envahit. Dans ce livre, il est aussi question d’un guide qui, dès le début, explique que “c’est en nous que nous allons puiser”. Nous regorgeons tous de compétences et de potentiel, mais un déclic est parfois nécessaire pour ouvrir les yeux.

Quel modèle avez-vous toujours suivi ?

Comme beaucoup de femmes, mon modèle est masculin. C’est au départ un père, puis au fil des années et au gré des rencontres, ce modèle se transfère vers un frère, un ami, ou encore un mentor.

Wassila Kara Ibrahimi, 56 ans, fondatrice et directrice associée chez Bil Consulting, un cabinet de conseil en ressources humaines.

Dans quel état d’esprit étiez-vous le jour où vous vous êtes lancée ?

Après avoir travaillé comme consultante à Paris, je suis rentrée avec mon mari au Maroc et c’est à ce moment-là que j’ai souhaité être indépendante et découvrir ce Maroc professionnel que je ne connaissais pas encore. Je vous avoue que j’ai eu des opportunités après avoir passé des entretiens d’embauche mais je les ai refusées. Je revenais dans un pays que j’avais quitté étant bébé. Et à la trentaine, j’avais de nouveaux challenges en tête et tout un réseau à construire. Je me suis lancée lorsqu’on m’a contactée depuis Strasbourg – à la recherche d’une correspondante au Maroc – car je me suis dit que c’était peut-être l’occasion ou jamais.

Quelle était votre devise à cette époque-là ?

Être indépendante et libre, ce que j’applique toujours.

Avec le recul, quels conseils donneriez-vous ?

J’en donnerai trois. Le premier, c’est d’intégrer un réseau, 100% féminin ou pas. Il est essentiel de se sentir entourée. Lorsque j’étais vice-présidente de l’Afem (deux mandats), j’ai pu côtoyer de nombreuses entrepreneuses, et ce, dans le monde entier. C’était très intéressant de se rendre compte qu’au final nous avions un tas de points communs. Le deuxième conseil, c’est de faire une pause tous les 3-4 ans afin de se demander si le chemin emprunté est le bon. Je crois que cet arrêt sur image est très important pour ne pas se limiter à une seule voie, et avoir ainsi des regrets. Le dernier conseil, c’est de travailler avec des personnes très différentes mais aussi très complémentaires les unes des autres pour aller le plus loin possible ensemble.

Connaissez-vous des applications ou des livres qui peuvent aider à avoir un état d’esprit de winner ?

Je suis très friande des articles sur le net concernant le management. Sinon, l’un des livres qui m’a le plus marquée ces dernières années, c’est “Qui a piqué mon fromage” de Johnson Spencer. Dans ce bouquin, l’auteur nous explique que si nous ne nous adaptons pas aux changements, nous creusons notre tombe quelle que soit notre profession. Ce livre est simple à lire et efficace.

Quel modèle avez-vous toujours suivi ?

C’est un mix de femmes courageuses et fortes comme Simone de Beauvoir qui a toujours prôné une certaine forme de liberté et de pensées féministes, ou encore l’architecte d’origine irakienne Zaha Hadid, décédée en 2016. C’est la première femme à avoir remporté le prix Pritzker ! J’admire ce type de femmes. Elles foncent dans un domaine où on ne les attend pas et arrivent à se démarquer et surmonter tous les a priori. Mais je suis aussi épatée par les mères-courage qui mènent au quotidien plusieurs combats dont l’éducation de leurs enfants afin qu’ils s’en sortent dans la vie…

Meryem Aziz Alaoui, 41 ans, fondatrice et directrice générale du cabinet de conseil en stratégie et développement durable Women In the City-WinCy et professeur universitaire

Dans quel état d’esprit étiez-vous le jour où vous vous êtes lancée ?

Après avoir terminé mes études et débuté ma carrière en France, j’ai travaillé pendant une dizaine d’années comme salariée dans la fonction publique et le secteur privé au Maroc. Mais à l’aube de ma dixième année de salariat, j’ai eu l’impression de plafonner à tous les niveaux et de m’être installée dans une routine intellectuelle et professionnelle. À l’époque, j’avais une trentaine d’années et des enfants en bas-âge. Je savais que je ne voulais pas intégrer une autre entreprise. J’avais besoin de plus d’espace et j’avais surtout besoin de garder la passion dans mon travail. J’ai alors décidé de partir. Un départ réfléchi que j’ai préparé pendant 18 mois. J’ai quitté mon poste avec un projet concret (WinCy) et un financement bancaire.

Quelle était votre devise à cette époque-là ?

“Never give up”, et c’est toujours la même aujourd’hui. Je n’abandonne jamais, quels que soient les obstacles, car ils font partie du chemin. En plus, j’aurais à coup sûr plus de mal à assumer un abandon que les embûches rencontrées en cours de route.

Avec le recul, quels conseils donneriez-vous ?

Il faut être authentique, se connaître et connaître ses limites. Comment ? En essayant de les dépasser. Ensuite, échanger car une carrière est faite de rencontres et d’opportunités. Il faut être à l’écoute et se nourrir de l’expérience de tout le monde que ce soit de son supérieur, de membres d’associations ou du gardien à la porte. Créez-vous aussi un réseau, imposez-vous et acceptez-vous. Par exemple, il m’est déjà arrivée de pleurer lors d’une réunion, et alors ? J’ai séché mes larmes et j’ai poursuivi. C’est ma part de féminité qui ne m’empêche pas d’être efficace. Au contraire. Dernier conseil : osez demander une promotion, une augmentation ou prendre en main un projet. Car qu’est-ce qui peut vous arriver au pire ? Essuyer un refus qui ne vous empêchera pas, pour autant, de poursuivre votre bataille.

Connaissez-vous des applications ou des livres qui peuvent aider à avoir un état d’esprit de winner ?

Tous les réseaux sociaux, notamment LinkedIn, et en apprenant des autres. Sinon côté lecture, beaucoup de livres sont boostant. Un de mes préférés est “L’Equation africaine” de Yasmina Khadra. Ce bouquin est très parlant, d’actualité, et merveilleusement bien écrit. Ce n’est pas un livre technique prônant l’entrepreneuriat à proprement parler, mais il est très inspirant.

Quel modèle avez-vous toujours suivi ?

Ma grand-mère paternelle. Elle n’a pas eu une vie privée facile. Elle a eu plusieurs mariages mais s’est toujours  battue. Elle avait des convictions et les a toujours respectées. υ

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