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Caftan 2018 : Maria Chahdi Ouazzani, la virtuose de la broderie

Écrit par Khadija Alaoui

Avec grâce et harmonie, Maria Chahdi Ouazzani a habillé ses caftans d’émotion et de grandeur. La styliste a dessiné des tableaux hauts en couleurs, animés par une technicité poussée à l’extrême et une créativité toujours renouvelée. La collection riche en broderies recherchées et motifs anciens relie d’un fil d’or le passé au présent.

Quelle a été votre première impression quand le thème Ethnies a été dévoilé ?

J’ai immédiatement pensé à un retour aux origines, à l’inné et à l’histoire de nos ancêtres.

Comment avez-vous interprété le thème Ethnies dans votre collection ?

À travers ma collection, j’ai cherché à lier le passé au présent, et à les interpréter dans une même tenue, grâce à la couleur. Aux motifs ethniques, j’ai préféré nos broderies anciennes, comme le motif de tarz elgherza dans une couleur flashy pour un rappel du présent. J’ai également utilisé des motifs modernes afin de souligner une continuité avec notre futur.

À quelles ethnies avez-vous rendu hommage ?

J’ai rendu hommage à l’Afrique, mais aussi au Maroc qui est un bout de l’Afrique.

Quelles sont les couleurs qui décrivent le mieux cette thématique ?

Pour moi, c’est la couleur jaune qui représente le mieux l’Afrique, mais également le noir, le bleu, le taupe et l’orange flashy. Le rappel de la thématique s’est également fait à travers le tissu léopard.

Quelles sont les matières que vous avez utilisées dans votre collection ?

J’ai utilisé du crêpe de soie, de la mousseline, du tulle. Ce sont des tissus que j’ai créés pour cette collection, et sur lesquels j’ai apporté ma touche personnelle grâce aux broderies. Mon ambition est de voir nos tissus s’exporter et conquérir le monde.

Comment pourriez-vous décrire votre collection ?

Elle est à l’image d’un nouveau-né que vous nourrissez et sur lequel vous veillez à chaque instant pour le voir grandir et s’épanouir. J’ai voulu que ma collection suscite l’admiration et l’émotion.

Quelles innovations avez-vous introduites sur le caftan cette année ?

Il y a un renouveau dans chacune des étapes de mon travail, et je veille toujours à apporter de l’inédit pour éblouir et émerveiller les gens. Parmi les innovations, il y a le tissu en lui-même, le mélange harmonieux des broderies de plusieurs régions du Maroc, et zwak mâalem qui est introduit d’une façon différente, permettant de voir les motifs en relief. La ramification des couleurs est également très recherchée.

Comment voyez-vous l’évolution de votre travail au fur et à mesure de votre participation à Caftan ?
Ma première participation à Caftan date de 2005 en tant que Jeune Talent. J’ai participé à Caftan à différentes étapes de ma vie, en 2008, puis en 2013 et 2014, et enfin cette année. Caftan a été une belle et magnifique opportunité pour moi, et le fait de présenter mes collections sur un tel podium est un couronnement de mon travail et de mes recherches. C’est pour cela qu’à chacune de mes participations à Caftan, je déploie d’immenses efforts pour être toujours à la hauteur. Caftan m’a apporté énormément de choses tant sur le plan personnel que professionnel.

Qu’est-ce qui vous distingue en tant que styliste ?
La broderie. Je suis à la base brodeuse et artiste peintre. J’emploie dans mes tenues différentes broderies, comme le rbati, le fassi, le zemmouri, etc. Je travaille les broderies anciennes en y insufflant une part de ma créativité. Et puis, je n’emploie pas beaucoup de Swarovski.

Le caftan est sujet à différentes réinterprétations. Mais qu’est-ce que vous ne voudriez jamais voir sur un caftan ?
Sans âkad, le caftan ne peut pas exister.

Pour vous, le caftan c’est…
Le Maroc.

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